
Analyse et critique des représentions chorégraphiques africaines
Exégèse des créations pour évaluer l'impact et la portée socioculturelle.
Édition 2026 – Réforme LMD – Enseignement supérieur et universitaire en RDC.
- Code Officiel : ACR2241
- Domaine : Domaine de Lettres, Langues et Arts
- Filière : Non spécifié
- Mention : Non spécifié
- Année d’étude : Master 2
- Semestre : Semestre 4
Consulter les Modalités, Compétences et Débouchés
Cette Unité d’Enseignement, valorisée à hauteur de 2 Crédits, est conçue comme un module intensif et spécialisé. Son architecture pédagogique repose entièrement sur un unique Élément Constitutif (EC) : la Critique de l’art chorégraphique africain. Cette concentration permet aux étudiants de s’immerger pleinement dans les méthodologies et les enjeux d’une discipline exigeante, en explorant en profondeur les multiples facettes de l’analyse et de l’interprétation des œuvres chorégraphiques issues du continent et de ses diasporas.
L’objectif principal est de forger des experts capables de dépasser la simple appréciation pour formuler un jugement esthétique et technique rigoureusement argumenté. Les étudiants apprendront à déceler et à analyser les influences profondes des traditions et des rituels qui nourrissent la danse contemporaine, leur donnant ainsi les clés pour comprendre la complexité et la richesse des créations actuelles. Cette maîtrise analytique se concrétisera par la capacité à produire des articles de critique artistique percutants, respectant les standards éditoriaux et déontologiques de la profession, transformant ainsi une compétence académique en un savoir-faire directement opérationnel.
Cette formation ouvre la voie à des métiers d’influence au cœur de l’écosystème culturel. Les diplômés pourront embrasser des carrières de Critique de danse, de Journaliste culturel spécialisé ou de Conseiller artistique pour des compagnies et des ballets. Sur le marché de l’emploi en RDC, en pleine effervescence créative, ces professionnels jouent un rôle crucial : ils ne sont pas seulement des observateurs, mais des médiateurs essentiels qui structurent le débat public, guident les choix des programmateurs et contribuent à la reconnaissance nationale et internationale des artistes chorégraphiques congolais.
- PRÉLIMINAIRES
- PARTIE 1 : FONDEMENTS ÉPISTÉMOLOGIQUES ET HISTORIOGRAPHIQUES
- Chapitre I. Décoloniser le regard : Archéologie des discours sur la danse africaine
- I.1 L’archive coloniale : Entre fascination ethnographique et déni artistique
- I.2 La fabrique de la “tradition” et la politique de l’authenticité
- I.3 Le corps résistant : Stratégies de subversion et espaces de création clandestins
- I.4 Premières narrations post-indépendance : L’émergence d’auteurs chorégraphes
- Chapitre II. Le corps rituel : Matrice des sémantiques chorégraphiques
- Chapitre III. Scènes contemporaines : Ruptures, hybridations et dialogues globaux
- III.1 L’impact des techniques occidentales : Assimilation, rejet et synthèse
- III.2 Studios Kabako et l’écosystème de la création à Kisangani
- III.3 La diaspora comme laboratoire : Nouvelles esthétiques et circulations des savoirs
- III.4 Économie de la danse : Festivals, financements et réseaux internationaux
- PARTIE 2 : Méthodologies de la Critique et Études de Cas Congolais
- Chapitre IV. Grilles d’Analyse et Outils Herméneutiques
- Chapitre V. Dialectique Tradition-Modernité dans la Scène Congolaise
- Chapitre VI. La Pratique Professionnelle de la Critique : de l’Écriture à la Diffusion
- ANNEXES
PRÉLIMINAIRES
I. Note à l’attention de l’étudiant en Master
Ce manuel constitue un instrument de travail et de production intellectuelle. Il est conçu pour vous transformer en analyste aguerri, capable de déconstruire les œuvres chorégraphiques avec une rigueur scientifique et une acuité critique. Chaque chapitre est une étape vers la maîtrise d’une compétence monnayable sur le marché de l’art et de la culture. L’exigence est élevée, car le but est de former une élite de critiques et de conseillers artistiques capables de structurer et de valoriser le secteur de la danse en RDC.
