Étudiants en réseaux et sécurité dans une salle de classe en RDC.

Réseaux et sécurité

Notions fondamentales de sécurité des réseaux et cybercriminalité.

Édition 2026 – Réforme LMD – Enseignement supérieur et universitaire en RDC.

  • Code Officiel : RES1231
  • Domaine : Sciences et Technologie
  • Filière : Informatique
  • Mention : Communication Numérique
  • Année d’étude : Licence 2
  • Semestre : Semestre 3
Consulter les Modalités, Compétences et Débouchés

Cette Unité d’Enseignement, d’une valeur totale de 7 crédits ECTS, est structurée de manière à offrir une expertise complète et équilibrée en sécurité numérique. Elle se compose de deux Éléments Constitutifs fondamentaux et complémentaires : le premier, dédié à la Cybercriminalité, représente 4 crédits et plonge au cœur des techniques d’attaque et des cadres légaux, tandis que le second, axé sur les Réseaux informatiques et valorisé à 3 crédits, établit les bases infrastructurelles indispensables à toute stratégie de défense. Cette architecture a été pensée pour garantir une progression logique, des fondations techniques des réseaux vers la compréhension approfondie des menaces qui les ciblent.

Au-delà de la théorie, cette UE vise à forger des compétences opérationnelles immédiatement applicables en entreprise. Les apprenants seront capables non seulement d’identifier les vulnérabilités d’un système d’information, mais aussi d’anticiper et d’analyser les menaces cybernétiques émergentes pour construire une défense proactive. Ils maîtriseront la mise en œuvre de politiques de sécurisation des données robustes, transformant les directives en actions concrètes pour protéger les actifs informationnels critiques. Enfin, un accent particulier sera mis sur le facteur humain, en apprenant à sensibiliser efficacement les utilisateurs aux bonnes pratiques de cyber-hygiène, créant ainsi une première ligne de défense essentielle.

Cette formation prépare activement aux métiers les plus recherchés du secteur, formant la prochaine génération de gardiens du numérique. Les diplômés pourront prétendre à des postes clés tels qu’Analyste en cybersécurité, chargé de la surveillance et de la réponse aux incidents, Administrateur réseaux et sécurité, garant de l’intégrité de l’infrastructure, ou encore Consultant en sécurité des systèmes d’information, apportant une expertise stratégique. Sur le marché de l’emploi en RDC, en pleine transformation digitale, ces profils sont devenus cruciaux pour sécuriser les infrastructures nationales, protéger les données des entreprises et des citoyens, et ainsi soutenir une croissance économique durable et souveraine.

SOMMAIRE NAVIGABLE

PRÉLIMINAIRES

I. Épistémologie et Enjeux Scientifiques du Domaine

La sécurité des réseaux a muté d’une simple problématique de connectivité à un enjeu de souveraineté numérique et de guerre informationnelle. Initialement conçus dans un paradigme de confiance mutuelle, les protocoles fondateurs d’Internet sont devenus le talon d’Achille de nos sociétés hyperconnectées. Cette Unité d’Enseignement déconstruit l’illusion de la sécurité par l’obscurité pour la remplacer par une science de la défiance systémique, articulée autour de la triade Confidentialité-Intégrité-Disponibilité. L’objectif est de forger une pensée critique capable d’anticiper les menaces avant qu’elles ne se matérialisent en crises.

II. Cartographie des Compétences et Transversalité

Les compétences visées forment un triptyque indissociable : l’identification des vulnérabilités, la mise en œuvre de politiques de sécurisation et la sensibilisation des utilisateurs. Loin d’être des silos techniques, elles constituent un continuum stratégique. L’analyste qui identifie une faille (compétence 1) fournit l’intelligence nécessaire à l’administrateur pour déployer un correctif (compétence 2), dont l’efficacité dépendra de la vigilance de l’utilisateur (compétence 3). Cette transversalité irrigue d’autres disciplines, de la psychologie sociale (ingénierie sociale) au droit (conformité réglementaire), préparant à des carrières polyvalentes.

