
Déontologie de l'informaticien
Application des règles déontologiques de l'informaticien.
Édition 2026 – Réforme LMD – Enseignement supérieur et universitaire en RDC.
- Code Officiel : DIF1481
- Domaine : Sciences et Technologie
- Filière : SCIENCES INFORMATIQUES
- Mention : SCIENCES INFORMATIQUES (LSI) – Mention : Génie Logiciel
- Année d’étude : LICENCE 4
- Semestre : Semestre 8
Consulter les Modalités, Compétences et Débouchés
Cette unité d’enseignement (UE) fondamentale, valorisée à hauteur de 2 crédits ECTS, est structurée comme un bloc d’apprentissage intégré et monolithique. Sa conception sans Éléments Constitutifs (EC) distincts vise à favoriser une compréhension holistique et transversale des enjeux, en assurant une immersion complète et cohérente dans la thématique centrale de l’éthique et de la gouvernance technologique, sans fragmentation des savoirs.
Au-delà de la théorie, cette UE vous outillera pour naviguer les dilemmes complexes du monde numérique. Vous apprendrez à formuler des décisions technologiques qui respectent scrupuleusement le code de déontologie de l’ingénieur, garantissant ainsi la robustesse morale de vos projets. Il s’agira également de maîtriser la gestion intègre de la sécurité des systèmes sensibles, en identifiant et en neutralisant les potentiels conflits d’intérêts qui pourraient compromettre leur fiabilité. Enfin, vous développerez une expertise cruciale pour assurer la transparence intellectuelle, en étant capable de concevoir et d’auditer des algorithmes décisionnels équitables et compréhensibles.
Ce parcours prépare à des métiers d’avenir à haute responsabilité, tels que Responsable de la gouvernance SI, Auditeur de conformité IT ou encore Chargé de l’éthique technologique. Dans le contexte de la République Démocratique du Congo (RDC), en pleine accélération de sa transformation digitale, ces profils sont devenus absolument cruciaux. Ils sont les architectes de la confiance numérique, assurant que le déploiement des nouvelles technologies se fasse de manière sécurisée, équitable et conforme aux standards internationaux, jouant ainsi un rôle de premier plan dans la construction d’une économie numérique souveraine et durable.
- PRÉLIMINAIRES
- PARTIE 1 : FONDEMENTS DE LA DÉONTOLOGIE NUMÉRIQUE
- Chapitre I. Genèse et Cadres Normatifs de la Profession
- Chapitre II. La Responsabilité Professionnelle de l’Informaticien
- Chapitre III. Intégrité des Données et Transparence Algorithmique
- PARTIE 2 : Gouvernance, Risques et Responsabilités Numériques
- Chapitre V. La Gouvernance Éthique des Données et de l’IA
- Chapitre VI. Intégrité Professionnelle et Sécurité des Systèmes d’Information
- Chapitre VII. Responsabilité Juridique et Propriété Intellectuelle
- ANNEXES
- A. Loi n° 23/010 du 13 mars 2023 (Code du Numérique Congolais) – Extraits Clés
- B. Grille d’Audit Éthique pour les Systèmes de Paiement Mobile (Mobile Money)
- C. Table de Concordance : Code d’Éthique ACM vs. Pratiques de Développement Locales
- D. Analyse de Cas : Controverses sur l’Intégrité des Données Biométriques Électorales
PRÉLIMINAIRES
I. Objectifs Pédagogiques et Compétences Visées
Ce manuel forge une expertise opérationnelle en déontologie informatique. L’objectif est de dépasser la simple connaissance des règles pour maîtriser leur application en contexte professionnel. L’étudiant apprendra à structurer des décisions technologiques conformes aux codes d’éthique, à gérer l’intégrité des systèmes d’information sensibles et à garantir une transparence intellectuelle rigoureuse dans la conception d’algorithmes. La finalité est de produire des experts capables d’auditer la conformité, de piloter la gouvernance SI et d’incarner le rôle de conseiller en éthique technologique au sein des organisations congolaises.
II. Méthodologie d’Apprentissage et d’Évaluation
L’approche pédagogique est résolument pragmatique, fondée sur l’étude de cas et la simulation. Chaque chapitre confronte l’étudiant à des dilemmes réels, inspirés de scénarios observés dans les entreprises et administrations de la RDC. L’évaluation combine une analyse critique d’un incident éthique documenté (40%) et la production d’une charte déontologique pour un projet informatique fictif mais réaliste, comme le déploiement d’un système d’identification biométrique pour un programme social (60%). La capacité à argumenter juridiquement et techniquement ses choix constituera le critère principal de notation.
