
La pratique des instruments traditionnels
Maîtrise des outils techniques essentiels pour l'exécution d'applications spécialisées.
Édition 2026 – Réforme LMD – Enseignement supérieur et universitaire en RDC.
- Code Officiel : PIT2231
- Domaine : Domaine de Lettres, Langues et Arts
- Filière : Arts du Spectacle
- Mention : Lettres et Musicologie Africaine
- Année d’étude : Master 2
- Semestre : Semestre 3
Consulter les Modalités, Compétences et Débouchés
Cette Unité d’Enseignement, valorisée à hauteur de 3 crédits ECTS, est structurée autour d’un unique et fondamental Élément Constitutif : La pratique des instruments traditionnels. Cette architecture concentrée permet aux étudiants de s’immerger pleinement dans l’apprentissage et la maîtrise des sonorités ancestrales, constituant ainsi le socle pratique indispensable pour aborder les dimensions stratégiques et organisationnelles du secteur culturel.
L’objectif principal de cette UE est de vous doter de la capacité à déterminer les conditions de réussite d’un spectacle ou d’un événement solennel. Au-delà de la simple exécution artistique, il s’agit d’acquérir une vision à 360 degrés, vous permettant d’analyser les publics, d’anticiper les défis logistiques et de coordonner les différents corps de métier pour garantir une expérience mémorable et un succès retentissant, qu’il s’agisse d’un concert, d’un festival ou d’une cérémonie officielle.
Cette formation ouvre la voie à des carrières passionnantes et stratégiques sur le marché de l’emploi en RDC, notamment en tant qu’Artiste musicien accompli, Manager culturel visionnaire ou Maître de l’événementiel incontournable. Ces professionnels sont les piliers de l’industrie créative congolaise, jouant un rôle crucial dans la valorisation du patrimoine, la dynamisation de l’économie locale et le rayonnement culturel du pays sur la scène internationale.
- PRÉLIMINAIRES
- PARTIE 1 : FONDEMENTS ORGANOLOGIQUES ET ETHNOMUSICOLOGIQUES
- Chapitre I. L’Organologie Systématique : Classification et Matériaux
- Chapitre II. Le Contexte Socioculturel de la Pratique Instrumentale
- Chapitre III. Techniques Fondamentales et Répertoires Spécifiques
- PARTIE 2 : De l’Instrument à la Scène : Techniques et Contextes d’Exécution
- Chapitre IV. Techniques Avancées et Répertoires Spécifiques
- Chapitre V. L’Instrument au sein de l’Ensemble : Dynamiques et Arrangements
- Chapitre VI. La Scène et ses Exigences : De la Répétition à la Prestation Publique
- ANNEXES
PRÉLIMINAIRES
I. Objectifs Pédagogiques et Compétences Visées
Cette unité d’enseignement vise à doter l’étudiant d’une maîtrise technique et contextuelle des instruments traditionnels congolais. Au-delà de la simple exécution, l’objectif est de former des praticiens capables de décoder la fonction sociale, rituelle et esthétique de chaque instrument au sein de son écosystème culturel. L’apprenant forgera une compétence double, lui permettant de s’insérer comme artiste-interprète de haut niveau ou comme consultant expert pour des productions événementielles, garantissant l’authenticité et la pertinence culturelle des prestations.
II. Méthodologie d’Évaluation et Grille de Notation
L’évaluation sanctionne la capacité à mobiliser des savoirs complexes en situation. Elle se structure autour d’une performance instrumentale (40%), d’une analyse de répertoire écrite (30%) et d’une soutenance orale sur un projet de valorisation culturelle (30%). Cette approche pragmatique simule les exigences du marché professionnel, où l’artiste ou le manager doit à la fois exceller dans sa pratique, articuler une pensée critique et défendre la viabilité économique d’un projet. La grille de notation valorise la précision technique et la profondeur de l’analyse ethnomusicologique.
III. Glossaire des Termes Organologiques et Musicologiques
La rigueur terminologique constitue le socle de toute expertise. Ce glossaire définit avec une précision chirurgicale les concepts clés de l’organologie (idiophone, membranophone, aérophone, cordophone), de la musicologie (polyrythmie, hétérophonie, échelle pentatonique) et de l’ethnomusicologie (contexte, fonction, performance). L’objectif est de fournir un langage commun, non-ambigu, aligné sur les standards internationaux de la recherche. L’étudiant maîtrisera un vocabulaire qui lui permettra de dialoguer avec des chercheurs et des programmateurs du monde entier.
