Étudiants en sciences de l'environnement appliquant des techniques de bio-remédiation sur un site en RDC.

Assainissement et Bio-remédiation des sites contaminés

Procédés de biodégradation pour la dépollution des sols

Édition 2026 – Réforme LMD – Enseignement supérieur et universitaire en RDC.

  • Code Officiel : ABC2231
  • Domaine : Sciences et Technologie
  • Filière : Télédétection
  • Mention : Contrôle Qualité et Environnement (CQE)
  • Année d’étude : Master 2
  • Semestre : Semestre 3
Consulter les Modalités, Compétences et Débouchés

Cette Unité d’Enseignement (UE), valorisée à 6 crédits ECTS, est conçue comme un parcours intégré et cohérent. Elle s’articule de manière équilibrée autour de deux Éléments Constitutifs (EC) complémentaires, chacun doté de 3 crédits. Le premier pilier, l’Assainissement, pose les bases de la gestion des eaux usées et des déchets, tandis que le second, la Bio-remédiation des sites contaminés, explore des techniques biologiques de pointe pour la restauration des écosystèmes dégradés, offrant ainsi une vision complète des enjeux et des solutions en ingénierie environnementale.

Au-delà des savoirs théoriques, cette UE vise à forger des compétences opérationnelles de haut niveau. Les apprenants seront formés à évaluer les problèmes de pollution touchant l’eau, l’air et le sol, en posant des diagnostics précis sur les sources et l’étendue des contaminations. Forts de cette analyse, ils apprendront à concevoir des solutions technologiques innovantes et durables, capables de remédier aux impacts des activités humaines. Cette approche pragmatique garantit la formation de professionnels aptes à protéger activement l’environnement et la santé publique dans une perspective de développement soutenable.

Les diplômés de cette UE sont préparés à intégrer des postes stratégiques et très recherchés, notamment en tant qu’Ingénieur en Environnement, Ingénieur en Management et Développement Durable, ou Ingénieur en Sécurité Hygiène et Environnement. Sur le marché de l’emploi en République Démocratique du Congo, confrontée à des défis majeurs liés à l’exploitation minière, à l’urbanisation rapide et à la gestion des ressources naturelles, ces experts jouent un rôle crucial. Ils sont les acteurs clés de la transition écologique, pilotant des projets de mise en conformité, de réhabilitation de sites et de déploiement de technologies propres, essentielles au développement économique responsable du pays.

SOMMAIRE NAVIGABLE

PRÉLIMINAIRES

I. Épistémologie et Enjeux Scientifiques du Domaine

L’avènement de la chimie industrielle au XIXe siècle a initié une ère de contamination systémique, longtemps ignorée. La science de l’assainissement a évolué d’une simple approche de dilution ou de confinement vers une discipline complexe, intégrant la toxicologie, l’hydrogéologie et la microbiologie. Aujourd’hui, le paradigme mute vers la bio-remédiation, qui ne vise plus à déplacer le polluant mais à le métaboliser au sein de l’écosystème. Cette transition épistémologique fondamentale impose de considérer le site pollué non comme un déchet, mais comme un métabolisme à réparer.

II. Cartographie des Compétences et Transversalité

Fondée sur une triple compétence, cette unité d’enseignement forge une expertise opérationnelle unique. L’évaluation des pollutions mobilise la chimie analytique et la géostatistique pour quantifier le risque. La conception de solutions technologiques convoque le génie des procédés et la biologie moléculaire pour innover dans le respect du développement durable. Enfin, la remédiation des impacts exige des compétences en gestion de projet, en droit de l’environnement et en sociologie pour garantir l’acceptabilité et la pérennité des interventions, créant un profil d’ingénieur polyvalent et immédiatement employable.

III. Alignement Stratégique avec les Réalités Opérationnelles

Face aux défis de l’exploitation minière au Katanga, de la pollution pétrolière dans le golfe de Guinée ou de la gestion des déchets urbains à Kinshasa, la maîtrise de l’assainissement est une compétence à haute valeur ajoutée. Ce cours ancre délibérément les savoirs dans ce contexte. Il prépare les ingénieurs à répondre aux appels d’offres des compagnies minières soumises au nouveau code, à développer des solutions de dépollution frugales pour les PME locales et à auditer la conformité environnementale des grands projets d’infrastructure, transformant un problème écologique en opportunité économique.

