Activités Exploratoires
Niveau : 2ème Année Maternelle — Enseignement Général/Commun
Curriculum Officiel – Approche par Compétences (APC) – MINEPST RDC.
PARTIE 1 : Découvrir le monde qui nous entoure
PRÉLIMINAIRES
I. Mise en place du cadre exploratoire
Dans chaque classe de 2ᵉ année maternelle, le sol de la cour devient le laboratoire vivant. Le repérage des coins de jeu, la délimitation des zones d’observation et la sélection d’objets du quotidien (bouteilles en plastique, cailloux, feuilles) préparent le terrain d’expérimentation. Cette organisation, réalisée avec des cordes et des piquets, assure que chaque activité s’enracine dans le contexte local de Kinshasa, du quartier de Matonge ou du marché de la Liberté.
Chapitre I. Sécuriser l’espace et préparer les outils
I.1 Découverte d’un danger caché dans la cour
Dans la cour du jardin d’enfants du quartier Matonge, un tas de morceaux de verre et de fil de fer s’accumule près du bac à sable, créant un risque invisible. L’observation de ce danger incite à poser la question : comment transformer cet espace en lieu sûr pour les jeux libres ? La réflexion s’articule autour de la reconnaissance des objets tranchants et de leur impact sur la santé des petites mains. Cette mise en situation ouvre la porte à la recherche d’une solution concrète, tout en ancrant la conscience du besoin de vigilance quotidienne.
I.2 Notion de règles de prévention et d’usage du matériel
La règle fondamentale consiste à séparer les objets pointus des zones de jeu, à ranger les outils dans des boîtes à couvercle et à vérifier chaque coin avant chaque activité. Le vocabulaire de la sécurité (« danger », « protège‑toi », « zone interdite ») se construit à travers des affiches colorées réalisées à partir de papier recyclé. La mise en pratique de ces consignes transforme la cour en espace protégé, où la prévention devient une habitude ancrée dans le quotidien.
I.3 Manipulation du coin sécurité avec des matériaux simples
Des caisses en bois récupérées à la scierie de Matadi servent de conteneurs pour les objets coupants, tandis que des cordes tressées délimitent la zone interdite. Le montage se fait à l’aide de clous et d’un marteau en bon état, sous la surveillance d’un adulte. Chaque élément est placé selon un schéma préétabli, puis testé par un léger déplacement du sable pour vérifier l’absence d’obstacle. Cette manipulation développe la capacité à organiser un environnement de jeu sans risque.
I.4 Solution trouvée et compétence acquise
Le coin sécurité installé devient le repère visuel qui indique où les mains doivent s’abstenir d’intervenir. La vérification quotidienne du dispositif renforce la maîtrise de la prévention des accidents et l’autonomie dans la gestion d’un espace partagé. Cette réussite forge ainsi la capacité à créer et à maintenir un environnement ludique protégé, indispensable à chaque exploration future.
Chapitre II. Explorer le cycle de l’eau dans la cour
II.1 Découverte d’une flaque stagnante près du puits communautaire
Au crépuscule, une petite mare se forme derrière le puits du quartier de Kinshasa, attirant les grenouilles et les moustiques. L’observation de cette accumulation d’eau invite à se demander comment l’eau circule, s’évapore et nourrit la vie alentour. La présence de cette mare devient le point de départ d’une enquête sur le cycle hydrologique local, tout en rappelant l’importance de la gestion de l’eau dans les foyers.
II.2 Notion du cycle de l’eau et de son impact sur le sol
Le cycle comprend l’évaporation, la condensation, les précipitations et l’infiltration. Des schémas dessinés avec du charbon de bois et du sable illustrent chaque étape, tandis que des gouttes d’eau colorées montrent le trajet du nuage à la terre. La compréhension de ce processus explique pourquoi la terre autour de la mare reste plus humide et fertile, reliant directement le phénomène naturel à la culture des légumes du jardin familial.
II.3 Manipulation : création d’un mini‑cycle avec des bouteilles recyclées
Des bouteilles en plastique de 2 L, récupérées au marché de la Liberté, sont découpées pour former un petit évaporateur. Le couvercle percé agit comme condenseur, et la goutte d’eau qui retombe dans un récipient symbolise la pluie. L’assemblage se réalise avec du ruban adhésif et du fil de fer, puis exposé au soleil de l’après‑midi. Cette expérience montre concrètement le chemin de l’eau, du liquide à la vapeur, puis à la goutte.
II.4 Solution et compétence développée
Le mini‑cycle installé dans la cour devient un modèle vivant que chaque groupe peut observer chaque jour. La capacité à expliquer le rôle de l’évaporation et de l’infiltration dans la fertilité du sol se consolide, tout comme la conscience de la nécessité de protéger les mares contre la stagnation. Cette maîtrise favorise la prise de décision éclairée quant à la gestion de l’eau domestique et communautaire.
Chapitre III. Le compostage : transformer les déchets en engrais
III.1 Découverte d’un surplus de résidus de cuisine au foyer de la communauté de Kasaï
Après le repas du midi, les pelures de manioc, les feuilles de bananier et les coquilles d’arachides s’accumulent devant la cuisine collective. L’abondance de ces restes suscite la question : comment éviter le gaspillage tout en nourrissant le potager du quartier ? Cette situation réelle ouvre la voie à une réflexion sur la valorisation des déchets organiques.