IV. Cartographie des Instruments Traditionnels en RDC
Une cartographie exhaustive des instruments par province et par groupe ethnolinguistique est ici établie. Cet outil stratégique dépasse la simple nomenclature pour devenir un instrument d’analyse géo-culturelle, révélant les zones d’influence, les migrations de formes et les spécificités locales. Pour le manager culturel, c’est une base de données essentielle pour le sourcing d’artistes. Pour le chercheur, c’est un point de départ pour des études comparatives sur la lutherie, les matériaux et les styles musicaux à travers le bassin du Congo.
PARTIE 1 : FONDEMENTS ORGANOLOGIQUES ET ETHNOMUSICOLOGIQUES
Chapitre I. L’Organologie Systématique : Classification et Matériaux
Le système de classification Hornbostel-Sachs de 1914, bien qu’universel, révèle ses limites face à la complexité des instruments congolais. Ce chapitre ne se contente pas de l’appliquer, il le critique et l’augmente en intégrant des critères fonctionnels et symboliques propres aux cultures du bassin du Congo. L’analyse se concentre sur la relation indissociable entre la forme, la matière et le son. L’étudiant développera une compétence analytique pointue, lui permettant de classifier n’importe quel instrument et d’en déduire le potentiel acoustique et culturel.
I.1 Le système Hornbostel-Sachs et ses limites africaines
Fondé sur la physique de la production sonore, le système Hornbostel-Sachs offre un cadre universel mais eurocentré. Ce sous-chapitre en expose les principes (idiophones, membranophones, cordophones, aérophones) avant de confronter sa rigidité à la fluidité des instruments congolais, souvent polyvalents. En analysant le cas du likembe, à la fois idiophone et résonateur, l’étudiant apprendra à exercer un jugement critique. Il forgera la capacité de proposer des classifications amendées, plus fidèles aux réalités organologiques locales.
I.2 Matériaux locaux et lutherie : une approche géo-sourcée
Une connaissance approfondie des matériaux est indispensable à la compréhension de la sonorité. Cette section analyse l’impact direct des essences de bois (wenge, padouk), des peaux (antilope, varan) et des métaux disponibles dans les différentes provinces de la RDC sur le timbre et la durabilité des instruments. L’étude de cas portera sur la fabrication d’un tambour ngoma dans le Kongo Central. L’apprenant acquerra une expertise matérielle pour évaluer la qualité d’un instrument, guider sa restauration ou innover dans la lutherie.
I.3 Idiophones : du balafon au sanza
Sous l’angle de la percussion accordée, les idiophones représentent une famille d’une richesse exceptionnelle en RDC. Ce module dissèque la structure et les techniques de jeu de deux instruments emblématiques : le balafon et la sanza (likembe). L’analyse se focalise sur les systèmes d’accordage complexes, souvent liés aux inflexions de la langue parlée, et leur rôle dans la transmission de récits. L’étudiant maîtrisera les fondements techniques et sémantiques pour interpréter ou composer au sein de ces traditions spécifiques.
I.4 Membranophones : typologie des tambours congolais
Face à la diversité des tambours en RDC, une typologie rigoureuse s’impose. Ce segment classifie les membranophones non par leur forme, mais par leur fonction sociale : tambours de communication (le lokole), tambours rituels, tambours de guerre ou de réjouissance. Chaque catégorie est illustrée par des exemples précis issus des cultures Luba, Kuba ou Yaka. L’étudiant sera capable d’identifier un tambour, de décoder son message social et de le positionner correctement dans le cadre d’un événement solennel ou d’un spectacle.
Chapitre II. Le Contexte Socioculturel de la Pratique Instrumentale
Un instrument de musique n’existe pas dans le vide ; il est le vecteur de significations sociales profondes. Ce chapitre, ancré dans une démarche ethnomusicologique stricte, analyse les conditions de performance, les statuts des musiciens et les fonctions de la musique dans les sociétés congolaises. L’approche est pragmatique : comprendre le “pourquoi” et le “pour qui” un instrument est joué est aussi crucial que de savoir “comment” en jouer. L’étudiant forgera une compétence de médiateur culturel, apte à contextualiser chaque performance pour un public non initié.
