Couverture du manuel d’Éducation Physique et Sportive 5ème pour le Cameroun.

ÉDUCATION PHYSIQUE ET SPORTIVE

Niveau : 5ème — Enseignement de Base

Curriculum Officiel – Approche par Compétences (APC) – MINEDUB / MINESEC Cameroun.

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| RÉF : CAM791903
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PRÉLIMINAIRES

I. Le Corps, Premier Outil de Réussite

L’Éducation Physique et Sportive (EPS) forge le corps pour aiguiser l’esprit. Un élève en bonne santé physique dispose d’une concentration accrue, d’une meilleure mémoire et d’une endurance supérieure face au travail intellectuel. La pratique régulière d’activités physiques structure la journée, discipline le mental et libère l’énergie nécessaire aux apprentissages dans toutes les autres matières. C’est le socle de la performance globale.
L’axe pédagogique fondamental est de faire percevoir à l’élève le lien direct entre son bien-être corporel et sa réussite scolaire. En variant les intensités d’effort, l’enseignant démontre concrètement l’impact de l’activité sur la vigilance et la disponibilité intellectuelle. L’élève s’approprie ainsi la conviction que la santé physique est une condition de la performance intellectuelle.

II. Maîtriser le Geste, Construire l’Esprit d’Équipe

Chaque discipline sportive repose sur un ensemble de gestes techniques précis. Le saut, la course, le lancer ou la passe en football exigent une coordination rigoureuse et une compréhension des principes biomécaniques simples. Au-delà de la performance individuelle, le sport enseigne l’interdépendance. Le succès d’une équipe de relais à Yaoundé ou d’un match de football à Douala dépend de la communication, de la confiance et de la synchronisation entre les partenaires.
La stratégie didactique consiste à décomposer chaque geste technique en phases observables et reproductibles, puis à l’intégrer dans des situations collectives simples. Le maître met l’accent sur la coopération et la communication non verbale pour atteindre un objectif commun. La compétence finale forgée ici est la capacité à exécuter un geste technique juste tout en s’intégrant dans une action collective coordonnée.

III. S’Adapter aux Terrains du Cameroun, de Kribi au Mont Cameroun

Le contexte camerounais offre une diversité de terrains et de climats qui sont de véritables outils pédagogiques. Courir sur le sable fin de Kribi sollicite différemment les muscles que de sprinter sur la terre battue d’un stade de Bafoussam. L’air humide de Douala affecte l’endurance, tandis que l’altitude des Grassfields de Bamenda modifie les conditions de l’effort. Cette richesse impose une capacité d’adaptation constante du corps et de la technique.
En exploitant la spécificité des environnements locaux, l’objectif est de développer la motricité adaptative de l’élève. L’enseignant organise des séances qui simulent ou utilisent directement ces contraintes (terrain meuble, en pente, espace réduit). Cette démarche ancre définitivement chez l’apprenant la compétence d’ajustement de sa performance motrice en fonction des contraintes du milieu.

Chapitre I. LA VITESSE PURE : DU DÉPART À LA LIGNE D’ARRIVÉE

I.1. Le Défi du Couloir de Mfandena

Un couloir de 60 mètres sur la piste d’athlétisme du stade omnisports de Yaoundé. Le signal retentit. Le corps explose vers l’avant. L’enjeu est simple : couvrir la distance dans le temps le plus court possible. Cette épreuve de vitesse pure mobilise instantanément toute l’énergie du corps, de la pointe des pieds au sommet du crâne, dans un effort maximal et bref.
Le point de départ pédagogique est cette situation de compétition frontale et mesurable. L’enseignant utilise le chronomètre comme un révélateur objectif de la performance, créant une saine émulation. Cette phase scelle la compréhension par l’élève de la notion de performance maximale sur une courte durée.

I.2. La Mécanique de l’Accélération

La vitesse naît d’une posture correcte et d’une coordination parfaite. Le corps, gainé et légèrement penché vers l’avant, utilise le balancement énergique des bras pour propulser les jambes. Chaque foulée est une poussée puissante sur le sol. La fréquence et l’amplitude des mouvements se combinent pour produire l’accélération maximale.
Le focus didactique est mis sur la décomposition du mouvement de course. L’enseignant isole chaque composante (action des bras, poussée de la jambe, position du tronc) à travers des exercices spécifiques comme les montées de genoux ou les talons-fesses. L’élève s’approprie ainsi les savoirs fondamentaux de la biomécanique du sprint.

