Étudiants en RDC analysant des graphiques de développement économique.

Stratégies de développement

Planification stratégique et politiques économiques de développement.

Édition 2026 – Réforme LMD – Enseignement supérieur et universitaire en RDC.

  • Code Officiel : STD2141
  • Domaine : Sciences et Technologie
  • Filière : Statistique
  • Mention : Planification Economique
  • Année d’étude : MASTER 2
  • Semestre : Semestre 4
Consulter les Modalités, Compétences et Débouchés

Cette Unité d’Enseignement, d’une valeur totale de 7 crédits, est méticuleusement structurée pour offrir une compréhension holistique des dynamiques de développement. Elle s’articule autour de quatre piliers fondamentaux et complémentaires : la Planification stratégique (2 crédits) pour la vision à long terme, l’Economie du développement (2 crédits) pour les fondements théoriques, les Politiques et stratégies de développement (2 crédits) pour l’application pratique, et enfin, les Politiques économiques régionales (1 crédit) pour saisir les enjeux de la coopération transfrontalière.

Au-delà des savoirs théoriques, cette UE forge des compétences analytiques de pointe. Les apprenants seront capables de modéliser l’impact des chocs exogènes, leur permettant d’anticiper les crises et de renforcer la résilience macroéconomique. Ils maîtriseront l’art de formuler des politiques de développement robustes, ancrées dans une analyse factuelle rigoureuse des données, transformant ainsi l’information en action décisive. Enfin, ils acquerront la capacité de concevoir des plans stratégiques pour l’intégration économique régionale, une compétence essentielle pour naviguer dans un monde globalisé et renforcer les blocs économiques.

Cette formation ouvre la voie à des carrières d’impact majeur, particulièrement pertinentes pour les défis de la République Démocratique du Congo. Le Planificateur stratégique y jouera un rôle clé dans la conception des plans nationaux de développement et la coordination des grands projets d’infrastructure. L’Économiste du développement sera indispensable pour analyser les leviers de la croissance inclusive et proposer des solutions pour réduire la pauvreté. Quant au Conseiller gouvernemental, il agira comme une interface cruciale entre l’expertise technique et la décision politique, assurant que les stratégies adoptées soient économiquement saines et socialement équitables pour l’avenir du pays.

SOMMAIRE NAVIGABLE

PRÉLIMINAIRES

I. Présentation de l’Unité d’Enseignement (UE)

Cette Unité d’Enseignement, codifiée STD2141, constitue le socle terminal du Master en Planification Économique. Elle vise à doter les futurs cadres d’une maîtrise intégrée des instruments de diagnostic, de formulation et de pilotage des politiques de développement. L’approche privilégie la fusion de la rigueur économétrique et de la compréhension fine des contextes institutionnels africains. L’objectif est de former des praticiens capables de concevoir des stratégies robustes, mesurables et ayant un impact socio-économique tangible, répondant ainsi aux exigences des gouvernements, des organisations internationales et du secteur privé.

II. Compétences Visées et Débouchés Professionnels

Au terme de ce cours, l’étudiant détiendra une triple compétence. Premièrement, la capacité de modéliser l’impact de chocs macroéconomiques sur des économies en développement, en utilisant des outils quantitatifs avancés. Deuxièmement, l’aptitude à formuler des recommandations de politiques publiques basées sur une analyse factuelle rigoureuse. Troisièmement, l’expertise pour concevoir et évaluer des plans d’intégration économique régionale. Ces compétences ouvrent directement la voie aux carrières de planificateur stratégique au sein des ministères, d’économiste du développement dans les institutions de Bretton Woods et de conseiller en politiques publiques.

III. Méthodes Pédagogiques et Modalités d’Évaluation

La pédagogie active est au cœur de cette UE. Chaque chapitre combine des exposés magistraux denses avec des études de cas concrets tirés du contexte congolais et africain, des ateliers de modélisation sur le logiciel R et des simulations de comités de politique économique. L’évaluation est conçue pour mesurer la compétence opérationnelle. Elle se compose d’un contrôle continu (40%) basé sur des notes de politique (policy briefs) et des exercices de modélisation, et d’un examen terminal (60%) consistant en l’élaboration et la défense d’un plan stratégique de développement sectoriel pour une entité locale.