III. Alignement Stratégique avec les Réalités Opérationnelles

Face à la digitalisation accélérée des économies africaines, notamment via les services financiers mobiles, la cybersécurité n’est plus une option mais une condition de survie économique. Les métiers d’analyste, d’administrateur et de consultant en sécurité répondent à une demande explosive des banques, des opérateurs télécoms et des administrations publiques en RDC. Ce cours est calibré pour produire des profils immédiatement opérationnels, capables de sécuriser une infrastructure critique, d’auditer la robustesse d’une application de mobile money ou de former le personnel d’une PME aux cyber-risques locaux.

Chapitre I. Fondations des Réseaux Informatiques et Topologies Sécurisées

I.1 Modélisation et Encapsulation des Données

Au cœur de toute communication numérique se trouve le modèle OSI, une abstraction en sept couches qui structure l’échange d’informations. Chaque couche encapsule les données de la couche supérieure, ajoutant son propre en-tête technique, créant ainsi une série de poupées russes informationnelles. Cette section dissèque la logique de l’encapsulation et de la décapsulation, non comme un simple processus théorique, mais comme la première surface d’attaque potentielle. La maîtrise de ce flux est le prérequis absolu pour comprendre où et comment une communication peut être interceptée, modifiée ou interrompue.

I.2 Analyse Protocolaire et Outils de Capture

Pensés pour la coopération, les protocoles fondamentaux comme TCP, UDP, et ARP sont nativement bavards et confiants. L’analyse de trafic via des outils comme Wireshark transforme cette faiblesse en un avantage diagnostique. Ce sous-chapitre enseigne la capture et l’interprétation des trames réseau pour y déceler des anomalies, identifier des services non autorisés ou reconstruire une session de communication. L’étudiant apprendra à lire le langage binaire du réseau, une compétence essentielle pour tout diagnostic de sécurité ou investigation numérique post-incident, transformant la théorie en visibilité concrète.

I.3 Critiques des Architectures Centralisées et Décentralisées

L’architecture réseau n’est jamais neutre ; elle conditionne la résilience et la sécurité du système. Une topologie en étoile, bien que simple à gérer, crée un point de défaillance unique (le commutateur central), tandis qu’une architecture maillée offre une redondance robuste mais complexifie la gestion. Ce segment analyse de manière critique les compromis inhérents à chaque choix topologique en termes de performance, de coût et de surface d’attaque. Il s’agit de dépasser la simple description pour forger une capacité de jugement architectural, cruciale pour la conception de systèmes robustes.

I.4 Déploiement d’un Réseau Local Résilient en Contexte Africain

Face aux coupures d’électricité fréquentes et à l’instabilité des liaisons Internet, la conception d’un réseau local en RDC exige une approche frugale et résiliente. Ce cas pratique guide l’étudiant dans la mise en place d’un réseau pour une petite entreprise ou un cybercafé à Kinshasa. L’accent est mis sur l’utilisation d’onduleurs, la configuration de routes de secours (failover) vers une connexion 4G, et le déploiement de services essentiels en local (serveur de cache, DNS) pour maintenir une productivité minimale même en cas de déconnexion totale.

Chapitre II. Administration des Services Réseau et Contrôle d’Accès

II.1 Gestion des Services Essentiels : DNS, DHCP, et NTP

Un réseau fonctionnel repose sur un trio de services critiques : DNS pour la résolution de noms, DHCP pour l’attribution dynamique d’adresses IP, et NTP pour la synchronisation temporelle. Une compromission de l’un d’eux peut paralyser l’ensemble du système ou faciliter des attaques sophistiquées comme le “DNS poisoning”. Ce module aborde leur configuration sécurisée sur des systèmes d’exploitation open-source (Linux), en insistant sur les mécanismes de protection comme DNSSEC et la surveillance des baux DHCP pour détecter les dispositifs non autorisés.

II.2 Mécanismes de Filtrage : Pare-feu et Listes de Contrôle d’Accès (ACL)

Le pare-feu constitue la première ligne de défense périmétrique, agissant comme un douanier du trafic réseau. Ce sous-chapitre explore la configuration pratique des pare-feu, depuis les simples listes de contrôle d’accès (ACL) sur les routeurs jusqu’aux pare-feu à états (stateful) qui suivent le contexte des connexions. L’étudiant apprendra à traduire une politique de sécurité (“bloquer l’accès au service X depuis l’extérieur”) en règles techniques précises (iptables sous Linux, par exemple), une compétence fondamentale pour tout administrateur réseau.