Chapitre I. Cadre Normatif et Diagnostic des Pollutions

I.1 Évaluation du Risque Toxicologique et Écotoxicologique

La révision de 2018 du Code minier congolais a imposé une responsabilité environnementale accrue, rendant l’évaluation du risque non négociable. Cette section déconstruit la méthodologie d’évaluation des risques pour la santé humaine et les écosystèmes, en se focalisant sur le calcul des Valeurs Toxicologiques de Référence (VTR) et la modélisation des voies d’exposition. L’objectif est de quantifier le danger de manière juridiquement et scientifiquement défendable, transformant la perception d’une pollution en une donnée chiffrée, base de toute décision d’assainissement ou de confinement.

I.2 Stratégies d’Échantillonnage et Caractérisation Analytique

Sous l’angle de la précision, la validité d’un diagnostic de pollution repose entièrement sur la robustesse du plan d’échantillonnage. Ce module détaille les méthodes (maillage systématique, échantillonnage dirigé) et les outils (carottiers, sondes) adaptés aux sols et aux eaux souterraines en contexte africain. Il aborde ensuite les techniques analytiques de pointe (GC-MS, ICP-MS) et leurs alternatives frugales (kits colorimétriques, spectrométrie XRF portable), en insistant sur l’assurance qualité et la chaîne de traçabilité, indispensables pour garantir la fiabilité des données face aux contraintes logistiques et énergétiques locales.

I.3 Critique des Modèles de Transfert et de l’Incertitude

Les modèles mathématiques prédisant la dispersion des polluants, tels que le modèle de l’advection-dispersion, montrent leurs limites dans les sols tropicaux hétérogènes. La forte pluviométrie et l’intense activité biologique modifient radicalement la mobilité des contaminants, invalidant souvent les approches standards. Cette analyse critique expose les failles de ces modèles et introduit les approches probabilistes (simulation de Monte Carlo) pour quantifier l’incertitude. L’ingénieur apprend ainsi à ne pas subir un modèle, mais à en maîtriser les limites pour produire un diagnostic plus honnête et résilient.

I.4 Mise en Situation : Audit Environnemental d’un Site Minier Artisanal

Confronté à un ancien site d’orpaillage près de Kisangani, l’étudiant doit réaliser un audit complet de Phase I et II. La mission consiste à définir une stratégie d’échantillonnage pour caractériser la contamination au mercure et au cyanure, en tenant compte des contraintes d’accès et de budget. Il devra ensuite interpréter les résultats d’analyse, évaluer les risques pour les populations riveraines et la faune aquatique, et rédiger un rapport préliminaire proposant des mesures d’urgence, un exercice qui synthétise toutes les compétences du chapitre dans un cas réel.

Chapitre II. Ingénierie des Procédés Physico-Chimiques d’Assainissement

II.1 Fondements Thermodynamiques et Cinétiques de la Dépollution

Toute technologie de dépollution est gouvernée par les lois de la thermodynamique et de la cinétique chimique. Ce sous-chapitre établit les fondations théoriques des procédés d’oxydation, de réduction, d’adsorption et de précipitation. En analysant les diagrammes de Pourbaix (potentiel-pH) et les isothermes d’adsorption (Langmuir, Freundlich), l’étudiant acquiert la capacité de prédire la faisabilité et l’efficacité d’un traitement pour un polluant donné. Cette maîtrise conceptuelle est le prérequis absolu pour concevoir une solution d’assainissement au lieu de simplement en appliquer une.

II.2 Conception des Réacteurs et Unités de Traitement

De la théorie à l’ingénierie, ce segment se concentre sur le dimensionnement des équipements clés de l’assainissement physico-chimique. Il couvre la conception de colonnes à charbon actif pour l’adsorption de micropolluants, de réacteurs discontinus pour l’oxydation chimique par le réactif de Fenton, et de bassins de décantation pour la précipitation des métaux lourds. L’accent est mis sur l’optimisation des paramètres opératoires (temps de séjour, dosage des réactifs, pH) pour maximiser l’efficacité d’élimination tout en minimisant les coûts d’investissement et de fonctionnement.

