Étudiant en réalisation audiovisuelle utilisant une caméra professionnelle sur un plateau de tournage.

Travail de réalisation ciné radio TV dramatique

Pilotage de la production d'une œuvre complexe de la conception.

Édition 2026 – Réforme LMD – Enseignement supérieur et universitaire en RDC.

  • Code Officiel : TRC2241
  • Domaine : Domaine de Lettres, Langues et Arts
  • Filière : Non spécifié
  • Mention : Non spécifié
  • Année d’étude : Master 2
  • Semestre : Semestre 4
Consulter les Modalités, Compétences et Débouchés

Cette Unité d’Enseignement, d’une valeur de 2 crédits, est entièrement articulée autour d’un unique Élément Constitutif (EC) central : les Pratiques de réalisation pour écrans et médias. Cette architecture pédagogique concentrée garantit une immersion profonde et spécialisée, permettant aux apprenants de se consacrer pleinement à l’acquisition des savoir-faire pratiques essentiels à la création audiovisuelle contemporaine, sans dispersion thématique.

L’ambition de cette UE est de forger des créateurs polyvalents, capables de maîtriser l’ensemble de la chaîne de production. Les étudiants apprendront à adapter un scénario écrit en un objet audiovisuel dynamique, traduisant une vision textuelle en une expérience sensorielle percutante. Ils développeront la compétence cruciale de monter et réaliser des œuvres cinématographiques ou radiophoniques, tout en apprenant à coordonner les équipes techniques de tournage, d’éclairage et de son, assurant ainsi la cohésion et l’efficacité sur le plateau.

Ce parcours prépare directement à des métiers à haute responsabilité dans l’industrie créative, particulièrement pertinents sur le marché de l’emploi en RDC. Les diplômés pourront viser des postes de Réalisateur, le maître d’œuvre artistique, de Producteur délégué, le pilote stratégique et financier du projet, ou encore de Directeur de production audiovisuelle, le garant de la logistique et de l’organisation. Ces profils sont essentiels pour structurer et professionnaliser un secteur audiovisuel congolais en pleine expansion, en demande de leaders capables de gérer des projets complexes de A à Z.

SOMMAIRE NAVIGABLE

PRÉLIMINAIRES

I. Philosophie de l’UE : De l’Idée à l’Écran

Cette unité d’enseignement outille l’étudiant pour transformer une vision artistique en un produit audiovisuel fini, économiquement viable et culturellement pertinent. La démarche est résolument entrepreneuriale, axée sur la maîtrise complète de la chaîne de production, de la structuration du financement à la diffusion. L’objectif est de former des réalisateurs-producteurs, capables de piloter des projets complexes dans l’écosystème médiatique congolais. L’apprenant forgera une compétence stratégique : la gestion de projet audiovisuel de A à Z, garantissant la qualité artistique et la rentabilité.

II. Compétences Cibles et Débouchés en RDC

Le programme vise l’acquisition de trois compétences maîtresses : la réalisation d’œuvres complexes, la coordination experte des équipes techniques et l’adaptation performative d’un scénario. Ces savoir-faire répondent directement aux besoins du marché audiovisuel en RDC, en pleine expansion mais en quête de professionnalisation. Les diplômés sont destinés à occuper des postes de réalisateur, de producteur délégué ou de directeur de production pour des fictions télévisuelles, des documentaires d’investigation ou des productions cinématographiques destinées aux festivals panafricains et internationaux.

III. Méthodologie d’Évaluation : Le Projet Intégrateur

L’évaluation repose sur la production d’un projet intégrateur : un court-métrage de fiction, un pilote de série ou un format radiophonique dramatique de standard professionnel. Ce travail, mené en équipe, simule les conditions réelles d’une production et est jugé sur des critères techniques, artistiques et managériaux. Il constitue une pièce maîtresse du portfolio de l’étudiant, démontrant sa capacité à livrer un produit fini. La soutenance finale devant un jury de professionnels valide la maîtrise des compétences et l’aptitude à intégrer le secteur.

PARTIE 1 : FONDATIONS STRATÉGIQUES ET NARRATIVES

Chapitre I. L’Économie de la Production Audiovisuelle en RDC

L’ordonnance-loi de 2011 sur la liberté de la presse a initié une reconfiguration du paysage médiatique congolais, sans pour autant structurer un modèle économique de production pérenne. Ce chapitre analyse la cartographie financière de l’audiovisuel en RDC, des subventions institutionnelles aux coproductions naissantes. En disséquant les budgets de productions locales et les cadres juridiques du droit d’auteur, l’approche est pragmatique. L’étudiant y forgera une compétence cruciale : monter un dossier de production bancable et naviguer le système pour sécuriser le financement.