Chapitre I. Fondations Épistémologiques et Métriques de la Planification

I.1 L’acte de planifier : de l’économie dirigiste à la gouvernance adaptative

Héritée des plans quinquennaux post-indépendance, la notion de planification a subi une mutation radicale. Ce segment déconstruit l’évolution du concept, passant d’une vision centralisée et rigide à une approche de gouvernance stratégique, flexible et participative. L’analyse s’appuie sur la critique hayekienne de l’information parfaite pour justifier la nécessité d’une planification adaptative, qui intègre les signaux du marché et les initiatives locales. L’étudiant saisira la rupture épistémologique fondamentale entre la planification comme instrument de contrôle et la planification comme outil de navigation dans la complexité.

I.2 Métrologie du développement : construire la donnée en contexte de rareté

Confrontée à la discontinuité des séries temporelles et à la fragilité des appareils statistiques nationaux, la planification africaine exige une expertise pointue en matière de données. Ce sous-chapitre fournit les outils pour auditer, corriger et enrichir les bases de données existantes. Il expose les techniques d’enquêtes légères, les méthodes d’imputation multiple pour données manquantes et la triangulation avec des sources alternatives (imagerie satellitaire, données de téléphonie mobile). L’objectif est de forger une compétence critique : produire une information quantitative fiable, condition de toute décision éclairée.

I.3 Le biais du survivant dans les modèles de croissance : une critique des “success stories”

La littérature sur le développement est saturée d’analyses sur les “miracles” économiques asiatiques, souvent présentés comme des modèles universels. Cette section opère une critique méthodologique sévère de cette approche, en exposant le “biais du survivant” qui ignore les nombreux échecs des mêmes politiques dans d’autres contextes. En s’appuyant sur l’économétrie des traitements, l’étudiant apprendra à isoler les véritables facteurs de succès et à se méfier des corrélations fallacieuses. Il s’agit de développer un scepticisme scientifique pour fonder les stratégies sur des causalités robustes.

I.4 Mise en situation : audit du Système Statistique National (SSN) de la RDC

À travers une étude de cas immersive, l’étudiant est mandaté pour réaliser un diagnostic flash de l’Institut National de la Statistique (INS) de la RDC. La mission consiste à cartographier les chaînes de production des principaux indicateurs (PIB, inflation, chômage), à identifier les ruptures méthodologiques et les goulots d’étranglement logistiques. En s’appuyant sur les standards du FMI (GDDS/SDDS), il formulera des recommandations concrètes et chiffrées pour renforcer la fiabilité et la ponctualité des données, un prérequis vital pour le pilotage du Plan National Stratégique de Développement.

Chapitre II. Paradigmes du Développement et Indicateurs de Bien-être

II.1 Au-delà du PIB : la révolution des capabilités d’Amartya Sen

Le concept de capabilités, forgé par l’économiste Amartya Sen, a provoqué une rupture en définissant le développement non par la richesse matérielle mais par la liberté réelle des individus de choisir la vie qu’ils ont des raisons de valoriser. Cette section explore en profondeur cette approche philosophique et ses implications politiques radicales. Elle démontre comment le déplacement du focus depuis les “moyens” (le revenu) vers les “fins” (les libertés fonctionnelles) transforme intégralement la manière de concevoir et d’évaluer une politique publique de développement.

II.2 L’outillage du planificateur : construction et interprétation des indices composites

Pour traduire le concept de capabilités en action, les organisations internationales ont développé des instruments de mesure synthétiques. Ce segment se concentre sur la mécanique de construction de l’Indice de Développement Humain (IDH), de l’Indice de Pauvreté Multidimensionnelle (IPM) et des indices d’inégalité de genre (IDG). L’étudiant maîtrisera les choix de variables, les méthodes de normalisation et les schémas de pondération qui sous-tendent ces indicateurs. Il apprendra à les calculer et à les décomposer pour identifier les leviers d’action prioritaires.

II.3 Les limites des moyennes : le piège des indices synthétiques

Un indice composite, par sa nature même, masque des réalités hétérogènes et peut créer des illusions politiques. Cette analyse critique expose les faiblesses statistiques et conceptuelles de l’IDH et de l’IPM, notamment leur sensibilité aux choix de pondération et leur incapacité à capturer les inégalités infra-nationales. Le débat se focalise sur la tension entre le besoin d’un indicateur simple pour la communication politique et la nécessité d’un tableau de bord désagrégé pour l’action ciblée. L’étudiant apprendra à utiliser ces indices avec un esprit critique aiguisé.

