Chantier de construction d'un bâtiment moderne en milieu urbain en RDC.

Gouvernance : cadre institutionnel et processus

Apprentissage des techniques de construction urbaine structurées

Édition 2026 – Réforme LMD – Enseignement supérieur et universitaire en RDC.

  • Code Officiel : GOU1122
  • Domaine : Sciences et Technologie
  • Filière : URBANISME
  • Mention : URBANISME
  • Année d’étude : Licence 1
  • Semestre : Semestre 2
Consulter les Modalités, Compétences et Débouchés

Cette Unité d’Enseignement, valorisée à hauteur de 3 crédits ECTS, est intégralement dédiée à la maîtrise des fondamentaux du BTP. Son architecture pédagogique est volontairement concentrée autour d’un unique et dense Élément Constitutif : les Techniques de construction. Cette approche immersive garantit que chaque heure de formation est optimisée pour l’acquisition de savoir-faire techniques concrets, constituant un socle de compétences robuste et directement exploitable dans le secteur de la construction.

L’objectif principal de cette UE est de transformer les connaissances théoriques en compétences opérationnelles. Vous apprendrez non seulement à identifier et appliquer les techniques de base de la construction, mais surtout à développer un jugement professionnel pour évaluer la conformité des matériaux et des structures, un prérequis indispensable à la sécurité et la durabilité des ouvrages. In fine, vous serez préparé à superviser l’exécution technique d’un chantier urbain, en assurant le respect des plans, des délais et des normes de qualité avec rigueur et autonomie.

Cette formation spécialisée ouvre la porte à des métiers d’une importance capitale pour le développement des infrastructures en République Démocratique du Congo. Les diplômés seront des candidats de choix pour des postes de Conducteur de travaux urbains, véritables chefs d’orchestre du chantier, de Technicien de chantier, garant de la mise en œuvre technique, ou d’Inspecteur en bâtiment, œil vigilant de la conformité et de la sécurité. Dans un contexte national de forte expansion urbaine, ces profils techniques sont des acteurs cruciaux et très recherchés sur le marché de l’emploi, participant directement à la construction de l’avenir du pays.

SOMMAIRE NAVIGABLE

PRÉLIMINAIRES

I. Philosophie de l’Unité d’Enseignement

Cette Unité d’Enseignement ancre la théorie de la construction dans la réalité matérielle et économique de la République Démocratique du Congo. L’approche est résolument pragmatique : chaque concept théorique est immédiatement confronté à une application concrète sur un chantier urbain congolais, de la gestion des matériaux locaux à l’adaptation aux contraintes climatiques spécifiques. L’objectif est de former des techniciens et des ingénieurs non pas seulement savants, mais immédiatement opérationnels et capables de garantir la sécurité, la durabilité et la rentabilité des infrastructures qu’ils supervisent.

II. Compétences Visées et Débouchés en RDC

Au-delà des savoirs académiques, ce cours forge un portefeuille de compétences techniques directement monnayables sur le marché du BTP en RDC. L’étudiant apprendra à réaliser des essais de matériaux in situ, à lire et corriger un plan d’exécution structurel, et à superviser une équipe de maçons ou de ferrailleurs en respectant les normes. Ces aptitudes préparent spécifiquement aux métiers de conducteur de travaux, de contrôleur technique pour un bureau d’études, ou de technicien de laboratoire matériaux, répondant au besoin criant de cadres intermédiaires qualifiés dans les métropoles congolaises.

III. Méthodologie d’Évaluation et de Validation des Crédits

La validation des 3 crédits ECTS repose sur un triptyque d’évaluation qui mesure la compétence pratique autant que la maîtrise théorique. L’évaluation se compose d’un examen écrit sur table (40%), d’un rapport technique de visite de chantier obligatoire (30%), et d’une épreuve pratique en laboratoire de génie civil (30%) portant sur l’identification et la qualification des matériaux de construction. La réussite atteste de la capacité de l’étudiant à transposer le savoir technique en une action efficace et normée sur le terrain, condition sine qua non de sa future employabilité.