II.3 Limites du Modèle Périmétrique et l’Approche “Zero Trust”

Critiquant le modèle historique de la “forteresse”, où l’intérieur est entièrement fiable et l’extérieur hostile, l’approche “Zero Trust” postule qu’aucune confiance ne doit être accordée par défaut, même au sein du réseau local. Cette section analyse les failles de la sécurité périmétrique, facilement contournée par une menace interne ou un poste de travail compromis. Elle introduit les principes du “Zéro Confiance” : micro-segmentation, authentification forte systématique et vérification continue, préparant l’étudiant à concevoir des architectures de sécurité modernes et plus efficaces.

II.4 Sécurisation d’un Point d’Accès Wi-Fi Public en Milieu Urbain

Déployer un Wi-Fi public dans une ville comme Lubumbashi présente des défis uniques, mêlant contraintes techniques et risques élevés d’abus. Cette mise en situation pratique se concentre sur la sécurisation d’un hotspot. L’étudiant configurera l’isolation des clients pour empêcher les attaques entre utilisateurs, mettra en place un portail captif pour l’authentification et la journalisation des connexions (conformité légale), et appliquera un filtrage de contenu de base pour bloquer les sites malveillants, protégeant ainsi à la fois les utilisateurs et le fournisseur du service.

Chapitre III. Cartographie de la Cybercriminalité et Vecteurs de Menaces

III.1 Taxonomie des Acteurs et Motivations Criminelles

La cybercriminalité n’est pas un bloc monolithique. Elle est le fait d’acteurs aux profils variés : du “script kiddie” en quête de reconnaissance aux groupes étatiques menant des opérations d’espionnage, en passant par les syndicats du crime organisé motivés par le profit. Ce segment propose une taxonomie rigoureuse de ces acteurs, analysant leurs motivations, leurs modes opératoires et leurs cibles privilégiées. Comprendre qui attaque et pourquoi est la première étape indispensable pour construire une stratégie de défense pertinente et proportionnée à la menace réelle.

III.2 Anatomie d’une Cyberattaque : de la Reconnaissance à l’Exfiltration

Une attaque réussie suit presque toujours un schéma logique, modélisé par des cadres comme la “Cyber Kill Chain”. Ce sous-chapitre décortique cette chaîne d’événements : la reconnaissance passive (collecte d’informations), le scan actif, l’obtention d’un accès initial, l’escalade de privilèges, le mouvement latéral au sein du réseau, et enfin l’exfiltration des données ou le déploiement d’un rançongiciel. L’étude de cette anatomie permet de comprendre qu’une défense efficace doit pouvoir détecter et interrompre l’attaque à n’importe quel maillon de la chaîne.

III.3 L’Ingénierie Sociale : Exploitation de la Faille Humaine

Face à des défenses techniques de plus en plus robustes, l’attaquant se tourne vers la cible la plus vulnérable : l’être humain. L’ingénierie sociale est l’art de manipuler les individus pour leur faire divulguer des informations confidentielles ou accomplir des actions contraires à la sécurité. Ce module analyse les ressorts psychologiques de l’hameçonnage (phishing), du prétexte (pretexting) et de l’appâtage (baiting). Il démontre que la meilleure technologie est inutile sans la vigilance et la formation des utilisateurs, qui constituent la véritable première ligne de défense.

III.4 Analyse du Phénomène des “Brouteurs” et Arnaques Mobiles en Afrique de l’Ouest et Centrale

Le contexte socio-économique africain a vu l’émergence de formes spécifiques de cybercriminalité, comme les arnaques aux sentiments opérées par les “brouteurs” ou les fraudes via les services de paiement mobile. Cette étude de cas se focalise sur l’écosystème de ces fraudes, analysant les techniques de manipulation, les infrastructures techniques utilisées (cybercafés, VPN) et les circuits de blanchiment de l’argent. L’objectif est de doter l’étudiant d’une compréhension fine des menaces les plus prévalentes sur le continent pour mieux les prévenir et sensibiliser les populations locales.

