Étudiant en sciences de l'environnement travaillant sur son mémoire en RDC.

Recherche et Rédaction du Mémoire

Synthèse des travaux de recherche expérimentale de fin d'études

Édition 2026 – Réforme LMD – Enseignement supérieur et universitaire en RDC.

  • Code Officiel : MRR2241
  • Domaine : Sciences et Technologie
  • Filière : Télédétection
  • Mention : Contrôle Qualité et Environnement (CQE)
  • Année d’étude : Master 2
  • Semestre : Semestre 4
Consulter les Modalités, Compétences et Débouchés

Cette Unité d’Enseignement, d’une valeur substantielle de 20 crédits, est entièrement structurée autour d’un unique Élément Constitutif : la Recherche et Rédaction du Mémoire. Cette architecture pédagogique a été conçue pour immerger l’étudiant dans un travail de fond, favorisant l’autonomie et la maîtrise approfondie d’une problématique environnementale spécifique. L’absence de dispersion horaire sur plusieurs modules concentre l’effort sur la production d’un travail scientifique personnel et rigoureux, véritable pierre angulaire de la formation.

Au-delà de la recherche académique, cette UE forge des compétences pratiques essentielles. L’apprenant deviendra apte à évaluer les problèmes de pollution complexes affectant les divers compartiments environnementaux, qu’il s’agisse du sol, de l’air ou de l’eau. Fort de ce diagnostic, il sera capable de concevoir des solutions technologiques innovantes, non seulement efficaces mais aussi viables sur le long terme, en parfaite adéquation avec les principes du développement durable. In fine, l’objectif est de former des experts capables de remédier aux impacts des activités humaines, agissant en véritables gardiens de l’environnement et de la santé publique.

Les diplômés de cette formation sont destinés à occuper des postes stratégiques sur le marché de l’emploi en RDC, un pays aux enjeux écologiques majeurs. En tant qu’Ingénieur en Environnement, ils piloteront des études d’impact et des projets de réhabilitation. Le rôle d’Ingénieur en Management et Développement Durable sera crucial pour intégrer les contraintes environnementales au cœur des stratégies d’entreprise, notamment dans les secteurs minier et forestier. Enfin, l’Ingénieur en Sécurité Hygiène et Environnement (SHE) assurera la conformité réglementaire et la prévention des risques sur les sites industriels et urbains, devenant ainsi un acteur indispensable pour concilier croissance économique et préservation du patrimoine naturel congolais.

SOMMAIRE NAVIGABLE

PRÉLIMINAIRES

I. Épistémologie et Enjeux Scientifiques du Domaine

L’épistémologie du contrôle qualité environnemental par télédétection a muté. D’une science descriptive des phénomènes observés à distance, elle est devenue une discipline prédictive et normative, capable de modéliser les impacts et d’orienter les politiques publiques. Cette évolution impose au chercheur une double rigueur : la maîtrise instrumentale des capteurs et la profondeur analytique pour interpréter des données complexes dans des écosystèmes fragiles. L’enjeu pour la RDC est de s’approprier ces outils pour construire une souveraineté scientifique et gérer durablement ses ressources face aux pressions anthropiques et climatiques globales.

II. Cartographie des Compétences et Transversalité

Cette Unité d’Enseignement forge une compétence-pivot : la capacité à mener un projet de recherche de sa genèse à sa valorisation. Évaluer la pollution, concevoir des solutions et remédier aux impacts ne sont pas des savoirs disjoints mais les trois temps d’une même démarche systémique. L’étudiant apprendra à orchestrer la physique de la mesure (radiométrie), la science des données (géostatistique), les sciences de l’environnement (écotoxicologie) et les sciences humaines (droit de l’environnement, sociologie des risques). Cette transversalité garantit la production d’un mémoire qui est un véritable portfolio de compétences managériales et techniques.

III. Alignement Stratégique avec les Réalités Opérationnelles

Le mémoire de Master 2 constitue la preuve ultime de l’employabilité de l’ingénieur. Il doit répondre à une problématique réelle du tissu économique et institutionnel congolais : suivi de la déforestation, évaluation de la pollution minière, gestion des ressources en eau urbaine. Cette UE structure la recherche pour qu’elle devienne un produit d’ingénierie directement valorisable. En maîtrisant ce processus, le diplômé ne se positionne plus comme un demandeur d’emploi mais comme un apporteur de solutions, capable d’auditer, de conseiller et de piloter des projets complexes pour les industries, les ONG ou l’administration.