III.2 Notion du processus de compostage et de ses bénéfices agronomiques
Le compost repose sur la décomposition aérobie, où micro‑organismes transforment les matières organiques en humus riche. Un tableau illustré montre les trois phases : chaleur, stabilisation et maturation. Les avantages incluent l’amélioration de la structure du sol, la rétention d’eau et la réduction des engrais chimiques coûteux. Le lien avec les cultures de manioc et de maïs du Kasaï devient évident, renforçant l’idée d’une agriculture durable.
III.3 Manipulation : mise en place d’un composteur à partir d’un bac en bois récupéré à la scierie de Matadi
Un bac de 60 cm, poncé et percé pour assurer la ventilation, accueille les résidus triés quotidiennement. Chaque couche de déchets verts est alternée avec une fine couche de terre du jardin, favorisant l’aération. Un arrosoir rempli d’eau de pluie maintient l’humidité idéale. Le suivi se fait à l’aide d’un thermomètre bricolé à partir d’un vieux cadran, permettant de vérifier la chaleur du processus.
III.4 Solution et compétence acquise
Le compost mûr, après deux mois, se transforme en engrais noir qui fertilise les rangées de haricots et de patates douces du quartier. La maîtrise du compostage renforce la capacité à recycler les déchets domestiques en ressources agricoles, réduisant ainsi les coûts et améliorant la sécurité alimentaire locale.
Chapitre IV. Lumière et énergie simple : fabriquer une lampe à énergie solaire
IV.1 Découverte d’une coupure de courant fréquente dans le quartier de Matete, Kinshasa
Chaque soir, le quartier de Matete subit un délestage qui plonge les habitations dans l’obscurité. La recherche d’une source lumineuse autonome devient une nécessité immédiate, surtout pour les activités de lecture après le dîner. Cette contrainte inspire la création d’une solution énergétique locale.
IV.2 Notion du principe photovoltaïque et de la conversion d’énergie solaire en lumière
Les panneaux solaires, composés de cellules photovoltaïques, transforment la lumière du soleil en courant continu. Un schéma simple, dessiné avec du charbon de bois sur du papier recyclé, montre le flux du photon à l’électron, puis le passage par une petite batterie de 3,7 V. La LED, à faible consommation, devient le dispositif d’éclairage final, illustrant la chaîne de conversion énergétique.
IV.3 Manipulation : assemblage d’une lampe solaire à partir de matériaux récupérés du marché de la Liberté
Des petites cellules photovoltaïques, récupérées sur un vieux chargeur de téléphone, sont soudées à un porte‑batterie en plastique. Une LED rouge, provenant d’une lampe de secours, se connecte à la batterie via un interrupteur fabriqué à partir d’un morceau de carton. Le tout est fixé sur un support en bois de récupération, puis placé près d’une fenêtre pour capter le soleil. Le test nocturne confirme l’allumage immédiat.
IV.4 Solution et compétence développée
La lampe solaire devient un objet quotidien, permettant de lire des contes du peuple Luba après le coucher du soleil. La capacité à concevoir, assembler et entretenir un dispositif d’éclairage autonome se consolide, offrant une réponse concrète aux coupures d’électricité récurrentes.
Chapitre V. Lutter contre le moustique : assainir les lieux de vie
V.1 Découverte d’une augmentation des piqûres de moustiques autour du puits communautaire de Kisangani pendant la saison des pluies
Les moustiques, attirés par les eaux stagnantes, provoquent de nombreuses piqûres et augmentent le risque de paludisme. L’observation de cette prolifération incite à identifier les sources d’eau inutiles et à mettre en place des mesures d’assainissement immédiates.
V.2 Notion du cycle de vie du moustique et des points d’intervention clés
Le moustique passe par les stades d’œuf, de larve, de nymphe et d’adulte, tous dépendants d’une eau calme. Un diagramme dessiné à l’encre montre comment l’élimination des récipients ouverts et le nettoyage des gouttières interrompent ce cycle. La connaissance de ces étapes permet de cibler les actions les plus efficaces pour réduire la population d’insectes.
V.3 Manipulation : nettoyage et couverture des récipients avec des couvercles de bouteilles recyclées
Tous les récipients de 1 L, récupérés au marché de la Liberté, sont vidés, rincés à l’eau de pluie, puis fermés avec des bouchons en plastique. Les gouttières de la cour sont débouchées à l’aide d’un petit crochet en fer. Un pulvérisateur fabriqué à partir d’une vieille bouteille de soda diffuse un mélange d’eau et de savon noir sur les zones humides, éliminant les larves.
V.4 Solution et compétence consolidée
Le nombre de moustiques diminue perceptiblement, réduisant les cas de piqûres et le risque de maladie. La capacité à identifier, nettoyer et protéger les points d’eau stagnante se généralise, offrant à chaque foyer du quartier un moyen simple et durable de protéger la santé collective.
ANNEXES
A. Lexique local des termes d’exploration
Ce lexique rassemble, en 60 mots, les mots clés employés dans le manuel : « mouillage », « compost », « photovoltaïque », « larve », etc., accompagnés de leurs définitions en français et en lingala. Il sert de référence instantanée lors des activités, permettant de clarifier le vocabulaire technique et d’enrichir le discours quotidien des participants.
B. Fiche de sécurité pour les manipulations d’outils simples
Cette fiche de 60 mots décrit les consignes essentielles de sécurité lors de l’usage du marteau, du fil de fer, du cutter et du petit tourne‑vis. Elle indique les gestes à éviter, le port du gant de protection improvisé à partir d’un vieux t‑shirt et la procédure à suivre en cas de blessure. Elle est affichée à chaque poste de travail pour garantir un environnement sans danger.
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