Éducation à la Santé et à l'Environnement (ESE)
Niveau : 5ème Année Primaire — Enseignement Général/Commun
Curriculum Officiel – Approche par Compétences (APC) – MINEPST RDC.
PARTIE 1 : Vivre sainement, protéger notre environnement
PRÉLIMINAIRES
I. Pourquoi l’Éducation à la Santé et à l’Environnement compte aujourd’hui
Dans les rues de Kinshasa, le marché de la Liberté déborde de fruits, de rires et parfois de poussière qui s’infiltre dans les foyers. Comprendre comment le corps réagit aux pollutions quotidiennes, et comment chaque geste peut préserver le sol qui porte nos cultures, devient essentiel. Cette introduction pose les bases de la sécurité personnelle, du respect de l’eau et de la gestion des déchets, en mobilisant des repères familiers pour chaque famille congolaise.
Chapitre I. Sécurité et hygiène autour de l’eau stagnante
I.1 Découverte du problème d’eau stagnante dans le quartier de Matonge
Des flaques persistes près du garage de Matonge chaque soir, attirant moustiques et odeurs. L’observation de ces points d’eau révèle un lien direct avec la recrudescence du paludisme. En notant la localisation, la profondeur et la fréquence de remplissage, le phénomène devient visible et mesurable, incitant à une prise de conscience collective. Cette prise de conscience forge ainsi la capacité à identifier les foyers de contamination dans l’environnement proche.
I.2 Notion : le cycle de vie du moustique vecteur du paludisme
Le moustique Anopheles se développe de l’œuf à l’adulte en quatre étapes, chacune dépendante d’une eau douce et non traitée. En décrivant chaque stade – œuf, larve, nymphe, adulte – le lien entre l’eau stagnante et la transmission du paludisme se clarifie. Le vocabulaire scientifique s’ancre dans le quotidien grâce à des schémas dessinés à la craie sur le sol de la cour. Cette compréhension renforce la capacité à anticiper les risques sanitaires liés à l’eau.
I.3 Manipulation : vidange et désinfection des récipients, puis évaluation de l’impact
À l’aide de seaux récupérés et de chlore ménager, chaque récipient est vidé, rincé et désinfecté, puis replacé sur un support surélevé. L’efficacité se mesure en comptant les moustiques capturés dans des pièges à lumière avant et après l’intervention. Le contraste entre les deux relevés confirme la réduction du risque. Cette démarche concrète consolide la compétence d’intervention rapide pour éliminer les sites de reproduction du moustique.
Chapitre II. Protection du sol et lutte contre l’érosion à Kinshasa
II.1 Découverte de l’érosion sur le terrain de la scierie de Matadi
Après les pluies, le sol de la scierie se transforme en un tapis de boue qui glisse sous les roues des camions. L’observation des sillons et des pertes de terre révèle l’impact direct sur la productivité du bois et la sécurité des travailleurs. Cartographier ces zones expose les points critiques, incitant à une action collective. Cette cartographie développe la capacité à diagnostiquer les menaces environnementales locales.
II.2 Notion : les haies anti‑érosives et la rétention d’eau
Les haies composées de bambous, de cannes à sucre et de feuilles de manioc retiennent le sol en ralentissant le ruissellement. En expliquant la fonction des racines profondes et la création de micro‑bassins, le concept se relie aux pratiques agricoles traditionnelles du Kasaï. Des illustrations simples montrent comment chaque rangée agit comme un filtre naturel. Cette connaissance renforce la capacité à concevoir des solutions écologiques adaptées au climat congolais.
II.3 Manipulation : plantation d’une haie de bambou et suivi de la stabilité du sol
Des boutures de bambou sont plantées en quinconce le long du bord du terrain, puis arrosées avec de l’eau de récupération. Un suivi mensuel mesure la profondeur du sol à l’aide d’une règle graduée. La progression visible du bambou et la diminution du ruissellement attestent de l’efficacité de la technique. Cette expérience concrète valide la compétence de mise en place et d’évaluation d’une barrière naturelle contre l’érosion.