PARTIE 1 : FONDAMENTAUX DES MATÉRIAUX ET DES STRUCTURES

Chapitre I. Propriétés et Classification des Matériaux de Construction

L’importation de normes de matériaux sans adaptation au contexte hygrométrique et géologique congolais est une cause majeure de sinistralité. Ce chapitre déconstruit cette pratique en imposant une approche empirique, centrée sur la caractérisation physique et mécanique des ressources locales. Il s’agit d’analyser en laboratoire les agrégats (latérite, moellons), les liants et les aciers disponibles sur les marchés de Kinshasa ou Lubumbashi. L’objectif est de quantifier leur performance réelle face aux contraintes climatiques. L’étudiant forgera une compétence décisive : auditer la qualité d’un matériau et valider sa conformité.

I.1 Les liants hydrauliques et agrégats locaux

Une connaissance approfondie des ciments Portland et de leurs adjuvants est le socle de toute construction durable. Cette section dissèque les classes de résistance des ciments distribués en RDC et leur adéquation avec les sables et graviers locaux. L’apprenant maîtrisera les techniques de formulation d’un béton ou d’un mortier en fonction de l’usage final, garantissant une ouvrabilité et une résistance optimales.

I.2 Les aciers de construction et bois d’œuvre

Face à la variabilité de la qualité des aciers d’importation, la maîtrise des essais de traction et de l’identification des nuances est une compétence non négociable. Ce module couvre l’analyse des aciers à béton (lisses, crénelés) et des profilés métalliques, ainsi que la classification des essences de bois locales (limba, wenge) selon leur durabilité et leur résistance mécanique. L’étudiant saura réceptionner et valider une livraison d’acier ou de bois sur chantier.

I.3 Matériaux de maçonnerie et de couverture

Sous l’angle de l’économie de la construction, le choix des blocs et des éléments de toiture est stratégique. Le cours compare techniquement et financièrement les briques de terre cuite, les parpaings de ciment et les blocs de terre compressée (BTC) produits localement. Il analyse également la performance des tôles et des tuiles face aux pluies intenses, formant l’étudiant à sélectionner la solution la plus résiliente et économique pour un projet donné.

I.4 Pathologies des matériaux et durabilité

La dégradation prématurée des ouvrages est souvent liée à une mauvaise compréhension des interactions entre matériaux et environnement. Ce sous-chapitre étudie les mécanismes de corrosion des armatures, de l’efflorescence des maçonneries et de l’attaque du bois par les termites, phénomènes omniprésents en RDC. L’étudiant apprendra à diagnostiquer ces pathologies et à prescrire les mesures préventives ou curatives adéquates dès la phase de conception.

Chapitre II. Principes de Géotechnique et Fondations Superficielles

Le décret n°15/016 du 21 avril 2015, portant règlementation du secteur de la construction en RDC, impose une étude géotechnique pour certaines catégories d’ouvrages, marquant une rupture avec les pratiques empiriques. Ce chapitre outille l’étudiant pour comprendre et exploiter les résultats d’une telle étude. En analysant la mécanique des sols, de l’argile gonflante du Bas-Congo aux terrains volcaniques du Kivu, il s’agit de traduire un rapport de sol en décisions techniques concrètes. L’étudiant forgera la compétence de dimensionner une fondation superficielle (semelle, radier) sécurisée et économique.

II.1 Identification et classification des sols

Une analyse rigoureuse des sols est le préalable à toute construction pérenne. Ce segment enseigne les méthodes de prélèvement d’échantillons et les essais d’identification en laboratoire (granulométrie, limites d’Atterberg) selon les standards internationaux. L’étudiant apprendra à utiliser le diagramme de plasticité de Casagrande pour classifier un sol et anticiper son comportement mécanique (tassement, gonflement).

II.2 Contraintes dans les sols et capacité portante

La maîtrise du concept de contrainte effective, développé par Karl von Terzaghi, est fondamentale pour évaluer la stabilité d’un terrain. Le cours détaille le calcul des contraintes totales, effectives et de la pression interstitielle dans une masse de sol sous l’effet des charges d’un bâtiment. L’apprenant saura appliquer les formules de capacité portante (Terzaghi, Meyerhof) pour déterminer la charge maximale qu’un sol peut supporter sans rupture.

II.3 Dimensionnement des semelles isolées et filantes

Face aux défis de l’autoconstruction à Kinshasa, le bon dimensionnement des semelles est un enjeu de sécurité publique. Cette section fournit une méthodologie de calcul stricte pour les semelles en béton armé sous poteaux ou murs porteurs. En partant de la capacité portante du sol et des charges de la structure, l’étudiant déterminera les dimensions de la semelle et le ferraillage nécessaire pour éviter le poinçonnement et garantir une répartition uniforme des charges.