Chapitre I. Fondations Épistémologiques et Opérationnelles de la Recherche en CQE

I.1 Définition du Périmètre Scientifique et Problématisation

Ancrée dans la philosophie des sciences de Karl Popper, la recherche en CQE exige une problématisation réfutable. Il s’agit de transformer une préoccupation sociétale, comme la pollution d’un cours d’eau, en une question scientifique précise, mesurable par télédétection. Ce sous-chapitre établit la méthodologie pour identifier une lacune dans la connaissance, formuler des hypothèses claires et définir des objectifs SMART (Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réalistes, Temporellement définis). L’étudiant apprend à construire la colonne vertébrale intellectuelle de son mémoire, garantissant sa pertinence et sa rigueur dès l’origine.

I.2 Maîtrise de l’Écosystème Documentaire et de la Veille Stratégique

Face à l’infobésité scientifique, la construction d’un état de l’art robuste est un acte stratégique. Ce segment se concentre sur les outils de gestion bibliographique (Zotero, Mendeley) et les techniques de recherche avancée sur les bases de données académiques (Scopus, Web of Science, Google Scholar). L’objectif est de cartographier un champ de recherche, d’identifier les auteurs clés, les controverses structurantes et les méthodologies dominantes. L’étudiant forgera une compétence critique pour synthétiser la littérature existante et positionner son propre travail avec précision et originalité.

I.3 Intégrité Scientifique et Cadre Juridique de la Donnée Environnementale

La controverse autour de la reproductibilité des études scientifiques impose une éthique de la recherche sans faille. Ce module aborde de front les questions du plagiat, de la fabrication de données et des conflits d’intérêts, en s’appuyant sur les standards internationaux (COPE). Il dissèque également le cadre juridique de la donnée environnementale en RDC et dans l’espace OHADA, notamment les droits de propriété, les accords de partage et les contraintes d’accès. L’ingénieur doit garantir que sa recherche est non seulement scientifiquement valide mais aussi éthiquement et juridiquement irréprochable.

I.4 Application à la Formulation d’un Projet de Recherche Contextualisé

Sous l’angle de la pertinence locale, un projet de recherche doit résoudre un problème tangible pour les communautés. Ce volet pratique guide l’étudiant dans la rédaction d’un avant-projet de mémoire centré sur une problématique congolaise ou africaine (ex: impact de l’exploitation du cobalt sur les sols du Lualaba). L’exercice consiste à fusionner les acquis précédents : une problématique claire, une revue de littérature préliminaire et un cadre éthique, le tout dans un format calibré pour une demande de financement ou une validation par un comité scientifique.

Chapitre II. Conception du Protocole Méthodologique pour l’Évaluation Environnementale

II.1 Sélection des Indicateurs et des Capteurs Satellitaires

La pertinence d’une évaluation environnementale repose sur le choix judicieux des proxys mesurables à distance. Ce sous-chapitre explore la physique derrière les indicateurs clés : NDVI pour le stress hydrique de la végétation, NDWI pour la délimitation des plans d’eau, ou les indices de turbidité pour la qualité de l’eau. Il s’agit de corréler un phénomène environnemental (ex: eutrophisation) à une signature spectrale spécifique. L’étudiant apprendra à sélectionner le capteur le plus adapté (Sentinel, Landsat, PlanetScope) en fonction de ses résolutions spatiale, spectrale et temporelle.

II.2 Élaboration de la Chaîne de Traitement des Données

Formalisée par des diagrammes de flux, la chaîne de traitement est l’algorithme qui transforme l’image brute en information décisionnelle. Ce segment détaille les étapes obligatoires : corrections radiométriques et atmosphériques (cruciales en milieu équatorial), ré-échantillonnage, et classification d’images (supervisée vs non-supervisée). L’étudiant utilisera des logiciels open-source comme QGIS et ses plugins (ex: SCP) pour construire et automatiser un workflow de traitement robuste. Cette compétence garantit la reproductibilité et la traçabilité de l’analyse, des prérequis absolus pour une publication scientifique.