II.1 L’instrument comme objet rituel et de pouvoir
Au-delà de sa fonction sonore, l’instrument est souvent un réceptacle du sacré et un insigne de pouvoir. Cette section examine des cas précis comme les trompes en ivoire des chefferies Mangbetu ou les tambours sacrés du royaume Kuba, qui ne peuvent être joués que par des initiés lors de cérémonies spécifiques. En analysant ces restrictions d’usage, l’étudiant apprend à lire le paysage social et politique à travers les objets musicaux. Il développera la compétence de programmer un événement en respectant scrupuleusement les protocoles traditionnels.
II.2 Transmission des savoirs : de la maîtrise orale à la notation
Face au risque de disparition des répertoires, la question de la transmission est centrale. Ce sous-chapitre confronte la méthode traditionnelle de transmission orale, immersive et longue, aux outils de la notation musicale occidentale et aux technologies d’enregistrement. L’étude se focalise sur les initiatives de collecte et d’archivage menées en RDC, comme celles de l’Institut National des Arts. L’étudiant sera capable de concevoir et de mettre en œuvre une stratégie de préservation et de pédagogie adaptée à un répertoire instrumental spécifique.
II.3 Genre, âge et performance : la division sociale du jeu instrumental
Une connaissance fine de la division sociale du travail musical est un prérequis pour tout organisateur d’événement. Ce segment analyse les règles, souvent implicites, qui régissent l’accès aux instruments selon le genre, l’âge ou le lignage dans différentes cultures congolaises. Par exemple, pourquoi le jeu de la harpe est-il souvent une prérogative masculine dans certaines régions ? L’étudiant acquerra une grille d’analyse sociologique pour éviter les impairs culturels et assurer une programmation respectueuse et légitime.
II.4 Le syncrétisme musical : dialogue entre instruments traditionnels et modernes
Dès les années 1950, la scène musicale de Kinshasa a été le laboratoire d’un dialogue intense entre instruments traditionnels et guitares électriques. Cette section analyse les mécanismes de ce syncrétisme, en étudiant comment les lignes de likembe ont été adaptées à la guitare dans la rumba congolaise. L’objectif est de doter l’étudiant d’outils pour créer des fusions musicales innovantes mais culturellement ancrées. Il sera capable de diriger des projets artistiques qui pontent le passé et le présent de la musique congolaise.
Chapitre III. Techniques Fondamentales et Répertoires Spécifiques
La maîtrise théorique s’efface ici pour laisser place à la rigueur du geste technique et à l’immersion dans les répertoires. Ce chapitre est un manuel opératoire qui décompose les techniques de jeu fondamentales pour chaque grande famille d’instruments. Chaque technique est systématiquement liée à un extrait de répertoire canonique, analysé dans sa structure et son intention expressive. L’objectif est de rendre l’étudiant immédiatement opérationnel, capable d’aborder une partition ou une improvisation avec une base technique solide et une compréhension stylistique juste.
III.1 Techniques de percussion : frappe, friction et polyrythmie
D’origine purement pratique, l’étude des techniques de percussion est ici systématisée. Le cours dissèque les types de frappes (main plate, doigts, baguette), les techniques de friction et surtout, la logique interne des polyrythmies du bassin du Congo, en s’appuyant sur le concept de “timeline”. L’analyse d’un rythme de danse Ekonda servira de cas d’étude central. L’étudiant développera une indépendance rythmique et une capacité à s’intégrer dans un ensemble de percussionnistes complexe, compétence clé pour tout musicien de scène.
III.2 Le jeu des cordophones : du lulanga pende à la harpe zande
Sous l’angle de la mélodie et de l’harmonie, les cordophones congolais offrent une palette expressive unique. Ce module se concentre sur les techniques de pincement, de butement et d’étouffement spécifiques à la cithare sur bâton lulanga pende et à la harpe arquée zande. L’accent est mis sur la coordination main gauche/main droite pour produire des dialogues mélodico-rythmiques. L’étudiant acquerra la dextérité et la compréhension musicale nécessaires pour interpréter des pièces narratives complexes, un atout pour une carrière de soliste.