II.3 Limites Énergétiques et Production de Déchets Secondaires

L’efficacité des traitements physico-chimiques se paie souvent au prix d’une forte consommation énergétique et de la production de résidus complexes. Le “thermal desorption” est énergivore, tandis que la précipitation chimique génère des boues toxiques qu’il faut ensuite gérer. Cette analyse critique évalue le bilan environnemental global de chaque technologie, introduisant les concepts d’Analyse du Cycle de Vie (ACV). L’ingénieur apprend ainsi à choisir une solution non seulement pour son efficacité de dépollution, mais aussi pour son impact environnemental et économique global.

II.4 Application : Traitement d’Effluents d’une Teinturerie à Lubumbashi

Une PME de teinture textile rejette des effluents chargés en colorants azoïques et en métaux lourds, menaçant la nappe phréatique locale. L’étudiant doit concevoir une chaîne de traitement compacte et économique. La solution doit combiner une étape de coagulation-floculation-décantation pour abattre les métaux et une étape d’oxydation avancée (type photo-Fenton solaire) pour dégrader les colorants récalcitrants. Le défi est de proposer une ingénierie robuste, facile à opérer et utilisant au maximum les ressources locales, comme l’intense ensoleillement.

Chapitre III. Techniques de Confinement et de Stabilisation des Polluants

III.1 Philosophie du Confinement : Isolation versus Élimination

Lorsque la dépollution est techniquement ou économiquement irréalisable, le confinement devient la seule stratégie viable. Ce postulat ouvre une réflexion sur la gestion du risque à long terme. Ce module explore les concepts de stabilisation/solidification (S/S) qui visent à réduire la mobilité et la toxicité des polluants en les piégeant dans une matrice solide (ciment, argile, verre). Il s’agit de transformer un déchet dangereux en un matériau inerte, en acceptant la responsabilité de sa surveillance sur le très long terme.

III.2 Ingénierie des Barrières Géotechniques et Synthétiques

La mise en œuvre du confinement repose sur des ouvrages de génie civil spécifiques. Ce sous-chapitre détaille la conception et la construction des barrières d’étanchéité : parois moulées, rideaux d’injection, et systèmes multicouches associant géomembranes (PEHD) et géosynthétiques bentonitiques (GSB). Une attention particulière est portée à l’adaptation de ces technologies aux conditions climatiques équatoriales, notamment la résistance aux UV, aux fortes températures et à la biodégradation, pour garantir une performance sur plusieurs décennies dans un environnement agressif.

III.3 Analyse Critique : Le Pari de la Pérennité et l’Éthique Intergénérationnelle

Le confinement est un pari sur l’avenir. Il repose sur l’hypothèse que les barrières ne failliront pas et que la mémoire institutionnelle assurera la surveillance du site pour des siècles. Cette section confronte cette vision optimiste à la réalité des défaillances techniques (lixiviation, séismes) et des ruptures sociopolitiques. Elle soulève la question éthique fondamentale du transfert de la charge environnementale aux générations futures. L’ingénieur est ainsi formé à présenter le confinement non comme une solution définitive, mais comme une option de gestion du risque dont les limites doivent être clairement énoncées.

III.4 Cas Pratique : Conception d’une Alvéole de Stockage pour Résidus Miniers

Face à l’accumulation de résidus miniers riches en métaux lourds (plomb, cadmium) dans la ceinture de cuivre, l’étudiant doit concevoir une alvéole de stockage sécurisée. La mission impose de dimensionner un système de drainage des lixiviats, de spécifier un complexe d’étanchéité fond et couverture adapté au contexte hydrologique local, et de proposer un plan de revégétalisation. Le projet doit intégrer une analyse de stabilité des digues et un plan de surveillance post-fermeture, démontrant une maîtrise complète de l’ingénierie du confinement.

Chapitre IV. Principes de Biodégradation et Écologie Microbienne Appliquée

IV.1 Potentiel Métabolique du Vivant : De la Biostimulation à la Bioaugmentation

D’origine naturelle, la capacité des micro-organismes à dégrader les composés organiques constitue le fondement de la bio-remédiation. Ce segment explore les stratégies visant à exploiter ce potentiel : la biostimulation, qui consiste à optimiser les conditions environnementales (nutriments, oxygène) pour la flore indigène, et la bioaugmentation, qui implique l’introduction de souches microbiennes exogènes hautement performantes. La distinction entre ces deux approches est cruciale, car elle conditionne la conception, le coût et l’acceptabilité réglementaire de tout projet de dépollution biologique.

