Couverture du manuel Recueil d’Items Civisme et Morale - 6ème Année des Humanités

Recueil d'Items : Civisme et Morale

Niveau : 6ème Année des Humanités (EXETAT) — Enseignement Général/Commun

Curriculum Officiel – Approche par Compétences (APC) – MINEPST RDC.

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PARTIE 1 : Vivre ensemble, bâtir la nation

Dans les rues de Kinshasa, les sourires se croisent, les disputes surgissent, les gestes de solidarité naissent. Cette partie explore comment le civisme et la morale façonnent chaque échange, du vendeur de manioc au chef de quartier. En s’appuyant sur des situations réelles – files d’attente, travaux communautaires, gestion des déchets – les concepts se transforment en outils concrets. Le lecteur découvre, expérimente, puis intègre des comportements qui renforcent le tissu social et préparent la citoyenneté active exigée par la Constitution. Au final, la capacité à agir de façon responsable dans la communauté devient une seconde nature.

PRÉLIMINAIRES

I. Cadre de civisme et morale en RDC

Le contexte congolais, riche de ses cultures et de ses défis, impose des repères clairs pour le vivre‑ensemble. Les valeurs de respect, d’entraide et de responsabilité sont rappelées à travers des extraits de la Charte des droits et devoirs du citoyen. Les règles de sécurité lors des activités de groupe, notamment l’évitement des conflits physiques, sont soulignées. Cette mise en place garantit que chaque activité pratique s’insère dans un environnement sûr et conforme aux exigences légales, tout en respectant les réalités matérielles des classes surchargées.

Chapitre I. Le civisme au quotidien : du marché à la maison

Le tumulte du marché Zando révèle chaque jour la nécessité d’un ordre partagé. En observant les comportements spontanés, la notion de civisme se cristallise autour de la gestion de la file, du respect des vendeurs et de la courtoisie envers les passants. Des exercices de mise en scène permettent de transformer une simple attente en une leçon de patience et d’équité, renforçant ainsi la cohésion sociale dès le premier pas hors de la porte de la maison.

I.1 Conflit de file d’attente au marché Zando

Une file qui s’allonge devant les étals de manioc devient le théâtre d’un désaccord : deux personnes réclament la même place. En observant les gestes, les paroles et les regards, le problème local se précise. L’analyse montre comment l’absence de règles explicites engendre tension et perte de temps. Cette scène sert de point de départ pour introduire la notion de civisme comme cadre de résolution pacifique, tout en rappelant l’importance du respect mutuel dans les espaces publics.

I.2 Notion de respect de l’ordre et de partage

Le concept de respect de l’ordre s’appuie sur la règle de « premier arrivé, premier servi », complétée par le partage équitable des ressources limitées. Des exemples tirés du quotidien – distribution de l’eau au puits communal, partage du pain au petit déjeuner – illustrent la portée de la notion. La compréhension se consolide grâce à une courte mise en situation où chaque acteur joue son rôle, démontrant que le respect de l’ordre crée un environnement où chacun peut satisfaire ses besoins sans conflit.

I.3 Simulation d’une file équitable et débrief

Une petite zone de la cour de l’école se transforme en file d’attente fictive, les participants prenant tour à tour la place de client, de vendeur et de régulateur. Le déroulement montre comment l’application de la règle établie désamorce les tensions et accélère le service. Le débrief souligne la compétence acquise : la capacité à instaurer et maintenir un ordre partagé, indispensable pour toute interaction communautaire, du marché au conseil de quartier.

Chapitre II. Solidarité et entraide dans le quartier

Dans le quartier de Matongé, les habitants s’entraident pour réparer les toits, nettoyer les ruelles ou organiser les fêtes de quartier. Cette dynamique collective se nourrit de valeurs morales qui transcendent les intérêts individuels. En s’appuyant sur des projets concrets, la notion de solidarité se rend palpable, et les apprenants découvrent comment chaque geste, même modeste, participe à la résilience du tissu social.

II.1 Problème de collecte des déchets dans la rue principale

Des sacs débordants jonchent la chaussée près du garage à Matongé, créant insalubrité et risques d’inondation. L’observation du problème met en évidence l’absence de coordination entre les ménages. Cette situation sert de déclencheur pour réfléchir aux mécanismes d’entraide qui pourraient transformer le désordre en un espace propre et sécuritaire, tout en réduisant les maladies liées à la mauvaise hygiène.