II.4 Application : cartographier la pauvreté multidimensionnelle à l’échelle de Kinshasa

Mandaté par la mairie, l’étudiant doit produire une cartographie fine de la pauvreté à l’échelle des 24 communes de Kinshasa, en utilisant l’approche multidimensionnelle. Sur la base des données d’une enquête ménages simulée, il construira un IPM local, en adaptant les dimensions (éducation, santé, niveau de vie) au contexte urbain kinois (accès à l’eau, à l’électricité, gestion des déchets, transport). Le résultat sera une série de cartes thématiques permettant d’allouer les ressources de manière plus juste et efficace, dépassant l’approche monétaire traditionnelle.

Chapitre III. Modélisation Économétrique pour la Décision Politique

III.1 La logique des modèles VAR/VECM : écouter les données parler

Les modèles vectoriels autorégressifs (VAR) et leurs extensions avec correction d’erreur (VECM) représentent une approche puissante pour analyser les interdépendances dynamiques entre plusieurs variables macroéconomiques sans imposer de théorie a priori. Ce sous-chapitre expose la philosophie de ces modèles, qui traitent toutes les variables comme endogènes. L’étudiant comprendra comment cette approche “athéorique” permet de découvrir des relations de causalité au sens de Granger et d’analyser la propagation des chocs à travers l’économie, offrant une vision systémique indispensable au planificateur.

III.2 De la théorie à l’estimation : calibrer un modèle sur R ou Stata

Ce segment est un atelier technique intensif. Il guide l’étudiant pas à pas dans le processus d’estimation d’un modèle VAR : choix du nombre de retards optimaux via les critères d’information (AIC, BIC), tests de stationnarité et de cointégration, et validation du modèle par l’analyse des résidus. L’accent est mis sur l’interprétation économique des fonctions de réponse impulsionnelle et des décompositions de la variance de l’erreur de prévision. La maîtrise de ces outils sur des logiciels statistiques professionnels constitue une compétence fondamentale et directement monnayable.

III.3 La critique de Lucas : pourquoi les modèles peuvent échouer face au changement politique

En 1976, Robert Lucas a formulé une critique dévastatrice : tout changement de politique économique modifie les anticipations des agents, invalidant ainsi les relations structurelles sur lesquelles le modèle a été estimé. Cette section dissèque cette controverse fondamentale de la macroéconomie. Elle démontre les limites des modèles VAR traditionnels pour évaluer ex ante des politiques inédites et introduit les solutions proposées, notamment les modèles DSGE (Dynamic Stochastic General Equilibrium) et les approches micro-fondées, tout en soulignant leur complexité et leur forte dépendance à la théorie.

III.4 Simulation d’impact : évaluer les effets d’une subvention sur les carburants au Nigeria

L’étudiant est placé dans la peau d’un conseiller au ministère des Finances du Nigeria. En utilisant des données macroéconomiques historiques, il doit construire un modèle VECM incluant le prix du pétrole, le taux de change, l’inflation et la croissance du PIB. Sa mission est de simuler l’impact d’une suppression des subventions sur les carburants. Il devra quantifier l’effet inflationniste à court terme, l’impact sur le budget de l’État et l’effet récessif potentiel, afin de produire une note de politique chiffrée et argumentée pour le décideur.

Chapitre IV. Ingénierie des Politiques d’Intégration Régionale

IV.1 Des pères fondateurs à la ZLECAF : les théories de l’intégration économique

Depuis la théorie des unions douanières de Jacob Viner, le corpus théorique sur l’intégration régionale a considérablement évolué. Ce sous-chapitre retrace cette généalogie intellectuelle, des approches fonctionnalistes qui ont inspiré la construction européenne aux théories plus récentes du “nouvel régionalisme” axées sur le développement. L’analyse se concentre sur la séquence optimale (zone de libre-échange, union douanière, marché commun, union économique) et les conditions de succès d’une zone monétaire optimale, en les confrontant systématiquement aux réalités des communautés économiques africaines.