III. Glossaire Stratégique des Concepts Fondamentaux
Une maîtrise terminologique précise est non négociable. Ce glossaire définit les concepts cardinaux qui structurent l’ensemble du cours, en évitant toute ambiguïté. Il établit une distinction nette entre la déontologie (ensemble de devoirs d’une profession), l’éthique (réflexion sur les valeurs guidant l’action), la conformité (respect des normes légales et réglementaires) et la responsabilité (obligation de répondre de ses actes). Chaque définition est contextualisée par un exemple tiré du secteur numérique congolais, assurant une assimilation immédiate et une application correcte des termes.
PARTIE 1 : FONDEMENTS DE LA DÉONTOLOGIE NUMÉRIQUE
Chapitre I. Genèse et Cadres Normatifs de la Profession
La loi n° 23/010 du 13 mars 2023 fixant les règles relatives au numérique en RDC marque une rupture fondamentale. Elle impose un cadre de responsabilité inédit pour les professionnels de l’IT. Ce chapitre analyse la portée de cette législation et la situe par rapport aux standards internationaux comme le code de l’ACM. En disséquant les obligations de sécurité, de protection des données et de loyauté, l’approche est strictement juridique et opérationnelle. L’étudiant y forgera une compétence cruciale : auditer la conformité d’un projet informatique, de sa conception à son déploiement.
I.1 Rétrospective Historique : De l’Éthique des Hackers aux Codes Professionnels
Une rétrospective historique révèle que les premières règles éthiques du numérique ont émergé des communautés de hackers des années 70, valorisant le partage et l’ouverture. Ce sous-chapitre retrace l’évolution de ce paradigme vers les codes de conduite formels des grandes associations professionnelles (IEEE, ACM) face à la commercialisation de l’informatique. Comprendre cette trajectoire permet de saisir la tension originelle entre liberté technique et responsabilité sociétale, une dynamique toujours présente dans les débats actuels sur l’open source en RDC.
I.2 Cadres Juridiques : Droit Congolais, Droit Comparé et Normes Internationales
La juxtaposition du droit congolais, notamment la loi sur le numérique et la protection des données, avec des cadres comme le RGPD européen ou le CCPA californien est ici analysée. L’objectif est de doter le professionnel d’une grille de lecture multi-niveaux pour les projets à dimension internationale opérés depuis la RDC. L’étude se concentre sur les points de friction et de convergence, en particulier concernant les transferts de données transfrontaliers et la définition du consentement, afin de sécuriser juridiquement les opérations des entreprises locales.
I.3 Rôle et Limites des Ordres et Associations Professionnels
Sous l’angle de l’autorégulation, ce segment évalue l’influence des corps intermédiaires comme les futures chambres d’ingénieurs ou les associations professionnelles existantes en RDC. Il analyse leur pouvoir disciplinaire, leur capacité à imposer des standards et les limites de leur action en l’absence d’un cadre légal contraignant. L’étudiant apprendra à positionner son action professionnelle par rapport à ces entités, en utilisant leurs ressources tout en comprenant les frontières de leur autorité pour garantir une pratique irréprochable.
I.4 Distinction Critique : Déontologie, Éthique, Morale et Droit
Face à la confusion terminologique qui paralyse souvent l’action, une clarification s’impose. Ce sous-chapitre établit une cartographie conceptuelle rigoureuse : le droit prescrit le légal, la morale le bien et le mal, l’éthique questionne les principes de l’action juste, et la déontologie codifie les devoirs d’une profession. À travers des cas pratiques (ex: un bug découvert chez un client), l’étudiant apprendra à identifier la nature exacte d’un dilemme pour y apporter une réponse structurée, mobilisant le bon référentiel au bon moment.
Chapitre II. La Responsabilité Professionnelle de l’Informaticien
L’obligation de moyens renforcée, concept jurisprudentiel, constitue la clé de voûte de la responsabilité de l’informaticien. Le professionnel ne promet pas le succès absolu, mais la mise en œuvre de toutes les diligences conformes aux règles de l’art pour l’atteindre. Ce chapitre décline ce principe en obligations concrètes : devoir de conseil, gestion des conflits d’intérêts, et protection de la propriété intellectuelle. L’apprenant développera une méthodologie pour documenter ses actions, se prémunir contre les mises en cause et justifier ses choix techniques par un raisonnement éthique et contractuel.
