Couverture du manuel scolaire TIC CM1 Cameroun, Technologies de l’Information et de la Communication.

TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION

Niveau : CM1 — Enseignement de Base

Curriculum Officiel – Approche par Compétences (APC) – MINEDUB / MINESEC Cameroun.

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PRÉLIMINAIRES

I. Le Numérique, un Levier pour le Cameroun Émergent

Les technologies de l’information et de la communication structurent désormais l’économie nationale, depuis la gestion informatisée du port de Douala jusqu’à la commercialisation du cacao de l’Est sur des plateformes en ligne. L’ordinateur est un outil de productivité, de créativité et de connexion. Initier l’enfant de CM1 à cet univers, c’est lui donner les clés pour comprendre et participer activement au développement de sa nation.
L’ambition de ce programme est de démystifier l’outil informatique en le présentant comme un instrument concret au service des réalités camerounaises. En partant d’exemples locaux, de la métropole de Yaoundé au village agricole de l’Adamaoua, l’approche pédagogique ancre l’apprentissage dans le quotidien. Cette étape scelle la compréhension par l’élève de la pertinence des TIC dans son environnement immédiat.

II. Forger les Réflexes du Citoyen Numérique

La maîtrise de l’outil informatique repose sur un ensemble de gestes précis et de concepts clairs. Utiliser un ordinateur, c’est comme apprendre à écrire : il y a des règles, une grammaire et une syntaxe à acquérir pour pouvoir s’exprimer. Ce manuel organise cet apprentissage de manière progressive, en partant de la machine pour aller vers ses applications.
Au-delà de la simple manipulation, l’objectif est de construire une véritable littératie numérique. Chaque séquence est conçue pour transformer une action mécanique en une compétence réfléchie. L’enseignant guide l’élève de l’observation à l’expérimentation, puis à l’autonomie. La compétence fondamentale visée est l’aisance et la responsabilité face à un poste de travail informatique.

III. L’Ordinateur dans nos Villes et nos Campagnes

Un ordinateur dans une salle de classe de Kribi, un cybercafé à Maroua ou un bureau administratif à Bamenda partagent les mêmes principes de fonctionnement. Les réalités matérielles et de connexion varient, mais les compétences fondamentales demeurent universelles. Ce programme prend acte de cette diversité pour en extraire un socle commun de savoirs et de savoir-faire.
Cette approche contextualisée garantit que l’enseignement reste pertinent, que l’école dispose d’un équipement de pointe ou d’un seul poste de démonstration. Le maître s’appuiera sur l’environnement technologique disponible pour illustrer les concepts. L’élève développe ainsi sa capacité à identifier et nommer les composantes d’un ordinateur, quel que soit le modèle ou le lieu.

Chapitre I. Mon Premier Contact avec la Machine

I.1. Le Défi de l’Inventaire à l’École de Bertoua

Une nouvelle salle informatique est installée à l’école publique de Bertoua. Avant de pouvoir utiliser les machines, les élèves doivent aider le directeur à faire l’inventaire. Sur chaque table se trouvent une “télévision”, une “planche à lettres”, une “souris” et une “grosse boîte”. Chaque élément a un nom précis et un rôle.
L’axe pédagogique ici est l’observation dirigée et la verbalisation. En partant des dénominations spontanées des enfants, le maître introduit le vocabulaire correct. Cette phase permet de consolider l’acquisition du lexique de base pour nommer les périphériques essentiels : écran, clavier, souris, unité centrale.

I.2. Les Organes Vitaux de l’Ordinateur

L’unité centrale est le cerveau de l’ordinateur ; elle calcule et réfléchit. L’écran est ses yeux ; il affiche les informations. Le clavier est sa bouche et ses oreilles ; il permet de lui donner des ordres en écrivant. La souris est sa main ; elle permet de pointer et de sélectionner des objets sur l’écran.
En exploitant des analogies avec le corps humain, l’enseignant rend les fonctions abstraites de chaque composant immédiatement compréhensibles. Le but est de créer des images mentales fortes et durables. Le savoir consolidé est la distinction fonctionnelle claire entre les périphériques d’entrée (clavier, souris) et de sortie (écran).

I.3. La Séquence d’Allumage et d’Extinction

Allumer un ordinateur suit un ordre précis : d’abord l’écran, puis l’unité centrale. L’éteindre exige aussi une procédure depuis le menu “Démarrer” pour garantir que la machine sauvegarde son travail et ne s’abîme pas. Un arrêt brutal équivaut à réveiller quelqu’un en sursaut.
Cette phase purement procédurale vise à installer une routine sécurisée. Le maître démontre la séquence une fois, puis la fait répéter par les élèves en commentant chaque étape. L’élève s’approprie ainsi le savoir-faire d’une mise en marche et d’un arrêt corrects du système d’exploitation.

