Étudiant analysant une image satellite de la RDC sur un ordinateur.

Recherche et Rédaction du Mémoire

Rédaction et soutenance publique d'une thèse d'ingénierie spatiale

Édition 2026 – Réforme LMD – Enseignement supérieur et universitaire en RDC.

  • Code Officiel : MPS2241
  • Domaine : Sciences et Technologie
  • Filière : Télédétection
  • Mention : Physique Spatiale (PSP)
  • Année d’étude : Master 2
  • Semestre : Semestre 4
Consulter les Modalités, Compétences et Débouchés

Cette Unité d’Enseignement fondamentale, valorisée à 20 crédits ECTS, constitue le point d’orgue de votre formation en se focalisant intégralement sur la maîtrise de la recherche appliquée. Son architecture pédagogique est volontairement immersive, s’articulant autour d’un unique et exigeant Élément Constitutif : la Recherche et Rédaction du Mémoire. Cette approche monobloc garantit une concentration totale sur le développement, la structuration et la soutenance d’un projet personnel de haut niveau, synthétisant l’ensemble des compétences acquises durant votre cursus.

L’objectif de cette UE est de vous rendre opérationnel en vous dotant de compétences de pointe. Vous apprendrez à traiter et analyser les images satellitaires et télescopiques avancées, non pas comme de simples visuels, mais comme des sources de données massives pour décrypter les phénomènes terrestres et atmosphériques. Cette expertise vous permettra d’évaluer avec une précision inégalée les ressources naturelles et d’anticiper les risques climatiques en exploitant la richesse des données géospatiales. Finalement, vous serez capable de modéliser et digitaliser l’information géographique, transformant des données brutes en puissants outils de prévision environnementale pour une prise de décision éclairée.

Ces compétences de haut niveau vous positionnent directement sur des métiers stratégiques et très recherchés, notamment sur le marché de l’emploi en RDC. En tant qu’Expert en Télédétection spatiale, votre rôle sera crucial pour la surveillance du couvert forestier, la gestion des ressources hydriques et l’exploration minière responsable. Le poste d’Ingénieur Géophysicien et Modélisateur climatique est vital pour anticiper les phénomènes météorologiques extrêmes et adapter les infrastructures du pays. Enfin, le Spécialiste en Systèmes d’Information Géographique (SIG) est l’architecte numérique indispensable à l’aménagement du territoire, à la planification urbaine et au développement d’infrastructures résilientes, jouant un rôle central dans la modernisation et le développement durable du pays.

SOMMAIRE NAVIGABLE

PRÉLIMINAIRES

I. Épistémologie et Enjeux Scientifiques du Domaine

Héritée de la photogrammétrie militaire du XXe siècle, la télédétection a opéré une mutation radicale. Elle n’est plus une simple technique d’observation, mais une science quantitative de la mesure à distance, fondant une nouvelle herméneutique du système Terre. Son enjeu n’est plus de cartographier le visible, mais de modéliser l’invisible : stress hydrique de la végétation, déformation millimétrique du sol, composition chimique de l’atmosphère. Cette UE ancre la recherche du mémorant dans cette épistémologie moderne, où la rigueur méthodologique est le seul garant contre l’artefact numérique.

II. Cartographie des Compétences et Transversalité

Les compétences visées forment un triptyque indissociable. Traiter une image satellitaire sans maîtriser les modèles physiques qui la sous-tendent est une aberration technique. Évaluer un risque climatique sans capacité de digitalisation et de projection via un SIG est une analyse stérile. Ce cours force la fusion de ces trois piliers. Il articule la physique des capteurs, l’algorithmique du traitement d’image et la sémantique de l’information géographique. L’objectif est de forger non pas un technicien, mais un architecte de la donnée géospatiale, capable de piloter un projet de A à Z.

III. Alignement Stratégique avec les Réalités Opérationnelles

Face aux défis de la gestion des ressources minières, de la déforestation et de l’urbanisation anarchique en RDC, la compétence en télédétection n’est pas une option, mais un impératif stratégique. Un expert capable de quantifier l’évolution d’une concession minière par interférométrie radar ou de modéliser l’expansion de Kinshasa est un atout économique direct. Cette UE est conçue comme un pont entre le laboratoire universitaire et le bureau d’études. Chaque chapitre vise à transformer une connaissance académique en une prestation de service à haute valeur ajoutée pour les secteurs public et privé.

