Livre de droit et ordinateur portable symbolisant le droit du numérique en RDC.

Droit civil et législation sociale

Étude du droit civil et de la législation.

Édition 2026 – Réforme LMD – Enseignement supérieur et universitaire en RDC.

  • Code Officiel : DRC1121
  • Domaine : Sciences et Technologie
  • Filière : SCIENCES INFORMATIQUES
  • Mention : TRONC COMMUN : GL, SI, IA
  • Année d’étude : LICENCE 1
  • Semestre : Semestre 2
Consulter les Modalités, Compétences et Débouchés

Cette unité d’enseignement, valorisée à hauteur de 3 crédits ECTS, est conçue comme un bloc d’enseignement unitaire et indivisible. Son architecture sans Éléments Constitutifs distincts favorise une approche intégrée et holistique des enjeux juridiques du numérique, permettant aux étudiants de construire une vision globale et cohérente de la matière, sans dispersion thématique, pour une maîtrise approfondie des interactions entre le droit et la technologie.

L’objectif est de rendre les apprenants immédiatement opérationnels en leur conférant des compétences d’une grande utilité pratique. Ils apprendront à maîtriser les subtilités du droit des contrats pour sécuriser les transactions et les partenariats dans l’écosystème des services numériques. De plus, ils sauront architecturer le cadre légal du travail indispensable à une gestion des ressources humaines IT performante et équitable. Enfin, la capacité à garantir la protection de la propriété intellectuelle, notamment sur le code source, leur permettra de préserver l’actif le plus précieux des entreprises technologiques : l’innovation.

Cette formation prépare à des métiers d’avenir dont le rôle est crucial pour accompagner la transformation digitale sur le marché de l’emploi en RDC. Le Juriste en droit du numérique sera le pilier des entreprises pour naviguer dans un environnement réglementaire en pleine construction. L’Expert en conformité IT assurera l’alignement des systèmes d’information avec les normes nationales et internationales, un enjeu majeur pour la confiance et la sécurité. Quant au Conseiller en contrats technologiques, il deviendra un acteur incontournable pour structurer les accords qui soutiennent la croissance des start-ups et des pôles d’innovation, notamment à Kinshasa.

SOMMAIRE NAVIGABLE

PRÉLIMINAIRES

I. Introduction à l’Unité d’Enseignement (UE)

Cette Unité d’Enseignement constitue une interface critique entre le droit positif congolais et les réalités techniques du secteur numérique. Elle est conçue pour équiper les futurs ingénieurs informaticiens d’un corpus de connaissances juridiques directement applicables à leur pratique professionnelle. L’objectif est de transformer la perception du droit, non comme une contrainte, mais comme un outil stratégique de création de valeur et de sécurisation des innovations technologiques.

II. Objectifs Pédagogiques et Compétences Visées

Au terme de ce cours, l’étudiant maîtrisera trois compétences fondamentales. Premièrement, il saura appliquer les principes du droit des contrats pour structurer des accords de services numériques (SLA, développement) robustes et équitables. Deuxièmement, il pourra organiser le cadre légal du travail pour la gestion des ressources humaines spécifiques au secteur IT. Troisièmement, il sera apte à garantir la protection de la propriété intellectuelle associée au code source produit, un actif immatériel stratégique.

III. Méthodologie et Guide d’Utilisation du Manuel

Le manuel adopte une approche inductive, partant de cas pratiques et de scénarios techniques pour en extraire les principes juridiques pertinents. Chaque chapitre est structuré pour lier une théorie fondamentale du droit à une application concrète dans l’écosystème technologique de la RDC. Il est impératif pour l’étudiant de traiter les études de cas proposées, car elles constituent le pont entre le savoir abstrait et la compétence opérationnelle visée.

IV. Glossaire des Termes Juridiques et Techniques

Une maîtrise terminologique précise est la condition sine qua non de toute expertise. Cette section fournit une définition rigoureuse des concepts clés, qu’ils soient issus du vocabulaire juridique (force majeure, dol, synallagmatique) ou de l’environnement technologique (SaaS, API, open source, fork). La consultation systématique de ce glossaire est requise pour assurer une compréhension univoque des analyses développées dans les chapitres.