Chapitre IV. Identification des Vulnérabilités et Audit de Sécurité

IV.1 Fondamentaux de la Vulnérabilité Logicielle

Une vulnérabilité est une faiblesse dans un système qui peut être exploitée par une menace pour violer la politique de sécurité. Ce sous-chapitre établit les concepts fondateurs, en se concentrant sur les classes de failles logicielles les plus communes selon le classement OWASP Top 10 : injections SQL, Cross-Site Scripting (XSS), ou encore configurations de sécurité défaillantes. L’étudiant apprendra à reconnaître les schémas de code dangereux et à comprendre la logique qui transforme une simple erreur de programmation en une porte d’entrée pour un attaquant.

IV.2 Outils d’Analyse de Vulnérabilités et Scanners de Ports

L’identification proactive des failles passe par l’utilisation d’outils automatisés. Ce segment introduit la pratique du scan de ports avec Nmap pour cartographier les services exposés sur un réseau, et l’utilisation de scanners de vulnérabilités comme OpenVAS ou Nessus pour identifier les faiblesses connues. L’accent est mis sur l’interprétation des résultats : comment trier le bruit, valider les failles potentielles et prioriser les correctifs en fonction de la criticité (système de notation CVSS), transformant un rapport technique brut en un plan d’action concret.

IV.3 Les Limites de l’Audit Automatisé et l’Importance du Test d’Intrusion

Les scanners de vulnérabilités, bien qu’utiles, sont aveugles aux failles de logique métier et aux enchaînements complexes d’exploits. Cette section critique la confiance excessive dans les outils automatisés et souligne la nécessité du test d’intrusion (pentesting). Le pentest, mené par un expert humain, simule une attaque réelle pour découvrir des vulnérabilités que les scanners ne peuvent pas voir. Il démontre que la sécurité ne peut être entièrement déléguée à la machine et requiert une intelligence créative et contradictoire pour être véritablement éprouvée.

IV.4 Audit de Sécurité d’une Application de Microfinance sur Mobile

Dans le contexte congolais, les applications de microfinance et de tontine numérique sont en plein essor, mais souvent développées avec des ressources limitées. Cette mise en situation guide l’étudiant dans la réalisation d’un audit de sécurité de base sur une telle application Android. Il s’agira de décompiler l’application pour y chercher des secrets en clair (clés d’API, mots de passe), d’intercepter le trafic réseau pour analyser la communication avec le serveur, et de tester les fonctionnalités de base contre des injections simples, un exercice pratique à forte valeur ajoutée.

Chapitre V. Mise en Œuvre des Politiques de Sécurité et Cryptographie Appliquée

V.1 Principes de la Cryptographie Symétrique et Asymétrique

La cryptographie est la science de la protection de l’information par le chiffrement. Ce module expose les deux piliers de la cryptographie moderne : le chiffrement symétrique (une seule clé pour chiffrer et déchiffrer, rapide mais difficile à partager) et asymétrique (une clé publique pour chiffrer, une clé privée pour déchiffrer, plus lent mais résolvant le problème de l’échange de clés). La compréhension de leurs forces et faiblesses respectives est cruciale pour choisir le bon outil cryptographique en fonction du contexte d’utilisation.

V.2 Déploiement de la Sécurité de la Couche Transport (TLS) et des VPN

Assurer la confidentialité et l’intégrité des données en transit est une mission fondamentale. Ce sous-chapitre se concentre sur la mise en œuvre pratique de TLS (anciennement SSL) pour sécuriser les communications web (HTTPS) via l’obtention et l’installation de certificats. Il aborde également la configuration d’un réseau privé virtuel (VPN) avec des technologies comme OpenVPN, permettant de créer un tunnel chiffré à travers un réseau non sécurisé (Internet) pour connecter de manière sûre des télétravailleurs ou des sites distants.

V.3 La Gestion des Clés et le Paradoxe de la Confiance

La robustesse d’un système cryptographique repose entièrement sur la sécurité de ses clés. Ce segment aborde le problème critique de la gestion du cycle de vie des clés : génération, distribution, stockage, rotation et révocation. Il critique l’idée que la cryptographie est une solution magique, en montrant que la complexité de la gestion des clés peut introduire des failles humaines et procédurales. La confiance est déplacée de l’algorithme lui-même vers l’infrastructure de gestion des clés (PKI), qui devient le nouveau maillon faible à protéger.