Chapitre I. Fondations Épistémologiques et Opérationnelles de la Recherche en Télédétection

I.1 Posture Scientifique et Problématisation

Au cœur de toute recherche de Master réside la capacité à formuler une question précise, testable et pertinente. Ce sous-chapitre déconstruit le passage d’un intérêt général (ex: “la déforestation”) à une problématique scientifique rigoureuse (ex: “Quantification du taux de déforestation et fragmentation de l’habitat dans la réserve de biosphère de Luki entre 2015-2025 par analyse diachronique d’indices de végétation sur données Sentinel-2”). L’étudiant apprendra à borner son sujet, à identifier les verrous scientifiques et à rédiger une hypothèse de travail falsifiable, condition sine qua non de la démarche scientifique.

I.2 Écosystème Logiciel et Infrastructure de Calcul

La recherche moderne en télédétection repose sur un arsenal d’outils spécifiques. Ce segment impose la maîtrise de l’environnement de travail. Il couvre l’installation et la configuration de l’écosystème QGIS pour la cartographie, l’initiation à la programmation Python avec des bibliothèques essentielles comme GDAL, Rasterio et Geopandas pour l’automatisation des traitements. Une attention particulière est portée aux plateformes de calcul en ligne comme Google Earth Engine, solution frugale et puissante pour surmonter les limitations des infrastructures locales en termes de puissance de calcul et de stockage de données massives.

I.3 Droit de la Donnée Spatiale et Éthique de la Recherche

Sous l’angle du droit international, la donnée satellitaire n’est pas neutre. Sa collecte et sa diffusion sont régies par des cadres juridiques stricts, comme la politique de données de Copernicus en Europe ou le “Land Remote Sensing Policy Act” américain. Ce sous-chapitre analyse les régimes de licence (open data, commercial), les questions de souveraineté des données et les implications éthiques de la surveillance de territoires. L’étudiant devra savoir auditer la légalité de ses sources et garantir la conformité de son projet, notamment dans des contextes sensibles comme le suivi des activités minières artisanales.

I.4 Application : Structuration d’une Revue de Littérature Systématique

Face à l’explosion des publications scientifiques, une revue de littérature efficace est une compétence critique. Ce module pratique guide l’étudiant dans l’utilisation d’outils bibliographiques (Zotero, Mendeley) et de bases de données académiques (Scopus, Web of Science, Google Scholar). La méthode enseignée est systématique : définition des mots-clés, équations de recherche booléennes, critères d’inclusion/exclusion et analyse critique des articles. L’objectif est de produire une synthèse de l’état de l’art qui justifie l’originalité et la pertinence de la problématique de recherche choisie pour le contexte africain.

Chapitre II. Acquisition et Prétraitement des Données Satellitaires Multi-Sources

II.1 Physique des Capteurs et Signatures Spectrales

Ancrée dans la physique fondamentale, la télédétection interprète l’interaction entre le rayonnement électromagnétique et la surface terrestre. Ce sous-chapitre expose les principes des capteurs passifs (optiques, thermiques) et actifs (radars). Il détaille la notion de signature spectrale, véritable “empreinte digitale” des objets au sol (végétation, eau, sol nu, bâti), et comment celle-ci varie en fonction de la longueur d’onde. La maîtrise de ces concepts est vitale pour sélectionner le capteur le plus pertinent en fonction de l’objectif de recherche et des conditions atmosphériques locales.

II.2 Chaînes de Prétraitement Radiométrique et Atmosphérique

Une image satellitaire brute (Niveau-1) est une mesure physique bruitée, impropre à l’analyse quantitative. Ce segment technique détaille les étapes obligatoires de la chaîne de prétraitement pour la transformer en une donnée de réflectance de surface (Niveau-2). Il couvre la calibration radiométrique (conversion des comptes numériques en radiance/réflectance) et les modèles de correction atmosphérique (ex: DOS1, FLAASH) qui visent à éliminer les effets de diffusion et d’absorption par les gaz et les aérosols. La pratique se fera sur SNAP et QGIS.