I.4. Exploration du Territoire Numérique : le Bureau

Une fois l’ordinateur allumé, l’écran affiche le “Bureau”. C’est l’espace de travail principal. Il est peuplé de petites images appelées “icônes”, qui sont des portes d’entrée vers les programmes et les documents. Le pointeur de la souris est notre doigt pour nous déplacer dans cet espace.
La découverte libre mais encadrée du bureau est l’objectif. L’enseignant invite les élèves à déplacer le pointeur, à survoler les icônes sans cliquer, et à décrire ce qu’ils voient. La compétence finale forgée ici est l’orientation spatiale sur l’interface graphique principale (le Bureau) et l’identification de ses éléments constitutifs (icônes, barre des tâches, pointeur).

Chapitre II. Devenir Maître du Clavier et de la Souris

II.1. La Lettre pour le Cousin de Garoua

Un élève de Bafoussam veut écrire une lettre à son cousin qui vit à Garoua. L’écrire à la main prend du temps et le voyage par la route est long. Son père lui montre qu’avec l’ordinateur, il peut taper son texte très vite et l’envoyer instantanément. Le défi est d’apprendre à “parler” à la machine avec le clavier.
Le point de départ est un besoin concret de communication. Cette mise en situation donne un sens immédiat à l’apprentissage de la saisie au clavier. L’enseignant utilise ce scénario pour introduire le logiciel de traitement de texte. L’élève identifie l’outil informatique comme une solution efficace à un problème quotidien.

II.2. Le Langage des Clics et des Touches

La souris exécute des ordres précis. Un “clic” sélectionne. Un “double-clic” ouvre. Un “clic-droit” propose des options. Le clavier possède des zones : les lettres pour écrire des mots, les chiffres pour les nombres, la touche “Entrée” pour aller à la ligne et la touche “Espace” pour séparer les mots.
L’objectif didactique est de décomposer le geste en actions élémentaires et intentionnelles. Le maître fait pratiquer chaque action de la souris et chaque touche spéciale du clavier de manière isolée avant de les combiner. L’élève mémorise ainsi la fonction des actions de base de la souris et des touches essentielles du clavier.

II.3. Mon Premier Texte Numérique

L’élève ouvre un logiciel de traitement de texte. La page blanche apparaît, avec une petite barre verticale qui clignote : le curseur. C’est là que le texte va s’inscrire. Il tape une phrase simple : “Je vis dans la belle région de l’Ouest Cameroun.”
Cette manipulation directe ancre la théorie dans la pratique. L’enseignant circule pour s’assurer que chaque élève parvient à ouvrir le logiciel et à taper quelques mots. Le succès de cette première production est un puissant facteur de motivation. Le savoir-faire développé est la saisie d’un texte simple dans un logiciel de traitement de texte.

II.4. Rédiger, Corriger et Embellir

Le texte est tapé, mais il contient une faute. La touche “Retour Arrière” permet de l’effacer. Pour rendre le titre plus visible, on peut le sélectionner avec la souris et cliquer sur le bouton “Gras”. On peut aussi changer la taille des lettres pour les rendre plus grandes.
En introduisant des options de mise en forme et de correction simples, cette séquence dépasse la simple saisie. L’enseignant montre comment sélectionner du texte, une compétence transversale fondamentale. L’élève intègre la compétence de modification et d’amélioration basique d’un document texte.

Chapitre III. Créer et Organiser mes Trésors Numériques

III.1. Les Photos des Chutes de la Lobé

Après un voyage scolaire à Kribi, la maîtresse a de nombreuses photos numériques des chutes de la Lobé. Toutes les photos sont mélangées sur le Bureau de l’ordinateur. Le défi est de les ranger pour retrouver facilement celles du fleuve, celles de la plage et celles du groupe d’élèves.
Cette situation-problème introduit la nécessité d’une organisation. Le désordre visible à l’écran sert de déclencheur pour justifier l’apprentissage de la gestion de fichiers. L’axe pédagogique est de faire émerger le besoin de classement avant d’introduire la solution technique.