I.1 Cartographie des Acteurs et des Financements

Une connaissance approfondie des dynamiques de financement est le prérequis de toute production. Cette section dresse un état des lieux des sources de capitaux en RDC : guichets de l’OIF, fonds d’ambassades, mécénat privé, et les rares investisseurs locaux. L’analyse se concentre sur les critères d’éligibilité et les cycles de décision de chaque acteur. L’étudiant apprendra à identifier les partenaires financiers les plus pertinents pour son projet, qu’il s’agisse d’un documentaire social pour une ONG ou d’une fiction pour un diffuseur.

Sous l’angle du droit comparé avec les standards de l’OMPI, le cadre légal congolais (SOCODA) présente des spécificités qu’il est vital de maîtriser. Ce sous-chapitre examine la protection des scénarios, la cession des droits de diffusion et la structuration des contrats avec les techniciens et les comédiens. Une étude de cas sur un litige récent illustrera les risques juridiques. L’étudiant sera capable de rédiger des contrats de base et de sécuriser la propriété intellectuelle de son œuvre de sa création à son exploitation.

I.3 Élaboration du Budget Prévisionnel et Plan de Trésorerie

Face à la volatilité économique et logistique de Kinshasa ou Lubumbashi, un budget rigoureux est l’unique garantie de survie d’un projet. Ce module enseigne la construction d’un budget détaillé, ligne par ligne, depuis la pré-production jusqu’à la post-production, en intégrant des provisions pour les imprévus. L’accent est mis sur l’optimisation des coûts sans sacrifier la qualité. L’apprenant saura chiffrer précisément un projet, défendre son budget devant des financiers et piloter sa trésorerie durant le tournage.

I.4 Stratégies de Coproduction Internationale et Levée de Fonds

D’inspiration panafricaine, le modèle de la coproduction est une voie d’avenir pour le cinéma congolais. Cette section décortique les mécanismes de montage de coproductions (Sud-Sud et Nord-Sud), en analysant les avantages fiscaux, les apports en industrie et les contraintes contractuelles. Des exemples concrets de films congolais coproduits serviront de base à l’analyse. L’étudiant développera la compétence de présenter son projet à des marchés internationaux comme le FESPACO ou le DISCOP, et de négocier des accords de coproduction.

Chapitre II. La Dramaturgie Appliquée : Structurer le Récit pour l’Impact

La théorie des trois actes de Syd Field, bien qu’universelle, doit être confrontée et enrichie par les traditions narratives congolaises pour résonner localement. Ce chapitre ne se contente pas d’exposer les règles de la dramaturgie ; il les applique à la création de récits ancrés dans le réel socioculturel de la RDC. Comment construire un conflit qui captive un public kinois ? L’étudiant forgera ici des outils d’analyse et d’écriture scénaristique pour transformer une idée brute en un scénario techniquement irréprochable et émotionnellement puissant.

II.1 Déconstruction des Structures Classiques (Acte I, II, III)

Au-delà de la formule de Syd Field, une analyse structurelle fine révèle des variations narratives puissantes. Ce segment dissèque la mécanique interne de l’incident déclencheur, des points de retournement et du climax, en les appliquant à des films africains à succès. L’objectif est de s’approprier ces outils pour les adapter, voire les subvertir. L’étudiant apprendra à diagnostiquer les faiblesses structurelles d’un scénario et à le réarchitecturer pour maximiser la tension dramatique et l’engagement du spectateur.

II.2 Création de Personnages Complexes et Archétypes Locaux

Ancrée dans la psychologie sociale, la création de personnages crédibles exige de dépasser les stéréotypes. Ce module explore la construction de protagonistes dotés de désirs, de contradictions et d’un arc de transformation clair, en puisant dans les figures et archétypes de l’imaginaire congolais. L’analyse de personnages issus du théâtre populaire ou de la littérature nationale servira de support. L’apprenant saura bâtir une fiche personnage complète et écrire des scènes qui révèlent leur profondeur psychologique de manière organique.

