
Théories de changement
Modélisation des processus d'innovation, d'adaptation et de transition au sein des institutions.
Édition 2026 – Réforme LMD – Enseignement supérieur et universitaire en RDC.
- Code Officiel : THC2241
- Domaine : Domaine de Lettres, Langues et Arts
- Filière : Lettres et Sciences Humaines
- Mention : Lettres, Animation Culturelle et Gestion des Patrimoines
- Année d’étude : Master 2
- Semestre : Semestre 4
Consulter les Modalités, Compétences et Débouchés
Cette Unité d’Enseignement, valorisée à hauteur de 3 crédits ECTS, est conçue comme un bloc de savoir intensif et spécialisé. Son architecture pédagogique repose sur un Élément Constitutif unique (EC1) qui concentre l’intégralité des apprentissages et des évaluations. Intitulé « Théories de changement », cet EC a pour vocation de fournir un socle théorique et pratique robuste, permettant aux apprenants de se focaliser entièrement sur la maîtrise des dynamiques de transformation sans dispersion thématique.
Au-delà des concepts, cette UE vise à forger des compétences directement opérationnelles. Vous apprendrez à mobiliser les modèles théoriques de planification pour non seulement anticiper les résistances mais aussi pour orchestrer des transitions fluides au sein de toute organisation. L’accent sera mis sur la capacité à concevoir des stratégies d’innovation managériale audacieuses, assurant l’agilité des institutions face aux nouvelles attentes sociétales. Enfin, vous serez outillé pour piloter des évaluations rigoureuses de la dynamique de changement communautaire, transformant les données de terrain en leviers de décision stratégique pour le développement territorial.
Cette formation ouvre la voie vers des métiers à haute valeur ajoutée, particulièrement stratégiques sur le marché de l’emploi en République Démocratique du Congo. Le Consultant en conduite du changement intervient en expert externe pour guider les entreprises à travers des mutations complexes. Le Manager de la transformation organisationnelle, quant à lui, pilote ces changements de l’intérieur, en tant que leader clé de l’évolution de sa propre structure. Enfin, le Chef de projet développement communautaire joue un rôle crucial en traduisant les politiques de développement en actions concrètes et durables au niveau local, un poste essentiel pour l’essor des territoires et l’inclusion sociale dans le contexte congolais.
- PRÉLIMINAIRES
- PARTIE 1 : FONDEMENTS ET MODÈLES CANONIQUES DU CHANGEMENT
- Chapitre I. Archéologie du concept de changement organisationnel
- Chapitre II. Les approches sociotechniques et systémiques
- Chapitre III. La dimension psychologique et culturelle du changement
- PARTIE 2 : Ingénierie du Changement et Stratégies d’Intervention
- Chapitre IV. Diagnostic Organisationnel et Cartographie des Résistances
- Chapitre V. Conception des Stratégies de Changement et Modèles d’Intervention
- Chapitre VI. Pilotage de la Transition et Évaluation d’Impact
- ANNEXES
PRÉLIMINAIRES
I. Note à l’étudiant : De la théorie à l’impact
Ce manuel est un instrument de pouvoir intellectuel et opérationnel. Il rejette l’abstraction stérile pour se concentrer sur l’ingénierie du changement, appliquée aux structures congolaises. Chaque modèle théorique est immédiatement confronté à une étude de cas locale, qu’il s’agisse de la réforme d’une entreprise publique, de l’optimisation d’une ONG au Kivu ou de la dynamisation d’un pôle culturel à Kinshasa. L’objectif est unique : vous transformer en un architecte du changement, capable de diagnostiquer, modéliser et piloter des transitions complexes avec une efficacité mesurable.
II. Compétences visées et cartographie des métiers
L’acquisition des savoirs de cette UE forge trois compétences stratégiques. D’abord, la maîtrise des modèles de planification du changement pour devenir consultant. Ensuite, la conception de stratégies d’innovation managériale pour évoluer comme manager de la transformation. Enfin, le pilotage de programmes d’évaluation territoriale pour officier comme chef de projet développement communautaire. Ces compétences répondent à un besoin critique en RDC : des professionnels capables de structurer la modernisation des organisations publiques, privées et associatives, garantissant leur pertinence et leur pérennité.