PARTIE 1 : FONDEMENTS DU DROIT APPLIQUÉ AUX TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION

Chapitre I. Sources du Droit et Personnalité Juridique à l’Ère Numérique

La pyramide des normes, concept structurant de Hans Kelsen, offre la grille de lecture fondamentale pour déchiffrer l’ordre juridique. Ce chapitre transpose cette hiérarchie au cyberespace congolais, articulant les traités internationaux, la Constitution, la loi n° 23/010 sur le numérique et les règlements sectoriels. L’analyse heurte la théorie à la pratique des litiges émergents dans le secteur des télécoms à Kinshasa. L’étudiant forgera une compétence analytique cruciale : cartographier la source légale pertinente pour tout problème technologique et identifier l’autorité compétente pour le trancher.

I.1 Hiérarchie des normes et sources du droit congolais

Une compréhension rigoureuse de la pyramide kelsénienne est le point de départ de toute analyse juridique sérieuse. Ce sous-chapitre cartographie l’architecture des sources du droit en RDC, de la Constitution aux coutumes locales, en passant par les lois et les règlements. L’accent est mis sur l’articulation de ces normes avec les nouveaux textes régissant le secteur numérique, afin de résoudre les conflits de lois potentiels.

I.2 Personnalité juridique : de la personne physique à l’entité numérique

Face à l’émergence des intelligences artificielles et des organisations autonomes décentralisées (DAO), la notion classique de personnalité juridique est mise à l’épreuve. Cette section analyse les attributs de la personnalité juridique (nom, domicile, capacité) et leur transposition ou leur inapplicabilité aux entités numériques. L’étude se focalise sur les implications pratiques pour la création de startups technologiques et la détermination des responsabilités en cas de défaillance d’un système autonome.

I.3 Actes et faits juridiques dans l’environnement numérique

Sous l’angle de la preuve, la distinction entre acte et fait juridique est fondamentale, particulièrement dans un contexte dématérialisé. Ce segment examine comment une transaction en ligne, un commit sur GitHub ou un simple email peuvent être qualifiés juridiquement. L’analyse s’appuie sur la jurisprudence récente pour déterminer la force probante des logs informatiques et des signatures électroniques dans le système judiciaire congolais.

I.4 Application de la loi dans le temps et l’espace (cyberspace)

D’une complexité croissante, la question de la territorialité du droit sur Internet est un enjeu majeur pour toute entreprise technologique opérant en RDC. Ce sous-chapitre décortique les règles de conflit de lois pour déterminer quel droit national s’applique à une transaction transfrontalière ou à un litige impliquant un serveur hébergé à l’étranger. L’objectif est de permettre au futur ingénieur d’anticiper les risques juridiques liés à l’internationalisation de ses services.

Chapitre II. Théorie Générale des Obligations et Contrats Numériques

L’ordonnance-loi de 2020 sur les télécommunications et les TIC a marqué une rupture, reconnaissant la validité de l’écrit électronique. Ce chapitre dissèque la transposition des piliers du droit des obligations – consentement, capacité, objet, cause – dans l’écosystème numérique congolais. L’analyse se concentre sur les contrats de service IT (SLA, développement logiciel) pour des clients à Lubumbashi ou Goma. L’étudiant y forgera une compétence opérationnelle : auditer la validité d’un contrat dématérialisé et rédiger des clauses de service protégeant les intérêts d’une startup technologique locale.

II.1 Formation du contrat : l’échange des consentements en ligne

Au cœur du commerce électronique, la théorie de l’offre et de l’acceptation se matérialise par le “double-clic”. Cette section analyse la validité juridique de ce processus, les obligations d’information précontractuelle du vendeur en ligne et le droit de rétractation du consommateur. L’étude de cas portera sur la mise en conformité d’une plateforme de e-commerce locale avec les exigences du droit congolais de la consommation.

II.2 Conditions de validité et nullité des contrats technologiques

Une analyse méticuleuse des vices du consentement (erreur, dol, violence) est menée dans le contexte des contrats d’adhésion en ligne (conditions générales d’utilisation). Ce sous-chapitre explore les clauses considérées comme abusives et pouvant entraîner la nullité partielle ou totale du contrat. La compétence visée est la capacité à identifier et à réécrire des clauses potentiellement litigieuses dans un contrat de licence de logiciel (EULA).