I.3. L’Atelier des Départs Explosifs

La course se gagne souvent dans les premiers mètres. La position “À vos marques, prêts…” concentre toute l’énergie pour une libération explosive au signal. L’exercice consiste à perfectionner cette séquence : la poussée sur les appuis, l’angle du corps à la sortie des starting-blocks et les premières foulées, basses et puissantes, pour construire la vitesse.
Cette phase pratique permet de consolider la réactivité et la production de force initiale. L’enseignant met en place des ateliers avec des signaux variés (sonores, visuels) pour travailler le temps de réaction. La compétence de produire une accélération maximale dès le départ est ainsi méthodiquement construite.

I.4. Le Relais 4x100m, Symbole de l’Unité

Quatre coureurs, un seul témoin, une seule course. La vitesse individuelle se combine à la précision de la transmission. Le passage du témoin dans la zone impartie est un acte technique qui exige synchronisation, communication visuelle et confiance absolue en son partenaire. Une transmission réussie maintient la vitesse de l’équipe ; une transmission ratée anéantit les efforts de tous.
La résolution de ce problème complexe vise l’intégration des acquis individuels dans une stratégie collective. L’enseignant structure la séance autour de la coordination entre le “donneur” et le “receveur”, en insistant sur les repères visuels et le timing. L’élève démontre alors sa maîtrise de la compétence d’agir efficacement dans un projet collectif à haute vitesse.

Chapitre II. LE FRANCHISSEMENT : S’ÉLEVER ET MAÎTRISER LA CHUTE

II.1. Le Saut par-dessus le Rigole à Bafoussam

Dans les quartiers hauts de Bafoussam, les petites rigoles d’évacuation d’eau sont des obstacles naturels. Les franchir d’un bond demande une impulsion précise et une réception stable pour ne pas glisser. Cet acte quotidien est la base du saut athlétique : mesurer une distance, préparer son élan, s’élever et se stabiliser.
L’observation de cet environnement familier sert de situation d’ancrage. L’enseignant amène les élèves à analyser les stratégies corporelles spontanées pour franchir un obstacle, en identifiant les notions d’élan, d’impulsion et de réception. Cette étape scelle la prise de conscience des phases clés d’un saut.

II.2. La Science de la Détente

Le saut est une défiance de la gravité. Il naît de la transformation d’une vitesse horizontale (l’élan) en une vitesse verticale (l’élévation). Le secret réside dans l’enchaînement rapide flexion-extension des jambes au moment de l’impulsion. Le corps entier se gaine pour transmettre la force au sol et projeter le centre de gravité le plus haut et le plus loin possible.
L’axe pédagogique repose sur l’expérimentation du principe de “ressort” corporel. À travers des exercices de sauts sur place, de pliométrie simple (sauts en contrebas), le maître fait ressentir la puissance générée par la chaîne musculaire des jambes. L’élève s’approprie ainsi le savoir-faire technique de l’impulsion efficace.

II.3. La Pratique du Saut en Longueur avec Élan Réduit

Pour maîtriser la technique, l’élan est d’abord réduit à 3 ou 5 foulées. L’objectif est de se concentrer sur la qualité de l’avant-dernière et de la dernière foulée, le blocage de la jambe d’appel et le regroupement du corps en l’air pour optimiser la trajectoire. La réception dans le sable s’apprend : elle se fait sur les deux pieds, en avant, pour valider la performance.
Cette phase permet de dissocier les difficultés pour se focaliser sur le cœur du geste technique. L’enseignant donne des repères visuels au sol pour calibrer les dernières foulées et guide la stabilisation à la réception. La compétence finale forgée ici est la réalisation d’un saut en longueur techniquement juste avec un élan maîtrisé.