II. Objectifs pédagogiques et compétences visées
L’objectif terminal est la production d’une critique de danse publiable. Pour y parvenir, l’étudiant devra maîtriser trois compétences nodales. Premièrement, porter un jugement esthétique et technique argumenté sur une œuvre, en s’appuyant sur une grille d’analyse précise. Deuxièmement, analyser les influences des traditions et rituels dans la danse contemporaine, notamment congolaise. Troisièmement, rédiger des articles de critique artistique selon les normes professionnelles internationales, en adaptant le propos aux publics ciblés, du lectorat spécialisé au grand public.
III. Méthodologie de la critique d’art : Protocole d’analyse
La critique d’art n’est pas une opinion, c’est une expertise. Ce module impose un protocole strict en trois temps : description, analyse, interprétation. La description (kinesthésique, scénographique, sonore) doit être objective et exhaustive. L’analyse met en relation ces éléments pour dégager la structure et les intentions de l’œuvre. L’interprétation, enfin, situe l’œuvre dans son contexte socioculturel et esthétique, évalue sa portée et sa pertinence. L’étudiant appliquera ce protocole à des œuvres du répertoire des Ballets et Théâtres de Kinshasa.
PARTIE 1 : FONDEMENTS ÉPISTÉMOLOGIQUES ET HISTORIOGRAPHIQUES
Chapitre I. Décoloniser le regard : Archéologie des discours sur la danse africaine
La postcolonie, concept forgé par Achille Mbembe, constitue la colonne vertébrale de cette analyse. Le cours heurte intentionnellement les archives ethnographiques coloniales, qui réduisaient la danse à un fait tribal, aux récits des praticiens et aux productions contemporaines pour exhumer une factualité artistique étouffée. Ce choc des sources vise un objectif clair. Il s’agit d’armer le critique d’outils herméneutiques précis pour déconstruire les narratifs dominants et produire une historiographie rigoureuse de la danse en RDC et en Afrique.
I.1 L’archive coloniale : Entre fascination ethnographique et déni artistique
Une connaissance approfondie des dynamiques de l’archive coloniale est un prérequis. Ce point examine comment les administrateurs, missionnaires et ethnographes belges ont documenté les danses congolaises, les classifiant comme primitives ou folkloriques. En analysant ces documents sources (films, écrits), l’étudiant apprendra à identifier les biais idéologiques et à mesurer l’impact de cette taxonomie sur la perception des arts du corps. Il sera capable de rédiger une contre-analyse critique d’un document d’archive.
I.2 La fabrique de la “tradition” et la politique de l’authenticité
Sous l’angle de la politique culturelle mobutiste, le “recours à l’authenticité” a paradoxalement figé les pratiques chorégraphiques. Ce sous-chapitre analyse la création des grands ballets nationaux comme des instruments de propagande, standardisant et spectacularisant des répertoires rituels. L’étudiant disséquera les spectacles de cette période pour comprendre les mécanismes de cette “traditionalisation”. Il forgera la compétence de distinguer une pratique rituelle vivante d’une reconstruction scénique à visée identitaire.
I.3 Le corps résistant : Stratégies de subversion et espaces de création clandestins
Face à la double pression coloniale puis étatique, le corps dansant est devenu un lieu de résistance politique et culturelle. Cette section explore les formes de danse urbaines et populaires (telles que les danses des jeunes de Kinshasa) comme des actes de réappropriation symbolique. En étudiant les codes et les gestuelles de ces pratiques “clandestines”, l’étudiant apprendra à lire le non-dit et à interpréter la danse comme un commentaire social. Il saura analyser une performance populaire comme un texte politique.
I.4 Premières narrations post-indépendance : L’émergence d’auteurs chorégraphes
Critiquant l’approche monolithique des ballets nationaux, une première génération de chorégraphes a cherché à imposer une vision d’auteur. Ce segment se concentre sur les figures pionnières qui, dès les années 70 et 80, ont initié un dialogue entre leurs héritages et les techniques occidentales. L’analyse de leurs œuvres fondatrices permet de tracer la genèse de la danse contemporaine africaine. L’étudiant sera apte à identifier et à périodiser les styles des premiers maîtres chorégraphes de la RDC.