II.3 Limites et Artefacts : Gestion du Bruit et des Données Manquantes

La réalité du signal satellitaire est imparfaite. La contamination par les nuages et leurs ombres est un problème majeur en zone équatoriale, rendant de nombreuses acquisitions optiques inutilisables. Le bruit “sel et poivre” des images radar (speckle) complique l’interprétation visuelle. Ce sous-chapitre présente les algorithmes de détection de nuages (ex: FMask), les techniques de filtrage du speckle (ex: filtre de Lee) et les méthodes d’interpolation pour combler les données manquantes, assurant ainsi la robustesse et la continuité temporelle des analyses.

II.4 Mise en Situation : Constitution d’une Série Temporelle pour le Bassin du Congo

Pour modéliser un phénomène dynamique comme l’agriculture sur brûlis ou les variations du niveau du fleuve Congo, une image unique est insuffisante. Cette application pratique consiste à construire une pile d’images (stack) cohérente sur une zone d’étude définie. L’étudiant devra télécharger, prétraiter, co-enregistrer (aligner géométriquement) et normaliser une série temporelle d’images Sentinel-1 (radar) et Sentinel-2 (optique) sur plusieurs années. Cet exercice consolide toutes les compétences techniques du chapitre en vue d’une analyse diachronique rigoureuse et pertinente pour la région.

Chapitre III. Traitement Avancé et Analyse Quantitative de l’Image

III.1 Algorithmique de Classification et Segmentation d’Images

Extraire de l’information thématique d’une image est le cœur du métier. Ce sous-chapitre explore les deux grandes familles d’algorithmes de classification. D’une part, les méthodes supervisées (Maximum de Vraisemblance, SVM, Random Forest) qui requièrent des parcelles d’entraînement au sol. D’autre part, les approches non supervisées (K-Means, ISODATA) qui regroupent les pixels en classes spectrales homogènes. La segmentation orientée objet, qui travaille sur des groupes de pixels, est présentée comme une alternative puissante pour l’analyse de paysages complexes.

III.2 Calcul d’Indices Biophysiques et Détection de Changements

Au-delà de la classification, la télédétection permet de quantifier des paramètres biophysiques continus. Ce segment se concentre sur le calcul et l’interprétation d’indices spectraux normalisés. Le NDVI pour la vigueur de la végétation, le NDWI pour les surfaces en eau, ou le NDBI pour les zones bâties sont étudiés en détail. Les techniques de détection de changements, comme la différenciation d’images ou l’analyse des composantes principales, sont ensuite appliquées sur des séries temporelles pour cartographier et quantifier les dynamiques environnementales de manière précise.

III.3 Validation de la Précision et Analyse d’Incertitude

Une carte thématique sans évaluation de sa précision est scientifiquement invalide. Ce point critique expose les protocoles de validation rigoureux. Il détaille la construction d’une matrice de confusion, le calcul des indicateurs dérivés (précision globale, précision utilisateur, précision producteur) et le coefficient Kappa de Cohen pour évaluer l’accord par rapport au hasard. L’importance de la collecte de points de vérité indépendants, que ce soit par des missions de terrain ou par photo-interprétation de données à très haute résolution, est martelée comme une étape non négociable.

II.4 Application : Cartographie de l’Occupation du Sol d’une Zone Minière en RDC

Ce cas d’étude synthétise le chapitre en se focalisant sur le suivi d’une zone d’exploitation minière artisanale (ex: près de Kolwezi). L’étudiant devra utiliser des images Sentinel-2 pour produire une carte d’occupation du sol distinguant la forêt, les zones de culture, les sites d’extraction, les bassins de décantation et les zones d’habitation. Il devra ensuite réaliser une validation d’exactitude en utilisant des images Pléiades ou Google Earth comme référence. Le livrable est une carte commentée et sa matrice de confusion, un produit directement valorisable par les agences environnementales.

Chapitre IV. Modélisation et Digitalisation de l’Information Géographique

IV.1 Fondements des Systèmes d’Information Géographique (SIG)

Un SIG est bien plus qu’un logiciel de cartographie ; c’est un système de gestion de bases de données spatialisées permettant l’analyse. Ce sous-chapitre établit la distinction fondamentale entre les modèles de données vecteur (points, lignes, polygones) et raster (grilles de pixels). Il couvre les concepts de systèmes de coordonnées, de projections cartographiques (ex: UTM) et de transformations de datum, essentiels pour assurer la superposition et l’analyse cohérente de couches d’information d’origines diverses. La topologie et les relations spatiales sont introduites comme le moteur de l’analyse.