II.1 Le Devoir de Conseil, de Diligence et de Compétence
Ancré dans le droit des contrats, le devoir de conseil impose à l’informaticien d’éclairer son client sur les implications, les risques et les alternatives d’une solution technologique. Ce segment analyse comment documenter et tracer cet accompagnement pour le rendre opposable en cas de litige, un enjeu majeur dans les projets de transformation numérique des PME à Kinshasa. L’étudiant apprendra à formaliser ses recommandations, à évaluer la maturité numérique de son interlocuteur et à ajuster son discours pour garantir une compréhension mutuelle parfaite.
II.2 Identification et Gestion des Conflits d’Intérêts
Au cœur des dilemmes éthiques, le conflit d’intérêts survient lorsqu’un intérêt personnel ou secondaire interfère avec le devoir premier envers un client ou un employeur. Ce sous-chapitre fournit une matrice d’analyse pour détecter, déclarer et neutraliser ces situations, qu’elles soient financières, relationnelles ou idéologiques. L’étude de cas portera sur l’arbitrage entre une solution open source et un logiciel propriétaire dont l’intégrateur est aussi revendeur, un scénario fréquent dans les appels d’offres publics en RDC.
II.3 Le Secret Professionnel et la Confidentialité des Données
Pierre angulaire de la confiance numérique, l’obligation de confidentialité s’étend bien au-delà de la simple non-divulgation. Elle implique la mise en place de mesures techniques et organisationnelles robustes pour protéger l’information contre tout accès non autorisé. Ce module détaille les protocoles de classification de l’information et les techniques de pseudonymisation et d’anonymisation, en application directe de la loi congolaise sur la protection des données personnelles pour des secteurs sensibles comme la santé ou la banque mobile.
II.4 Respect de la Propriété Intellectuelle et des Licences Logicielles
Enjeu économique et éthique majeur, la navigation dans l’écosystème des licences logicielles (propriétaires, open source, freeware) est une compétence critique. Ce segment démystifie les implications des licences GPL, MIT, Apache et commerciales, en se focalisant sur les risques de contamination virale des licences et les obligations de redistribution. L’étudiant sera capable d’auditer la base de code d’un projet pour en vérifier la conformité, évitant ainsi à son organisation de lourdes sanctions financières et des atteintes à sa réputation.
Chapitre III. Intégrité des Données et Transparence Algorithmique
L’opacité des algorithmes, souvent qualifiés de “boîtes noires”, constitue un défi majeur pour la confiance et l’équité. Leurs décisions automatisées peuvent introduire ou amplifier des biais systémiques. Ce module attaque frontalement ce problème en fournissant les outils méthodologiques pour garantir l’intégrité des données en amont et la transparence des modèles en aval. En s’appuyant sur les principes de l’eXplainable AI (XAI), l’objectif est de former des concepteurs capables de rendre leurs systèmes auditables, justes et contestables, une exigence pour leur déploiement dans les services publics congolais.
III.1 Garantie de l’Intégrité, de la Qualité et de la Provenance des Données
Garantir la fidélité de l’information de sa source à son traitement est le fondement de toute décision fiable. Ce sous-chapitre examine les techniques de hachage, de signature numérique et de blockchain pour assurer l’intégrité, ainsi que les méthodologies de “data cleaning” pour en assurer la qualité. L’accent est mis sur l’établissement d’une “data lineage” claire, permettant de tracer l’origine et les transformations de chaque donnée, une nécessité absolue pour l’audit des systèmes d’information des régies financières de la RDC.
III.2 Détection et Correction des Biais Algorithmiques
Loin d’être neutres, les modèles prédictifs reflètent et amplifient les biais présents dans leurs données d’entraînement. Ce segment expose les différentes catégories de biais (sélection, historique, mesure) et présente des métriques techniques pour les quantifier (parité démographique, égalité des chances). L’étude de cas portera sur un modèle de scoring de crédit qui discriminerait involontairement les entrepreneurs du secteur informel à Lubumbashi, afin de développer des stratégies de rééquilibrage des données et d’ajustement des modèles.