II.3 Analyse Critique des Incertitudes et Stratégies de Validation Terrain

Sous la pluviométrie équatoriale congolaise, la contamination des images par les nuages et les aérosols est une limite fondamentale. Ce module critique les modèles de correction atmosphérique standards et expose leurs failles en contexte tropical. Il enseigne la quantification des incertitudes à chaque étape de la chaîne de traitement. Pour y remédier, l’étudiant apprendra à concevoir un plan d’échantillonnage terrain frugal mais efficace pour collecter des données de calibration et de validation (in situ), assurant la corrélation entre la mesure satellite et la réalité biophysique.

II.4 Mise en Situation : Protocole pour le Suivi de la Pollution Minière Artisanale

Face à l’expansion de l’exploitation minière artisanale (or, coltan), l’évaluation de son empreinte environnementale est un impératif. Cette étude de cas guide l’étudiant dans la conception d’un protocole complet pour cartographier la déforestation, la sédimentation des rivières et la potentielle contamination des sols en aval d’un site minier. Il s’agit d’intégrer des données multisources (optique et radar) et de planifier une campagne de validation terrain adaptée aux contraintes logistiques et sécuritaires locales, démontrant une capacité d’ingénierie complète.

Chapitre III. Acquisition et Gestion Avancée des Données Géo-Spatiales

III.1 Architectures de Stockage et Interopérabilité des Formats

L’explosion du volume des données satellitaires (Big Data) impose de repenser leur gestion. Ce sous-chapitre présente les architectures de données modernes comme les “Data Cubes” et les formats d’analyse-prête (Analysis Ready Data, ARD). Il se concentre sur les standards de l’Open Geospatial Consortium (OGC) qui garantissent l’interopérabilité entre différents systèmes. L’étudiant apprendra à structurer une base de données géographiques personnelle et à manipuler les formats vecteurs (Shapefile, GeoJSON) et rasters (GeoTIFF, NetCDF) pour assurer la fluidité de son travail analytique.

III.2 Outils d’Acquisition : Des Archives Publiques aux Plateformes Cloud

Au-delà du téléchargement manuel, l’acquisition de données s’automatise. Ce segment explore les interfaces de programmation (API) des grands fournisseurs de données (USGS, ESA) pour scripter l’acquisition de centaines d’images. Il introduit également les plateformes de traitement dans le cloud comme Google Earth Engine (GEE), qui permettent de déporter la puissance de calcul. Cette approche est une innovation frugale majeure pour l’Afrique, contournant la nécessité d’infrastructures informatiques locales puissantes et coûteuses pour analyser des séries temporelles sur de vastes territoires.

III.3 Limites Techniques : Gestion de la Donnée Lacunaire et Fusion de Capteurs

La couverture nuageuse persistante en Afrique centrale génère des données lacunaires, un défi majeur pour les analyses temporelles. Ce module aborde les techniques statistiques d’interpolation (splines, krigeage) pour combler ces vides de manière scientifiquement défendable. Il explore également les méthodes de fusion de données (pansharpening, fusion optique-radar) pour combiner les avantages de différents capteurs. L’objectif est de créer des jeux de données synthétiques, complets et de meilleure qualité que ceux issus d’une source unique, augmentant ainsi la robustesse de l’analyse.

I.4 Application : Constitution d’une Série Temporelle pour le Suivi du Lac Tchad

Le cas du Lac Tchad, écosystème transfrontalier vital en pleine mutation, sert de fil conducteur. L’étudiant sera mis en situation de construire une série temporelle de 30 ans (1990-2020) de la surface en eau du lac. Il devra scripter l’acquisition des archives Landsat via l’API de l’USGS, développer un algorithme de masquage des nuages, calculer l’indice NDWI pour chaque image valide et enfin, agréger les résultats pour produire une courbe d’évolution et une cartographie de la dynamique hydrologique, un produit à haute valeur ajoutée pour les gestionnaires du bassin.

Chapitre IV. Analyse Statistique, Modélisation et Interprétation des Résultats

IV.1 Fondements de la Géostatistique pour l’Analyse Spatiale

L’autocorrélation spatiale, première loi de la géographie selon Tobler, invalide l’usage de statistiques classiques sur des données géographiques. Ce sous-chapitre introduit les concepts fondamentaux de la géostatistique : variogramme, portée, et anisotropie. L’étudiant apprendra à quantifier la structure spatiale de ses données pour choisir les méthodes d’interpolation spatiale les plus pertinentes (ex: krigeage). Cette maîtrise est essentielle pour produire des cartes de prédiction continues (ex: concentration d’un polluant) à partir d’échantillons ponctuels, avec une estimation rigoureuse de l’erreur.