II.4 Technologie des radiers et des fondations spéciales

Pour les sols de faible portance ou les charges de bâtiment élevées, le radier général constitue la solution technique de référence. Ce module explique les principes de conception d’un radier (dalle épaisse, nervuré) et introduit les alternatives comme les plots de fondation ou les techniques d’amélioration de sol (compactage, substitution). L’étudiant sera capable de justifier techniquement et économiquement le choix d’un type de fondation adapté à un contexte géotechnique complexe.

Chapitre III. Systèmes Structurels Fondamentaux : Béton Armé et Maçonnerie

La controverse entre les partisans d’une conception purement élastique et ceux d’une approche plastique du béton armé a été tranchée par l’adoption des calculs à l’état limite ultime (ELU). Ce chapitre adopte cette vision moderne et pragmatique pour le dimensionnement des structures. Il se concentre sur la descente de charges, le calcul des sollicitations (moment fléchissant, effort tranchant) et le ferraillage des éléments de base d’un bâtiment. L’étudiant forgera une compétence essentielle : concevoir et vérifier l’ossature en béton armé d’un bâtiment simple.

III.1 Le principe du béton armé et les états limites

Une compréhension intime de l’association acier-béton est la clé de voûte du génie civil moderne. Ce sous-chapitre explique comment le béton reprend la compression et l’acier la traction, et formalise ce comportement à travers les diagrammes contrainte-déformation. L’étudiant apprendra à distinguer l’État Limite Ultime (ELU), qui garantit la non-rupture, de l’État Limite de Service (ELS), qui assure le confort et la durabilité de l’ouvrage.

III.2 Flexion simple des poutres et dalles

Sous l’angle de la sécurité structurelle, le dimensionnement en flexion est l’opération la plus courante et la plus critique. Le cours détaille la méthode de calcul à l’ELU pour déterminer la section d’armatures longitudinales nécessaire dans une poutre ou une dalle soumise à un moment fléchissant. L’apprenant saura utiliser les diagrammes et les formules réglementaires pour produire un plan de ferraillage correct et optimisé pour les portées usuelles dans le bâtiment.

III.3 Effort tranchant et compression simple des poteaux

La rupture par effort tranchant étant fragile et donc proscrite, sa maîtrise est impérative. Cette section se focalise sur le calcul des armatures transversales (cadres, étriers) qui permettent de coudre les fissures et d’assurer un comportement ductile de la poutre. Elle aborde ensuite le dimensionnement des poteaux en compression centrée, en calculant le ferraillage longitudinal et transversal pour éviter le flambement et l’écrasement du béton.

III.4 Conception et technologie des murs en maçonnerie portante

La maçonnerie de blocs porteurs représente une alternative économique au tout-béton pour les bâtiments de faible hauteur, très répandus en RDC. Ce module expose les règles de conception et d’appareillage des murs en parpaings ou en briques pour garantir leur stabilité. L’étudiant apprendra à dimensionner les chaînages horizontaux et verticaux qui ceinturent la maçonnerie, assurant ainsi le comportement monolithique et la résistance de la structure aux sollicitations.

PARTIE 2 : De la Matière au Bâti : Systèmes Constructifs Essentiels

Chapitre IV. Matériaux de Construction Stratégiques en Milieu Urbain Congolais

Sous l’intense pluviométrie et l’humidité de la cuvette congolaise, les fiches techniques standards des matériaux de construction perdent leur pertinence. L’importation massive de ciments et aciers non adaptés génère des pathologies structurelles prématurées, un constat alarmant sur les chantiers de Lubumbashi à Matadi. Ce chapitre impose une approche pragmatique, centrée sur la caractérisation in situ et la sélection rigoureuse des matériaux disponibles localement. L’étudiant apprendra à qualifier un lot de ciment, à tester la résistance d’un acier d’armature et à sélectionner des agrégats, garantissant la durabilité de l’ouvrage.