II.3 Effets du contrat : force obligatoire et responsabilité contractuelle (SLA)

Face aux impératifs de disponibilité des services cloud, le Service Level Agreement (SLA) devient la pièce maîtresse de la relation client-fournisseur. Cette section décortique la structure d’un SLA, la définition des métriques de performance (KPIs) et le calcul des pénalités en cas de non-respect des engagements. L’étudiant apprendra à négocier un SLA qui équilibre les contraintes techniques du fournisseur et les exigences métiers du client.

II.4 Extinction des obligations : paiement, exécution et prescription dans le numérique

D’une importance capitale pour la trésorerie des entreprises IT, la sécurisation du paiement des prestations est un enjeu clé. Ce segment examine les modes de preuve du paiement électronique, les mécanismes de recouvrement de créances pour des services immatériels et les délais de prescription applicables. Une attention particulière est portée aux contrats d’abonnement (SaaS) et aux modalités de résiliation et de réversibilité des données.

Chapitre III. Droit du Travail et Protection de la Propriété Intellectuelle en IT

Le Code du travail congolais, conçu pour un salariat industriel, vacille face aux nouvelles formes d’emploi dans le secteur IT. Le statut du développeur freelance ou du télétravailleur exige de repenser les certitudes du lien de subordination. Ce module corrige ces angles morts en articulant droit du travail et droit d’auteur sur le logiciel. L’analyse se focalise sur les clauses de cession de droits dans les contrats de travail des startups de Kinshasa. L’ingénieur-manager saura sécuriser juridiquement le patrimoine logiciel de son entreprise dès l’embauche.

III.1 Contrat de travail : spécificités pour les métiers de l’informatique

Une rédaction précise des clauses de non-concurrence et de confidentialité est vitale pour protéger les actifs d’une entreprise technologique. Ce sous-chapitre détaille les conditions de validité de ces clauses et leur adaptation aux réalités du marché IT congolais, très mobile. L’objectif est de former les futurs managers à rédiger des contrats de travail qui protègent l’entreprise sans entraver abusivement la carrière du salarié.

III.2 Droits et obligations de l’employeur et du salarié en IT

Au-delà du salaire, la question de la propriété des outils de développement et de la gestion du temps de travail en mode projet agile est centrale. Cette section clarifie les zones grises du Code du travail concernant le télétravail, le droit à la déconnexion et l’utilisation des équipements informatiques à des fins personnelles. L’analyse fournit des solutions pratiques pour mettre en place une charte informatique d’entreprise conforme au droit.

III.3 Fondements du droit d’auteur appliqué au code source

D’origine légale, la protection du logiciel en tant qu’œuvre de l’esprit est automatique dès sa création, sans nécessité de dépôt. Ce segment explique les critères d’originalité du code source et la nature des droits conférés à son auteur (droits moraux et patrimoniaux). Il s’agit de faire comprendre à l’étudiant que chaque ligne de code qu’il écrit est un actif juridique potentiellement valorisable.

III.4 Gestion des droits de propriété intellectuelle dans l’entreprise

Face au risque de fuite de code ou de litiges sur la paternité, une politique de gestion de la PI est indispensable. Ce sous-chapitre traite de la dévolution automatique des droits de l’employé-créateur à l’employeur, une règle fondamentale souvent méconnue. Il aborde également la gestion des licences open source utilisées dans un projet, afin d’éviter la contamination virale (copyleft) des droits sur le produit final.

PARTIE 2 : Le Droit Appliqué à l’Écosystème Numérique

Chapitre V. Le Contrat à l’Ère du Numérique : Cadre et Responsabilités

Le Code civil congolais, dans son Livre III, n’a pas anticipé la dématérialisation des échanges. Cette lacune structurelle impose une réinterprétation audacieuse des principes de formation du consentement et de la preuve pour les transactions numériques. Ce chapitre confronte la doctrine classique aux réalités des plateformes d’e-commerce et des contrats de service cloud opérant en RDC. L’objectif est de forger une compétence d’ingénierie contractuelle. L’étudiant apprendra à rédiger des Conditions Générales de Vente (CGV) inattaquables et à sécuriser juridiquement les Service Level Agreements (SLA).