IV.2 L’outil du négociateur : les modèles de gravité pour quantifier les flux commerciaux

Le modèle de gravité est l’instrument de prédilection pour analyser et prédire les flux commerciaux bilatéraux. Ce segment technique en détaille la spécification et l’estimation, en insistant sur l’interprétation des coefficients des variables clés : la taille économique, la distance, la contiguïté, la langue commune et, surtout, l’effet des accords commerciaux régionaux. L’étudiant apprendra à utiliser ce modèle pour identifier les potentiels commerciaux inexploités et pour simuler ex ante l’impact de la suppression des barrières tarifaires et non tarifaires dans le cadre de la ZLECAF.

IV.3 Le paradoxe de l’intégration africaine : prolifération des accords, faiblesse des résultats

Malgré la multiplication des Communautés Économiques Régionales (CER), le commerce intra-africain reste obstinément faible. Cette section analyse de manière critique les raisons de cet échec relatif. Elle va au-delà des explications conventionnelles pour explorer les facteurs politiques (déficit de souveraineté, conflits d’intérêts nationaux), les obstacles infrastructurels (coûts logistiques prohibitifs) et les barrières non tarifaires persistantes qui vident les accords de leur substance. Le débat porte sur la nécessité de passer d’une “intégration de jure” à une “intégration de facto”.

IV.4 Cas pratique : positionner une entreprise congolaise pour la ZLECAF

L’étudiant agit en tant que consultant pour une PME de la filière agro-alimentaire basée à Matadi. Sa mission est de développer une stratégie d’exportation régionale tirant parti de l’entrée en vigueur de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine. Il devra utiliser un modèle de gravité simplifié pour identifier les marchés les plus prometteurs (ex: Angola, Gabon, Congo-Brazzaville), analyser les barrières non tarifaires spécifiques (normes sanitaires, procédures douanières) et proposer un plan d’affaires concret incluant la logistique, le marketing et les besoins de mise à niveau.

Chapitre V. Stratégies de Résilience face aux Chocs Exogènes

V.1 Anatomie des chocs : volatilité des matières premières, climat et crises sanitaires

Les économies en développement, particulièrement en Afrique, sont exposées à une fréquence et une intensité de chocs exogènes élevées. Ce segment propose une typologie rigoureuse de ces chocs, en distinguant leur nature (réelle ou financière), leur origine (interne ou externe) et leur durée (temporaire ou permanente). L’analyse se concentre sur les trois menaces majeures pour le continent : la volatilité des cours des produits de base, les impacts croissants du changement climatique et le risque de pandémies, en décrivant précisément leurs canaux de transmission à l’économie réelle.

V.2 La boîte à outils de la résilience : planification de scénarios et stress-testing

Face à une incertitude radicale, la prévision ponctuelle devient obsolète. Ce sous-chapitre introduit les méthodologies de la prospective et de la planification par scénarios. L’étudiant apprendra à construire des scénarios contrastés (optimiste, pessimiste, de rupture) en identifiant les variables pivots et les signaux faibles. Il appliquera ensuite des techniques de “stress-testing” sur des modèles macroéconomiques simplifiés pour quantifier la vulnérabilité du plan de développement à différents chocs et identifier les points de défaillance systémique avant qu’ils ne surviennent.

V.3 L’illusion de la prédiction : le “Cygne Noir” de Nassim Taleb et ses implications

Le concept de “Cygne Noir”, popularisé par Nassim Nicholas Taleb, désigne un événement imprévisible, à impact extrême, que l’on tente de rationaliser a posteriori. Cette section explore les implications profondes de cette idée pour la planification stratégique. Elle critique la confiance excessive dans les modèles statistiques basés sur le passé et promeut une approche axée sur la robustesse et l’antifragilité plutôt que sur l’optimisation. Le débat porte sur comment construire des systèmes qui non seulement résistent aux chocs, mais en tirent profit.

V.4 Application : bâtir un plan de contingence pour le secteur agricole du Kasaï

L’étudiant est chargé par une agence de développement de concevoir un plan de résilience pour la sécurité alimentaire dans la région du Kasaï, sujette à des sécheresses récurrentes et à l’instabilité. En utilisant la méthode des scénarios, il devra imaginer les conséquences d’une sécheresse sévère combinée à une flambée des prix des intrants. Son plan devra inclure des mesures préventives (promotion de semences résistantes, systèmes d’irrigation frugaux), des mécanismes d’alerte précoce et un plan de réponse d’urgence (stocks de sécurité, filets sociaux monétaires).