III.3 Auditabilité, Explicabilité et Interprétabilité des Modèles (XAI)
Face à la complexité des modèles de deep learning, l’exigence de transparence devient une gageure technique. Ce module présente des techniques concrètes d’eXplainable AI (XAI) comme LIME et SHAP, qui permettent d’expliquer les raisons d’une décision algorithmique spécifique pour un cas donné. L’étudiant apprendra à intégrer ces outils dans son cycle de développement pour produire des rapports d’explicabilité, rendant ses modèles intelligibles pour les régulateurs, les utilisateurs et les juges, notamment dans le contexte de la justice prédictive.
III.4 Conception Éthique : Les Principes du “Privacy by Design”
Inspirée du règlement européen RGPD, l’approche “Privacy by Design” impose d’intégrer la protection de la vie privée dès la première ligne de code, et non comme une rustine a posteriori. Ce sous-chapitre décline ses sept principes fondateurs en directives techniques pour les développeurs : minimisation des données, sécurité de bout en bout, et options de confidentialité claires pour l’utilisateur. L’objectif est de rendre cette approche native pour tout développeur de solutions mobiles ou web ciblant le marché congolais.
PARTIE 2 : Gouvernance, Risques et Responsabilités Numériques
Chapitre V. La Gouvernance Éthique des Données et de l’IA
L’illusion de la neutralité des “Big Data” s’effondre face à leur utilisation pour le profilage social. Ce chapitre déconstruit le postulat selon lequel les algorithmes sont de simples outils mathématiques, en démontrant comment ils amplifient les biais sociétaux existants. En analysant les systèmes de scoring de crédit basés sur les données mobiles en RDC, nous exposons les risques de discrimination systémique. L’étudiant forgera une compétence d’audit critique, lui permettant d’évaluer et de corriger les biais éthiques d’un modèle d’intelligence artificielle avant son déploiement.
V.1 Le principe de ‘Privacy by Design’
Intégré dès la genèse d’un projet, le principe de ‘Privacy by Design’ impose la protection de la vie privée comme une exigence fonctionnelle fondamentale. Cette approche proactive s’oppose à la remédiation tardive des failles de confidentialité, souvent coûteuse et inefficace. L’étudiant apprendra à traduire les exigences du RGPD et des futures lois congolaises en spécifications techniques concrètes pour le développement d’applications, notamment dans le secteur de la e-santé où la sensibilité des données est maximale et la confiance, un prérequis absolu.
V.2 Audit des biais algorithmiques
Face à l’opacité des modèles de ‘machine learning’, l’audit des biais devient une discipline non négociable pour l’ingénieur. Ce sous-chapitre fournit une boîte à outils méthodologique pour quantifier les discriminations potentielles (raciales, genrées, géographiques) dans les systèmes décisionnels automatisés. L’application directe concernera l’analyse critique des algorithmes d’affectation des ressources publiques en RDC, garantissant une distribution équitable et transparente des services aux citoyens et prévenant les exclusions systémiques des populations vulnérables.
V.3 Gestion du cycle de vie des données personnelles
Une maîtrise complète du cycle de vie des données, de leur collecte à leur destruction sécurisée, constitue le socle de la confiance numérique. Ce segment détaille les obligations techniques et légales de chaque étape : consentement éclairé, minimisation, limitation de la durée de conservation et anonymisation irréversible. L’étudiant sera capable de concevoir une politique de gouvernance des données pour une institution financière ou un opérateur télécom à Kinshasa, assurant la conformité et limitant les risques de fuites massives.
V.4 L’éthique des systèmes autonomes et de l’IA
Sous l’angle de la responsabilité, la question de l’agentivité des systèmes autonomes est un défi majeur pour le droit et l’éthique. Ce module examine les cadres de décision en cas d’incident impliquant une IA, du véhicule autonome au diagnostic médical automatisé. En transposant ces dilemmes à l’usage croissant de drones pour la logistique dans les zones enclavées de la RDC, l’étudiant apprendra à définir des protocoles de sécurité et des chaînes de responsabilité claires pour les technologies émergentes.
Chapitre VI. Intégrité Professionnelle et Sécurité des Systèmes d’Information
La tension entre une sécurité absolue de type “zero-trust” et la nécessité de maintenir un environnement de travail collaboratif est au cœur des débats actuels en cybersécurité. Ce chapitre tranche cette controverse en adoptant une approche sociotechnique pragmatique. Comment implémenter des contrôles de sécurité rigoureux sans paralyser l’innovation ni créer une culture de la méfiance ? En appliquant ces principes à la protection des infrastructures critiques congolaises (SNEL, REGIDESO), l’apprenant forgera la compétence de concevoir une politique de sécurité qui intègre les facteurs humains comme une force.