III. Méthodologie d’évaluation et projet intégrateur
Votre évaluation repose sur une mise en situation radicalement pragmatique. Elle culmine avec la réalisation d’un projet intégrateur : l’audit complet d’une organisation congolaise de votre choix et la production d’une feuille de route détaillée pour sa transformation. Ce travail, défendu devant un jury, synthétisera votre capacité à appliquer les modèles de Lewin, Kotter et Schein à un cas réel. Il ne s’agit pas d’un exercice académique, mais de la première pièce de votre portfolio professionnel en tant que stratège du changement.
PARTIE 1 : FONDEMENTS ET MODÈLES CANONIQUES DU CHANGEMENT
Chapitre I. Archéologie du concept de changement organisationnel
Le concept de changement planifié, formalisé par Kurt Lewin dans les années 1940, constitue la pierre angulaire de cette discipline. Sa vision d’un processus en trois temps (dégel, mouvement, reconsolidation) offre une grille de lecture structurante pour toute intervention. Ce chapitre déconstruit cette genèse pour en extraire les principes opératoires. En analysant les premières tentatives de transformation au sein des institutions post-indépendance en RDC, l’étudiant forgera une compétence fondamentale : diagnostiquer la maturité d’une organisation et bâtir la séquence d’actions la plus efficiente pour initier une transition réussie.
I.1 Le modèle de Kurt Lewin (Dégel-Mouvement-Reconsolidation)
Fondamental dans la psychologie sociale, le modèle tripartite de Lewin analyse le changement comme une modification des forces qui maintiennent le statu quo d’un système. La phase de dégel prépare le terrain, le mouvement opère la transition et la reconsolidation ancre les nouvelles pratiques. Appliqué à l’informatisation d’une administration publique à Kinshasa, ce modèle permet de planifier la communication et la formation pour surmonter les résistances initiales. L’étudiant apprendra à séquencer une intervention pour minimiser les perturbations et maximiser l’adoption des nouvelles procédures.
I.2 La courbe du changement de Kübler-Ross
Initialement développée pour décrire les étapes du deuil, la courbe de Kübler-Ross offre un puissant outil prédictif des réactions émotionnelles face au changement (choc, déni, colère, négociation, dépression, acceptation). Transposée à la fusion de deux PME à Lubumbashi, elle permet d’anticiper le moral des équipes et de déployer un accompagnement managérial adapté à chaque phase. L’apprenant développera la capacité de cartographier le parcours émotionnel des collaborateurs et de concevoir des actions de soutien ciblées pour maintenir l’engagement et la productivité.
I.3 Les huit étapes de John Kotter
Face au constat d’échec de 70% des initiatives de changement, John Kotter propose en 1995 un processus opérationnel en huit étapes, de la création d’un sentiment d’urgence à l’ancrage des nouvelles approches dans la culture. Cette feuille de route est un standard pour piloter des transformations d’envergure, comme la mise en place d’une nouvelle politique qualité au sein de la GECAMINES. En maîtrisant cette séquence, l’étudiant sera capable de structurer un plan d’action complet, de mobiliser une coalition d’acteurs et de piloter la communication stratégique.
I.4 Le modèle de croissance de Greiner
Une compréhension des crises de croissance successives est vitale pour tout manager. Le modèle de Greiner identifie cinq phases de développement organisationnel, chacune se terminant par une crise prévisible (de leadership, d’autonomie, de contrôle, de bureaucratie, etc.). Pour une startup du numérique à Goma passant de 10 à 100 employés, ce modèle permet d’anticiper les points de rupture structurels et managériaux. L’étudiant forgera la compétence d’anticiper ces crises et de concevoir les évolutions organisationnelles nécessaires pour assurer une croissance durable.
Chapitre II. Les approches sociotechniques et systémiques
La vision mécaniste du changement a montré ses limites. Face à l’échec des réformes ignorant l’humain, l’approche sociotechnique du Tavistock Institute, qui postule l’interdépendance indissociable entre le système social et le système technique, s’impose comme une alternative robuste. Ce chapitre tranche ce débat en appliquant ses principes aux réalités industrielles et administratives de la RDC. Comment moderniser l’outil de production de la SNCC sans briser les dynamiques sociales ? L’apprenant structurera une méthodologie de diagnostic holistique pour concevoir des transformations qui optimisent simultanément la performance et le bien-être.
