Couverture du manuel scolaire congolais de Dessin Artistique, 3ème Année des Humanités

Dessin Artistique

Niveau : 3ème Année des Humanités — Enseignement Général/Commun

Curriculum Officiel – Approche par Compétences (APC) – MINEPST RDC.

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PARTIE 1 : Dessiner le quotidien congolais

PRÉLIMINAIRES

I. Sécurité et matériel de base

Dans la salle de classe, le rangement du crayon, du fusain et du papier devient la première mise en scène. La vérification du crayon de charbon, de la gomme à effacer et du carnet à spirale assure que chaque geste se déroule sans danger. La fiche de consignes rappelle le port du tablier et la ventilation lors de l’usage de l’aquarelle. Cette préparation garantit que le processus créatif démarre dans un environnement protégé, où chaque outil est à sa place et prêt à répondre aux exigences du dessin.

Chapitre I. Les bases du trait et du geste

I.1 Tracer le marché de la Liberté

Au cœur du marché Zando, l’observation d’un étal de manioc révèle le défi de rendre les formes irrégulières. La notion du trait variable, de la pression du crayon et du raccourci du geste s’inscrit dans la pratique. En reproduisant l’étal, le crayon glisse, s’appesantit, s’efface, créant des contours qui traduisent la texture des racines. Le rendu final montre une maîtrise du geste qui donne vie aux objets du quotidien, ouvrant la porte à des esquisses plus complexes.

I.2 Esquisse du tambour Luba

Dans la cour de la maison, le tambour sculpté attire l’attention par ses reliefs. La leçon porte sur la représentation du volume à travers les hachures et les ombres. En dessinant le tambour, chaque ligne devient un indicateur de profondeur, chaque ombre un signal de lumière. Le travail aboutit à une illustration où le relief se lit clairement, prouvant que la technique du hachurage transforme le plat en relief perceptible.

I.3 Capture d’une scène de transport à Matadi

Le quai du fleuve montre des pirogues chargées de marchandises, un tableau vivant de mouvement. La notion du trait dynamique et du flou de vitesse s’intègre à la réalisation. En traçant les lignes de la rivière et les silhouettes des bateaux, le crayon capture l’énergie du déplacement. Le résultat final révèle une capacité à rendre le mouvement, indispensable pour toute narration graphique.

Chapitre II. Perspective et espace urbain

II.1 Découverte du carrefour de Matonge

Au carrefour animé, la densité des véhicules crée une confusion d’échelles. La perspective à un point de fuite apparaît comme solution pour ordonner l’espace. En dessinant le carrefour, les lignes convergentes guident le regard vers le point de fuite, structurant le chaos. Le dessin final montre une organisation spatiale qui rend la scène lisible, prouvant la compétence à structurer un environnement urbain complexe.

II.2 Réflexion sur les façades du quartier de Gombe

Les façades colorées des maisons offrent un jeu de plans et de profondeurs. La notion de perspective à deux points de fuite s’applique aux angles des bâtiments. En reproduisant les façades, chaque angle devient une porte vers la profondeur, chaque couleur renforce la perception de volume. Le rendu final démontre une maîtrise de la perspective multiple, indispensable pour représenter des rues sinueuses.

II.3 Illustration d’un sentier de la forêt équatoriale

Le sentier serpentant entre les arbres impose une perspective atmosphérique. La leçon introduit la diminution des détails et la nuance des tons pour créer la profondeur. En traçant le sentier, les arbres s’estompent progressivement, le chemin s’allonge. Le dessin final offre une impression de distance réaliste, attestant la capacité à gérer la profondeur atmosphérique dans les paysages.

Chapitre III. Couleurs et matières locales

III.1 Palette du pagne kitenge

Dans la boutique du quartier, les pagnes kitenge exposent des motifs vibrants. La notion du mélange des couleurs primaires pour obtenir les teintes locales s’explore à travers l’aquarelle. En reproduisant un motif, chaque couche de couleur se superpose, chaque nuance se précise. Le résultat final montre une palette maîtrisée qui rend hommage aux tissus congolais, prouvant la compétence à manipuler les couleurs pour refléter la culture.

III.2 Texture du bois de teck de la scierie de Matadi

Les copeaux de teck offrent une texture riche à observer. La technique du frottage et du grattage du crayon permet de rendre la rugosité du bois. En appliquant ces gestes sur le papier, chaque trace reproduit la sensation tactile du matériau. Le dessin final capture la texture du bois, confirmant la capacité à traduire une matière physique en surface graphique.

III.3 Lumière sur la rivière Congo au crépuscule

Le reflet du soleil couchant sur la rivière crée des jeux de couleur et de lumière. La notion de dégradé chromatique et de contraste lumineux s’intègre dans la réalisation. En peignant le crépuscule, les tons chauds se fondent dans les bleus profonds, les reflets scintillent. Le tableau final révèle une atmosphère réaliste, attestant la maîtrise des effets lumineux dans un contexte naturel.