Chapitre VI. Gouvernance, Éthique et Mise en Œuvre du Plan Stratégique

VI.1 Le planificateur comme acteur politique : naviguer entre technocratie et légitimité

Un plan stratégique, aussi brillant soit-il techniquement, est voué à l’échec sans adhésion politique et sociale. Ce sous-chapitre analyse le rôle du planificateur non comme un simple technicien, mais comme un courtier en politiques publiques (“policy broker”). Il explore les concepts de fenêtre d’opportunité de Kingdon, la dynamique des coalitions d’acteurs et les stratégies de communication nécessaires pour construire un consensus autour du plan. L’enjeu est de maîtriser l’art de traduire un diagnostic technique en un narratif politique mobilisateur et légitime.

VI.2 Du plan au projet : le Cadre Logique et le pilotage par les résultats

Le Cadre Logique est un outil standardisé pour la conception, le suivi et l’évaluation de projets de développement. Ce segment en détaille la structure de manière rigoureuse : de la définition de l’objectif global aux activités, en passant par les résultats et les objectifs spécifiques. L’accent est mis sur la formulation d’indicateurs SMART (Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réalistes, Temporellement définis) et sur la distinction cruciale entre suivi (monitoring) et évaluation. La maîtrise de cet outil est une exigence non négociable pour interagir avec les bailleurs de fonds internationaux.

VI.3 La critique de “Seeing Like a State” : quand la planification simplifie et détruit

L’anthropologue James C. Scott, dans son œuvre majeure, a montré comment les grands projets de planification étatique, en cherchant à rendre la société “lisible” et standardisée, échouent souvent en détruisant les savoirs locaux et les pratiques informelles complexes qui assuraient la résilience des communautés. Cette section utilise cette critique puissante pour interroger les dérives technocratiques du Cadre Logique et du pilotage par les résultats. Elle plaide pour des approches plus humbles, itératives et qui intègrent la “mètis”, l’intelligence pratique locale.

VI.4 Simulation finale : défendre un projet devant un comité de bailleurs

En guise de synthèse, les étudiants, en équipe, doivent présenter et défendre un projet de développement complet, structuré selon le Cadre Logique, devant un jury jouant le rôle d’un comité d’investissement de la Banque Mondiale ou de la Banque Africaine de Développement. Ils seront jugés sur la rigueur de leur diagnostic, la cohérence de leur logique d’intervention, la pertinence de leurs indicateurs et leur capacité à répondre de manière convaincante aux questions critiques sur les risques, la durabilité et les aspects de gouvernance du projet.

ANNEXES

A. Glossaire des Concepts et Acronymes

B. Sources de Données Clés pour l’Afrique (Banque Mondiale, FMI, BAD, Afristat)

C. Guide Pratique de Modélisation VAR sur R

D. Modèle de Note de Politique (Policy Brief)

E. Grille d’Analyse d’un Plan National de Développement

ANNEXES

A. Grille d’Analyse Diagnostique Rapide (ADR) en Contexte de Données Limitées

Face à l’incomplétude chronique des bases de données statistiques nationales, l’approche classique du diagnostic sectoriel s’avère inopérante. Cette annexe fournit une grille méthodologique pragmatique, structurée autour de la triangulation des sources : entretiens semi-directifs avec les acteurs locaux, analyse qualitative des flux physiques sur les marchés, et exploitation de données proxy non-conventionnelles comme le trafic mobile. Le planificateur acquiert ainsi une technique robuste pour cartographier les dynamiques d’un secteur en moins de 30 jours, produisant une base factuelle solide pour une première esquisse de stratégie.

B. Canevas de Modélisation d’Impact Socio-Économique (Excel) pour Projets Extractifs

Déployer des modèles d’équilibre général calculable (MEGC) en contexte africain se heurte souvent au coût des licences et à la complexité de leur calibrage. Ce canevas propose une alternative opérationnelle : un modèle d’impact socio-économique sectoriel entièrement développé sur tableur (Excel/LibreOffice), focalisé sur les multiplicateurs d’emplois et les revenus fiscaux directs et indirects générés par un projet. L’économiste peut ainsi quantifier rapidement les retombées d’un investissement, simuler l’effet de variations des cours des matières premières et produire des arguments chiffrés pour la négociation des conventions.