IV.2 Outils d’Analyse Spatiale et Géotraitement

Le véritable pouvoir d’un SIG réside dans sa boîte à outils d’analyse. Ce segment explore les opérations de géotraitement fondamentales. Les analyses de proximité (zones tampons), les superpositions de couches (intersection, union), les requêtes spatiales et attributaires, et les outils d’analyse de réseau sont présentés via des exercices concrets dans QGIS. L’accent est mis sur la construction de modèles graphiques (Model Builder) pour enchaîner des traitements complexes et garantir la reproductibilité de l’analyse, une exigence clé de la recherche scientifique.

IV.3 Limites de la Modélisation : Effet de Bord, Échelle et MAUP

La modélisation spatiale est sujette à des biais et des incertitudes spécifiques. Le Problème d’Unité Spatiale Modifiable (MAUP) démontre que les résultats d’une analyse peuvent varier radicalement en fonction du découpage territorial choisi. L’effet de l’échelle (résolution des données) et les effets de bord (traitement des limites de la zone d’étude) sont également des sources d’erreurs critiques. Ce sous-chapitre arme l’étudiant d’un regard critique sur ses propres modèles, l’incitant à tester la sensibilité de ses résultats à ces différents paramètres.

IV.4 Application : Modélisation du Risque d’Inondation à Kinshasa

Kinshasa, avec sa croissance rapide et sa topographie variée, est particulièrement vulnérable aux inondations. Cette étude de cas intégrée demande à l’étudiant de construire un modèle de risque simple. En combinant dans un SIG une couche de modèle numérique de terrain (MNT) pour les pentes, une couche d’occupation du sol pour l’imperméabilisation, et une couche de proximité aux cours d’eau (rivières N’djili, Gombe), il produira une carte synthétique des zones à risque. Ce travail démontre la capacité à transformer des données brutes en un outil d’aide à la décision pour l’aménagement urbain.

Chapitre V. Interprétation, Valorisation et Discussion des Résultats

V.1 Herméneutique de la Donnée : De l’Analyse à l’Interprétation

Un résultat chiffré ou une carte ne sont pas une fin en soi. Ce sous-chapitre enseigne l’art de l’interprétation, qui consiste à donner du sens aux résultats en les confrontant aux hypothèses de départ et à l’état de l’art. Comment expliquer une anomalie dans une série temporelle ? Quelles sont les implications biophysiques ou socio-économiques d’un changement d’occupation du sol détecté ? L’étudiant apprend à dépasser la simple description pour construire une argumentation scientifique solide, en liant ses observations à des processus et des mécanismes connus.

V.2 Mécanismes de Validation Croisée et Confrontation au Terrain

La validation d’un modèle ne s’arrête pas à la matrice de confusion. Ce segment insiste sur la nécessité de la triangulation des données. Il s’agit de confronter les résultats issus de la télédétection avec d’autres sources d’information : statistiques officielles, enquêtes de terrain, entretiens avec des acteurs locaux, données climatiques. Cette validation croisée permet de renforcer la crédibilité des résultats, d’identifier les limites du modèle et d’enrichir l’interprétation. Pour le contexte africain, la mobilisation des savoirs locaux est présentée comme une source de validation inestimable.

V.3 Analyse Critique : Identification des Biais et Limites de l’Étude

Toute recherche scientifique comporte des limites. La maturité d’un chercheur se mesure à sa capacité à les identifier et à les discuter honnêtement. Ce sous-chapitre guide l’étudiant dans la rédaction de la section “Limites” de son mémoire. Il apprend à évaluer l’impact des choix méthodologiques (capteur, algorithme, période d’étude), des incertitudes des données d’entrée et des simplifications du modèle sur la validité et la généralisabilité de ses conclusions. Cette auto-critique est essentielle pour positionner correctement sa contribution et ouvrir des perspectives pour de futures recherches.