IV.1 Le béton armé : formulation et mise en œuvre tropicale

Épine dorsale de la construction moderne en RDC, le béton armé exige une maîtrise parfaite de sa formulation pour résister à l’agressivité du climat. Une analyse fine des ratios ciment/eau, de la granulométrie des agrégats du fleuve Congo et de l’usage d’adjuvants spécifiques est ici développée pour optimiser sa durabilité. L’objectif est de former des techniciens capables de superviser un bétonnage conforme aux règles de l’art, du contrôle de la plasticité du mélange à la gestion de la cure pour éviter la fissuration.

IV.2 La brique de terre : stabilisation et production locale

Une connaissance approfondie des techniques de stabilisation des terres argileuses locales ouvre la voie à une construction économique et écologique. Ce sous-chapitre détaille les procédés de fabrication des briques de terre compressée (BTC) et des briques cuites, en se focalisant sur le contrôle qualité à chaque étape, du test de la matière première au processus de cuisson ou de séchage. L’apprenant saura évaluer la pertinence de cette filière pour un projet urbain et encadrer une unité de production semi-artisanale respectant des standards de résistance minimaux.

IV.3 L’acier de construction : identification et protection

Face à la prolifération sur le marché congolais d’aciers d’importation de qualité douteuse, leur identification formelle devient un enjeu de sécurité publique. Cette section fournit les outils pour reconnaître les aciers à haute adhérence (type FE E 500) par marquage et tests simples, et pour les distinguer des aciers lisses non conformes. Une attention particulière est portée aux techniques de protection contre la corrosion, depuis le stockage sur chantier jusqu’à l’enrobage béton, formant l’étudiant à garantir l’intégrité structurelle à long terme.

IV.4 Le bois d’œuvre : sélection et traitement

Sous l’angle de la gestion durable des ressources forestières du bassin du Congo, le choix du bois d’œuvre pour la construction est un acte technique et responsable. Ce module présente les caractéristiques mécaniques et la durabilité naturelle des essences locales comme l’iroko, le wenge ou le limba. Il détaille les méthodes de séchage et les traitements préventifs (insecticides, fongicides) indispensables pour leur utilisation en charpente ou en menuiserie, armant le futur professionnel d’une expertise pour valoriser ce matériau noble et abondant.

Chapitre V. Fondations et Structures Portantes Adaptées

L’adoption du Règlement Général de la Construction en 2015 a marqué une volonté de standardiser les pratiques en RDC. Pourtant, son application sur les sols hétérogènes de Kinshasa ou du Kivu reste un défi technique majeur qui expose les constructions à des risques élevés de tassements différentiels. Ce chapitre confronte la norme à la réalité géotechnique du terrain congolais. L’étudiant y forgera une compétence cruciale : dimensionner des fondations superficielles et choisir un système porteur (poteaux-poutres, maçonnerie) en justifiant chaque décision par une descente de charges rigoureuse.

V.1 Études de sol et diagnostic géotechnique préalable

Ignorer la nature du sol est la première cause de sinistre dans la construction urbaine à Goma comme à Mbuji-Mayi. Cette section démystifie l’étude de sol en présentant des méthodes de diagnostic rapide, comme le test au pénétromètre dynamique, accessibles sur un chantier de taille moyenne. Elle enseigne la lecture critique d’un rapport géotechnique afin d’en extraire les données essentielles : taux de travail du sol, profondeur du bon sol et présence de nappe phréatique. L’étudiant apprendra à exiger et interpréter cette étape non négociable.

V.2 Conception des fondations superficielles

Le principe de la semelle, qu’elle soit isolée sous un poteau ou filante sous un mur, consiste à répartir les charges du bâtiment sur une surface de sol suffisante. Ce sous-chapitre se concentre sur le dimensionnement pratique de ces fondations en fonction de la portance du sol et des charges appliquées, un calcul fondamental pour tout projet de construction de faible hauteur. L’apprenant saura dessiner le plan de ferraillage d’une semelle et superviser sa réalisation, assurant ainsi la stabilité de l’ensemble de la structure bâtie.

V.3 Le système poteaux-poutres en béton armé

La flexibilité spatiale et la robustesse offertes par la structure poteaux-poutres en font le système constructif dominant pour les bâtiments à étages en RDC. L’analyse se porte ici sur les points critiques de sa mise en œuvre : la conception et la réalisation des coffrages, la disposition réglementaire des aciers dans les nœuds poutre-poteau, et le phasage du bétonnage pour garantir la monoliticité. Le technicien formé sera capable de contrôler la conformité d’une ossature en béton armé avant, pendant et après le coulage.