IV.2 Mécanismes de la Modélisation Prédictive et Apprentissage Automatique

Au-delà de la description, la modélisation vise à prédire l’évolution d’un phénomène environnemental. Ce segment explore les techniques de régression (linéaire, logistique) et les algorithmes d’apprentissage automatique (Machine Learning) comme les Forêts Aléatoires (Random Forest) pour la classification d’images ou la prédiction de variables. L’étudiant apprendra à entraîner, valider et tester un modèle sur ses propres données. L’objectif est de passer d’une carte de l’existant à un modèle capable de simuler des scénarios (ex: impact d’une politique de reboisement).

IV.3 Analyse Critique : Sur-apprentissage, Causalité et Signification des Résultats

La puissance des modèles prédictifs s’accompagne du risque de créer des “boîtes noires” statistiquement performantes mais scientifiquement vides. Ce module met en garde contre le sur-apprentissage (overfitting) et la confusion entre corrélation et causalité, une erreur épistémologique fréquente. Il fournit les outils pour interpréter les résultats d’un modèle, évaluer l’importance relative des variables et communiquer les limites de la prédiction. Un modèle n’est utile que si son concepteur peut expliquer pourquoi il fonctionne et dans quelles conditions il est susceptible d’échouer.

IV.4 Mise en Situation : Modélisation du Risque d’Érosion des Sols à Bukavu

La ville de Bukavu, avec sa topographie accidentée et son urbanisation rapide, est soumise à des risques d’érosion et de glissements de terrain catastrophiques. Cette étude de cas pratique consiste à développer un modèle de risque d’érosion en utilisant l’équation RUSLE, paramétrée avec des données de télédétection. L’étudiant devra intégrer des couches d’information sur la pente (MNT), la pluviométrie (données CHIRPS), la couverture du sol (classification d’image Sentinel-2) et les pratiques culturales pour produire une carte de risque spatialisée, un outil d’aide à la décision pour l’aménagement du territoire.

Chapitre V. Conception de Solutions Durables et Stratégies de Remédiation

V.1 Principes d’Ingénierie Écologique et Solutions Fondées sur la Nature (SFN)

Face à un diagnostic environnemental négatif, l’ingénieur doit proposer des solutions. Ce sous-chapitre s’éloigne des approches “hard engineering” pour se concentrer sur l’ingénierie écologique et les SFN, des concepts particulièrement pertinents et économes pour le contexte africain. Il s’agit d’utiliser les processus écosystémiques pour résoudre des problèmes : zones humides artificielles pour l’épuration des eaux, agroforesterie pour la restauration des sols. L’étudiant apprendra à identifier le potentiel de ces solutions en se basant sur son analyse par télédétection.

V.2 Outils de Scénarisation et d’Analyse Multicritères

La conception d’une solution durable implique l’arbitrage entre des objectifs souvent contradictoires (coût économique, efficacité écologique, acceptabilité sociale). Ce segment introduit les outils d’aide à la décision, notamment l’analyse multicritères (AMC). L’étudiant apprendra à formaliser un problème de décision, à définir des critères, à les pondérer en fonction des priorités locales et à comparer différents scénarios de remédiation. Cette méthode structurée permet de justifier le choix d’une solution de manière transparente et défendable face aux parties prenantes.

V.3 Limites des Solutions Technologiques et Enjeux de l’Acceptabilité Sociale

Une solution techniquement parfaite peut échouer si elle est rejetée par les populations locales. Héritée des approches sociotechniques, cette analyse critique souligne les limites d’une vision purement techniciste de la remédiation environnementale. Elle explore les facteurs d’acceptabilité sociale, l’importance de la participation communautaire et le rôle des savoirs locaux dans la pérennité des projets. L’ingénieur doit comprendre qu’il n’intervient pas dans un vide social, mais dans un système complexe où les dimensions humaines sont aussi cruciales que les paramètres techniques.

V.4 Application : Plan de Remédiation pour une Mangrove Affectée par la Pollution Pétrolière

Le delta du Niger, bien que non congolais, offre un cas d’école emblématique et transposable. À partir d’une analyse diachronique par télédétection montrant le dépérissement d’une mangrove, l’étudiant doit concevoir un plan de remédiation. Il devra proposer une combinaison de solutions (nettoyage, re-végétalisation avec des espèces locales résilientes), évaluer leur faisabilité via une analyse multicritères et esquisser un plan de suivi participatif avec les communautés de pêcheurs locales pour garantir l’appropriation et le succès à long terme du projet.