II.2 Notion d’entraide et de responsabilité partagée

L’idée d’entraide se décline en responsabilité collective : chaque foyer contribue à la propreté du voisinage en déposant ses déchets dans les bacs prévus. Des récits de réussites locales – la création d’une équipe de nettoyage volontaire à la scierie de Matadi – illustrent le pouvoir de l’action commune. La notion se consolide grâce à un tableau affiché où chaque contribution est notée, renforçant le sentiment d’appartenance.

II.3 Action collective de nettoyage et bilan d’impact

Une matinée de nettoyage mobilise les habitants, les outils se limitent à des balais, des pelles et des sacs plastiques récupérés. Le déroulement montre comment la coordination spontanée réduit le volume des déchets de 70 % en deux heures. Le bilan souligne la compétence gagnée : la capacité à organiser une action collective efficace avec des moyens limités, compétence directement réutilisable lors de futures interventions communautaires.

Chapitre III. Responsabilité citoyenne et environnement

Le climat de la région du Kivu impose une vigilance constante face à l’érosion et aux inondations. La responsabilité citoyenne se manifeste lorsqu’un groupe décide de planter des haies anti‑érosives le long du sentier menant à la scierie. Cette initiative lie la morale à la protection du milieu, montrant que chaque geste individuel participe à la sauvegarde du patrimoine naturel pour les générations futures.

III.1 Dégradation du sol près du puits communautaire de Kinshasa

Des fissures apparaissent autour du puits, le sol s’effrite sous le poids des passages répétés. L’observation révèle la perte de fertilité et le risque d’effondrement. Ce constat sert de point d’ancrage pour introduire la responsabilité environnementale comme devoir moral, incitant à des actions préventives avant que le problème ne s’aggrave.

III.2 Notion d’haies anti‑érosives et de préservation du sol

Les haies, composées de bambous et de cacaoyers, offrent une barrière naturelle qui retient la terre et absorbe l’eau de pluie. Des exemples locaux – haies plantées autour du lycée de Lubumbashi – illustrent l’efficacité de la technique. La notion s’enrichit d’une explication simple du rôle des racines dans la stabilisation du sol, transformant la théorie en savoir directement applicable.

III.3 Plantation d’une haie pilote et évaluation des résultats

Un groupe de volontaires utilise des boutures récupérées dans le jardin du voisin pour créer une haie de cinq mètres le long du sentier. Le suivi sur trois mois montre une réduction visible de l’érosion et une amélioration du drainage. Le résultat confirme la compétence acquise : la capacité à concevoir, mettre en œuvre et évaluer une action environnementale concrète, indispensable à la citoyenneté responsable.

Chapitre IV. Communication non violente et résolution de conflits

Au cœur du quartier de Gombe, les disputes surgissent souvent autour des places de parking. La communication non violente apparaît comme un levier pour désamorcer les tensions et restaurer le dialogue. En s’appuyant sur des dialogues simulés, les participants apprennent à exprimer leurs besoins sans accusation, à écouter activement et à co‑créer des solutions acceptables pour tous.

IV.1 Conflit de stationnement devant le lycée de Mbandaka

Deux conducteurs revendiquent la même place devant l’entrée principale, les voix s’élèvent, la situation dégénère. L’observation du désaccord met en relief l’absence de règles partagées et le manque d’écoute. Ce problème local devient le fil conducteur pour explorer des stratégies de communication apaisées, essentielles à la coexistence pacifique.

IV.2 Notion d’expression claire et d’écoute active

L’expression claire consiste à formuler ses besoins en utilisant le « je » plutôt que le « tu ». L’écoute active implique de reformuler le propos de l’interlocuteur pour vérifier la compréhension. Des extraits de contes congolais où les héros résolvent leurs différends par le dialogue illustrent la pertinence culturelle de ces techniques, facilitant leur appropriation.

IV.4 Mise en pratique d’un dialogue structuré et résultats observés

Un rôle‑play se déroule dans la cour, chaque participant incarne un conducteur, le médiateur utilise les principes de communication non violente. Le dialogue aboutit à un accord de partage alterné de la place, chaque partie exprimant son besoin et acceptant la solution. Le constat final montre la compétence développée : la maîtrise d’une méthode de résolution pacifique applicable à tout conflit quotidien, du voisinage aux réunions communautaires.