II.1 L’école sociotechnique du Tavistock Institute
Née dans les mines de charbon britanniques, l’approche sociotechnique affirme qu’une performance durable ne peut être atteinte qu’en optimisant conjointement les dimensions technique et sociale du travail. Isoler la technologie de l’humain mène à l’échec. Appliquée à une coopérative minière du Sud-Kivu, cette approche guide la conception de processus de travail qui améliorent la sécurité et la productivité en impliquant directement les mineurs dans le choix des équipements et l’organisation des équipes. L’étudiant apprendra à co-construire des solutions avec les opérateurs pour garantir leur pertinence et leur appropriation.
II.2 La théorie des systèmes ouverts de Katz et Kahn
Conceptualisant l’organisation comme un organisme vivant en interaction constante avec son environnement, la théorie des systèmes ouverts met l’accent sur les flux d’information, d’énergie et de ressources. Une institution culturelle à Matadi doit ainsi s’adapter aux nouvelles attentes du public et aux fluctuations des subventions pour survivre. Cette perspective oblige à une veille stratégique permanente et à une flexibilité structurelle. L’étudiant maîtrisera l’art de cartographier l’écosystème d’une organisation pour identifier les menaces et les opportunités externes et ajuster la stratégie interne en conséquence.
II.3 La pensée complexe selon Edgar Morin
La pensée complexe, théorisée par Edgar Morin, arme le décideur contre la simplification abusive et le réductionnisme, en l’invitant à “relier ce qui est séparé”. Face à la gestion d’un projet de développement urbain à Kinshasa, qui mêle enjeux fonciers, sociaux, économiques et environnementaux, cette approche est indispensable. Elle pousse à considérer les boucles de rétroaction et les effets émergents. L’apprenant forgera sa capacité à naviguer dans l’incertitude, à appréhender les paradoxes et à élaborer des stratégies adaptatives plutôt que des plans rigides.
II.4 Le diagnostic systémique et la cartographie des acteurs
Sous l’angle de l’efficacité, un diagnostic systémique identifie les interdépendances cachées et les points de levier au sein d’une organisation ou d’un territoire. Il se complète par une cartographie des acteurs, qui analyse les positions, les intérêts et les jeux de pouvoir des différentes parties prenantes. Dans le cadre d’une réforme du secteur de la santé en RDC, cet outil permet d’identifier les alliés potentiels, de neutraliser les oppositions et de construire des coalitions solides. L’étudiant saura produire ces analyses pour préparer le terrain politique et social avant toute action technique.
Chapitre III. La dimension psychologique et culturelle du changement
Sous l’aridité des organigrammes et des processus, la culture organisationnelle, définie par Edgar Schein comme un ensemble de postulats partagés, constitue le véritable système d’exploitation d’une institution. Ce chapitre critique les approches du changement qui ignorent cette dimension invisible mais déterminante. L’échec de l’implantation de modèles managériaux occidentaux dans des entreprises congolaises sans adaptation culturelle en est la preuve. L’étudiant apprendra à auditer les “artefacts, valeurs et postulats” d’une organisation pour y ancrer le changement et en faire un levier de succès.
III.1 La gestion des résistances au changement
Face à l’inertie ou à l’opposition active, une analyse fine des sources de résistance est impérative. Celles-ci ne relèvent pas de la simple mauvaise volonté mais de logiques rationnelles : peur de l’inconnu, perte de compétences, remise en cause des statuts ou des relations de pouvoir. En analysant le cas de l’introduction de terminaux de paiement électronique dans les marchés de Kinshasa, ce module dote l’étudiant d’outils pour diagnostiquer les causes profondes de la résistance et pour y répondre par des stratégies ciblées de communication, de formation et de négociation.
III.2 La culture organisationnelle comme levier et frein (Schein)
Défini par Edgar Schein comme un ensemble d’artefacts, de valeurs et de postulats de base, le concept de culture organisationnelle est la clé pour comprendre pourquoi les changements échouent ou réussissent. Une transformation qui heurte les postulats fondamentaux d’une entreprise est vouée à l’échec. L’analyse de la culture de la REGIDESO, par exemple, est un prérequis à toute tentative de modernisation de son service client. L’étudiant apprendra à décoder le “génome” culturel d’une organisation pour concevoir des changements qui entrent en résonance avec ses valeurs profondes.