Chapitre VI. Rédaction Scientifique, Valorisation et Soutenance du Mémoire

VI.1 Structure et Normes de la Rédaction Scientifique (Format IMRaD)

La structure IMRaD (Introduction, Méthodes, Résultats et Discussion) est le standard international de la communication scientifique. Ce sous-chapitre dissèque chaque section, en précisant les objectifs, le niveau de détail requis et les erreurs à éviter. Il aborde également les normes de citation (APA, Vancouver), la mise en forme des figures et des tableaux, et les règles de la typographie scientifique. L’objectif est de transformer une masse de résultats bruts en un manuscrit cohérent, lisible et conforme aux attentes des revues scientifiques et des jurys académiques.

VI.2 Techniques de Visualisation de Données et Cartographie Thématique

Une image vaut mille mots, à condition qu’elle soit bien conçue. Ce segment se concentre sur l’art de la datavisualisation et de la cartographie pour communiquer des résultats complexes de manière intuitive et honnête. Il explore les principes de sémiologie graphique de Jacques Bertin pour choisir les bonnes couleurs, symboles et échelles. L’étudiant apprendra à créer des graphiques percutants et des cartes thématiques qui ne se contentent pas de montrer des données, mais qui racontent une histoire et soutiennent une argumentation scientifique.

VI.3 Stratégies de Valorisation : De l’Article Scientifique au Policy Brief

Un mémoire de Master ne doit pas finir sur une étagère. Ce module explore les différentes voies de valorisation de la recherche : publication dans une revue à comité de lecture, communication dans un congrès scientifique, mais aussi rédaction de formats plus opérationnels. L’étudiant apprendra à décliner ses résultats en un “policy brief” destiné aux décideurs politiques ou en un rapport technique pour une entreprise. Cette compétence à traduire le savoir scientifique en langage actionnable est un différenciant majeur sur le marché du travail.

VI.4 Préparation et Maîtrise de la Soutenance Orale

La soutenance est l’épreuve finale où l’étudiant incarne son travail et défend sa démarche. Cette mise en situation prépare à l’exercice : structurer une présentation de 20 minutes, concevoir un support visuel efficace (anti-PowerPoint surchargé), anticiper les questions du jury et y répondre avec précision et assurance. L’accent est mis sur la capacité à synthétiser des mois de travail en un discours clair, convaincant et qui démontre une appropriation intellectuelle totale du sujet, validant ainsi le passage du statut d’étudiant à celui d’ingénieur-chercheur.

ANNEXES

A. Grille d’Audit Rapide de Site Environnemental (ARSE)

Cet outil est une checklist structurée permettant à l’Ingénieur en Environnement de réaliser un diagnostic préliminaire sur le terrain. Elle couvre les aspects essentiels : identification des sources potentielles de pollution (visuelles, olfactives), évaluation de l’état de la végétation et des sols, observation des écoulements d’eau, et premières interactions avec les riverains. L’annexe fournit un formulaire standardisé, facile à utiliser sur un smartphone ou un carnet, qui garantit une collecte d’informations systématique. C’est un instrument indispensable pour corréler les observations de télédétection avec la réalité de terrain et pour prioriser les zones d’investigation approfondie.

B. Protocole de Traitement d’Image Sentinel-2 sur QGIS pour l’Analyse de la Turbidité de l’Eau

Cette annexe est un guide technique pas-à-pas pour l’Ingénieur en Management et Développement Durable. Elle détaille la procédure complète pour télécharger une image Sentinel-2, effectuer les corrections atmosphériques avec le plugin SCP, calculer l’indice de turbidité de l’eau (ex: basé sur la bande rouge), et classifier les niveaux de turbidité pour cartographier la dispersion d’un panache sédimentaire. Ce protocole, basé sur des outils gratuits, rend l’ingénieur immédiatement opérationnel pour le suivi de la qualité des eaux de surface, une compétence clé pour les projets d’infrastructures (barrages, ports) ou le suivi des rejets industriels.