III.2. Le Fichier et le Dossier : le Contenu et le Contenant

Un fichier est un élément unique : une photo, un texte, une musique. Un dossier est une “chemise” numérique qui sert à ranger plusieurs fichiers. Un dossier peut contenir d’autres dossiers, comme des grandes chemises qui contiennent des plus petites. Nommer correctement ses fichiers et ses dossiers est la clé de l’organisation.
La métaphore du contenant (dossier) et du contenu (fichier) est le pilier de cette leçon. L’enseignant utilise des objets physiques (feuilles de papier, chemises cartonnées) pour matérialiser le concept avant de le transposer à l’écran. Le savoir fondamental retenu est la distinction conceptuelle et fonctionnelle entre un fichier et un dossier.

III.3. L’Atelier du Rangement

L’élève crée un dossier principal nommé “Voyage Kribi”. À l’intérieur, il crée trois sous-dossiers : “Chutes”, “Plage”, “Élèves”. Ensuite, il utilise la technique du “glisser-déposer” avec la souris pour déplacer chaque photo du Bureau vers le bon dossier.
Cette phase est une application pratique et méthodique des concepts vus précédemment. Le maître guide la procédure pas à pas : clic-droit pour créer un dossier, renommer, sélectionner un fichier, le faire glisser. L’élève s’approprie ainsi le savoir-faire de la création, du renommage et de la manipulation de dossiers et de fichiers.

III.4. Sauvegarder mon Travail pour l’Avenir

Le texte sur la région de l’Ouest est terminé. Si on ferme le programme sans l’enregistrer, tout le travail est perdu. L’action “Enregistrer sous” permet de donner un nom au fichier (par exemple “Ma région”) et de choisir où le ranger (par exemple, dans un dossier “Mes textes”).
Cette étape cruciale consolide la notion de persistance des données. L’enseignant insiste sur la différence entre le travail en cours (dans la mémoire vive) et le travail sauvegardé (sur le disque dur). En guidant l’élève à travers la boîte de dialogue “Enregistrer sous”, la compétence intégrée est la sauvegarde autonome d’un fichier dans un emplacement choisi.

Chapitre IV. Une Fenêtre sur le Cameroun et le Monde

IV.1. À la Recherche du Festival Nguon

Un élève entend ses parents parler du grand festival du peuple Bamoun à Foumban. Il est curieux et veut voir des images des rois, des costumes et des danses. L’ordinateur, connecté à Internet, peut lui fournir ces informations en quelques secondes.
Le déclencheur est la curiosité culturelle ancrée dans le patrimoine camerounais. Internet est présenté non pas comme une abstraction, mais comme un outil de découverte culturelle puissant et immédiat. L’objectif est de susciter le désir d’utiliser Internet pour répondre à une question précise.

IV.2. Internet, le Navigateur et le Moteur de Recherche

Internet est un immense réseau d’ordinateurs connectés dans le monde entier. Pour s’y promener, on utilise un programme spécial appelé “navigateur web”. Pour trouver une information précise dans cet océan de données, on utilise un “moteur de recherche” où l’on tape des mots-clés, comme “festival Nguon Foumban”.
Cette séquence clarifie la hiérarchie des outils : Internet est le réseau, le navigateur est le véhicule, le moteur de recherche est la carte. L’enseignant schématise cette relation au tableau pour une meilleure visualisation. Le savoir assimilé est la distinction entre Internet, un navigateur web et un moteur de recherche.

IV.3. Ma Première Recherche Guidée

L’élève ouvre le navigateur web. Dans la barre du moteur de recherche, il tape les mots-clés “photos festival Nguon”. Une page de résultats s’affiche avec des liens et des images. Il apprend à cliquer sur un lien pour visiter un site web et à utiliser le bouton “Précédent” pour revenir aux résultats.
L’enseignant encadre cette première navigation pour éviter que l’élève ne se perde. L’activité est ciblée sur une recherche simple, l’identification des liens hypertextes et la navigation élémentaire (avancer, reculer). Le savoir-faire acquis est la conduite d’une recherche simple par mots-clés et la navigation entre deux pages web.

IV.4. Le Citoyen Numérique Prudent

Internet est une ressource formidable, mais il contient aussi des informations fausses ou des images inappropriées. On ne donne jamais son nom, son adresse ou son numéro de téléphone à un inconnu sur Internet. Si une image ou un message semble étrange, on en parle immédiatement à un adulte de confiance (parent ou enseignant).
Cette dernière phase, non technique mais comportementale, est la plus importante du chapitre. L’enseignant instaure un dialogue sur la base de règles simples et non négociables. La compétence finale forgée ici est l’intégration des réflexes de base de la sécurité et de la prudence en ligne.