II.4. L’Épreuve du Parcours d’Agilité

Un parcours est tracé, combinant des obstacles de hauteurs et de largeurs variées : franchir une petite haie, sauter par-dessus trois cerceaux posés au sol, puis atterrir avec précision dans une zone délimitée. L’élève doit adapter en permanence son type de saut, sa vitesse d’élan et sa technique de réception en fonction de l’obstacle qui se présente.
Cette situation complexe évalue la capacité d’adaptation motrice. La stratégie de l’enseignant consiste à laisser l’élève choisir sa propre stratégie de franchissement pour chaque obstacle, puis à analyser collectivement les choix les plus efficaces. L’élève démontre ainsi sa compétence à mobiliser différentes techniques de saut pour résoudre un problème de déplacement complexe.

Chapitre III. LE LANCER : CANALISER LA FORCE POUR ATTEINDRE LA CIBLE

III.1. Le Jeu d’Adresse des Plaines de Garoua

Sous le soleil de Garoua, le jeu consiste à lancer une mangue ou une petite pierre pour faire tomber un fruit d’un arbre ou atteindre une cible dessinée sur le sol. Ce geste ancestral combine la force du bras et du tronc avec la précision du regard. Il faut jauger la distance, le poids de l’objet et la force à imprimer pour réussir.
Le contexte ludique et culturel sert de porte d’entrée. L’enseignant organise un jeu similaire avec du matériel sécurisé (balles lestées, objets en mousse) pour que les élèves expérimentent intuitivement la relation entre la force, l’angle de lancer et la trajectoire. Cette démarche ancre la compréhension fondamentale de la balistique simple.

III.2. Le Principe du Chemin de Lancement

Lancer loin et précisément exige d’utiliser tout le corps. La force part des appuis au sol, remonte par la rotation des hanches et du tronc, se transmet à l’épaule puis au bras, qui agit comme un fouet. L’objet est accéléré sur la plus longue distance possible avant d’être libéré. C’est le “chemin de lancement”.
Le focus didactique est mis sur la visualisation et la sensation de cette chaîne de force. Par des exercices de lancer sans élan, puis avec une rotation, le maître guide l’élève pour qu’il sente la transmission de l’énergie du bas vers le haut du corps. L’élève s’approprie ainsi le savoir technique du lancer en chaîne.

III.3. La Pratique du Lancer de Poids en Translation

Le lancer de poids est une discipline codifiée. La technique de la translation (un déplacement rectiligne dans le cercle) permet d’ajouter de la vitesse initiale à la force de poussée. L’exercice se concentre sur la position de départ, le déséquilibre contrôlé vers l’arrière, la poussée de la jambe et la libération finale de l’engin au-dessus de l’épaule.
Cette phase technique vise à construire un geste athlétique spécifique. L’enseignant utilise des repères au sol pour guider la translation et insiste sur la sécurité (zone de lancer, placement des autres élèves). La compétence de réaliser un lancer de poids en respectant les phases techniques et les règles de sécurité est ainsi acquise.

I.4. Le Concours de Précision en Équipe

Des cibles de différentes tailles et à diverses distances sont disposées. Par équipes, les élèves doivent marquer un maximum de points en un temps limité. Ils doivent choisir quel type de lancer (roulé, en cloche, tendu) et quel lanceur est le plus adapté pour chaque cible. La stratégie collective prime sur la seule performance individuelle.
La résolution de ce problème tactique intègre les savoir-faire techniques dans un cadre stratégique. L’enseignant agit comme un régulateur, encourageant la communication au sein des équipes pour l’élaboration d’une tactique. L’élève démontre sa compétence à choisir et à appliquer la technique de lancer la plus pertinente pour atteindre un objectif précis dans un contexte de jeu.

ANNEXES

A. Lexique du Jeune Athlète

  • Gainage : Action de contracter les muscles du ventre et du dos pour rendre le tronc rigide et transmettre efficacement les forces.
  • Foulée : Espace parcouru entre deux poses successives du même pied pendant la course.
  • Impulsion : Poussée brève et puissante sur le sol avec les jambes pour se propulser en l’air.
  • Détente : Qualité physique qui détermine la capacité à sauter haut ou loin.
  • Témoin : Bâton transmis entre les coureurs lors d’une course de relais.