Chapitre IV. Projet collectif : fresque du quartier

IV.1 Identification du besoin d’expression communautaire à Kinshasa

Dans le quartier de Kimwenza, les murs nus témoignent d’un manque d’identité visuelle. La découverte du besoin d’une fresque collective devient le point de départ. En réunissant les habitants, les thèmes locaux émergent : marché, danse, histoire. Cette étape crée le socle narratif nécessaire à la création.

IV.2 Conception de la composition collective

La notion de composition équilibrée, de hiérarchie visuelle et de répartition des espaces guide le croquis collectif. Chaque participant trace un élément : un tambour, un panier, un sourire. Le dessin préparatoire, réalisé à grande échelle, orchestre les formes pour éviter les conflits visuels. Le plan final montre une organisation harmonieuse qui prépare le travail mural.

IV.3 Réalisation et valorisation de la fresque

Le matériel récupéré – pigments de terre, pigments acryliques, pinceaux improvisés – devient l’outil de mise en œuvre. En appliquant les couleurs sur le mur, les gestes synchronisés donnent vie au tableau. Le résultat final transforme l’espace urbain, offrant une identité visuelle forte et prouvant la capacité à concevoir et exécuter un projet artistique communautaire.

ANNEXES

A. Fiche de sécurité du matériel de dessin

Ce document récapitule les consignes essentielles : port du tablier, ventilation lors de l’utilisation d’aquarelle, stockage des couteaux à cutter, élimination des déchets de charbon. Chaque point est illustré d’un pictogramme compréhensible, permettant une mise en pratique immédiate dans des classes aux ressources limitées, où la sécurité doit primer sur chaque activité créative.

B. Lexique des techniques artistiques congolaises

Ce lexique recense les termes locaux : “kitenge” (tissu imprimé), “banga” (gravure sur bois), “mokolo” (dessin à l’encre de Chine). Chaque entrée comprend une définition concise, un exemple d’application et une illustration miniature. L’outil sert de référence rapide pour enrichir le vocabulaire technique lors des séances, facilitant la transmission culturelle et technique.

De la Théorie à la Pratique : Défis en RDC
► Comment faire face au manque de matériel de dessin dans les écoles du Sud‑Kivu ?
Dans la province du Sud‑Kivu, le manque de papier à dessin, de crayons de couleur et de chevalets constitue un frein majeur. Les écoles publiques reçoivent rarement des dotations du ministère, et les familles ne peuvent pas se permettre d’acheter du matériel. Cette pénurie oblige les enseignants à improviser avec du papier journal ou du charbon de bois, ce qui limite la précision des traits et la variété des techniques enseignées. Pour pallier ce problème, il est recommandé d’organiser des collectes locales, de solliciter les ONG actives dans le secteur culturel et d’intégrer le recyclage de matériaux (bouteilles plastiques, cartons) dans le cadre de l’APC, afin de créer des supports de dessin économiques et écologiques.
► Comment adapter le programme de dessin artistique aux cultures locales de Kinshasa et Maniema ?
En Kinshasa comme en Maniema, les contenus traditionnels du dessin artistique, souvent inspirés de l’art européen, ne résonnent pas toujours avec les élèves qui grandissent au contact des motifs bantus et des masques traditionnels. Cette déconnexion entraîne un désintérêt et une difficulté à appliquer les techniques enseignées. L’APC propose d’intégrer des projets de création basés sur les symboles locaux (tissus, masques, gravures) afin de rendre l’apprentissage plus pertinent. Les enseignants peuvent ainsi associer les notions de perspective et d’ombre à des formes culturelles, tout en sollicitant les artisans locaux pour des ateliers pratiques, renforçant ainsi le lien entre théorie et pratique.
► Quelles formations sont nécessaires pour les enseignants de dessin artistique dans l’Équateur et l’Ituri ?
Dans les provinces de l’Équateur et de l’Ituri, nombre d’enseignants de dessin artistique n’ont jamais suivi de formation spécifique à la pédagogie visuelle, ce qui limite leur capacité à guider les élèves dans les étapes de l’observation et de la reproduction. L’absence de maîtrise de l’APC (Activité Pratique de Classe) conduit souvent à des cours magistraux peu interactifs. Il est essentiel d’organiser des ateliers de formation continue, animés par des artistes‑pédagogues, qui démontrent comment structurer une séance APC : présentation du sujet, démonstration, pratique guidée, puis critique constructive. Cette approche favorise l’autonomie des élèves et améliore la qualité des productions, même avec des ressources limitées.
► Comment évaluer les productions artistiques en tenant compte des spécificités régionales du Kasai et du Bas‑Congo ?
Dans le Kasai et le Bas‑Congo, l’évaluation du dessin artistique repose souvent sur des critères quantitatifs (nombre de traits, respect des consignes) qui ne valorisent pas la créativité ni l’expression culturelle des élèves. Cette méthode décourage les apprenants qui souhaitent explorer des styles locaux comme les gravures de cuivre ou les motifs de pagnes. En appliquant l’APC, les enseignants peuvent instaurer une grille d’évaluation qualitative incluant la pertinence du sujet, l’originalité, la maîtrise des techniques et la capacité à intégrer des références culturelles régionales. Des séances de critique collective, animées par les pairs, permettent également de fournir un feedback constructif et de renforcer le sentiment d’appartenance à la communauté artistique locale.

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