Chapitre II. Le corps rituel : Matrice des sémantiques chorégraphiques
La controverse sur la sécularisation des gestes sacrés sur scène est au cœur des débats sur la danse africaine. Ce chapitre tranche le débat en proposant une grille d’analyse sémiologique des pratiques rituelles, comme le Zebola ou les danses Luba, non pas pour leur valeur exotique mais comme des répertoires kinésiques complexes. Comment traduire une grammaire spirituelle en langage scénique sans la trahir ? En répondant, l’apprenant structurera une méthodologie pour évaluer la pertinence dramaturgique des emprunts au sacré.
II.1 Du rite de possession à la représentation : Analyse du cas Zebola
D’origine Kongo, le rite de possession Zebola offre un cas d’étude paradigmatique sur la transformation du rituel en spectacle. Ce sous-chapitre analyse les phases du rite, ses codes gestuels et sa fonction thérapeutique pour les comparer à leurs réinterprétations par des chorégraphes comme Faustin Linyekula. L’étudiant apprendra à évaluer la charge symbolique conservée ou perdue dans cette translation. Il développera une expertise dans l’analyse comparative entre pratique in situ et adaptation scénique.
II.2 Grammaire des gestes sacrés : Symbolisme et communication non-verbale
Au-delà de l’esthétique, chaque geste dans une danse rituelle Pende ou Yaka est un phonème d’un langage corporel précis. Cette section propose une déconstruction systématique de ces gestuelles, en les liant à des cosmogonies et des structures sociales spécifiques. En s’appuyant sur des archives vidéo et des entretiens, l’étudiant cataloguera et interprétera ces lexiques gestuels. Il acquerra la capacité de “lire” une danse traditionnelle et d’en extraire la signification narrative et symbolique.
II.3 Le masque et le costume : Agents de transformation du corps dansant
Héritage direct des sociétés initiatiques, le masque n’est pas un simple accessoire mais un opérateur de métamorphose. Ce module examine comment le port du masque et de costumes spécifiques (en raphia, perles, etc.) modifie radicalement la dynamique, la spatialité et l’identité du danseur. L’analyse portera sur la manière dont les chorégraphes contemporains, comme ceux du Kasaï, réutilisent ces objets. L’étudiant saura analyser l’impact dramaturgique et kinésique du costume sur la performance.
II.4 Polyrhythmies et structures musicales : L’ossature invisible de la danse
Une connaissance approfondie des structures polyrythmiques est indispensable pour analyser la danse congolaise. Ce point dissèque la relation symbiotique entre le maître-tambour et les danseurs, où le son sculpte le mouvement et vice-versa. À travers l’écoute active et l’analyse de partitions rythmiques de musiques mongo ou tetela, l’étudiant comprendra comment la complexité musicale génère la complexité chorégraphique. Il sera capable d’analyser une pièce en fonction de sa construction rythmique et de son architecture sonore.
Chapitre III. Scènes contemporaines : Ruptures, hybridations et dialogues globaux
1997 marque une rupture. La chute du régime de Mobutu et l’ouverture relative du pays ont coïncidé avec l’émergence d’une nouvelle scène chorégraphique à Kinshasa, plus critique et connectée au réseau international. Ce chapitre plonge au cœur de cette mutation. En analysant les œuvres nées de ce contexte, des Studios Kabako aux collectifs urbains, l’approche se veut strictement terrain. L’étudiant y forgera une compétence clé : cartographier l’écosystème de la danse contemporaine et évaluer la portée politique des créations actuelles.
III.1 L’impact des techniques occidentales : Assimilation, rejet et synthèse
Face à l’afflux de techniques comme celles de Cunningham ou de la danse-théâtre de Pina Bausch, les chorégraphes congolais ont dû se positionner. Ce sous-chapitre analyse les différentes stratégies adoptées, de l’imitation à la critique en passant par l’hybridation créative. L’étude de pièces spécifiques montrera comment ces influences sont digérées et réinvesties pour servir un propos local. L’étudiant saura identifier les emprunts techniques et évaluer l’originalité de la synthèse produite par un chorégraphe.
III.2 Studios Kabako et l’écosystème de la création à Kisangani
Formalisée par Faustin Linyekula, la démarche des Studios Kabako à Kisangani constitue un modèle de production artistique ancré dans son territoire. Ce segment étudie ce lieu comme un laboratoire qui lie création, formation et engagement social, en dialogue direct avec les traumatismes de la région. En analysant le processus de création du studio, l’étudiant comprendra le modèle économique et social d’un centre chorégraphique en Afrique centrale. Il pourra évaluer la pertinence d’un projet artistique par rapport à son contexte.