B. Carnet de Suivi de mes Progrès

Tableau simple permettant à l’élève de noter ses performances personnelles au début et à la fin de chaque cycle d’apprentissage, pour visualiser sa propre progression.
| Activité | Performance Initiale (Date: …) | Performance Finale (Date: …) |
| :— | :— | :— |
| Course de Vitesse (60m) | | |
| Saut en Longueur (sans élan) | | |
| Lancer de Balle Lestée (200g) | | |
| Test d’endurance (Course 5 min) | | |

EPS au Cameroun : De la Théorie à la Pratique, les Défis du Terrain
► Comment enseigner des disciplines comme la gymnastique au sol sans tapis ni matériel adéquat, notamment dans une zone rurale de la région de l’Est ?
L’Approche Par Compétences (APC) nous invite à l’ingéniosité. En l’absence de tapis, privilégiez des surfaces naturelles sécurisées comme une pelouse dense ou une fosse de sable bien entretenue pour les roulades et les exercices de base. Vous pouvez aussi initier des projets pour confectionner des nattes épaisses avec des matériaux locaux (sacs de jute remplis de paille, tissages végétaux). L’objectif n’est pas de répliquer l’équipement olympique, mais de développer des compétences fondamentales comme l’équilibre, la coordination et la souplesse. L’APC valorise l’adaptation au contexte pour construire le savoir, le savoir-faire et le savoir-être de l’élève, même avec des ressources limitées, en transformant la contrainte en opportunité pédagogique.
► Mes élèves de la région de l’Ouest sont passionnés par la lutte traditionnelle et peu motivés par le basketball. Comment puis-je intégrer leurs centres d’intérêt au programme officiel ?
C’est une excellente opportunité de contextualiser votre enseignement. Utilisez la lutte traditionnelle comme une ‘situation-problème’ pour introduire des concepts universels. Analysez les techniques de préhension, les postures de force et les stratégies de déséquilibre. Ces éléments sont directement transférables à des disciplines officielles comme le judo ou la lutte olympique. Vous pouvez organiser un cycle où les premières séances sont dédiées aux jeux de lutte locaux pour développer la force et l’agilité, avant de faire le pont vers les règles et techniques d’un sport au programme. Cette démarche, conforme à l’APC, valorise la culture de l’élève et l’utilise comme un levier puissant pour atteindre les objectifs du curriculum national.
► Je suis enseignant à Yaoundé et j’ai des classes de plus de 100 élèves. Comment assurer une pratique effective pour tous et éviter que certains ne soient passifs ?
La gestion des grands effectifs est un défi majeur, surtout dans les métropoles comme Yaoundé ou Douala. La solution réside dans l’organisation en ateliers tournants. Divisez le terrain et la classe en 4 ou 5 stations. Chaque station propose une activité différente : une peut être dirigée par vous pour un point technique précis, une autre en auto-évaluation avec une fiche, une troisième en travail par paires (ex: passes en football), et une dernière axée sur le renforcement musculaire. Les groupes tournent toutes les 10-15 minutes. Cette méthode, dite de ‘travail en vagues’, maximise le temps d’engagement moteur de chaque élève, favorise l’autonomie et permet un suivi plus différencié.
► Dans la région de l’Extrême-Nord, la forte chaleur rend les séances d’EPS en milieu de journée très difficiles et même dangereuses. Quelles sont les adaptations recommandées ?
La sécurité et le bien-être des élèves sont prioritaires. Face aux contraintes climatiques de l’Extrême-Nord, plusieurs adaptations sont cruciales. Premièrement, négociez avec l’administration pour planifier les cours d’EPS très tôt le matin, lorsque les températures sont plus clémentes. Deuxièmement, modulez l’intensité des efforts : privilégiez des activités à faible dépense énergétique durant les heures chaudes, comme le tennis de table, la pétanque, ou des séances en salle sur la théorie, les règles du jeu et l’analyse tactique. L’APC permet cette flexibilité : l’enseignant doit ajuster la ‘situation d’apprentissage’ au contexte environnemental pour garantir que les compétences soient développées dans des conditions optimales et sécurisées.

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