II.3 Le Dialogue : Écriture pour la Voix et l’Oralité Congolaise

Une maîtrise du rythme linguistique est fondamentale pour un dialogue qui sonne juste. Ce sous-chapitre se focalise sur l’art d’écrire des dialogues qui soient à la fois fonctionnels (faire avancer l’intrigue) et authentiques, en intégrant les spécificités du lingala, du swahili ou du français kinois. L’exercice central consistera à réécrire des scènes pour différents registres de langue. L’étudiant sera capable d’écrire des dialogues percutants qui définissent les personnages et ancrent le récit dans une réalité sonore crédible.

II.4 Adaptation d’Œuvres Littéraires et de Faits Réels

Le processus de transposition d’un roman, d’une nouvelle ou d’un fait divers en scénario obéit à des règles spécifiques de sélection, de condensation et de dramatisation. Cette section fournit une méthodologie rigoureuse pour identifier le cœur dramatique d’une œuvre source et le traduire en langage cinématographique. Une étude de cas portera sur l’adaptation d’une légende congolaise. L’étudiant saura évaluer le potentiel d’adaptation d’un matériau existant et opérer les choix narratifs nécessaires pour une transposition réussie à l’écran.

Chapitre III. La Direction d’Acteurs : De la Vision à l’Incarnation

La controverse entre l’approche psychologique de Stanislavski et la distanciation prônée par Brecht trouve une résonance particulière sur les plateaux congolais, où cohabitent acteurs de formation et talents bruts. Ce chapitre tranche le débat en proposant une méthode hybride et pragmatique, centrée sur l’obtention d’une performance juste et puissante dans des conditions de tournage souvent contraintes. Comment diriger sans imposer ? L’étudiant structurera une méthodologie de direction précise pour guider l’acteur de la lecture à l’incarnation finale.

III.1 Le Casting Stratégique en Contexte Kinois

Confronté à un vivier d’acteurs hétérogène, le réalisateur doit mener un casting qui dépasse la simple adéquation physique. Ce module enseigne les techniques pour évaluer non seulement le talent, mais aussi la capacité d’écoute, la discipline et le potentiel d’évolution d’un comédien. L’organisation d’une séance de casting à Kinshasa servira d’exercice pratique. L’étudiant apprendra à définir des profils de rôle précis, à rédiger une annonce efficace et à diriger des essais pour composer une distribution cohérente et performante.

III.2 Méthodes de Répétition : De la Lecture à l’Improvisation

Inspirée des techniques de Sanford Meisner, une répétition efficace vise à créer une connexion authentique entre les acteurs. Cette section détaille un protocole de travail en amont du tournage, incluant la lecture “à l’italienne”, l’analyse du sous-texte des scènes et les exercices d’improvisation contrôlée pour explorer les personnages. L’objectif est d’arriver sur le plateau avec des acteurs préparés et autonomes. L’apprenant saura animer des séances de répétition productives qui solidifient les relations et la compréhension du récit.

III.3 Communication Efficace sur le Plateau de Tournage

La clarté du vocabulaire directionnel est la clé pour obtenir des ajustements de jeu rapides et précis sous la pression du temps. Ce sous-chapitre se concentre sur l’art de donner des indications concrètes, basées sur l’action et l’objectif (“verbes d’action”) plutôt que sur des émotions abstraites. Des simulations de direction sur le plateau seront organisées. L’étudiant forgera un langage de direction personnel, efficace et respectueux, lui permettant de communiquer sa vision à l’acteur sans créer de blocage psychologique.

III.4 Gestion des Tensions et de la Psychologie du Groupe

Sous la pression du calendrier de production, la gestion des ego et des fatigues est une compétence non-technique mais vitale du réalisateur. Ce module aborde la psychologie de la troupe, les techniques de désamorçage de conflits et le maintien d’une dynamique de groupe positive et créative. L’analyse de situations de crise sur des tournages réels fournira des leçons pratiques. L’étudiant développera une intelligence émotionnelle et des réflexes de leadership pour préserver la cohésion de son équipe artistique jusqu’au dernier jour.

PARTIE 2 : De la Direction à la Diffusion : L’Ingénierie de la Production Audiovisuelle

Chapitre IV. La Direction d’Acteurs et la Grammaire de la Caméra

La conception de Robert Bresson du “modèle” par opposition à l'”acteur” offre un point d’entrée radical pour repenser la direction. Il s’agit de ne plus chercher le jeu mais la vérité d’une présence, une approche particulièrement pertinente dans le contexte multilingue de la RDC où la sur-théâtralité peut masquer l’authenticité. Ce chapitre déconstruit les techniques de direction pour extraire une performance brute et magnétique. L’étudiant forgera une compétence chirurgicale : savoir guider un comédien pour qu’il incarne une vérité à l’écran, au-delà du texte.