C. Protocole de Rédaction de Note de Politique Publique (Policy Brief) à Haute Densité Décisionnelle

L’efficacité d’un conseiller gouvernemental repose sur sa capacité à synthétiser une analyse complexe en une recommandation claire, actionnable en quelques minutes par un décideur politique surchargé. Ce protocole impose une structure rédactionnelle implacable en trois sections : 1) Diagnostic du problème (chiffré), 2) Options politiques (avec avantages/inconvénients et coûts estimés), et 3) Recommandation stratégique (justifiée et séquencée). En maîtrisant ce format, le futur conseiller transforme ses analyses économiques en instruments d’influence, garantissant que ses conclusions irriguent directement le processus de décision étatique.

Praxis et Paradigmes : Naviguer les Stratégies de Développement en Contexte Africain Complexe
Comment le paradigme universaliste de la ‘bonne gouvernance’, prérequis à l’aide, peut-il se concilier avec les réalités historiques de la formation de l’État en Afrique ?
La critique de Jean-François Bayart sur la ‘politique du ventre’ expose l’inadéquation des modèles de gouvernance importés. Il démontre que le pouvoir en Afrique s’exerce via des réseaux rhizomiques d’accumulation qui transcendent la distinction formel/informel. Plutôt que de combattre frontalement cette ‘extraversion’, la stratégie de terrain consiste à cartographier ces réseaux d’influence réels. Concrètement, un projet agricole ne doit pas seulement s’associer aux structures étatiques, mais identifier et intégrer les ‘grands’ locaux et courtiers du pouvoir informel dans sa gouvernance. L’objectif est de greffer l’aide sur les logiques de pouvoir existantes pour en assurer la pérennité et l’appropriation, transformant un obstacle apparent en levier opérationnel. C’est une application directe de la sociologie de l’État en action.

📚 Source :Travaux de Jean-François Bayart sur la politique du ventre via Cairn.info

Comment les modèles d’analyse coûts-avantages pour les infrastructures peuvent-ils capturer les impacts sociaux non monétaires dans des environnements à données rares comme la RDC ?
L’analyse coûts-avantages classique, purement monétariste, est un outil réducteur. L’approche par les capacités d’Amartya Sen offre le correctif méthodologique. Elle redéfinit le développement non comme une croissance du PNB, mais comme l’expansion des libertés réelles (‘capabilities’) des individus. Sur le terrain en RDC, pour un projet de route, cela signifie dépasser le simple calcul du retour sur investissement. L’action immédiate est d’organiser des ateliers participatifs avec les communautés pour co-définir les ‘capacités’ prioritaires à évaluer : accès aux soins, scolarisation des filles, sécurité. Ces indicateurs qualitatifs, pondérés, sont ensuite intégrés dans une matrice d’évaluation multicritères qui complète et contextualise l’analyse financière. La méthode devient ainsi un outil de justice sociale, pas seulement d’efficacité économique.

📚 Source :Travaux d’Amartya Sen sur l’approche par les capacités via Google Scholar

En RDC, comment sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minerais contre l’infiltration des groupes armés quand le contrôle étatique et la traçabilité formelle sont défaillants ?
La situation illustre le ‘piège du conflit’ théorisé par Paul Collier dans ‘The Bottom Billion’, où les revenus des ressources financent et perpétuent la violence. Les systèmes de traçabilité top-down échouent car ils ignorent cette économie politique. L’action de terrain chirurgicale consiste à inverser la logique : créer un flux concurrentiel plus profitable et légitime. Concrètement, cela implique de financer des coopératives minières artisanales pour qu’elles acquièrent des technologies de traçabilité (ex: blockchain) dès le point d’extraction. En parallèle, on leur garantit un accès direct à des acheteurs internationaux à un prix premium pour les ‘minerais propres’. Cela coupe l’herbe sous le pied des groupes armés en rendant la paix plus lucrative que la guerre pour les mineurs eux-mêmes.

📚 Source :Travaux de Paul Collier sur The Bottom Billion via JSTOR


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