Recueil d'Items : Construction – Équipements et Environnement
Niveau : 6ème Année des Humanités (EXETAT) — Enseignement Général/Commun
Curriculum Officiel – Approche par Compétences (APC) – MINEPST RDC.
PRÉLIMINAIRES
I. Pourquoi bâtir en conscience ?
Dans la cour du lycée de Matete, le bruit du marteau se mêle aux discussions du marché de la Liberté. Cette introduction montre que chaque mur, chaque tuyau, chaque lampe naît d’un besoin réel : abriter les familles, pomper l’eau, éclairer les soirées sans coupure. En reliant le quotidien à la construction, la réflexion s’ancre immédiatement dans la réalité congolaise, préparant le terrain pour des compétences qui serviront tant à la maison qu’à la communauté.
PARTIE 1 : BÂTIR EN SYMÉTRIE AVEC LA VIE
Chapitre I. Fondations sûres : règles de sécurité et outillage de base
I.1 Le danger qui guette le chantier de Matonge
Un matin, un ouvrier glisse sur une dalle mouillée près du garage de Matonge, rappel brutal que la sécurité n’est pas accessoire. Cette scène expose les risques les plus fréquents : chute, coupure, électrocution. En observant les traces de la glissance, l’importance du port de chaussures antidérapantes et du repérage des câbles apparait clairement. La prise de conscience du danger devient le point de départ indispensable pour tout travail de construction.
I.2 Les outils indispensables dans une boîte à outils congolaise
Le mètre ruban, la pelle à pointe, la scie à main usée mais fiable, le casque de chantier peint aux couleurs du drapeau : chaque instrument trouve sa place dans le sac à dos du bâtisseur. En les décrivant, on découvre leurs fonctions précises, leurs limites et la manière de les entretenir avec du savon de cuisine et de l’huile de moteur. Cette connaissance transforme le simple ensemble d’objets en une armure contre les accidents, forgeant ainsi la capacité à choisir et à préserver le matériel adéquat.
I.3 Mise en pratique : création d’un périmètre sécurisé autour d’une fosse d’eau à Kinshasa
Des cordes de chanvre, des panneaux de signalisation improvisés à partir de cartons recyclés, et un petit poste de garde permettent de délimiter la zone de travail. En disposant les repères, on observe immédiatement la réduction des intrusions et la fluidité du déplacement des ouvriers. Le résultat montre que la prévention se construit avant même le premier coup de pioche, consolidant la compétence à instaurer un environnement de travail protégé et organisé.
Chapitre II. Matériaux locaux : terre, bambou et recyclage
II.1 Le sol qui glisse à la périphérie de Kinshasa : problème d’érosion
Après les fortes pluies, le terrain du quartier de Kimbanseke se transforme en bourbier, rendant impossible le transport du ciment. Cette situation met en lumière la fragilité des sols non stabilisés et l’urgence d’une solution adaptée aux ressources locales. L’observation du phénomène alimente la recherche d’alternatives plus résilientes, ancrées dans le contexte géographique.
II.2 La brique de terre compressée (BTC) et le bambou comme alternatives durables
En mélangeant argile, sable et un peu de paille de manioc, puis en pressant le tout dans un moule en bois, la BTC prend forme. Le bambou, récolté dans les forêts de la province du Kasaï, sert de poteau et de linteau. Cette combinaison exploite des matériaux abondants, réduit les coûts et diminue l’empreinte carbone du chantier. La maîtrise de ces techniques offre la capacité à ériger des structures solides sans dépendre du béton importé.
II.3 Atelier de construction d’un mur de BTC dans la cour du lycée de Matete
En suivant le processus de préparation du mélange, de compactage et de séchage, le mur s’élève progressivement, témoignant de la résistance des blocs. Le suivi de la cure, l’observation des fissures éventuelles et le renforcement avec des tiges de bambou confirment la viabilité du procédé. Cette expérience concrète valide la compétence à concevoir et réaliser des ouvrages écologiques adaptés aux besoins locaux.
Chapitre III. Installation d’équipements essentiels : eau, énergie et ventilation
III.1 La pénurie d’électricité dans le quartier de Matadi : un problème quotidien
Lorsque le générateur du centre communautaire tombe en panne, les lampes à huile s’allument, rappelant la dépendance aux sources d’énergie intermittentes. Cette situation expose le besoin urgent d’une solution autonome et fiable pour éclairer les foyers et les ateliers.
III.2 Le système solaire domestique à faible coût et le puits filtré à gravité
Un petit panneau photovoltaïque récupéré dans un magasin de Matadi, relié à une batterie de seconde main, alimente une ampoule LED. En parallèle, un puits creusé à la main, équipé d’un filtre à sable et à charbon, fournit de l’eau claire. Ces installations utilisent des composants disponibles localement et illustrent le principe de l’autonomie énergétique et hydraulique.
III.3 Montage d’une lampe LED solaire et d’un filtre à eau dans la cuisine d’une famille de la commune de Gombe
En assemblant le panneau, le contrôleur et la batterie, la lampe s’allume dès le crépuscule, remplaçant la lampe à kérosène. Le filtre à eau, monté sur un seau en métal, transforme l’eau du puits en boisson sûre. Cette mise en œuvre montre comment la technologie simple améliore la qualité de vie, consolidant la compétence à installer et entretenir des équipements vitaux.
Chapitre IV. Gestion environnementale du chantier : déchets, erosion et reboisement
IV.1 Les déchets de construction qui envahissent la route de la Liberté : un danger pour la communauté
Des gravats, des sacs de ciment vides et des tôles rouillées jonchent le trottoir, entravant la circulation et favorisant les inondations. Cette accumulation met en évidence l’impact néfaste d’une mauvaise gestion des résidus sur la santé publique et le climat urbain.
IV.2 Tri sélectif, recyclage des métaux et plantation d’arbres à feuilles caduques
Les métaux récupérés sont fondus dans un petit four à charbon de bois, les gravats sont compactés pour créer des allées de stabilisation, tandis que des jeunes arbres de moringa sont plantés le long des berges pour retenir le sol. Cette approche combine réduction des déchets, valorisation des matériaux et reboisement, répondant aux exigences écologiques du pays.
IV.3 Mise en place d’un point de collecte et d’une pépinière communautaire à la sortie du lycée de Matete
Des bacs de tri, fabriqués à partir de palettes recyclées, accueillent séparément les déchets organiques, les métaux et les inertiels. Une zone de semis, protégée par un treillis de bambou, voit pousser les plants de moringa qui, une fois matures, fourniront du bois et des feuilles nutritives. Cette organisation concrète montre comment chaque chantier peut devenir un acteur de préservation environnementale, assurant la compétence à gérer durablement les impacts du bâtiment.
ANNEXES
A. Lexique local des matériaux et outils
Ce lexique recense les termes congolais couramment employés sur les chantiers : « brique de terre », « tôle ondulée », « ciment à prise rapide », ainsi que les outils comme « marteau-piqueur » ou « couteau à tôle ». Chaque entrée comporte une définition précise, un dessin schématique et un exemple d’utilisation dans le quotidien d’un ouvrier, facilitant la compréhension instantanée lors des activités pratiques.
B. Fiche de sécurité « Premiers secours sur le chantier »
La fiche décrit les gestes vitaux à adopter en cas de coupure, brûlure ou chute : désinfection avec du vinaigre blanc, compression d’une plaie avec du tissu propre, appel d’un secours via le numéro communautaire. Un tableau récapitulatif indique les équipements de protection indispensables (gants, casque, bottes) et les emplacements des trousses de secours dans chaque zone de travail, garantissant une réaction rapide et efficace.
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