V.1 La formation et la preuve du contrat électronique

La question du “double clic” comme formalisation du consentement a fait l’objet d’intenses débats jurisprudentiels, transposables en droit congolais via la loi sur les transactions électroniques. Ce module analyse la force probante de la signature électronique et de l’archivage numérique face aux exigences du Code civil sur la preuve littérale. Une connaissance approfondie de ces mécanismes est vitale pour les fintechs de Kinshasa, et l’étudiant maîtrisera les techniques pour auditer la validité d’un parcours client en ligne et garantir la non-répudiation des commandes.

V.2 L’ingénierie des contrats de services informatiques (SLA)

Face aux impératifs de disponibilité des services numériques, le contrat de service informatique devient la pierre angulaire de la relation client-fournisseur. Ce sous-chapitre décortique la structure de ces contrats, en insistant sur la définition des niveaux de service, des pénalités et des plans de reprise d’activité. L’apprenant saura négocier et rédiger des SLA précis, alignant les garanties techniques sur les enjeux métiers d’une entreprise congolaise, qu’il s’agisse d’une banque ou d’une PME, garantissant ainsi la continuité des opérations.

V.3 La responsabilité contractuelle du fournisseur IT

Une ligne de code défaillante peut entraîner des préjudices financiers colossaux, posant la question de la responsabilité du développeur. Sous l’angle de l’obligation de moyens renforcée, cette section examine les limites de la responsabilité contractuelle pour les bogues, les failles de sécurité et les retards de livraison. En s’appuyant sur des cas concrets de litiges dans le secteur du développement logiciel, l’étudiant apprendra à qualifier juridiquement une faute technique et à encadrer les clauses limitatives de responsabilité dans ses futurs contrats.

V.4 La sécurisation des clauses stratégiques (NDA, réversibilité)

Protéger l’information stratégique est un impératif absolu dans le développement de solutions technologiques. Ce module se concentre sur l’ingénierie juridique des clauses de confidentialité (NDA), de non-concurrence et de réversibilité, cruciale lors d’un changement de prestataire. L’analyse porte sur leur validité et leur portée au regard du droit congolais du travail et de la concurrence. Le futur ingénieur sera capable de blinder juridiquement ses collaborations pour protéger ses innovations et garantir la portabilité de ses données.

Chapitre VI. Législation Sociale et Gestion des Talents Technologiques

Promulgué en 2002, le Code du travail congolais offre un cadre robuste mais conçu pour l’économie industrielle. Son application au secteur numérique, caractérisé par le télétravail et le statut de freelance, constitue un défi juridique majeur. Ce chapitre analyse les adaptations nécessaires pour encadrer ces nouvelles formes d’emploi. L’étudiant y forgera une compétence essentielle en gestion des ressources humaines IT : structurer des contrats de travail conformes, flexibles et attractifs pour les talents du numérique en RDC, tout en minimisant les risques de contentieux prud’homal.

VI.1 La qualification du contrat de travail dans le secteur IT

D’une importance capitale pour la flexibilité des startups, la distinction entre salariat et prestation de services indépendante est au cœur des stratégies de croissance. Ce segment analyse les critères du lien de subordination juridique dans le contexte d’un développeur ou d’un consultant IT, en se référant à la jurisprudence sur le travail dissimulé. L’étudiant apprendra à choisir la forme contractuelle la plus appropriée (CDI, CDD, contrat de consultance) pour sécuriser les projets de sa future entreprise à Lubumbashi ou ailleurs.

VI.2 L’encadrement du télétravail et du droit à la déconnexion

Le concept de droit à la déconnexion, bien que non explicitement codifié en RDC, devient une exigence de performance et de bien-être au travail. Face à la porosité entre vie professionnelle et vie privée induite par les outils numériques, ce module explore les solutions juridiques et managériales pour encadrer le temps de travail. L’apprenant sera en mesure de rédiger une charte sur le télétravail et le droit à la déconnexion, un outil de management moderne pour fidéliser les équipes techniques.

VI.3 Les dispositifs de rémunération spécifiques au numérique

Une connaissance fine des mécanismes de rémunération est un levier de compétitivité pour attirer les meilleurs profils IT. Ce sous-chapitre va au-delà du salaire de base pour examiner les dispositifs spécifiques : bonus sur projet, intéressement, attribution d’actions (stock-options) et avantages en nature technologiques. L’étudiant saura construire une politique de rémunération globale attractive et conforme aux dispositions fiscales et sociales congolaises, un atout majeur pour tout manager de la tech qui veut bâtir une équipe performante et loyale.