ANNEXES

A. Lexique du civisme et de la morale congolaise

Ce lexique rassemble les termes clés – respect, solidarité, responsabilité, écoute active – avec leurs définitions en français et en lingala. Chaque entrée comprend un exemple concret tiré de la vie quotidienne, comme « partage du repas » ou « tour de parole », permettant une consultation rapide lors des activités de classe ou des projets communautaires. Son utilisation facilite la compréhension précise des concepts abordés, renforçant la cohérence du discours civique.

B. Fiche de suivi de projet communautaire

La fiche propose un tableau à trois colonnes : objectif, actions réalisées, indicateurs de résultat. Conçue pour être imprimée sur une feuille A4, elle peut être remplie à la main avec un crayon à papier. Elle sert de support de documentation lors des initiatives de nettoyage, de plantation ou de médiation, offrant une trace visible de l’avancement et permettant d’évaluer l’impact réel sur le quartier.

De la Théorie à la Pratique : Défis en RDC
► Comment compenser le manque de matériel pédagogique dans les provinces éloignées comme le Sud‑Kivu ?
Dans le Sud‑Kivu, l’insuffisance de manuels et de supports visuels rend difficile la mise en œuvre du programme de civisme et morale. Les enseignants doivent souvent improviser avec du papier recyclé ou des affiches faites à la main, ce qui limite la richesse des activités APC (Activités Pédagogiques et de Classe). Sans ressources adéquates, les élèves peinent à visualiser les concepts de citoyenneté, de droits et de devoirs. De plus, l’accès limité à l’électricité empêche l’utilisation de vidéos éducatives. Pour pallier ce manque, il est recommandé de créer des kits de matériel low‑cost, de partager des ressources numériques via des téléphones portables et d’organiser des ateliers de co‑création entre enseignants des zones rurales.
► Comment adapter les contenus de morale aux valeurs locales du Katanga sans compromettre les principes nationaux ?
En Katanga, les valeurs traditionnelles liées à la communauté et à l’autorité parentale diffèrent parfois des principes universels enseignés dans le cours de morale. Les enseignants rencontrent des résistances lorsqu’ils abordent des thèmes comme l’égalité des sexes ou la laïcité, perçus comme étrangers aux coutumes locales. L’APC, qui privilégie les travaux de groupe et les études de cas, doit être adaptée pour intégrer des exemples tirés des pratiques katangaises, comme les cérémonies de partage ou les conseils de village. En contextualisant les notions de droits humains avec des références culturelles, on favorise l’appropriation par les élèves et on réduit les tensions entre le programme national et les réalités du terrain.
► Quelles stratégies de formation continue peuvent aider les enseignants de Kinshasa à maîtriser la méthodologie APC ?
À Kinshasa, la formation continue des enseignants sur la méthodologie APC reste insuffisante, surtout pour les nouveaux professeurs de civisme. Le manque de formateurs qualifiés et la surcharge des emplois du temps limitent les ateliers pratiques où les enseignants peuvent expérimenter des jeux de rôle, des débats et des projets communautaires. Sans ces expériences, ils peinent à transformer le contenu théorique en activités interactives, ce qui diminue l’engagement des élèves. Il est donc crucial d’instaurer des sessions de mentorat entre enseignants expérimentés et novices, d’utiliser les plateformes en ligne du ministère pour diffuser des modules APC, et de prévoir des temps de suivi pédagogique dans chaque établissement.
► Comment améliorer l’évaluation des projets de civisme dans la province de l’Équateur en tenant compte des spécificités rurales ?
Dans la province de l’Équateur, l’évaluation des projets de civisme est souvent entravée par l’absence de critères adaptés aux réalités rurales et par la difficulté d’accès aux écoles éloignées. Les enseignants utilisent rarement les grilles d’évaluation APC, qui intègrent des indicateurs de participation communautaire, de respect des valeurs locales et de mise en œuvre d’actions concrètes. Cette lacune conduit à des notes qui ne reflètent pas l’impact réel des activités sur les élèves. Il est recommandé de co‑construire avec les chefs de village des rubriques d’évaluation, d’utiliser des fiches de suivi mobiles et de former les enseignants à la collecte de données qualitatives afin d’assurer une mesure plus pertinente.

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