VI.1 Le devoir d’alerte éthique (Whistleblowing)
Dilemme moral par excellence, le lancement d’alerte place l’informaticien entre sa loyauté envers son employeur et sa responsabilité envers la société. Cette section analyse le cadre juridique et déontologique protégeant le lanceur d’alerte en cas de découverte de malversations, de failles de sécurité critiques dissimulées ou de pratiques illégales. L’étudiant sera mis en situation via des études de cas inspirées du secteur minier congolais, afin de savoir quand et comment déclencher une alerte de manière légale et sécurisée.
VI.2 Gestion des conflits d’intérêts
Une connaissance approfondie des dynamiques de conflits d’intérêts est impérative pour tout informaticien manipulant des données sensibles ou des systèmes transactionnels. Ce module dissèque les scénarios typiques : acceptation de cadeaux, missions de consultance parallèles, participation dans des sociétés concurrentes ou partenaires. L’objectif est de doter l’étudiant d’une grille d’analyse rigoureuse pour identifier, déclarer et neutraliser tout conflit potentiel, garantissant ainsi son impartialité et l’intégrité des systèmes dont il a la charge, notamment dans les appels d’offres publics.
VI.3 Éthique des tests d’intrusion (Penetration Testing)
Encadrée par un contrat strict, la pratique du test d’intrusion est une attaque simulée visant à renforcer les défenses d’un système. Ce sous-chapitre définit la ligne rouge entre un audit de sécurité légitime et une intrusion malveillante. Il détaille les règles d’engagement, le périmètre d’intervention, la gestion des données découvertes et le rapportage responsable des vulnérabilités. L’étudiant apprendra à rédiger et à respecter un protocole de test d’intrusion pour une banque commerciale de la place de Kinshasa, garantissant une démarche professionnelle irréprochable.
VI.4 Réponse aux incidents et communication de crise
Face à une cyberattaque avérée, la gestion technique est indissociable d’une communication éthique et transparente. Ce segment structure la méthodologie de réponse : endiguement de l’attaque, analyse forensique, restauration des services et, surtout, communication envers les parties prenantes (clients, régulateurs, public). L’étudiant sera entraîné à élaborer un plan de communication de crise pour un opérateur de mobile money en RDC, équilibrant les impératifs de transparence, la protection de la réputation et les obligations légales de notification.
Chapitre VII. Responsabilité Juridique et Propriété Intellectuelle
L’émergence d’une jurisprudence congolaise spécifique aux litiges numériques, notamment après l’affaire de contrefaçon logicielle “Kin-Dev vs Global-Soft” en 2021, a marqué une rupture. Ce chapitre plonge au cœur de cette nouvelle réalité juridique qui tient l’informaticien pour responsable de son code. En analysant les contrats de licence et les clauses de responsabilité dans le contexte de l’OHADA, l’approche est résolument pratique. L’étudiant forgera une compétence cruciale : rédiger des documents contractuels protégeant ses créations intellectuelles et limitant sa responsabilité civile et pénale.
VII.1 Droit d’auteur logiciel versus brevet
La distinction fondamentale entre le droit d’auteur, qui protège l’expression du code, et le brevet, qui protège une invention technique, est un enjeu stratégique pour l’innovation. Ce module clarifie ces deux régimes de protection et leurs conditions d’application pour un produit logiciel. L’étudiant saura déterminer la stratégie de protection la plus pertinente pour une application développée au sein d’un incubateur de la place, comme Kinshasa Digital Academy, afin de valoriser et de défendre son actif intellectuel sur le marché.
VII.2 Les licences de logiciels libres et Open Source
Loin d’être une absence de règles, l’écosystème Open Source est régi par un ensemble complexe de licences (GPL, MIT, Apache) aux implications juridiques fortes. Ce sous-chapitre analyse les obligations de réciprocité, de citation et de distribution imposées par les licences les plus courantes. L’ingénieur logiciel apprendra à auditer les dépendances d’un projet pour garantir la conformité des licences, évitant ainsi les risques de “contamination” virale du code propriétaire et les litiges coûteux qui peuvent en découler.