III.3 Aérophones et techniques de souffle : flûtes et trompes
Une maîtrise du souffle qui va au-delà de la simple production de son est ici visée. Cette section aborde les techniques avancées requises par les aérophones congolais, notamment la respiration circulaire pour les flûtes pastorales et les techniques d’embouchure pour les trompes traversières. L’analyse physique du contrôle de la colonne d’air et de la pression est liée à la production de micro-intervalles et d’harmoniques. L’ingénieur du son ou le musicien saura comment capter et mixer ces instruments en respectant leur richesse timbrale.
III.4 Analyse de répertoire : étude de cas d’une suite royale Kuba
Face à la complexité d’une œuvre majeure, une méthode d’analyse structurée est indispensable. Ce sous-chapitre propose une déconstruction complète d’une suite musicale de la cour du royaume Kuba, impliquant plus d’une dizaine d’instruments différents. L’analyse porte sur la forme, l’orchestration, les variations thématiques et la signification de chaque section. L’étudiant forgera une compétence d’analyste musical de haut niveau, capable de produire des livrets de concert ou des articles scientifiques sur les grands répertoires congolais.
PARTIE 2 : De l’Instrument à la Scène : Techniques et Contextes d’Exécution
Chapitre IV. Techniques Avancées et Répertoires Spécifiques
La maîtrise instrumentale dépasse la simple exécution mécanique. Elle incarne un “idiolecte musical”, concept ethnomusicologique désignant le style unique d’un musicien ou d’une communauté, façonné par des techniques de jeu spécifiques et un répertoire codifié. Ce chapitre analyse la corrélation directe entre la technique de doigté, de frappe ou de souffle et la sémantique culturelle du son produit. En se concentrant sur les répertoires des grands ensembles de la RDC, l’étudiant apprendra à identifier et reproduire les signatures stylistiques régionales, une compétence essentielle pour l’interprétation authentique.
IV.1 Maîtrise des membranophones et polyrythmies du bassin du Congo
Une maîtrise des membranophones exige une dissociation corporelle avancée pour superposer les frappes de base, les claqués et les sons étouffés. Ce module dissèque les cellules rythmiques fondamentales des traditions Luba et Kongo, en analysant leur structure mathématique et leur fonction dans la danse et le rituel. L’étudiant développera une précision rythmique chirurgicale. Il sera capable de diriger une section de percussions, de maintenir la cohésion d’un ensemble et d’improviser des variations complexes sans jamais briser le cycle principal.
IV.2 Techniques narratives des cordophones : Sanza et Lulanga
Au-delà de la mélodie, les cordophones comme la sanza (likembe) ou la cithare lulanga sont des outils de narration. La technique ne réside pas seulement dans l’agilité des doigts mais dans la capacité à moduler le timbre pour évoquer des émotions et à synchroniser le jeu avec la déclamation poétique ou le conte. En étudiant les répertoires des maîtres conteurs du Kivu et du Kasaï, l’apprenant forgera une compétence double. Il saura structurer un récit musical et utiliser l’instrument comme un véritable partenaire de dialogue scénique.
IV.3 Le jeu virtuose des idiophones : Madimba et Manza
Héritage des cours royales, le jeu du xylophone (madimba) ou du sanza à lamelles métalliques (manza) repose sur une vitesse et une précision extrêmes pour exécuter des phrases polyphoniques complexes. Ce sous-chapitre analyse les techniques d’entrecroisement des mains (interlocking) et l’utilisation de résonateurs en calebasse pour sculpter le timbre. À travers la pratique intensive des répertoires Pende, l’étudiant acquerra une virtuosité technique. Il pourra interpréter des pièces complexes et comprendre la logique compositionnelle des musiques de cour d’Afrique centrale.
IV.4 Le souffle et le cri : Répertoires pour aérophones traditionnels
Face à la raréfaction de leur usage, l’étude des aérophones (flûtes, trompes) constitue un acte de préservation. La technique se concentre sur le contrôle du souffle pour produire des harmoniques précises et des micro-intervalles caractéristiques, souvent utilisés comme langage codé ou pour des rituels spécifiques en zone forestière (Équateur). L’objectif est de former des musiciens-archivistes. Ils seront capables de documenter, transcrire et réinterpréter ces répertoires menacés, assurant ainsi leur transmission aux nouvelles générations d’artistes et de chercheurs.