V.4 Mise en Situation : Rédaction de la Section “Discussion” pour un Suivi Agricole

En s’appuyant sur une étude de cas simulée de suivi de la santé des cultures dans la plaine de la Ruzizi, l’étudiant doit rédiger une section “Discussion” complète. Il devra interpréter les cartes de NDVI en termes de stress hydrique ou de carence azotée, confronter ces résultats à des données pluviométriques, discuter des limites liées à la résolution spatiale des images qui peut mélanger plusieurs parcelles, et proposer des recommandations concrètes pour les coopératives agricoles locales. Cet exercice synthétise la transition de l’analyse technique à la production de savoir actionnable.

Chapitre VI. Rédaction Scientifique, Soutenance et Dissémination

VI.1 Structure et Normes de la Rédaction Scientifique (IMRaD)

La forme d’un mémoire d’ingénieur n’est pas arbitraire ; elle suit la structure internationalement reconnue IMRaD (Introduction, Méthodes, Résultats et Discussion). Ce sous-chapitre dissèque chaque section en détaillant ses objectifs, son contenu obligatoire et les erreurs à éviter. Il aborde également les aspects formels cruciaux : gestion des citations et de la bibliographie (style APA, IEEE), mise en forme des figures et des tableaux, rédaction d’un résumé (abstract) percutant. L’objectif est de produire un document clair, rigoureux et conforme aux standards académiques internationaux.

VI.2 Outils de Communication Visuelle : Cartographie et Data-visualisation

Une bonne carte ou un bon graphique peuvent communiquer une idée plus efficacement que des pages de texte. Ce segment est dédié à la sémiologie graphique et à la cartographie de publication. Il enseigne les règles de composition d’une carte (titre, échelle, légende, orientation, source), le choix judicieux des couleurs et des symboles pour éviter les biais d’interprétation. Des outils comme le composeur d’impression de QGIS et des bibliothèques Python (Matplotlib, Seaborn) sont mobilisés pour créer des visualisations de données informatives, esthétiques et honnêtes.

V.3 Analyse Critique des Stratégies de Publication et de Valorisation

Un mémoire de Master 2 ne doit pas rester sur une étagère. Ce sous-chapitre explore les voies de valorisation post-diplôme. Il analyse le paysage de la publication scientifique (revues prédatrices vs. revues à comité de lecture), le processus de soumission et d’évaluation par les pairs (peer-review). Au-delà de l’académique, il aborde la transformation de la recherche en expertise-conseil, la création de produits de données pour des clients, ou la contribution à des plateformes open-data, des stratégies de valorisation particulièrement pertinentes pour l’impact socio-économique local.

VI.4 Application : Préparation et Simulation de la Soutenance Publique

La soutenance est l’aboutissement du travail de recherche. Cette dernière application est une simulation intensive de l’épreuve. L’étudiant doit préparer un support de présentation de 20 minutes qui synthétise sa problématique, sa méthodologie, ses résultats clés et ses conclusions. L’exercice se concentre sur la clarté du discours, la gestion du temps, la pertinence des visuels et, surtout, sur la capacité à anticiper et à répondre de manière structurée et scientifique aux questions du jury. C’est le test final de la maîtrise intellectuelle et technique du sujet.

ANNEXES

A. Guide Pratique de QGIS pour l’Expert en Télédétection

QGIS constitue la pierre angulaire du traitement de l’information géographique en accès libre. Cette annexe n’est pas un simple manuel, mais un guide opérationnel pour l’Ingénieur Géophysicien. Elle détaille des flux de travail complets, de l’intégration de fonds de carte WMS/WMTS locaux à l’utilisation avancée du “Processing Toolbox” pour chaîner les algorithmes de GDAL et SAGA GIS. L’accent est mis sur la création de modèles graphiques pour automatiser des tâches récurrentes, comme le prétraitement de MNT ou la production de cartes de pentes, optimisant ainsi le temps de l’expert SIG sur des projets à budget contraint.

B. Protocole d’Utilisation de Google Earth Engine pour l’Analyse à Grande Échelle

Face aux contraintes d’infrastructures de calcul et de stockage en Afrique, Google Earth Engine (GEE) est une technologie de rupture. Cette annexe fournit un protocole strict pour le Modélisateur climatique. Elle explique comment accéder à des pétaoctets de données satellitaires (Landsat, Sentinel, MODIS) et exécuter des analyses complexes sur les serveurs de Google via des scripts JavaScript ou Python. Des exemples concrets sont fournis pour le calcul d’indices de végétation sur l’ensemble du bassin du Congo ou la détection de feux de brousse à l’échelle nationale, des tâches irréalisables sur un poste de travail standard.