V.4 La maçonnerie porteuse et ses limites

Sous l’angle de l’économie de moyens, la maçonnerie en blocs de ciment ou en briques peut constituer une solution structurelle viable pour des constructions simples. Ce module en définit les règles et les limites d’emploi strictes, notamment la hauteur maximale et la portée des ouvertures. Il met en exergue le rôle capital des chaînages horizontaux et verticaux en béton armé, qui ceinturent la maçonnerie pour lui conférer la rigidité et la cohésion indispensables, particulièrement dans les zones à sismicité modérée comme l’Est du pays.

Chapitre VI. Enveloppe, Second Œuvre et Finitions Tropicales

La “ventilation traversante”, concept clé de l’architecture bioclimatique tropicale, constitue le fil conducteur de ce module. Il s’agit de dépasser la simple étanchéité pour concevoir une enveloppe qui respire et protège du rayonnement solaire direct, un enjeu de confort et de santé publique à Kinshasa. Le cours analyse les techniques de toiture, de façade et de finitions qui garantissent le confort hygrothermique sans recourir systématiquement à la climatisation. L’apprenant sera capable de concevoir et superviser la pose d’une toiture ventilée et de détailler une menuiserie favorisant l’aération.

VI.1 Toitures : étanchéité et gestion des eaux pluviales

Face aux pluies diluviennes caractéristiques du climat équatorial, la conception de la toiture est une science de la pente et de l’évacuation. Ce segment compare les solutions techniques courantes en RDC, de la toiture en tôles métalliques à la dalle pleine en béton, en analysant leurs performances en matière d’étanchéité, d’isolation thermique et de collecte des eaux. L’étudiant maîtrisera le calcul des pentes minimales, le dimensionnement des chéneaux et des descentes, et les détails critiques de l’imperméabilisation des toitures-terrasses.

VI.2 Façades : enduits, revêtements et protection solaire

L’enduit extérieur est la peau protectrice du bâtiment ; sa composition et son application déterminent sa capacité à résister aux intempéries et à la fissuration. Cette section se penche sur la formulation des mortiers de ciment ou de chaux et sur les techniques d’application pour une durabilité maximale. Elle intègre également la conception d’éléments de protection solaire passifs, tels que les brise-soleil et les auvents, formant l’étudiant à créer des façades à la fois esthétiques, protectrices et intelligentes thermiquement.

VI.3 Menuiseries et fermetures : performance et sécurité

Une maîtrise des assemblages et des essences de bois locales est fondamentale pour la production de portes et fenêtres adaptées au contexte congolais. Ce sous-chapitre met en balance les avantages et inconvénients des menuiseries en bois, en métal et en aluminium, en se focalisant sur leur performance en termes d’étanchéité à l’air et à l’eau, de ventilation et de sécurité. L’apprenant saura rédiger les spécifications techniques pour une commande de menuiseries et contrôler leur pose dans les règles de l’art.

VI.4 Réseaux techniques et finitions intérieures

Sous l’angle de la maintenance et de la durabilité, l’intégration des réseaux de plomberie et d’électricité doit être anticipée dès le gros œuvre. Ce module enseigne les techniques de réservation et d’encastrement des gaines et tuyauteries pour éviter les saignées destructrices. Il aborde ensuite le choix et la mise en œuvre des revêtements de sol et de mur (carrelage, peinture), en liant la qualité de la finition à la préparation du support, compétence finale pour livrer un bâtiment fonctionnel et pérenne.

ANNEXES

A. Glossaire technique des matériaux de construction locaux (RDC)

L’application non-critique des standards internationaux de matériaux, tels que les normes ASTM, vacille face aux spécificités des ressources locales congolaises. La résistance à la compression d’une brique de terre cuite de l’Équateur ou la granulométrie d’un sable du Kasaï exigent une caractérisation propre. Cette annexe fournit un catalogue technique détaillé, liant chaque matériau à sa zone d’extraction et à ses performances testées localement. Le technicien forgera ainsi une expertise cruciale : valider ou rejeter un lot de matériaux sur chantier, assurant la conformité structurelle.