V.4 Élaboration d’une Politique de Sécurité pour une ONG à Kinshasa

Une organisation non gouvernementale manipule des données sensibles (bénéficiaires, financements) avec souvent un budget et des compétences techniques limités. Ce cas d’étude consiste à rédiger une politique de sécurité des systèmes d’information (PSSI) adaptée à cette réalité. Le document produit sera pragmatique, couvrant la gestion des mots de passe, la politique de sauvegarde des données sur des disques externes, les règles d’utilisation des clés USB, et la procédure à suivre en cas de vol de matériel, un document vital et directement applicable.

Chapitre VI. Réponse aux Incidents et Cyber-Hygiène Organisationnelle

VI.1 Préparation et Détection des Incidents de Sécurité

On ne peut pas empêcher toutes les attaques, mais on peut s’y préparer. La première phase de la réponse à incident consiste à mettre en place les outils et procédures avant que l’incident ne survienne. Ce module couvre la mise en place de systèmes de journalisation centralisée (logging) et de systèmes de détection d’intrusion (IDS) pour repérer les activités suspectes. L’objectif est de passer d’une posture réactive à une posture proactive, en créant les capteurs qui permettront de détecter une compromission le plus tôt possible.

VI.2 Confinement, Éradication et Récupération Post-Incident

Lorsqu’un incident est détecté, une action rapide et méthodique est essentielle pour en limiter l’impact. Ce sous-chapitre détaille le processus de réponse : le confinement de la machine ou du segment réseau affecté pour empêcher la propagation, l’éradication de la menace (suppression du malware, fermeture de la faille), et la récupération des systèmes à partir de sauvegardes saines. Il insiste sur l’importance de la collecte de preuves (forensics) pendant le processus, sans laquelle l’analyse post-mortem et d’éventuelles poursuites judiciaires sont impossibles.

VI.3 Les Leçons Apprises et l’Amélioration Continue

La phase la plus cruciale de la réponse à incident est celle qui suit la résolution de la crise. Ce segment se concentre sur l’analyse post-mortem : que s’est-il passé, comment, et pourquoi nos défenses ont-elles échoué ? La critique constructive de l’incident permet de tirer des leçons pour renforcer les politiques, les configurations techniques et la formation des utilisateurs. Ce cycle de rétroaction transforme chaque incident, aussi douloureux soit-il, en une opportunité d’améliorer la résilience globale de l’organisation.

VI.4 Création d’une Campagne de Sensibilisation via WhatsApp et SMS

En RDC, où le smartphone est l’outil numérique principal, les campagnes de sensibilisation doivent utiliser les canaux de communication les plus populaires. Cette application pratique consiste à concevoir une mini-campagne de cyber-hygiène destinée au grand public ou aux employés d’une entreprise. L’étudiant créera des messages courts, percutants et visuels (images, courtes vidéos) pour WhatsApp et SMS, expliquant comment reconnaître une arnaque, créer un mot de passe robuste et se méfier des liens suspects, une compétence de communication essentielle pour un consultant en sécurité.

ANNEXES

A. Guide Pratique de Nmap pour la Cartographie Réseau

Nmap (Network Mapper) est l’outil de référence pour l’exploration de réseau et l’audit de sécurité. Cette annexe fournit une méthodologie pratique pour l’analyste en cybersécurité et l’administrateur réseau. Elle détaille les commandes essentielles pour découvrir les hôtes actifs sur un segment, identifier les ports ouverts et les services qui y tournent, et obtenir des informations sur le système d’exploitation des cibles. L’objectif est de transformer Nmap en un réflexe opérationnel pour cartographier son propre parc informatique et identifier les expositions de services non désirées.

B. Introduction au Metasploit Framework pour le Test d’Intrusion

Le Metasploit Framework est une plateforme de développement et d’exécution d’exploits, indispensable pour tout consultant ou analyste souhaitant valider une vulnérabilité. Cette section démystifie son utilisation en se concentrant sur un scénario de base : la sélection d’un module d’exploit correspondant à une faille identifiée, la configuration de la charge utile (payload) pour obtenir un shell distant, et l’exécution de l’attaque dans un environnement de laboratoire contrôlé. L’objectif n’est pas de former des pirates, mais des défenseurs qui comprennent la mécanique de l’attaque.