III.3 Le leadership transformationnel (Bass & Burns)
Une dynamique de changement profond exige un leadership qui transcende la simple gestion transactionnelle (récompense/sanction). Le leader transformationnel inspire une vision, stimule intellectuellement ses équipes, fait preuve de considération individualisée et agit comme un modèle. Ce type de leadership est crucial pour mener des réformes ambitieuses, comme celle du système éducatif en RDC. L’étudiant se dotera d’un cadre pour analyser les styles de leadership et développer les compétences nécessaires pour incarner et catalyser personnellement le changement au sein de son organisation.
III.4 L’intelligence émotionnelle et la communication de crise
Une maîtrise de l’intelligence émotionnelle, popularisée par Daniel Goleman, est le socle de la communication en période de turbulence. Elle implique la conscience de soi, la maîtrise de ses émotions, l’empathie et la gestion des relations. Pour un manager annonçant une restructuration difficile dans une usine de la BRALIMA, cette compétence est plus importante que n’importe quelle expertise technique. L’étudiant apprendra à construire et à délivrer des messages difficiles avec clarté et empathie, à gérer les rumeurs et à maintenir un climat de confiance minimal en pleine crise.
PARTIE 2 : Ingénierie du Changement et Stratégies d’Intervention
Chapitre IV. Diagnostic Organisationnel et Cartographie des Résistances
La sociodynamique, conceptualisée par Jean-Christian Fauvet, offre une grille de lecture puissante pour décrypter les jeux d’acteurs face au changement. Ce chapitre applique cette matrice à l’analyse des institutions culturelles congolaises, souvent marquées par de fortes inerties structurelles. En cartographiant les alliés, les opposants et les “hésitants”, l’analyse devient un outil prédictif. L’étudiant forgera une compétence stratégique : identifier les leviers d’influence et anticiper les points de blocage pour préparer une intervention chirurgicale et efficace, assurant la pérennité des projets culturels.
IV.1 Méthodologies d’audit culturel et social
Une connaissance approfondie des dynamiques internes est le prérequis de toute transformation. Ce sous-chapitre détaille les protocoles d’audit culturel et social, de l’entretien semi-directif à l’observation participante, adaptés aux administrations publiques de Kinshasa. L’objectif est de collecter des données qualitatives fiables sur les routines, les valeurs et les non-dits qui structurent l’organisation. L’apprenant saura construire et déployer une grille d’enquête pour produire un rapport de diagnostic factuel, base de toute stratégie de changement institutionnel en RDC.
IV.2 La matrice sociodynamique : Synergie et Antagonisme
Conceptualisée pour décrypter les rapports de force, la matrice sociodynamique de Fauvet est un instrument d’une redoutable efficacité. L’analyse se concentre sur la classification des acteurs selon leur niveau de synergie et d’antagonisme face à un projet, par exemple la numérisation du cadastre foncier en RDC. Il s’agit de quantifier et qualifier les énergies mobilisables et les forces d’inertie. L’étudiant maîtrisera la technique de positionnement des parties prenantes pour visualiser instantanément la cartographie politique du changement et agir en conséquence.
IV.3 Analyse des freins et des cultures de résistance
Face à l’inconnu, la résistance est une réaction organisationnelle naturelle qu’il faut analyser, non juger. Ce segment dissèque les différentes formes de freins au changement : psychologiques, culturels et systémiques, en prenant pour cas d’étude la réorganisation des musées nationaux congolais. L’enjeu est de distinguer la simple opposition de la peur légitime ou de l’incompatibilité structurelle. Le futur manager apprendra à diagnostiquer la source précise des résistances pour y apporter une réponse ciblée et non une confrontation stérile.
IV.4 Identification des leviers et des acteurs-relais
Au sein de toute structure, des champions du changement existent, souvent de manière informelle. Ce module fournit les techniques pour identifier ces acteurs-relais et évaluer leur potentiel d’influence au sein de l’organisation. En s’appuyant sur l’exemple de la mise en place de mutuelles de santé dans le Sud-Kivu, nous verrons comment transformer un soutien individuel en une dynamique collective. L’étudiant sera capable de bâtir une coalition interne solide, premier moteur indispensable à la réussite de la transition communautaire.
Chapitre V. Conception des Stratégies de Changement et Modèles d’Intervention
Le modèle en trois étapes de Kurt Lewin (dégel, mouvement, regel) a longtemps dominé la pensée managériale. Sa linéarité est aujourd’hui contestée par des approches plus itératives, comme celle de Kotter, mieux adaptées à la complexité. Ce chapitre tranche ce débat en contextualisant chaque modèle aux défis des PME de Lubumbashi. Comment choisir la bonne stratégie ? En maîtrisant les critères de sélection, l’étudiant concevra des plans de changement sur mesure, articulant vision, communication et actions concrètes pour garantir l’adaptation économique locale.