ANNEXES

A. Lexique Illustré du Petit Informaticien

Bureau : L’écran d’accueil de l’ordinateur, où se trouvent les icônes.
Dossier : Une chemise jaune numérique pour ranger les fichiers.
Fichier : Un document, une image, une musique.
Icône : Une petite image sur laquelle on clique pour ouvrir un programme ou un fichier.
Navigateur Web : Le programme pour aller sur Internet (ex: Chrome, Firefox).
Unité Centrale : La boîte qui est le cerveau de l’ordinateur.

B. Charte du Bon Comportement en Salle Informatique

  1. J’ai les mains propres avant de toucher l’ordinateur.
  2. Je ne mange pas et je ne bois pas près des machines.
  3. J’allume et j’éteins l’ordinateur en suivant la procédure correcte.
  4. Je demande la permission avant d’installer un programme ou de brancher une clé USB.
  5. Si quelque chose ne fonctionne pas ou me semble bizarre, j’appelle immédiatement le maître.
TIC au Cameroun : De la Théorie à la Pratique sur le Terrain
► En tant qu’enseignant dans une zone rurale de la région de l’Est, comment puis-je appliquer l’Approche Par les Compétences (APC) en TIC alors que mon établissement ne dispose que d’un ou deux ordinateurs fonctionnels pour plus de 60 élèves par classe ?
C’est un défi majeur. L’APC exigeant la pratique, concentrez-vous sur l'”informatique débranchée”. Utilisez des schémas au tableau pour l’architecture matérielle, des jeux de rôle pour simuler la logique algorithmique ou les interactions homme-machine. Mettez en place un système de rotation strict pour garantir une manipulation minimale à chaque élève par trimestre. Encouragez des projets de groupe où la recherche se fait via smartphone (si disponible) et la mise en forme théorique sur papier. L’objectif est de construire la logique et la compréhension des concepts fondamentaux, en conformité avec les directives du MINESEC, même avec un accès matériel très limité, en attendant de futures dotations.
► Je suis élève en classe de Terminale à Maroua (Extrême-Nord). Les coupures d’électricité constantes et l’absence d’Internet fiable nous empêchent de faire des recherches pour nos exposés ou de pratiquer. Quelles sont les alternatives ?
Votre préoccupation est légitime. Pour y pallier, les enseignants peuvent télécharger en amont des ressources pédagogiques (vidéos, articles, tutoriels) et les rendre accessibles hors ligne via des clés USB ou un petit serveur local (type Raspberry Pi). Privilégiez l’apprentissage de logiciels ne nécessitant pas de connexion, comme la suite LibreOffice. Pour la recherche, exploitez au maximum la bibliothèque de l’école ou les centres multimédias communautaires, s’ils existent. La collaboration entre camarades est essentielle : mutualisez les informations collectées lors des rares moments de connexion. L’entraide permet de surmonter collectivement ces obstacles techniques et de progresser ensemble.
► Le programme officiel de TIC semble parfois déconnecté de nos réalités, notamment dans les régions agricoles comme l’Ouest. Comment rendre l’enseignement plus pertinent pour nous, futurs agriculteurs ou entrepreneurs locaux ?
L’Approche Par les Compétences (APC) encourage justement cette contextualisation. Au lieu d’exemples génériques, utilisez les TIC pour résoudre des problèmes locaux. À Bafoussam ou Dschang, apprenez à utiliser un tableur pour créer un budget simple pour une exploitation agricole ou suivre un cycle de culture. Servez-vous d’un logiciel de présentation pour bâtir un plan d’affaires pour un projet d’élevage. La recherche en ligne, même limitée, peut se concentrer sur les techniques agricoles innovantes ou les prix du marché local. L’objectif est de démontrer que les TIC sont un outil puissant au service de votre futur métier, et non une discipline abstraite.
► Notre lycée à Bertoua a reçu une dotation d’ordinateurs, mais la plupart sont en panne faute de maintenance. En tant que professeur de TIC, suis-je censé devenir technicien pour tout réparer ?
Votre rôle est pédagogique, non technique. Cependant, l’APC valorise la polyvalence. Il est donc utile d’acquérir des compétences de base en dépannage (diagnostic simple, gestion des virus). Une solution efficace est de créer un “club TIC” où vous formez des élèves volontaires à cette maintenance de premier niveau, sous votre supervision. Cela développe leurs compétences et allège votre charge. Surtout, documentez chaque panne et remontez systématiquement les besoins à l’administration et à la délégation départementale du MINESEC. La maintenance doit être intégrée au budget de l’établissement et ne doit pas reposer uniquement sur votre bonne volonté.

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