IV.2 Outils de la Microbiologie Environnementale : Isolement et Identification Moléculaire

Pour piloter la biodégradation, il faut d’abord connaître les acteurs microbiens. Ce module présente les techniques de laboratoire pour isoler et cultiver les micro-organismes d’intérêt à partir d’échantillons de sol ou d’eau contaminés. Il introduit ensuite les outils de la biologie moléculaire (PCR, séquençage à haut débit) qui permettent de caractériser la structure et la fonction des communautés microbiennes sans passer par la culture. Ces méthodes offrent une vision précise du potentiel de biodégradation d’un site et permettent de suivre l’efficacité d’un traitement en temps réel.

IV.3 Le Verrou de la Bio-disponibilité et les Limites Cinétiques

La présence d’un polluant et de microbes capables de le dégrader ne garantit pas le succès de la bio-remédiation. Le principal obstacle est la bio-disponibilité : le polluant peut être fortement adsorbé aux particules du sol ou piégé dans des phases non aqueuses, le rendant inaccessible aux enzymes microbiennes. Cette section analyse ce verrou physico-chimique et discute des stratégies pour l’outrepasser (usage de surfactants, co-métabolisme), tout en reconnaissant la lenteur inhérente des processus biologiques, qui les rend parfois incompatibles avec les urgences opérationnelles.

IV.4 Application : Évaluation du Potentiel de Bio-remédiation d’un Sol Contaminé par des HAP

Un garage automobile à Kinshasa a contaminé le sol adjacent avec des huiles de vidange riches en Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP). L’étudiant doit prélever des échantillons, réaliser des tests en microcosmes au laboratoire pour comparer l’efficacité de la biostimulation (ajout d’engrais N-P-K) et de l’atténuation naturelle. En suivant la dégradation des HAP et la croissance bactérienne, il devra conclure sur la faisabilité d’un traitement biologique sur site et proposer un protocole de suivi adapté à un contexte urbain dense.

Chapitre V. Ingénierie de la Phytoremédiation et des Bio-barrières

V.1 La Plante Ingénieur : Concepts de Phytoextraction et Phytostabilisation

La phytoremédiation, conceptualisée par Ilya Raskin et d’autres, utilise les plantes pour dépolluer les sols et les eaux. Ce sous-chapitre dissèque les mécanismes fondamentaux : la phytoextraction, où des plantes hyperaccumulatrices extraient les métaux du sol et les concentrent dans leurs parties aériennes ; la phytostabilisation, qui utilise le système racinaire pour immobiliser les polluants et prévenir leur dispersion par l’érosion ; et la rhizodégradation, où les exsudats racinaires stimulent l’activité microbienne dégradante dans la rhizosphère. Cette approche transforme la plante en une pompe ou une ancre biologique.

V.2 Sélection des Espèces Végétales et Conception des Systèmes

Le succès de la phytoremédiation dépend du choix judicieux des espèces végétales. Ce module fournit une méthodologie pour sélectionner des plantes adaptées au climat de la RDC, tolérantes aux polluants ciblés et présentant les traits physiologiques requis (croissance rapide, système racinaire profond). Il détaille ensuite l’ingénierie des systèmes, comme la conception de zones tampons végétalisées pour intercepter le ruissellement agricole ou le dimensionnement de filtres plantés de roseaux (constructed wetlands) pour le traitement des eaux usées domestiques, une solution frugale et résiliente.

V.3 Contraintes Temporelles, Climatiques et Risques de Transfert Trophique

Malgré son élégance, la phytoremédiation est un processus lent, souvent limité aux couches superficielles du sol et dépendant des saisons. Plus grave, l’accumulation de toxines dans les plantes crée un risque de transfert vers la chaîne alimentaire si des herbivores les consomment, ou de dispersion par la chute des feuilles. Cette analyse critique évalue ces limites et les stratégies de mitigation, comme la récolte et l’incinération contrôlée de la biomasse contaminée pour récupérer l’énergie et les métaux, transformant un risque en une ressource potentielle.