III.3 La diaspora comme laboratoire : Nouvelles esthétiques et circulations des savoirs
Au cœur de la controverse sur l’authenticité, les artistes de la diaspora congolaise en Europe (Belgique, France) développent des esthétiques singulières. Ce module analyse comment la distance et la confrontation à d’autres réalités nourrissent leur travail, souvent axé sur les questions d’identité, de mémoire et d’appartenance. L’étude de leurs créations permet de comprendre les flux et reflux des influences. L’étudiant sera capable d’analyser l’apport spécifique de la diaspora à la vitalité de la danse congolaise.
III.4 Économie de la danse : Festivals, financements et réseaux internationaux
Sous l’angle de la survie économique, la création chorégraphique en RDC est dépendante des réseaux de diffusion et de financement internationaux. Cette section cartographie les principaux festivals, fondations et biennales qui programment et financent les artistes congolais. L’analyse critique de ce système mettra en lumière ses opportunités et ses biais, notamment le risque d’une standardisation des formats. L’étudiant saura conseiller un artiste sur les stratégies de production et de diffusion à l’international.
PARTIE 2 : Méthodologies de la Critique et Études de Cas Congolais
Chapitre IV. Grilles d’Analyse et Outils Herméneutiques
La cinétographie Laban, système de notation du mouvement conçu en 1928, offre une grille de lecture objective pour décomposer la performance physique. Ce chapitre applique cette rigueur analytique aux danses congolaises, souvent perçues comme purement instinctives. En décodant la dynamique, l’espace et le flux des gestes rituels du Kivu ou des danses urbaines de Kinshasa, l’analyse dépasse l’impressionnisme. L’étudiant forgera une compétence d’observation chirurgicale pour quantifier et qualifier la matière chorégraphique brute, fondant sa critique sur des faits matériels.
IV.1 L’analyse sémiotique du geste dansé
Héritée des travaux de Ferdinand de Saussure, l’approche sémiotique traite le geste comme un signe porteur de sens. Ce module déconstruit la grammaire corporelle des danses Luba, où chaque posture et mouvement de main constitue un énoncé social ou politique précis. Une analyse rigoureuse des signifiants (le geste) et des signifiés (le message culturel) est menée. L’étudiant apprendra à lire une chorégraphie comme un texte, en identifiant son lexique et sa syntaxe symbolique pour en révéler la signification profonde.
IV.2 La grille d’analyse sociologique et contextuelle
Une compréhension fine des conditions de production est indispensable à toute critique sérieuse. Ce sous-chapitre fournit une méthode pour enquêter sur le financement, les commandes institutionnelles et le public cible d’une œuvre, notamment en comparant les ballets officiels aux collectifs indépendants de Lubumbashi. L’analyse révèle comment le contexte économique et politique façonne l’esthétique et le discours d’une création. L’apprenant saura cartographier l’écosystème d’une pièce pour en évaluer la portée et les contraintes réelles.
IV.3 Les critères du jugement esthétique : forme, composition et innovation
Face au risque de subjectivité, l’évaluation esthétique exige des critères objectivables. Cette section se concentre sur l’analyse formelle : l’usage de l’espace scénique, la structure rythmique, la dramaturgie du mouvement et l’originalité de la composition. En appliquant cette grille à des créations contemporaines de Goma, on distingue l’innovation véritable de la simple répétition stylistique. L’étudiant développera la capacité de formuler un jugement de valeur argumenté, fondé sur des éléments techniques et compositionnels précis.
IV.4 L’approche intertextuelle : dialogues et filiations chorégraphiques
Sous l’angle de l’intertextualité, aucune œuvre n’est une île. Ce segment enseigne à repérer les citations, les hommages ou les ruptures qu’une chorégraphie entretient avec d’autres traditions, qu’il s’agisse du ballet classique ou des danses rituelles Pende. Comment un jeune créateur de Kinshasa dialogue-t-il avec l’héritage de Germaine Acogny tout en l’ancrant dans la gestuelle locale ? L’étudiant apprendra à situer une création dans un réseau de filiations pour en mesurer la singularité.