V.1 Le modèle de Kurt Lewin et ses applications dirigées
D’une apparente simplicité, le modèle Dégel-Mouvement-Regel de Lewin structure une approche directive du changement. Ce module en explore la mécanique et les conditions d’application, notamment dans des contextes hiérarchisés comme les entreprises publiques congolaises en restructuration. L’accent est mis sur les actions concrètes à mener à chaque étape pour briser les routines et ancrer les nouvelles pratiques. L’apprenant saura scénariser un plan de changement directif, en justifiant son choix par une analyse rigoureuse de la culture organisationnelle et de l’urgence de la situation.
V.2 L’approche en 8 étapes de John Kotter
Sous l’angle de la mobilisation collective, le modèle de Kotter offre une feuille de route pour les transformations d’envergure. Il s’agit d’une approche processuelle visant à créer un sentiment d’urgence et à construire une coalition directrice puissante. Nous l’appliquerons à un cas pratique : l’introduction d’une nouvelle politique de gestion des patrimoines culturels au niveau national en RDC. L’étudiant maîtrisera l’orchestration de ces huit étapes, de la communication de la vision à l’ancrage des nouvelles approches dans la culture de l’institution.
V.3 Le changement émergent : La Théorie U d’Otto Scharmer
Face aux problématiques complexes, les solutions ne peuvent être prédéfinies. La Théorie U propose un processus de changement basé sur la co-création et l’intelligence collective, en partant d’une écoute profonde du système. Ce segment analyse comment appliquer cette démarche pour résoudre des défis sociétaux, comme la gestion des déchets à Matadi, en impliquant toutes les parties prenantes. L’apprenant forgera la compétence de faciliter des processus de changement non-directifs, permettant aux solutions d’émerger du terrain lui-même, garantissant leur pertinence et leur adoption.
V.4 Ingénierie de la communication de changement
Une stratégie de changement sans plan de communication dédié est vouée à l’échec. Ce sous-chapitre est entièrement consacré à l’architecture d’une communication d’influence : segmentation des publics, élaboration des messages-clés, choix des canaux et mesure de la réception. En se basant sur le déploiement de services financiers mobiles en RDC, nous analysons les succès et les échecs communicationnels. Le consultant en devenir saura bâtir un plan de communication stratégique capable de transformer l’incertitude en adhésion et l’opposition en dialogue constructif.
Chapitre VI. Pilotage de la Transition et Évaluation d’Impact
Les indicateurs de performance classiques (KPIs) mesurent l’avancement d’un projet, mais rarement l’adoption réelle du changement par les équipes. La volatilité du contexte socio-économique congolais accentue cette faiblesse. Ce chapitre critique cette vision techniciste en introduisant des métriques d’impact comportemental et culturel. Nous explorons les outils de suivi qualitatif adaptés aux ONG de Goma. L’étudiant forgera une compétence cruciale : piloter une transition non par les tâches, mais par l’évolution mesurable des pratiques et des mentalités.
VI.1 Tableaux de bord de la transition : KPIs vs OKRs
Piloter le changement exige des instruments de mesure adaptés. Ce module confronte les indicateurs de performance traditionnels (KPIs), souvent rigides, aux Objectifs et Résultats Clés (OKRs), plus agiles et orientés vers l’impact. À travers l’étude de la digitalisation d’une administration locale, l’étudiant apprendra à construire un tableau de bord dynamique. Il saura définir des OKRs pertinents qui mesurent non seulement l’avancement des actions, mais surtout le degré d’appropriation et de transformation des comportements au sein de l’équipe projet.
VI.2 Techniques d’animation et de coaching des équipes
Une dynamique de changement réussie repose sur l’accompagnement humain. Ce segment se focalise sur les techniques concrètes d’animation de groupe, de résolution de conflits et de coaching individuel pour soutenir les équipes durant la phase de transition. En s’inspirant des défis rencontrés par les coopératives agricoles du Kasaï, nous étudions comment maintenir la motivation et gérer les tensions. Le futur manager développera une posture de coach-facilitateur, capable de transformer la résistance passive en participation active et de souder le collectif autour du projet.