B. Guide de calcul des fondations en sols latéritiques et argileux

1983 a marqué une rupture. La construction du Pont Maréchal a imposé des solutions de fondations profondes inédites pour les sols instables du Bas-Congo, créant un précédent technique national. Ce guide s’appuie sur cette expérience pour disséquer le comportement des sols latéritiques et argileux, omniprésents dans les zones d’expansion urbaine comme Kinshasa. En maîtrisant les abaques de calcul et les tests de portance présentés, l’étudiant forgera une compétence essentielle : dimensionner avec précision une fondation, prévenant les risques de tassement et de fissuration.

C. Check-lists de contrôle qualité pour le second œuvre

L’inspection purement visuelle du second œuvre a ses limites, car elle échoue à détecter les défauts critiques de plomberie ou d’étanchéité. Face à la prévalence des malfaçons, l’approche par check-lists de contrôle systématique s’impose comme la seule garantie de qualité viable. Cette section fournit des protocoles de vérification pour chaque corps de métier, de la pose du carrelage à l’installation électrique, adaptés aux standards exigés en milieu urbain congolais. Le conducteur de travaux y forgera une compétence d’audit technique : valider chaque phase d’exécution et garantir la livraison d’un ouvrage sans réserve.

D. Synthèse des normes de sécurité et de la responsabilité décennale en RDC

La responsabilité décennale, concept juridique hérité du Code civil, constitue la clé de voûte de l’obligation de résultat dans le bâtiment. Cette annexe transforme ce principe légal en un outil de gestion de chantier en l’appliquant à la jurisprudence congolaise sur les sinistres et effondrements. L’analyse de cas pratiques vise un objectif précis : traduire les articles de loi en exigences techniques concrètes sur le terrain. Le technicien sera ainsi capable d’anticiper les risques engageant sa responsabilité et d’imposer les normes de sécurité pour protéger les vies et l’investissement.

Paradigmes de la Gouvernance Polycentrique et Intégration Différenciée de l’UE
Le déficit démocratique de l’UE est-il un mythe analytique ou une réalité institutionnelle, affectant la légitimité du processus décisionnel ?
La thèse du déficit démocratique est contestée par l’intergouvernementalisme libéral d’Andrew Moravcsik, qui postule une légitimité indirecte via les gouvernements nationaux démocratiquement élus. Le paradoxe réside dans la haute capacité de production normative de l’UE contrastant avec la faible implication électorale directe des citoyens. Cette tension se manifeste concrètement lors des référendums nationaux sur les traités, où les dynamiques de ratification révèlent une déconnexion entre les élites de Bruxelles et les électorats nationaux, impactant directement la stabilité du projet européen.

📚 Source :Travaux de Andrew Moravcsik sur intergovernmentalism via Google Scholar

Comment la Commission européenne, en tant qu’acteur non-élu, parvient-elle à exercer une influence normative face aux États membres souverains ?
La Commission capitalise sur le concept de ‘spillover’ néofonctionnaliste théorisé par Ernst Haas, où l’intégration dans un secteur technique en entraîne une autre, plus politique. Son pouvoir ne découle pas d’un mandat électoral mais de son expertise et de son rôle d’initiateur législatif. Le paradoxe est que cette dynamique, conçue pour être technique, produit des effets politiques profonds. L’application la plus visible est le ‘Brussels Effect’, où des normes comme le RGPD, édictées par la Commission, deviennent des standards mondiaux de facto.

📚 Source :Travaux de Ernst Haas sur neo-functionalism via JSTOR

Quelle est la nature du pouvoir de la Cour de Justice de l’UE et comment son activisme a-t-il reconfiguré les souverainetés nationales ?
Le pouvoir de la CJUE est celui d’un moteur constitutionnel. Joseph H. H. Weiler analyse le paradoxe de l’autonomisation judiciaire : les cours nationales, en utilisant le renvoi préjudiciel, ont renforcé un ordre juridique supranational qui conteste leur propre autorité ultime. Ce n’est pas une simple interprétation, mais une création jurisprudentielle active. L’impact pratique est sismique, les arrêts fondateurs comme Van Gend en Loos et Costa c. ENEL ayant imposé les principes de l’effet direct et de la primauté, transformant radicalement les hiérarchies normatives internes des États membres.

📚 Source :Travaux de Joseph H. H. Weiler sur constitutional pluralism via Cairn.info


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