Chapitre V. L’Instrument au sein de l’Ensemble : Dynamiques et Arrangements
La controverse entre l’improvisation individuelle et la cohésion collective structure l’esthétique des ensembles congolais. Ce chapitre tranche ce débat en adoptant le concept de “musique conversationnelle” de l’ethnomusicologue Steven Feld, où chaque instrumentiste “répond” aux propositions des autres. L’analyse porte sur les mécanismes d’écoute mutuelle, de leadership tournant et de construction collective du climax, illustrés par les grands orchestres de rumba. L’étudiant forgera une compétence d’arrangeur. Il saura orchestrer les interactions pour créer une texture sonore riche et cohérente.
V.1 Le rôle du soliste : Leadership et dialogue instrumental
La notion de soliste dans les ensembles congolais diffère radicalement du modèle concertant occidental. Le musicien leader (souvent un guitariste, un joueur de sanza ou un percussionniste maître) n’impose pas une ligne mais propose des motifs que l’ensemble commente, enrichit ou conteste. Ce module analyse les stratégies de “question-réponse” et de guidage subtil au sein des orchestres de Kinshasa. L’étudiant apprendra à diriger un groupe de l’intérieur, en utilisant son instrument pour inspirer et structurer la performance collective.
V.2 Architecture des polyrythmies : Superposition et interlocking
Fondement de la musique d’Afrique Centrale, la polyrythmie est une architecture sonore complexe. Elle repose sur la superposition de cycles rythmiques de longueurs différentes (timeline patterns) qui s’emboîtent sans se confondre. Ce segment utilise des outils d’analyse computationnelle pour visualiser et décomposer les structures rythmiques des ensembles Ekonda. L’étudiant développera une compréhension structurelle du rythme. Il sera capable de construire et de déconstruire des polyrythmies complexes, une compétence clé pour l’arrangement et la composition.
V.3 Interaction vocale-instrumentale : Prosodie et harmonie
Une connaissance approfondie de la prosodie des langues locales est indispensable pour l’arrangement. La ligne instrumentale imite, soutient ou commente la courbe mélodique et le rythme de la parole chantée, créant une fusion sémantique et sonore. En se basant sur les polyphonies vocales Mbuti, ce sous-chapitre explore les principes d’harmonisation et de contrepoint entre voix et instruments. L’apprenant saura créer des arrangements où la musique ne se contente pas d’accompagner le texte mais en amplifie le sens.
V.4 Arrangements contemporains : Intégration et innovation
Sous l’angle de la fusion musicale, l’intégration d’instruments traditionnels dans des genres modernes (jazz, électro, hip-hop) présente un défi majeur : éviter l’exotisme de façade. Le cours se concentre sur des techniques d’arrangement qui respectent l’idiome de l’instrument tout en servant le projet artistique global. En analysant les productions de la scène urbaine de Lubumbashi, l’étudiant deviendra un producteur musical avisé. Il saura créer des fusions sonores authentiques et commercialement viables.
Chapitre VI. La Scène et ses Exigences : De la Répétition à la Prestation Publique
La théorie de la sonorisation classique vacille face aux spécificités acoustiques des instruments traditionnels. La richesse harmonique d’une kora ou l’attaque percussive d’un balafon sont souvent détruites par une amplification inadaptée. Ce chapitre critique cette approche technique généraliste et propose des solutions sur mesure. En se focalisant sur la chaîne complète, de la captation microphonique au mixage final, il forme l’étudiant à devenir un régisseur technique spécialisé, capable de traduire la subtilité acoustique en une expérience scénique puissante.
VI.1 La sonorisation des instruments acoustiques : Défis et solutions
Face aux défis de l’amplification, une connaissance pointue des microphones et des techniques de placement est cruciale. Ce module technique aborde les problèmes concrets de feedback (effet Larsen) avec les sanza amplifiées et de captation des basses fréquences des grands tambours. L’étudiant apprendra à choisir le bon transducteur pour chaque source et à élaborer une fiche technique précise. Il sera capable de concevoir et de superviser un plan de sonorisation garantissant une restitution fidèle et puissante du son acoustique.
VI.2 Scénographie et présence corporelle : L’art de la performance
D’origine rituelle, la performance musicale africaine est un spectacle total où le visuel est indissociable du sonore. Ce sous-chapitre explore la relation entre le geste musical, la posture de l’artiste, le costume et l’espace scénique pour créer du sens. En analysant la dramaturgie des ballets traditionnels et des performances de maîtres-tambours, l’étudiant forgera une compétence en direction artistique. Il saura concevoir une scénographie qui renforce l’impact émotionnel de la musique et guide l’attention du public.