C. Flux de Travail avec le Logiciel SNAP pour le Traitement des Données Radar Sentinel-1

L’imagerie radar, insensible à la couverture nuageuse, est un atout stratégique pour le suivi environnemental en zone équatoriale. Cette annexe est un tutoriel dense destiné à l’Expert en Télédétection spatiale, centré sur le logiciel SNAP de l’Agence Spatiale Européenne. Elle détaille pas à pas le flux de travail pour le traitement des données Sentinel-1 : application de l’orbite précise, calibration radiométrique, filtrage du speckle, et correction de la géométrie du terrain (Range-Doppler Terrain Correction). Le but est de produire des images radar géocodées et calibrées, prêtes pour l’analyse thématique.

Praxis et Paradoxes : Naviguer la Recherche de Terrain en Contexte Africain Complexe
Comment concilier les modèles universels de gouvernance avec les logiques de pouvoir locales et informelles en Afrique ?
La conciliation est un leurre. Il faut plutôt utiliser le concept de “politique du ventre” de Jean-François Bayart pour analyser la situation. Ce cadre révèle que les logiques de pouvoir locales ne sont pas des déviations, mais le véritable mode de fonctionnement de l’État, où les ressources publiques sont privatisées via des réseaux de clientèle. L’approche experte n’est donc pas d’imposer un modèle universel, mais de cartographier ces réseaux d’interdépendance et de comprendre comment le pouvoir “se mange”. C’est en décryptant cette grammaire de l’extraversion et de l’accumulation que le chercheur peut saisir les dynamiques réelles, bien au-delà de la façade institutionnelle formelle.

📚 Source :Travaux de Jean-François Bayart sur la politique du ventre via Cairn.info

Comment garantir la validité des données quantitatives collectées par smartphone dans des zones à faible connectivité ?
La validité est moins une question technique qu’épistémologique. En s’appuyant sur le concept de “l’œil de l’État” (Seeing Like a State) de James C. Scott, on comprend que la collecte de données quantitatives simplifie une réalité complexe pour la rendre “lisible” et contrôlable. Dans les zones à faible connectivité, cette simplification devient une distorsion. La solution experte consiste à coupler la technologie à une ethnographie dense, reconnaissant que les données “manquantes” ou “sales” ne sont pas des erreurs mais des informations sur les limites du système. Il faut activement rechercher ce que l’outil rend invisible, transformant ainsi une contrainte technique en une opportunité analytique profonde.

📚 Source :Travaux de James C. Scott sur seeing like a state via Google Scholar

Votre fixeur est arrêté à un barrage illégal en RDC. Comment négocier sa libération sans compromettre l’éthique ?
Cette situation relève de la “microphysique du pouvoir” théorisée par Michel Foucault. L’enjeu n’est pas une négociation formelle avec l’État, mais une interaction dans un champ de pouvoir localisé et arbitraire. L’éthique est préservée en refusant la corruption tout en comprenant la logique du barrage. La réponse n’est pas de citer la loi, mais de manœuvrer dans les relations de force immédiates. Un geste symbolique, une parole choisie, ou une “contribution” non monétaire peut désamorcer la situation en reconnaissant le pouvoir de l’agent sans légitimer l’illégalité. Il s’agit de jouer le jeu du pouvoir à son échelle la plus infime.

📚 Source :Travaux de Michel Foucault sur la microphysique du pouvoir via JSTOR

Au-delà des cadres théoriques, quelle est la compétence la plus cruciale pour un chercheur sur le terrain africain ?
La compétence la plus cruciale est l’incorporation d’un “habitus” de chercheur de terrain, concept central chez Pierre Bourdieu. Au-delà de la maîtrise théorique, il s’agit d’un “sens du jeu” pratique, une capacité quasi-intuitive à naviguer les complexités sociales, à décoder les non-dits et à ajuster sa posture en temps réel. Cet habitus, forgé par l’expérience, permet de sentir quand parler, quand se taire, et comment créer la confiance. C’est cette disposition qui transforme le savoir académique en une intelligence situationnelle efficace, seule garante d’une recherche pertinente et éthiquement menée en contexte africain.

📚 Source :Travaux de Pierre Bourdieu sur l’habitus via Wikipedia (FR)


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