VII.3 La responsabilité contractuelle du développeur
La rédaction d’un contrat de développement logiciel est un acte qui engage la responsabilité professionnelle de l’informaticien. Cette section se concentre sur la définition précise des livrables, les clauses de recette, les garanties de bon fonctionnement et les limitations de responsabilité. À travers l’étude de contrats-types pour des projets d’informatisation de PME à Lubumbashi, l’étudiant développera la capacité de négocier et de formaliser des engagements clairs qui sécurisent à la fois le client et le prestataire.
VII.4 Introduction à l’informatique légale (Digital Forensics)
En tant que discipline de la preuve numérique, l’informatique légale est essentielle dans la résolution des litiges et la lutte contre la cybercriminalité. Ce module présente les principes fondamentaux : préservation de la chaîne de contrôle, acquisition non-altérable des preuves et analyse objective des données. L’étudiant se familiarisera avec les procédures techniques et éthiques pour collecter des preuves sur un système compromis, afin de pouvoir produire un rapport d’expertise admissible devant les instances judiciaires congolaises.
ANNEXES
A. Loi n° 23/010 du 13 mars 2023 (Code du Numérique Congolais) – Extraits Clés
Promulguée en mars 2023, la loi sur le numérique constitue une révolution juridique pour la RDC, instaurant un cadre strict sur la protection des données personnelles et la cybersécurité. Cette annexe ne fournit pas le texte intégral, mais une dissection ciblée des articles engageant directement la responsabilité pénale et civile de l’informaticien. L’analyse de ces extraits permet à l’étudiant de forger une compétence d’audit de conformité, lui permettant d’évaluer la légalité d’un système d’information et de prévenir les risques juridiques pour son employeur.
B. Grille d’Audit Éthique pour les Systèmes de Paiement Mobile (Mobile Money)
Face à la prolifération des fraudes SIM-swap ciblant les usagers du mobile money en RDC, les modèles de sécurité technique classiques montrent leurs limites. Cette grille d’audit propose une méthodologie d’évaluation qui intègre les dimensions socio-économiques et la vulnérabilité des utilisateurs finaux, souvent exclus des analyses de risques standards. En maîtrisant cet outil, le futur ingénieur devient capable de diagnostiquer les failles éthiques et structurelles d’une solution FinTech, et de recommander des contre-mesures robustes protégeant à la fois l’opérateur et sa clientèle.
C. Table de Concordance : Code d’Éthique ACM vs. Pratiques de Développement Locales
Référence mondiale, le code de conduite de l’ACM (Association for Computing Machinery) offre un cadre moral universel pour la profession. Cette annexe ne se contente pas de le reproduire ; elle le confronte directement aux réalités du développement logiciel en RDC, où les contraintes budgétaires et infrastructurelles modifient la nature des dilemmes éthiques. L’objectif est de doter le praticien d’une matrice de décision lui permettant de traduire les principes de l’ACM en actions concrètes et adaptées, garantissant l’intégrité de son travail dans un contexte non-idéal.
D. Analyse de Cas : Controverses sur l’Intégrité des Données Biométriques Électorales
Sous l’angle de la gouvernance des données, l’enrôlement biométrique des électeurs en RDC cristallise une controverse technique et éthique majeure. Ce document dissèque les arguments techniques concernant la fiabilité des kits, la sécurité de la chaîne de transmission des données et le risque de constitution de fichiers de population sans cadre légal adéquat. L’étude de ce cas emblématique arme l’informaticien pour évaluer la robustesse et la légitimité de tout système d’identification à grande échelle, une compétence critique pour les projets d’état civil ou de sécurité nationale.
Comment la déontologie doit-elle adresser le paradoxe inhérent à la quantification mathématique de l’équité dans les systèmes d’intelligence artificielle ?
📚 Source :Travaux de Joy Buolamwini sur Coded Gaze via Google Scholar
Face aux systèmes autonomes, comment la déontologie peut-elle résoudre le “fossé de responsabilité” créé par la dilution de l’agentivité humaine ?
📚 Source :Travaux de Luciano Floridi sur Fossé de responsabilité via Cairn.info
Comment la déontologie de l’informaticien peut-elle contrer l’asymétrie de pouvoir inhérente au modèle économique du capitalisme de surveillance ?
📚 Source :Travaux de Shoshana Zuboff sur Capitalisme de surveillance via Wikipedia (FR)
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