Chapitre V. Dialectique Tradition-Modernité dans la Scène Congolaise
La querelle entre “authenticité” et “création contemporaine” paralyse souvent l’analyse de la danse africaine. Ce chapitre tranche ce débat en l’appliquant aux réalités scéniques de la RDC, où les rituels ancestraux sont constamment réinventés pour le plateau. Comment les chorégraphes congolais négocient-ils cet héritage sans tomber dans le folklore ou l’hermétisme avant-gardiste ? En répondant, l’étudiant forgera une méthodologie critique pour évaluer la pertinence d’une œuvre qui fusionne passé et présent, local et global.
V.1 L’héritage des Ballets Nationaux : entre propagande et patrimoine
Fondés dans un élan post-indépendance, les ballets nationaux congolais ont servi à la fois d’outil de propagande culturelle et de conservatoire des traditions. Ce module examine de manière critique cet héritage ambivalent, en analysant des archives filmiques et des témoignages d’anciens danseurs. L’étude se focalise sur la stylisation et la théâtralisation des danses régionales pour une consommation nationale et internationale. L’étudiant saura discerner l’intention politique derrière une esthétique patrimoniale et en évaluer l’impact durable.
V.2 Phénoménologie des danses urbaines : le cas du Ndombolo
D’origine populaire, la danse Ndombolo incarne les dynamiques sociales et économiques de Kinshasa. Cette section propose une analyse phénoménologique de ses gestes, de son rapport à la musique et de sa circulation médiatique. Loin de la simple analyse de divertissement, le cours explore comment cette danse exprime les aspirations, les frustrations et la résilience de la jeunesse urbaine. Le futur critique apprendra à décrypter une forme populaire comme un sismographe social, révélant les tensions d’une mégalopole africaine.
V.3 Figures de la danse contemporaine : le cas Faustin Linyekula
Une connaissance approfondie des figures majeures est cruciale. Ce sous-chapitre est une monographie critique de l’œuvre de Faustin Linyekula, figure centrale de la danse contemporaine non seulement en RDC mais sur la scène mondiale. L’analyse de ses pièces maîtresses, comme “Studios Kabako”, met en lumière sa démarche de “réparation” des corps et des mémoires meurtris par l’histoire congolaise. L’étudiant acquerra la capacité d’analyser en profondeur le parcours et le langage d’un auteur chorégraphique majeur.
V.4 La réactivation des rituels : de la transe à la scène
La transposition du rituel sur scène pose des questions éthiques et esthétiques fondamentales. Ce segment analyse comment les chorégraphes congolais s’inspirent des pratiques de possession et de transe (comme le Zebola) pour créer des formes contemporaines. Comment préserver la puissance du rituel sans le vider de sa substance ou le transformer en spectacle exotique ? L’apprenant développera un regard critique sur les processus de traduction culturelle et les enjeux de la représentation de la spiritualité.
Chapitre VI. La Pratique Professionnelle de la Critique : de l’Écriture à la Diffusion
Le jargon universitaire rend souvent la critique d’art inaccessible. La fracture entre l’analyse savante et le journalisme culturel grand public exige de repenser les formats d’écriture. C’est l’ambition stricte de ce module. Nous corrigeons cette faille par l’étude appliquée des techniques de vulgarisation et d’écriture pour des médias variés, de la revue spécialisée au podcast. À l’issue de cette section, le critique saura adapter son discours. Sa mission : produire un texte à la fois rigoureux et percutant.
VI.1 L’architecture de l’article de critique
Structurer une argumentation est la compétence première du critique. Ce module dissèque la construction d’un article de critique efficace : l’accroche, la présentation contextuelle, le développement de l’analyse technique et esthétique, et la formulation d’un jugement conclusif. Des modèles d’articles publiés sur la scène kinoise sont analysés et déconstruits pour en extraire les principes rhétoriques. L’étudiant maîtrisera un plan d’écriture systématique pour transformer ses observations en un texte cohérent, persuasif et professionnellement publiable.
VI.2 L’adaptation stylistique aux supports médiatiques
Un style unique pour tous les médias est une erreur stratégique. Cette section enseigne l’art de moduler son écriture selon le support : la concision pour un journal quotidien, la densité analytique pour une revue académique, le ton oralisé pour une chronique radio ou un podcast. Des exercices pratiques de réécriture d’une même critique pour différents médias congolais (presse écrite, web, radio) sont au cœur du module. Le diplômé sera un communicant polyvalent, capable d’atteindre diverses audiences.