IV.1 Le Découpage Technique comme Acte de Réalisation

Instrument de pré-visualisation, le découpage technique est l’écriture finale du film avant le tournage. Il traduit le scénario en une suite de plans chiffrés, définissant axes, valeurs et mouvements de caméra. Appliqué au contexte congolais, il devient un outil de rationalisation budgétaire, optimisant chaque journée de tournage. L’étudiant apprendra à produire un découpage qui non seulement sert la vision artistique, mais garantit aussi la faisabilité économique du projet dans un environnement aux ressources limitées.

IV.2 La Psychologie de la Direction d’Acteurs en Contexte Multilingue

Face à la mosaïque linguistique de la RDC, la direction d’acteurs exige une intelligence situationnelle aiguë. Ce sous-chapitre analyse les méthodes pour transcender la barrière de la langue par la direction non-verbale, le travail sur le sous-texte et la création d’un espace de confiance absolu sur le plateau. Il s’agit de comprendre comment un geste ou un regard peut communiquer plus qu’un dialogue. Le réalisateur apprendra à diriger des comédiens de diverses origines linguistiques pour obtenir une performance unifiée et émotionnellement juste.

IV.3 Grammaire Visuelle : Le Point de Vue de la Caméra

Sous l’angle de la sémiotique visuelle, chaque choix de focale, d’angle ou de mouvement de caméra est une phrase qui construit le discours du film. Ce segment explore comment la caméra ne se contente pas d’enregistrer une action mais l’interprète, guide le regard du spectateur et génère du sens. En analysant des œuvres tournées à Kinshasa, l’étudiant verra comment l’environnement urbain influence le langage filmique. Il maîtrisera l’art de faire de la caméra un personnage à part entière.

IV.4 Gestion du Plateau : Autorité, Collaboration et Imprévus

Une connaissance approfondie des dynamiques de pouvoir sur un plateau est vitale. Ce module aborde le leadership du réalisateur, non comme une posture autoritaire, mais comme une capacité à fédérer les énergies créatives des différents départements techniques (image, son, déco). Il prépare à la gestion des imprévus, qu’il s’agisse d’une coupure de courant à Goma ou d’un problème logistique. L’étudiant développera une compétence de chef d’orchestre, capable de maintenir le cap artistique tout en assurant la cohésion de son équipe.

Chapitre V. L’Alchimie du Son et de l’Image : Post-production et Identité Visuelle

La théorie du montage des attractions d’Eisenstein, qui postule que le choc des images produit du sens, est le fondement de ce chapitre. Nous l’appliquons à l’ère numérique pour analyser comment le rythme, la couleur et le son sculptent la perception finale de l’œuvre. L’enjeu est de dépasser la simple correction technique pour faire de la post-production un acte de réécriture créative. L’apprenant sera capable de superviser l’ensemble de la chaîne de post-production pour forger une signature esthétique forte et reconnaissable.

V.1 Le Montage Non-Linéaire : Rythme, Narration et Émotion

D’origine logicielle, le montage non-linéaire offre une liberté qui peut se transformer en piège. Ce sous-chapitre enseigne une méthodologie stricte pour structurer le récit, en se concentrant sur le rythme interne des scènes et la courbe émotionnelle globale du film. En s’inspirant de la musicalité du Kasa-Vubu, l’étudiant apprendra à monter non pas seulement des images, mais des sensations. Il saura construire une narration fluide et percutante, où chaque coupe est justifiée par une intention dramatique précise.

V.2 L’Étalonnage Numérique : Création d’Atmosphères et de Palettes Visuelles

Sous l’angle de la psychologie des couleurs, l’étalonnage est l’étape qui donne son âme visuelle au film. Ce cours pratique se concentre sur la création de palettes chromatiques qui renforcent l’univers du récit, en s’inspirant des lumières uniques du Congo, de la brume du fleuve aux couleurs saturées du marché de la Liberté. L’étudiant apprendra à utiliser des outils comme DaVinci Resolve pour sculpter l’image, unifier les plans et créer une atmosphère visuelle cohérente et mémorable.