V.4 Mise en Situation : Dépollution des Berges d’un Cours d’Eau Urbain

Le long d’un affluent du fleuve Congo traversant une zone péri-urbaine, les berges sont polluées par des rejets diffus et des déchets solides, entraînant une contamination en métaux lourds et en nutriments. La mission de l’étudiant est de concevoir un projet de phytoremédiation intégrée. Il devra proposer une combinaison d’espèces locales pour la phytostabilisation des berges, la phytoépuration de l’eau et la création d’une zone tampon, tout en intégrant une dimension socio-économique (sensibilisation des riverains, production de biomasse non alimentaire).

Chapitre VI. Conception et Pilotage d’un Projet de Bio-remédiation Intégré

VI.1 De l’Essai Laboratoire au Chantier : L’Étude de Faisabilité

Transposer une solution de bio-remédiation prometteuse du laboratoire au terrain est un saut critique jalonné d’incertitudes. Ce segment structure la démarche de l’étude de faisabilité : définition des objectifs de dépollution, essais pilotes sur site pour valider les performances à une échelle intermédiaire, modélisation des coûts et des délais, et analyse des contraintes réglementaires et sociales. L’objectif est de produire un dossier technique et économique solide, capable de convaincre un investisseur ou un comité de direction de la viabilité du projet de dépollution.

VI.2 Instrumentation, Suivi et Critères d’Arrêt du Traitement

Un projet de bio-remédiation est un processus vivant qui doit être piloté avec précision. Ce module couvre les outils de monitoring essentiels : sondes multi-paramètres pour le suivi in situ de l’oxygène et du potentiel redox, piézomètres pour le prélèvement d’eau souterraine, et analyses périodiques du sol pour suivre la décroissance des polluants. Il aborde la question complexe de la définition des critères d’arrêt du traitement : quand peut-on considérer que le site est “propre” et que l’intervention peut cesser en toute sécurité ?

VI.3 Analyse des Verrous Socio-Économiques et de l’Acceptabilité

La meilleure technologie de bio-remédiation peut échouer face à des barrières non techniques. Les conflits fonciers, la méfiance des communautés locales, l’absence de filières de valorisation pour les sous-produits ou l’instabilité du financement à long terme sont des risques majeurs. Cette analyse sociologique et économique arme l’ingénieur pour anticiper ces obstacles. Il apprend à intégrer la consultation des parties prenantes dès la phase de conception et à construire des modèles économiques qui assurent la durabilité du projet au-delà de la simple phase de dépollution.

VI.4 Projet Intégrateur : Plan de Gestion d’un Site “Orphelin” Contaminé

L’étudiant reçoit la charge d’un “site orphelin” : une ancienne concession industrielle abandonnée, sans responsable identifié, polluée par des hydrocarbures et des solvants chlorés. Il doit élaborer un plan de gestion complet. Sa mission inclut le diagnostic, la comparaison de plusieurs scénarios de bio-remédiation (atténuation naturelle contrôlée, biostimulation, couplage avec la phytoremédiation), la budgétisation, la recherche de financements (fonds de dépollution, partenariats public-privé) et la rédaction d’un plan de communication pour les autorités et les riverains.

ANNEXES

A. Protocole de Caractérisation Rapide de Site (Phase I ESA)

Cet outil est un guide méthodologique structuré pour l’Ingénieur en Environnement chargé d’un premier diagnostic. Il détaille les étapes de la revue historique (archives, photos aériennes, témoignages), de l’inspection de site (identification des sources potentielles de contamination, état des sols, signes de stress sur la végétation) et de la rédaction du rapport de Phase I. Son application rigoureuse permet d’évaluer les passifs environnementaux d’un terrain avant une transaction immobilière ou un projet de développement, une compétence clé pour sécuriser les investissements et éviter les contentieux futurs.

B. Guide de Conception d’un Bio-réacteur de Traitement en Batch (Frugal)

Destiné à l’Ingénieur en Management et Développement Durable, ce guide pratique propose une démarche d’innovation frugale. Il explique comment concevoir et construire un bio-réacteur de petite taille en utilisant des matériaux locaux et de récupération (fûts en plastique, pompes d’aquarium, aérateurs de bassin). Cet outil permet de réaliser des essais de traitabilité en conditions contrôlées pour des effluents de PME ou de petites communautés, offrant une solution de dépollution décentralisée, à faible coût et à haute valeur pédagogique pour les opérateurs locaux.