VI.3 Éthique et déontologie du critique de danse
La crédibilité du critique repose sur son intégrité. Ce segment aborde les questions déontologiques cruciales : la gestion des conflits d’intérêts, la distinction entre critique et promotion, la responsabilité face aux artistes et au public, et l’objectivité face aux amitiés dans le milieu artistique local. À travers des études de cas concrets tirés du contexte culturel de la RDC, l’étudiant forgera une boussole éthique. Il saura naviguer les complexités relationnelles du métier pour garantir son indépendance.
VI.4 Stratégies de réseautage et insertion professionnelle
Maîtriser l’écriture ne suffit pas ; il faut savoir se positionner. Ce dernier sous-chapitre est un guide pragmatique pour l’insertion professionnelle du critique de danse en RDC et à l’international. Il couvre la création d’un portfolio, l’identification des rédacteurs en chef, la participation active aux festivals (comme le festival Connexion-K) et l’utilisation stratégique des réseaux sociaux pour bâtir une réputation. L’étudiant élaborera un plan de carrière personnalisé pour monétiser son expertise critique.
ANNEXES
A. Glossaire Sémantique et Corporel des Danses Congolaises
L’imprécision terminologique constitue le principal écueil de la critique chorégraphique, la réduisant souvent à un commentaire subjectif. Cet outil y remédie en établissant une correspondance stricte entre le vocabulaire technique (ex: “ondulation lombaire”, “frappe tellurique”) et sa signification rituelle ou sociale dans les traditions Kongo et Luba. Le critique acquiert ainsi un langage d’une précision chirurgicale, capable de décoder et de verbaliser la grammaire corporelle d’une performance sans recourir à l’impressionnisme.
B. Cartographie des Chorégraphes et Compagnies Influentes (RDC & Diaspora)
Une connaissance approfondie des lignées artistiques est non-négociable pour tout critique sérieux. Cette annexe cartographie les filiations et ruptures esthétiques entre les figures tutélaires (Germaine Acogny), les maîtres congolais (Faustin Linyekula), et la scène émergente, de Kinshasa à Bruxelles, en visualisant les flux de techniques et de concepts. Le futur conseiller artistique y forgera une vision systémique du paysage chorégraphique, lui permettant de contextualiser une création et d’identifier les talents de demain avec une acuité stratégique.
C. Protocole de Rédaction d’une Critique de Danse (Grille d’Observation et Canevas)
Face à l’impressionnisme journalistique, la crédibilité d’un critique repose sur une méthode systématique. Ce protocole fournit une grille d’observation in-situ (kinésique, scénographie, son) et une matrice d’analyse post-représentation pour structurer l’argumentaire avant même la première ligne rédigée. L’étudiant internalise ainsi un processus de travail rigoureux, lui permettant de produire un article de fond argumenté et publiable dans des délais de presse serrés, transformant l’opinion subjective en expertise démontrée.
D. Vade-mecum Juridique et Administratif du Spectacle Vivant en RDC
La précarité juridique des artistes en RDC freine souvent les initiatives les plus audacieuses. Ce vade-mecum pragmatique démystifie le cadre légal national, des statuts d’une compagnie de danse à la négociation des contrats de cession et la déclaration des œuvres à la SOCODA. Le futur conseiller artistique ou manager culturel acquiert une compétence rare et décisive : la capacité de blinder juridiquement un projet, d’en sécuriser l’exploitation et de défendre les intérêts des créateurs face aux diffuseurs.
Comment la notion de ‘tradition’ fige-t-elle la perception globale des danses africaines, et quelles en sont les implications scéniques contemporaines ?
📚 Source :Travaux de Alphonse Tiérou sur le masquage culturel via Cairn.info
En quoi le corps dansant devient-il un site de contestation politique et de réécriture de l’histoire dans les contextes post-coloniaux africains ?
📚 Source :Travaux de Achille Mbembe sur la postcolonie via Google Scholar
De quelle manière la diffusion numérique reconfigure-t-elle l’esthétique, la pédagogie et l’économie des danses d’origine africaine ?
📚 Source :Travaux de Hélène Neveu Kringelbach sur la circulation diasporique via JSTOR
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