V.3 Le Design Sonore et le Mixage : Construire l’Univers Auditif

Face à la prédominance de l’image, le son est souvent le parent pauvre de la production. Ce segment renverse cette logique en positionnant le design sonore comme un outil narratif majeur. Il s’agit de créer un monde auditif crédible et immersif, du bruitage au choix des ambiances, en passant par la clarté des dialogues. L’étudiant apprendra les techniques de mixage 5.1 pour spatialiser le son, transformant une projection en une véritable expérience sensorielle pour le public congolais.

V.4 Intégration des Effets Spéciaux (VFX) et du Titrage

Une maîtrise des techniques de compositing est aujourd’hui indispensable. Ce module démystifie les effets spéciaux en se concentrant sur des solutions pragmatiques et à faible coût (rotoscopie, tracking, incrustation) pour les productions indépendantes. Il aborde également le design du titrage comme un élément clé de l’identité du film. L’étudiant sera capable d’intégrer des VFX de manière invisible pour servir l’histoire, et de concevoir un générique qui soit une œuvre en soi, valorisant l’ensemble des collaborateurs.

Chapitre VI. Stratégies de Diffusion et Modèles Économiques pour le Marché Congolais

La création en 2002 de la SOCODA (Société Congolaise des Droits d’Auteur) marque une étape clé, bien qu’imparfaite, vers la professionnalisation du secteur. Ce chapitre analyse l’écosystème audiovisuel congolais pour en identifier les failles et les opportunités. Il s’agit de transformer une œuvre artistique en un produit économiquement viable. L’étudiant forgera une compétence de producteur avisé : savoir naviguer entre les circuits de festivals, la VOD et les télévisions locales pour maximiser la visibilité et la rentabilité de son film.

VI.1 Droit d’Auteur et Contrats de Production en RDC

Fondement de la monétisation, le droit d’auteur est un outil de protection et de valorisation. Ce cours dissèque le cadre juridique congolais, de l’enregistrement d’une œuvre à la négociation des droits de diffusion avec les chaînes de télévision nationales. Il analyse en détail les contrats de coproduction, de cession de droits et de distribution. L’étudiant apprendra à lire et rédiger les clauses juridiques essentielles pour sécuriser son investissement créatif et financier tout au long de la vie de son œuvre.

VI.2 Les Nouveaux Canaux de Diffusion : VOD, Web-séries et Médias Sociaux

Une connaissance fine des modes de consommation médiatique est cruciale. Ce sous-chapitre cartographie les plateformes de diffusion alternatives qui contournent les circuits traditionnels, particulièrement adaptées au contexte de la RDC où la pénétration d’internet mobile est forte. Il analyse les modèles économiques de la VOD, du financement participatif et de la monétisation sur YouTube. Le diplômé saura élaborer une stratégie de diffusion numérique ciblée pour atteindre l’audience congolaise et sa diaspora.

VI.3 Élaboration du Dossier de Production pour les Bailleurs de Fonds

Face à la compétition pour les financements, un dossier de production impeccable est une arme décisive. Ce module guide l’étudiant dans la construction d’un package professionnel complet : synopsis, note d’intention du réalisateur, budget prévisionnel détaillé, plan de financement et stratégie de distribution. L’accent est mis sur l’adaptation du discours aux différents types d’interlocuteurs (ONG, fonds culturels internationaux, investisseurs privés). L’étudiant maîtrisera l’art de “vendre” son projet sur papier.

VI.4 Marketing et Promotion d’une Œuvre : Créer l’Événement

Sous l’angle du marketing culturel, la sortie d’un film doit être orchestrée comme un événement. Ce segment enseigne les techniques de promotion adaptées au marché congolais : relations presse avec les médias de Kinshasa, organisation d’avant-premières, création de buzz sur les réseaux sociaux et soumission aux festivals de films africains pertinents (FESPACO, Ecrans Noirs). L’étudiant apprendra à construire une campagne de communication efficace pour transformer son film en un sujet de conversation et attirer le public en salle ou en ligne.

ANNEXES

A. Modèle de Contrat de Production Audiovisuelle (Norme RDC)

Face à la précarité juridique fréquente dans les productions indépendantes congolaises, ce modèle de contrat standardisé constitue un bouclier légal. Il formalise les relations entre producteurs, réalisateurs et techniciens, en intégrant les spécificités du droit d’auteur et du droit du travail applicables en RDC. La maîtrise de ce document outille le producteur pour sécuriser ses investissements, prévenir les litiges sur la propriété intellectuelle et professionnaliser l’ensemble de la chaîne de production locale, rendant ses projets bancables.

