Étudiants en arts planifiant le budget d'un projet culturel.

Cash-flow et recherche de financement

Stratégies avancées de mobilisation des capitaux pour l'économie créative.

Édition 2026 – Réforme LMD – Enseignement supérieur et universitaire en RDC.

  • Code Officiel : CRF2231
  • Domaine : Domaine de Lettres, Langues et Arts
  • Filière : Arts Dramatiques
  • Mention : Interprétation Dramatique
  • Année d’étude : Master 2
  • Semestre : Semestre 3
Consulter les Modalités, Compétences et Débouchés

Cette Unité d’Enseignement, représentant un volume de 4 crédits ECTS, est conçue comme un enseignement monobloc et intensif. Dépourvue d’Éléments Constitutifs distincts, son architecture pédagogique favorise une immersion totale et cohérente dans la gestion financière des projets culturels, garantissant une acquisition intégrée et non fragmentée des savoir-faire essentiels à la viabilité économique d’une entreprise créative.

Au-delà de la théorie, cet enseignement vise à transformer les étudiants en véritables stratèges financiers du secteur culturel. La maîtrise de l’élaboration d’un plan prévisionnel de trésorerie devient un outil prédictif puissant pour anticiper les besoins et sécuriser la pérennité des projets. Les compétences en levée de fonds et en mécénat artistique permettront de transformer une vision artistique en une réalité financée, tandis que la gestion experte des relations de financement avec des bailleurs nationaux et internationaux assurera la croissance et le rayonnement des initiatives culturelles sur le long terme.

Cette formation débouche sur des métiers à haute valeur ajoutée, particulièrement recherchés sur le marché de l’emploi en République Démocratique du Congo. Le Chorégraphe-entrepreneur, le Responsable de financement de projets ou encore le Manager en économie créative sont des profils devenus cruciaux. Ils ne se contentent plus de créer, mais structurent, financent et pérennisent l’écosystème culturel congolais, agissant comme des piliers pour la professionnalisation du secteur et l’attraction d’investissements stratégiques pour la valorisation du patrimoine artistique national.

SOMMAIRE NAVIGABLE

PRÉLIMINAIRES

I. Note à l’attention de l’étudiant en Master

Ce manuel opère une jonction stratégique entre la pratique artistique et l’ingénierie financière. Il est conçu pour transformer l’artiste ou le créateur en un entrepreneur culturel autonome, capable de pérenniser son activité. Loin de dénaturer la vision créative, la maîtrise du cash-flow et des stratégies de financement en devient le principal catalyseur. L’objectif est de vous doter d’un arsenal technique pour assurer la viabilité économique de vos ambitions, garantissant ainsi votre indépendance et la diffusion de vos œuvres à grande échelle.

II. Compétences visées et débouchés professionnels

La finalité de cette Unité d’Enseignement est strictement opérationnelle. À son terme, vous élaborerez un plan prévisionnel de trésorerie pour un projet culturel complexe, développerez des stratégies ciblées de levée de fonds et gérerez des relations de financement avec des organismes nationaux et mondiaux. Ces compétences, hautement valorisées, ouvrent un accès direct aux métiers de chorégraphe-producteur, de responsable du financement de projets au sein d’une institution culturelle, ou de manager spécialisé dans l’économie créative en RDC et à l’international.

III. Méthodologie du cours et évaluation

L’approche pédagogique privilégie l’étude de cas concrets issus du secteur créatif congolais et international. Chaque concept théorique est immédiatement appliqué à la modélisation de projets réels : festivals, productions théâtrales, expositions ou tournées. L’évaluation finale consistera en la production et la soutenance d’un dossier de financement complet pour un projet de votre choix. Ce dossier devra intégrer un plan de trésorerie sur 12 mois et une stratégie de mobilisation de capitaux multi-sources, démontrant une maîtrise totale des outils du cours.

PARTIE 1 : FONDAMENTAUX DU CASH-FLOW POUR LES INDUSTRIES CRÉATIVES ET CULTURELLES

Chapitre I. Déconstruire le Cash-Flow : De la Théorie à la Scène Congolaise

Sous la temporalité erratique des projets artistiques, le modèle classique du cash-flow industriel vacille. Les revenus discontinus d’une troupe de théâtre à Kinshasa ou la saisonnalité d’un festival à Lubumbashi exigent une refonte des outils prévisionnels. Ce chapitre opère cette adaptation radicale. Nous ajustons les métriques financières aux cycles de production culturelle, intégrant l’incertitude comme une variable clé. L’étudiant forgera une compétence décisive : modéliser la trésorerie d’un projet créatif avec une précision chirurgicale, anticipant les creux et les pics.

I.1 Flux de trésorerie vs. Bénéfice : La distinction vitale

La liquidité, indicateur vital de la survie d’une organisation culturelle, se distingue fondamentalement du bénéfice comptable. Un projet peut être rentable sur le papier mais faire faillite par manque de cash pour payer ses comédiens ou ses techniciens. Cette section analyse la mécanique des décalages de paiement et des cycles d’exploitation spécifiques aux arts, comme le délai entre la vente de billets et l’encaissement réel, un enjeu majeur pour les promoteurs d’événements en RDC.