VI.4 La gestion de la rupture du contrat de travail

La rupture du contrat de travail dans le secteur IT présente des spécificités, notamment la restitution du matériel et la protection des données de l’entreprise. Ce module étudie les procédures de licenciement et de démission, en intégrant la gestion des clauses post-contractuelles de non-concurrence et de confidentialité. L’étudiant maîtrisera la conduite d’une procédure de séparation sécurisée, préservant les actifs immatériels de l’entreprise et prévenant les litiges futurs, une compétence clé pour protéger la pérennité de l’organisation.

Chapitre VII. La Propriété Intellectuelle du Code et des Données

La notion de “biens communs numériques”, popularisée par Lawrence Lessig, offre une grille de lecture puissante pour analyser la tension entre logiciels libres et propriétaires. Ce chapitre applique ce prisme conceptuel au droit de la propriété intellectuelle pour les actifs numériques. Il ne s’agit pas de survoler la théorie, mais de fournir des outils concrets pour l’écosystème tech congolais. L’étudiant sera armé pour auditer la conformité des licences d’un projet et pour élaborer une stratégie de protection efficace pour une application développée localement.

VII.1 Le droit d’auteur appliqué au code source et aux bases de données

Contrairement à une idée reçue, le code source est une œuvre de l’esprit protégée par le droit d’auteur dès sa création, sans nécessité de dépôt. Cette section décortique les prérogatives de l’auteur et leur application spécifique au logiciel, ainsi que la protection des bases de données. L’apprenant saura identifier précisément qui détient les droits sur un code (l’employé, l’entreprise, le freelance) et comment formaliser les cessions de droits nécessaires au sein d’un projet de développement pour une exploitation commerciale sereine.

VII.2 La stratégie des licences logicielles (propriétaires vs. open source)

Sous l’angle de la stratégie business, le choix d’une licence logicielle n’est pas un détail technique mais un acte fondateur. Ce module compare les implications juridiques et commerciales des grandes familles de licences : propriétaires (EULA), permissives (MIT, Apache) et contraignantes (copyleft, GPL). En analysant des cas d’entreprises ayant bâti leur modèle sur l’open source, l’étudiant forgera la compétence de sélectionner la licence optimale alignée sur les objectifs de monétisation et de diffusion d’un logiciel conçu en RDC.

VII.3 La protection des algorithmes par le secret des affaires

Face à l’impossibilité de breveter les algorithmes en tant que tels dans le système juridique congolais, inspiré par l’OAPI, le secret des affaires devient l’outil de protection par défaut. Ce sous-chapitre détaille les mesures techniques, organisationnelles et juridiques pour qualifier et défendre un secret d’affaires. L’étudiant apprendra à construire une “chambre forte” juridique autour des algorithmes critiques, un avantage concurrentiel décisif pour les startups en intelligence artificielle ou en fintech basées sur le territoire national.

VII.4 La valorisation des actifs immatériels de l’entreprise technologique

Une innovation technologique sans stratégie de valorisation est un actif dormant. Ce module de synthèse fournit une méthodologie pour cartographier les actifs immatériels d’une entreprise (logiciels, marques, données) et définir une stratégie de protection et d’exploitation. L’analyse couvre le dépôt de marque, le recours au droit d’auteur et la contractualisation des savoir-faire. Le futur manager IT saura dialoguer avec un conseil en propriété industrielle pour transformer les innovations de son équipe en revenus tangibles et défendables.

ANNEXES

A. Modèle de Contrat de Développement Logiciel (Type-OHADA)

L’Acte uniforme OHADA sur le droit commercial général fournit un socle, mais reste silencieux sur les spécificités du développement logiciel agile. Cette annexe propose un modèle de contrat de service durci, adapté aux cycles de développement itératifs courants dans les Entreprises de Services du Numérique (ESN) de Kinshasa. L’étudiant maîtrisera la rédaction de clauses techniques précises : définition du livrable, critères d’acceptation, et régime de responsabilité en cas de défaillance du code, sécurisant ainsi la relation client-développeur de manière pragmatique.