B. Fiche Technique de Prêt-à-Diffuser (PAD) pour Diffuseurs Locaux

Une non-conformité technique signe souvent le rejet pur et simple d’une œuvre par un diffuseur. Cette fiche PAD (Prêt-à-Diffuser) synthétise les exigences techniques des principaux canaux de diffusion en RDC et en Afrique francophone, du codec H.264 aux niveaux audio EBU R128. L’étudiant apprend ici à calibrer son export final, garantissant une compatibilité maximale et évitant les allers-retours coûteux avec les laboratoires ou les chaînes de télévision, assurant une monétisation rapide de l’œuvre.

C. Grille d’Analyse Sémiologique du Scénario pour le Découpage Technique

D’inspiration greimassienne, cette grille force le réalisateur à disséquer le scénario au-delà de l’intrigue. Elle cartographie les fonctions narratives, les oppositions sémantiques et les valeurs symboliques pour chaque séquence, transformant la théorie en choix de mise en scène concrets. Appliquée aux récits congolais, elle permet de traduire la richesse des non-dits et des codes culturels en un langage visuel puissant, assurant la cohérence esthétique et sémantique de l’œuvre finale, de la pré-production à la post-production.

D. Template de Budget Prévisionnel Détaillé (Contexte Kinshasa)

Une connaissance fine des coûts de production à Kinshasa est le pivot de la crédibilité d’un projet. Ce template de budget prévisionnel dépasse la simple liste de postes pour intégrer les variables locales critiques : coût du groupe électrogène en cas de délestage, logistique de transport dans les embouteillages, per diem et sécurité des équipes. Le futur producteur y forge sa capacité à chiffrer un projet avec une précision chirurgicale, condition sine qua non pour convaincre les investisseurs.

Dialectiques de l’Énonciation Audiovisuelle : Paradigmes et Ruptures Praxéologiques
Comment l’effet Koulechov, au-delà du montage sémantique, structure-t-il la cognition du spectateur dans les séries télévisées à narration complexe ?
La pensée de Lev Koulechov démontre que le montage ne crée pas du sens, il le fabrique par contiguïté forcée. Le paradoxe réside dans l’efficacité de l’effet même sur un spectateur averti, exploitant un biais cognitif fondamental. Cette juxtaposition d’un visage neutre et d’un stimulus (un objet, une action) n’est pas une simple syntaxe, c’est une ingénierie de l’empathie. En RDC, les réalisateurs de clips politiques ou publicitaires l’utilisent pour associer un candidat à une émotion positive, influençant directement le comportement de l’électeur ou du consommateur.

📚 Source :Travaux de Lev Koulechov sur l’Effet de montage via Google Scholar

En quoi la conception sonore ‘schizophonique’ de Murray Schafer redéfinit-elle la dramaturgie radiophonique au-delà de la simple illustration sonore ?
Le concept de ‘schizophonie’ de R. Murray Schafer, la dissociation entre un son et sa source originelle, est la pierre angulaire de la dramaturgie radiophonique moderne. Le paradoxe est que cette aliénation technologique ne crée pas la distance mais une hyper-présence, un ‘paysage sonore’ artificiel plus immersif que le réel. Dans la fiction podcastique, des productions comme ‘L’Appel des Profondeurs’ utilisent des artefacts de transmission (grésillements, échos) non comme défauts, mais comme des marqueurs de véridiction qui ancrent le récit et augmentent sa valeur marchande.

📚 Source :Travaux de R. Murray Schafer sur la Schizophonia via JSTOR

Comment la théorie du ‘contrat de lecture’ de Verón s’applique-t-elle à la construction des personnages archétypaux dans les franchises télévisuelles actuelles ?
Le ‘contrat de lecture’ d’Eliseo Verón, transposé à la télévision, révèle que la fidélité de l’audience repose sur la reconnaissance de schémas narratifs et de personnages stables. Le paradoxe des franchises à succès est que leur innovation est minimale ; leur force réside dans la réitération prévisible de ce contrat. Un personnage comme le Dr. House n’est pas tant complexe qu’il est une exécution rigoureuse d’un archétype (le génie asocial), garantissant la lisibilité du format sur le marché mondial des droits télévisuels.

📚 Source :Travaux de Eliseo Verón sur le Contrat de lecture via Cairn.info


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