C. Déploiement d’OpenVAS/GVM pour l’Audit de Vulnérabilités Frugal

OpenVAS (Greenbone Vulnerability Management) est une solution open-source complète pour l’analyse et la gestion des vulnérabilités. Cette annexe est un guide de déploiement rapide destiné aux organisations africaines disposant de budgets limités. Elle explique comment installer le scanner sur un serveur Linux, configurer des tâches d’audit automatisées et périodiques sur le réseau local, et générer des rapports clairs pour prioriser les actions de correction. C’est l’outil parfait pour mettre en œuvre une politique de sécurité proactive sans dépendre de licences logicielles coûteuses.

Cybernétique et Contraintes Locales : Praxis de la Sécurité Réseau en Contexte Africain
Comment le modèle Zero Trust, prônant une méfiance universelle, peut-il s’appliquer dans des cultures valorisant fortement la confiance interpersonnelle ?
L’application du Zero Trust exige une refonte conceptuelle, passant de la confiance personnelle à la confiance systémique, une distinction clé de Niklas Luhmann. Le but n’est pas de cultiver la méfiance entre collègues, mais de bâtir une confiance absolue dans le système de vérification automatisé. Dans un contexte où les pressions sociales peuvent compromettre la sécurité, ce modèle dépersonnalise la validation. Il ne s’agit plus de faire confiance à une personne, mais de faire confiance au processus qui vérifie l’identité et les autorisations de chacun, à chaque instant. Cette approche systémique, bien expliquée, peut être perçue comme un garant d’équité et de robustesse, protégeant l’organisation contre les menaces internes et externes.

📚 Source :Travaux de Niklas Luhmann sur Confiance Systémique via JSTOR

Face à des coupures d’électricité fréquentes en RDC, comment garantir la persistance des logs de sécurité pour une analyse forensique ?
La solution réside dans l’application rigoureuse du principe de ‘Durabilité’ des propriétés ACID, théorisées par Jim Gray pour les bases de données. La durabilité garantit qu’une fois une transaction (ici, l’écriture d’un log) est validée, elle ne sera pas perdue, même en cas de panne de courant. Opérationnellement, cela impose l’usage de serveurs de logs avec des alimentations sans interruption (UPS), des caches d’écriture sur batterie, et surtout, une réplication asynchrone et immédiate vers un site distant ou un service cloud sécurisé dès qu’une fenêtre de connectivité s’ouvre. La persistance n’est donc pas seulement une question d’énergie, mais une architecture de résilience des données.

📚 Source :Travaux de Jim Gray sur Propriétés ACID via Google Scholar

Une attaque DDoS cible l’unique lien satellite d’un hôpital à Goma. Quelle est la contre-mesure immédiate et prioritaire sur le terrain ?
La priorité absolue est de maintenir la capacité opérationnelle, pas de défendre le lien. En appliquant la boucle OODA de John Boyd, la réponse doit être fulgurante. Observation : le lien est saturé. Orientation : la défense locale est futile, le service est la priorité. Décision : activer le plan de continuité des communications critiques. Action : basculer immédiatement les services vitaux (coordination médicale, évacuations) sur des canaux alternatifs préconfigurés (radio HF/VHF, téléphones Iridium). Simultanément, contacter l’opérateur satellite pour qu’il mette en place un ‘black-holing’ ou un filtrage en amont. L’objectif est de court-circuiter le cycle décisionnel de l’attaquant en rendant son action inefficace sur notre mission principale.

📚 Source :Travaux de John Boyd sur Boucle OODA via Wikipedia (FR)

Au-delà de la technique, quelle compétence non-technique est la plus cruciale pour un expert réseau en Afrique centrale ?
La compétence la plus déterminante est l’intelligence culturelle, notamment la compréhension des cultures à contexte fort théorisées par l’anthropologue Edward T. Hall. Dans un environnement comme la RDC, le message est souvent moins dans les mots que dans la relation, le statut et le non-dit. Un expert doit savoir décoder ces signaux, bâtir un capital confiance avant de proposer des solutions techniques, et naviguer les hiérarchies formelles et informelles. Imposer une solution ‘low-context’, basée purement sur la logique technique, sans l’inscrire dans le tissu relationnel local, est une garantie d’échec. La véritable expertise consiste à adapter la technologie au contexte humain, et non l’inverse.

📚 Source :Travaux de Edward T. Hall sur Cultures à contexte fort via Cairn.info


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