VI.3 Gestion des crises et ajustement stratégique
Aucun plan de changement ne survit intact au contact de la réalité. Ce sous-chapitre arme l’étudiant pour anticiper et gérer les crises inhérentes à toute transformation : opposition frontale, démotivation, résultats décevants. L’analyse porte sur la capacité à réévaluer la situation et à ajuster la stratégie en temps réel, sans abandonner la vision initiale. L’apprenant maîtrisera les protocoles de gestion de crise et de décision rapide, une compétence vitale pour garantir la résilience de tout projet de développement en contexte instable.
VI.4 Évaluation post-implémentation : Mesure de l’ancrage et du ROI social
L’évaluation finale d’un projet de changement ne se limite pas au respect du budget et des délais. Ce module final enseigne à mesurer l’ancrage réel des nouvelles pratiques dans la culture organisationnelle et à calculer le retour sur investissement social (SROI). En appliquant cette méthode à un programme d’animation culturelle dans un quartier de Kinshasa, nous quantifierons l’impact tangible sur la cohésion sociale. L’étudiant saura produire un rapport d’évaluation d’impact rigoureux, prouvant la valeur socio-économique de l’intervention.
ANNEXES
A. Grille d’Analyse Diagnostique des Institutions Culturelles
Conçue comme un instrument chirurgical, cette grille d’analyse systémique permet de disséquer la dynamique interne d’une organisation culturelle. En s’inspirant du modèle des 7-S de McKinsey, elle le tropicalise pour évaluer la cohérence entre la stratégie, la structure, les systèmes, les compétences, le style de management, le personnel et les valeurs partagées au sein d’une institution comme le Ballet National du Congo. L’étudiant maîtrisera ici la production d’un diagnostic flash, livrant en un temps record une cartographie précise des leviers et des freins au changement.
B. Étude de Cas : La Transformation du Musée National de la RDC
L’inauguration en 2019 du nouveau Musée National de la RDC constitue une étude de cas magistrale sur la conduite d’un changement institutionnel à grande échelle. Cette annexe autopsie le processus, depuis la décision politique jusqu’à l’implémentation opérationnelle, en passant par la coopération internationale et la formation des équipes locales. En analysant les stratégies de médiation culturelle et de gestion des collections mises en œuvre, le manager de projet culturel forgera une compétence clé : modéliser les facteurs de succès d’une refondation institutionnelle et anticiper ses résistances.
C. Protocole d’Entretiens Semi-Directifs avec les Parties Prenantes
Face à la résistance, la cartographie des perceptions des acteurs est une étape non négociable pour désamorcer les conflits. Ce protocole fournit une méthodologie rigoureuse pour mener des entretiens semi-directifs, incluant des guides de questions types, des techniques de relance et une matrice d’analyse des verbatims pour identifier les points de blocage et les attentes. Appliqué à la réorganisation d’un centre culturel à Bukavu, il arme le consultant d’un outil pour transformer les oppositions en forces de proposition constructives.
D. Vade-mecum Juridique des ASBL Culturelles en RDC
La loi n° 004/2001 du 20 juillet 2001 constitue la colonne vertébrale du secteur associatif en RDC. Ce vade-mecum en synthétise les dispositions impératives pour toute institution culturelle opérant sous le statut d’ASBL : conditions de création, rôles de l’Assemblée Générale et du Conseil d’Administration, obligations fiscales et processus de dissolution. La maîtrise de ce cadre légal confère au gestionnaire de patrimoine une compétence fondamentale : celle de sécuriser juridiquement les projets de changement et de garantir leur pérennité institutionnelle.
Comment la Théorie du Changement (ToC) dépasse-t-elle la simple planification pour devenir un outil d’évaluation critique et d’apprentissage organisationnel ?
📚 Source :Travaux de Carol H. Weiss sur Theory-based evaluation via Cairn.info
En quoi l’intégration des principes de la complexité transforme-t-elle la construction et l’utilisation des Théories du Changement dans des environnements incertains ?
📚 Source :Travaux de Michael Quinn Patton sur Developmental Evaluation via Google Scholar
Comment les dynamiques de pouvoir et les biais des acteurs influencent-ils la validité et la légitimité d’une Théorie du Changement co-construite ?
📚 Source :Travaux de Robert Chambers sur Participatory Rural Appraisal via JSTOR
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