B. Canevas de Contrat de Travail pour Développeur (Conforme Code du Travail RDC)

La loi n° 015/2002 du 16 octobre 2002 portant Code du Travail en RDC structure les relations employeur-employé. Ce canevas traduit ces dispositions en un contrat type pour un profil de développeur, intégrant les défis modernes : télétravail, clause de non-concurrence post-contractuelle et gestion des heures supplémentaires pour les projets critiques. L’informaticien apprendra à négocier son propre contrat ou à en rédiger un pour son équipe, en alignant les exigences techniques du poste avec le cadre légal congolais, prévenant ainsi les litiges prud’homaux.

C. Clause Type de Cession de Droits d’Auteur sur le Code Source

La distinction fondamentale entre le droit moral inaliénable de l’auteur et les droits patrimoniaux cessibles est au cœur de la propriété intellectuelle sur le logiciel. Cette clause-type, à insérer dans le contrat de travail ou de prestation, formalise la cession explicite et totale des droits d’exploitation du code produit, une étape cruciale pour la valorisation d’une startup technologique congolaise. L’étudiant saura comment blinder juridiquement la propriété du principal actif immatériel de l’entreprise, le code source, condition sine qua non pour attirer des investisseurs.

D. Grille d’Audit de Conformité Juridique pour Start-up Tech (RDC)

Face à la complexité de l’écosystème réglementaire congolais, une approche fragmentée de la conformité juridique conduit inévitablement à des risques opérationnels et financiers majeurs. Cette grille d’audit synthétique offre un outil de diagnostic rapide et actionnable pour les fondateurs de start-ups à Lubumbashi ou Goma, couvrant la structure de la société, les contrats de travail, la protection de la PI et les obligations fiscales. Le futur entrepreneur développera une vision systémique, capable d’identifier les vulnérabilités légales et de prioriser les actions correctives.

Analyse Systémique des Asymétries Normatives en Droit Social Européen
Comment la CJUE arbitre-t-elle la tension entre les libertés économiques fondamentales et la protection des droits sociaux des travailleurs détachés ?
La jurisprudence de la CJUE, notamment dans les arrêts Viking et Laval, illustre une priorisation des libertés économiques sur les droits de négociation collective. Antoine Lyon-Caen analyse ce phénomène comme une ‘décommunautarisation’ du droit social, où la logique de marché prime. Le paradoxe réside dans le fait que l’intégration économique, but de l’UE, fragmente les systèmes de protection sociale nationaux. Concrètement, cela se traduit par des tensions sur les chantiers où la directive sur le détachement des travailleurs est constamment renégociée pour contrer le dumping social.

📚 Source :Travaux d’Antoine Lyon-Caen sur la décommunautarisation du droit social via Cairn.info

Quelle est l’incidence de la qualification juridique des travailleurs de plateformes (e.g., Uber) sur l’architecture du contrat de travail classique ?
La requalification des travailleurs de plateformes numériques met en crise la notion de subordination juridique. S’inspirant d’Alain Supiot, on peut analyser cette relation non par la subordination, mais par l’allégeance algorithmique, où le travailleur est soumis à un système de notation et d’incitations. Le paradoxe est que l’autonomie affichée masque une dépendance économique et organisationnelle totale. Cette tension juridique force les législateurs européens à envisager un troisième statut ou à étendre la présomption de salariat, impactant le modèle économique de géants comme Uber.

📚 Source :Travaux d’Alain Supiot sur l’allégeance algorithmique via Google Scholar

En quoi le concept d’aménagement raisonnable pour les personnes handicapées transforme-t-il l’obligation de non-discrimination de l’employeur en droit de l’UE ?
L’aménagement raisonnable, issu de la Directive 2000/78/CE, convertit l’obligation de non-discrimination d’une simple abstention à une action positive. Comme l’analysait déjà Gérard Lyon-Caen sur l’évolution des pouvoirs patronaux, l’employeur n’est plus seulement tenu à une égalité formelle. Le paradoxe est que pour garantir l’égalité, il doit imposer une différence de traitement justifiée et proportionnée. Concrètement, cela oblige une entreprise à modifier un poste de travail ou à acquérir un logiciel spécifique pour un employé malvoyant, transformant le principe d’égalité en une obligation de résultat.

📚 Source :Travaux de Gérard Lyon-Caen sur l’obligation positive de l’employeur via Google Books


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