C. Synthèse du Cadre Juridique sur les Études d’Impact Environnemental (EIE) en RDC

Destinée à l’Ingénieur en Sécurité Hygiène et Environnement, cette annexe est un mémento juridique et normatif. Elle synthétise les dispositions clés de la Loi n° 11/009 du 9 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de l’environnement, en se focalisant sur le processus des EIE. Elle clarifie les rôles de l’Agence Congolaise de l’Environnement (ACE), les catégories de projets assujettis, le contenu minimum du rapport d’impact et les procédures de consultation publique. Cet outil permet à l’ingénieur de cadrer sa recherche et ses recommandations pour qu’elles soient conformes à la législation nationale, garantissant la pertinence et la légalité de son expertise.

Praxis et Paradoxes : Naviguer les Complexités du Terrain en Recherche Africaine
Comment concilier l’approche participative, prônée par les bailleurs, avec les structures de pouvoir traditionnelles profondément hiérarchiques ?
Le concept d’« infrapolitique » de James C. Scott offre une grille de lecture essentielle. Face à des hiérarchies rigides, la participation ne s’exprime pas dans les réunions formelles mais à travers des actes de résistance discrets : lenteur délibérée, rumeurs, mauvaise interprétation feinte des consignes. L’expert de terrain doit délaisser la façade du consensus pour décoder ces « textes cachés » qui révèlent les véritables dynamiques de pouvoir et de consentement. Ignorer cette scène infrapolitique condamne le projet à une capture par les élites locales, tandis que sa compréhension permet d’ajuster l’intervention pour atteindre les groupes subalternes et de négocier un changement plus authentique et durable.

📚 Source :Travaux de James C. Scott sur Infrapolitics via Cairn.info

Comment adapter la collecte de données par smartphone dans des zones rurales de la RDC sans réseau stable ?
La solution transcende la technique et touche aux « mediascapes » décrits par Arjun Appadurai. Le smartphone n’est pas un outil neutre mais un objet socialement chargé. Techniquement, il faut utiliser des applications offline-first (type KoboToolbox) qui stockent les données localement. Stratégiquement, il faut s’appuyer sur le mediascape local : identifier les individus (commerçants, chauffeurs de moto-taxi) qui voyagent régulièrement vers des zones connectées. Ces personnes deviennent des « mules de données » humaines, assurant la synchronisation des terminaux. Cette approche hybride, socio-technique, reconnaît que le flux d’information en Afrique rurale suit des logiques humaines et sociales autant que des infrastructures technologiques, assurant la robustesse de la collecte.

📚 Source :Travaux de Arjun Appadurai sur Mediascapes via Google Scholar

Votre équipe de recherche est bloquée par une milice locale au Kivu. Comment négocier un passage sécurisé immédiatement ?
Dans cette urgence, le « capital symbolique » de Pierre Bourdieu devient une arme de survie. Toute négociation monétaire est risquée. L’objectif est de reconfigurer la relation de pouvoir en mobilisant une autorité non-financière. Il faut immédiatement brandir les symboles de légitimité : les autorisations officielles du gouvernement, les lettres d’appui des chefs coutumiers respectés, et insister sur la neutralité absolue et les bénéfices directs du projet pour la population locale (santé, eau). En activant ce capital symbolique, le chercheur transforme la confrontation d’un rapport de force brut à une négociation où l’honneur et la reconnaissance sociale du groupe armé sont en jeu, créant une voie de sortie.

📚 Source :Travaux de Pierre Bourdieu sur Capital Symbolique via Wikipedia (FR)

Au-delà des indicateurs du cadre logique, comment évaluer l’impact réel et non-intentionnel de son projet sur le terrain ?
Pour saisir ces effets, il faut analyser le projet comme un « dispositif » au sens de Michel Foucault. Le projet n’est pas une simple action, mais un ensemble hétérogène (discours, financements, technologies, règles) qui reconfigure activement le pouvoir et les relations sociales. L’évaluation doit donc dépasser les objectifs déclarés pour observer comment le dispositif crée de nouvelles formes d’inclusion et d’exclusion, modifie les hiérarchies locales ou génère des stratégies de contournement. Cela exige une posture ethnographique, attentive à ce qui se passe « autour » du projet. L’enjeu n’est plus de mesurer des résultats, mais de comprendre comment l’intervention, en tant que dispositif, a reformaté le tissu social.

📚 Source :Travaux de Michel Foucault sur Dispositif via JSTOR


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