Chapitre III. Électricité domestique sécurisée et éclairage durable
III.1 Découverte des coupures de courant récurrentes au quartier de Gombe
Chaque soir, le quartier de Gombe plonge dans le noir dès la tombée du jour, obligeant les familles à allumer des bougies qui génèrent des risques d’incendie. L’observation des habitudes d’éclairage révèle une dépendance à des sources dangereuses. En répertoriant les incidents liés aux bougies, le besoin d’une alternative fiable apparaît clairement. Cette constatation développe la capacité à identifier les dangers liés à l’énergie domestique.
III.2 Notion : le circuit électrique simple d’une lampe à LED alimentée par une petite batterie solaire
Un circuit basique comprend une batterie solaire de 5 V, un interrupteur et une LED. En décrivant le chemin du courant, du panneau solaire au filament lumineux, le principe devient accessible même sans matériel sophistiqué. Des schémas dessinés à la craie, accompagnés de légendes en lingala, facilitent la mémorisation. Cette compréhension ancre la capacité à concevoir un dispositif d’éclairage autonome et sûr.
III.3 Manipulation : montage d’une lampe LED portable et test de son autonomie lors d’une soirée communautaire
Des panneaux solaires récupérés sur le toit d’une école sont connectés à une batterie et à une LED à l’aide de fils de cuivre usagés. Le dispositif est installé dans la cour du quartier pour éclairer une veillée de contes. La durée de fonctionnement est chronométrée et comparée à la consommation d’une bougie. Le succès de l’éclairage prouve la maîtrise de l’assemblage d’un circuit sûr et durable.
Chapitre IV. Compostage domestique et valorisation des déchets organiques
IV.1 Découverte des déchets organiques abondants au marché de la Liberté
Les épluchures de manioc, les pelures de bananes et les feuilles de manioc jetées en vrac créent un amas odorant près des étals. L’observation de cette accumulation montre un gaspillage de ressources précieuses. En quantifiant les tonnes de déchets produits chaque semaine, la nécessité d’une valorisation apparaît comme une solution économique et écologique. Cette analyse développe la capacité à repérer les opportunités de recyclage dans le quotidien.
IV.2 Notion : le processus de compostage aérobie et ses bénéfices pour le sol
Le compostage transforme les déchets organiques en humus riche grâce à l’action de micro‑organismes en présence d’oxygène. En expliquant les étapes de décomposition, l’équilibre C/N et l’importance du retournement, le concept se relie aux pratiques agricoles des villages du Sud‑Kivu. Des diagrammes simples illustrent la transformation du déchet en fertilisant naturel. Cette compréhension renforce la capacité à planifier un cycle de nutriments autosuffisant.
IV.3 Manipulation : création d’un composteur à partir d’un tambour de plastique et suivi de la maturation du compost
Un tambour de 200 L récupéré dans un garage est percé de petits trous pour l’aération, puis rempli d’épluchures, de feuilles mortes et d’eau en proportions équilibrées. Un tableau de suivi note la température, l’humidité et l’odeur chaque semaine. Au bout de deux mois, le compost mûr est utilisé pour enrichir le potager d’une école primaire. Cette mise en pratique confirme la compétence de production et d’utilisation d’un engrais organique.
ANNEXES
A. Lexique local de santé et d’environnement
Ce lexique rassemble les termes les plus courants en français, lingala et swahili liés à la santé (paludisme, moustique, chlore) et à l’environnement (érosion, haie, compost). Chaque entrée comprend une définition concise, un symbole illustratif et un exemple d’usage quotidien, facilitant ainsi la compréhension immédiate lors des activités de terrain.
B. Fiche de suivi des interventions d’hygiène et d’énergie
Conçue pour être remplie à la main, cette fiche comporte des colonnes pour la date, le lieu, l’action réalisée (vidange, plantation, montage), les matériaux employés et les observations d’impact. Elle permet de consigner les résultats de façon structurée, d’identifier les réussites et les points à améliorer, et de partager les bonnes pratiques entre les différents quartiers.
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