C. Matrice d’Analyse de Risques et de Sélection Technologique (ARST)

Cet outil d’aide à la décision est indispensable pour l’Ingénieur en Sécurité Hygiène et Environnement. Il s’agit d’une matrice multicritères permettant de comparer objectivement différentes options de remédiation pour un site donné. La matrice évalue chaque technologie selon des axes techniques (efficacité, rapidité), économiques (coûts d’investissement et d’exploitation), environnementaux (bilan carbone, production de déchets) et sociaux (acceptabilité, création d’emplois). Elle permet de justifier le choix technologique final de manière transparente et défendable face à toutes les parties prenantes du projet.

Bio-remédiation en Contexte Africain : De la Modélisation Conceptuelle à l’Urgence Opérationnelle
Comment concilier les modèles de bio-remédiation exogènes avec la résilience écologique des sols tropicaux souvent sous-estimée ?
Les modèles occidentaux traitent souvent le sol comme un substrat passif, ignorant sa vie microbienne complexe. En appliquant le concept d'”Holobionte” de Lynn Margulis, nous considérons le système plante-sol-microbe comme une entité co-évoluée. Au lieu d’introduire des microbes étrangers (bio-augmentation exogène), il faut stimuler le consortium natif déjà adapté. Cette approche, la biostimulation, respecte la résilience inhérente et exploite les relations symbiotiques existantes. Elle offre une solution plus durable pour décontaminer les sols tropicaux sans perturber leur équilibre fragile. Le paradigme se déplace ainsi de la substitution à l’amélioration ciblée de l’écosystème local, garantissant une efficacité accrue et une meilleure intégration écologique.

📚 Source :Travaux de Lynn Margulis sur le concept d’Holobionte via Wikipedia (FR)

Face à un budget limité en RDC, comment justifier le coût d’un séquenceur NGS pour caractériser un consortium microbien ?
Justifier le coût d’un séquenceur NGS passe par le concept de la “Valeur de l’Information” de Ronald A. Howard. Sans caractérisation précise, on risque d’appliquer une technique de bio-remédiation inefficace, gaspillant temps et ressources sur le long terme. Le séquençage n’est pas une dépense, mais un investissement qui réduit l’incertitude opérationnelle. Il permet de passer d’une approche “à l’aveugle” à une bio-stimulation ou bio-augmentation ciblée, maximisant les chances de succès. L’information génomique acquise prévient des échecs coûteux et garantit que chaque dollar investi dans le traitement a un impact maximal, transformant une dépense initiale élevée en une économie substantielle.

📚 Source :Travaux de Ronald A. Howard sur la Valeur de l’Information via Google Scholar

Sur un chantier minier près de Lubumbashi, une fuite d’acide contamine une source d’eau. Quelle action immédiate ?
L’urgence absolue est de briser le lien dans le modèle “Source-Voie-Récepteur” (Source-Pathway-Receptor), un pilier de l’évaluation des risques. La priorité n’est pas le traitement de la source (la fuite) mais l’interruption de la voie de contamination vers le récepteur (la communauté). Concrètement : établir un périmètre de sécurité immédiat et interdire l’accès à la source d’eau. Simultanément, déployer des solutions de confinement physique (barrages de terre, absorbants) pour bloquer la “voie” de migration du polluant. La neutralisation de l’acide à la source et la fourniture d’eau potable alternative sont les étapes suivantes, mais la rupture du lien protège instantanément les vies.

📚 Source :Travaux de Dennis Paustenbach sur le modèle Source-Pathway-Receptor via ScienceDirect

Au-delà de la technique, quelle compétence non-technique est la plus critique pour réussir un projet de dépollution en Afrique ?
La compétence la plus critique est la capacité à négocier et maintenir ce que Jim Cooney a conceptualisé comme le “Permis Social d’Opérer” (Social License to Operate). Au-delà de l’autorisation légale, c’est l’acceptation continue du projet par la communauté locale. En Afrique, où les structures communautaires sont fortes, ignorer cet aspect garantit l’échec. Cela implique une communication transparente, l’intégration des savoirs locaux, la création d’emplois et la démonstration de bénéfices tangibles pour les populations affectées. Sans cette confiance, même la meilleure technologie se heurtera à des blocages sociaux, des conflits et du vandalisme, rendant toute intervention technique vaine.

📚 Source :Travaux de Jim Cooney sur le Permis Social d’Opérer via Cairn.info


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