VI.3 Production et management d’un événement musical traditionnel
La gestion d’un événement culturel exige une double compétence, artistique et entrepreneuriale. Ce module pragmatique couvre l’intégralité du processus de production : élaboration du budget, recherche de financements et de sponsors, plan de communication ciblé (médias traditionnels et réseaux sociaux), logistique d’accueil des artistes et gestion des aspects techniques. L’étudiant se formera au métier de manager culturel. Il saura piloter un projet de spectacle de A à Z, de l’idée initiale au succès public à Kinshasa ou ailleurs.
VI.4 Droit d’auteur et éthique : Protéger le patrimoine immatériel
Au carrefour du droit et de l’éthique, l’utilisation de mélodies du domaine public traditionnel dans des œuvres commerciales soulève des questions complexes. Ce segment examine le cadre juridique de l’OMPI et de la SONECA sur la protection des savoirs traditionnels et les mécanismes de rémunération équitable. L’étudiant acquerra une expertise juridique pointue. Il sera capable de rédiger des contrats d’artistes et de production qui protègent les droits des créateurs et assurent un juste retour aux communautés détentrices du patrimoine.
ANNEXES
A. Fiche Technique Standardisée pour Prestations Live
Face à l’inadéquation des fiches techniques occidentales pour capter la richesse timbrale des instruments congolais, cette annexe impose un nouveau standard. Elle fournit un modèle de rider technique spécifiquement calibré pour les cordophones (lukombé), idiophones (madimba) et membranophones locaux, précisant les types de microphones, leur placement optimal et les réglages de console nécessaires. Le manager culturel ou l’artiste forgera ici une compétence contractuelle décisive : imposer ses exigences techniques pour garantir une qualité sonore irréprochable, protégeant l’intégrité de la performance.
B. Modèle de Contrat de Prestation Artistique (Contexte RDC)
La précarité juridique des artistes musiciens en RDC découle souvent de l’absence de cadres contractuels clairs, menant à des litiges sur les cachets et les droits. Cette annexe rompt avec cette informalité. Elle propose un contrat-type de prestation, rigoureusement aligné sur les réalités du marché local tout en intégrant les protections essentielles : clauses de paiement, conditions techniques, droits à l’image et gestion des annulations. L’étudiant acquiert un outil juridique opérationnel pour sécuriser ses engagements professionnels et formaliser sa carrière.
C. Glossaire Organologique et Acoustique des Instruments du Bassin du Congo
Une connaissance approfondie de l’organologie est le fondement de toute expertise musicologique. Ce glossaire dépasse la simple classification de Hornbostel-Sachs en associant chaque instrument (likembe, patenge, etc.) à son profil acoustique, ses techniques de jeu traditionnelles et ses possibilités d’amplification modernes. Il constitue un référentiel technique unifié pour les musiciens, les arrangeurs et les ingénieurs du son. L’apprenant maîtrisera le vocabulaire précis indispensable pour dialoguer efficacement avec tous les acteurs de la chaîne de production musicale.
D. Grille d’Évaluation de Performance Scénique et Rituelle
Évaluer une performance traditionnelle uniquement sur la virtuosité technique est une erreur méthodologique qui ignore sa dimension communicative et sociale. Cette grille tranche ce débat. Elle propose un outil d’analyse multicritères qui pondère la maîtrise instrumentale, la pertinence de l’interprétation dans son contexte (festif, rituel), l’interaction avec le public et la gestion de l’espace scénique. Le futur manager ou artiste disposera d’une méthode rigoureuse pour auditer une prestation, identifier les axes d’amélioration et garantir l’impact de l’événement.
Comment la classification Hornbostel-Sachs, malgré son hégémonie, occulte-t-elle la dynamique socioculturelle des instruments traditionnels ?
📚 Source :Travaux d’André Schaeffner sur l’Organologie via Google Books
En quoi la notion de ‘transmission orale’ en ethnomusicologie est-elle un paradigme réducteur face aux processus d’apprentissage incarnés ?
📚 Source :Travaux de John Blacking sur le ‘Humanly Organized Sound’ via Cairn.info
Comment le concept d’authenticité dans la lutherie traditionnelle est-il déconstruit par les impératifs de la performance contemporaine ?
📚 Source :Travaux de Bruno Nettl sur l’Authenticité en Ethnomusicologie via Google Scholar
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