I.2 Cartographie des encaissements (Cash Inflows)

Face à la diversité des sources de revenus, une identification exhaustive des flux entrants est impérative. Ce sous-chapitre détaille la typologie des encaissements pour un projet créatif : billetterie, ventes de produits dérivés, subventions, droits d’auteur, cachets de tournée, ou encore apports de mécènes. L’analyse se concentre sur la prévision de ces flux, en appliquant des modèles de saisonnalité et de probabilité adaptés aux réalités du marché culturel congolais, pour construire une base de prévision solide et défendable.

I.3 Anatomie des décaissements (Cash Outflows)

Une maîtrise rigoureuse des décaissements constitue le socle de la gestion de projet. Cette section dissèque les postes de dépenses typiques d’une production artistique : salaires et cachets, location de salles et de matériel, frais de communication, coûts de transport et de logistique, taxes et assurances. L’objectif est d’apprendre à budgétiser chaque ligne avec précision, à identifier les coûts fixes et variables, et à optimiser les dépenses sans compromettre la qualité artistique du projet final.

I.4 Construction du tableau de flux de trésorerie prévisionnel

Sous l’angle de la planification stratégique, le tableau de flux de trésorerie est l’outil de pilotage par excellence. Il synthétise les prévisions d’encaissements et de décaissements sur une période donnée, généralement 12 à 24 mois. Ce module est un atelier pratique où l’étudiant apprend, pas à pas, à construire ce document financier. Il sera capable de modéliser différents scénarios (optimiste, réaliste, pessimiste) pour anticiper les besoins de financement et justifier une demande de crédit auprès d’une institution financière.

Chapitre II. Ingénierie du Financement : Cartographie des Capitaux pour les Arts

2020 a marqué une inflexion. La dynamisation du Fonds de Promotion Culturelle (FPC) a institutionnalisé une nouvelle voie de financement pour les créateurs en RDC, s’ajoutant aux mécanismes traditionnels. Ce chapitre dissèque cette architecture financière complexe. En analysant les appels à projets du FPC, les critères des fondations internationales et les logiques du mécénat d’entreprise local, l’approche est pragmatique. L’étudiant y forgera une compétence stratégique : identifier et cibler les sources de capitaux les plus pertinentes pour son projet artistique.

II.1 Le financement public et parapublic

Une connaissance approfondie des dynamiques du financement public est un atout majeur pour tout porteur de projet culturel en RDC. Ce sous-chapitre cartographie les guichets nationaux, du Fonds de Promotion Culturelle (FPC) au Ministère de la Culture et des Arts, en passant par les initiatives provinciales. L’analyse se porte sur le décryptage des critères d’éligibilité, le calendrier des appels à projets et les techniques de rédaction de demandes de subvention qui maximisent les chances de succès.

II.2 Les fonds internationaux et la coopération culturelle

Au-delà des frontières nationales, un écosystème dense d’opportunités de financement existe pour les artistes congolais. Cette section offre un panorama stratégique des principaux bailleurs internationaux : instituts culturels (Institut Français, Goethe-Institut), agences de coopération (Africalia, Wallonie-Bruxelles International) et grandes fondations privées. L’accent est mis sur la compréhension de leurs agendas, de leurs priorités géographiques et thématiques, afin d’aligner le projet artistique sur les attentes de ces partenaires financiers exigeants.

II.3 Le mécénat d’entreprise et le sponsoring

Face aux défis de la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises), le mécénat d’entreprise représente un levier de financement puissant. Ce module enseigne l’art de transformer une proposition artistique en une opportunité d’investissement pour une entreprise. Il s’agit de quantifier le retour sur image, de construire des packages de sponsoring attractifs et de négocier des partenariats gagnant-gagnant avec les grands acteurs économiques de la place (banques, télécoms, industries extractives) cherchant à valoriser leur marque.

II.4 Le financement participatif (Crowdfunding) et l’autofinancement

Nées de la communauté, les stratégies de financement participatif et d’autofinancement garantissent une indépendance créative. Ce segment explore les plateformes de crowdfunding adaptées aux projets artistiques et les techniques de mobilisation des communautés en ligne. Il aborde également les stratégies d’autofinancement par la diversification des activités : organisation d’ateliers, vente de produits dérivés, ou prestations de services, permettant de générer des revenus récurrents pour stabiliser la trésorerie de la structure culturelle.

Chapitre III. Le Dossier de Financement : Arme Stratégique du Porteur de Projet

Le business plan, concept forgé dans le creuset du capital-risque, constitue la colonne vertébrale de la crédibilité d’un projet artistique. Ici, la vision créative doit se traduire en un narratif financier rigoureux pour convaincre l’investisseur. Le cours heurte intentionnellement l’ambition artistique aux exigences quantitatives des bailleurs, forçant une synthèse pragmatique. Ce choc méthodologique vise un objectif clair. Il s’agit d’armer le manager culturel d’outils rhétoriques et chiffrés pour construire un dossier de financement irréfutable.

III.1 Le résumé opérationnel (Executive Summary) : L’art de la synthèse

Essentiel à la persuasion, le résumé opérationnel est la porte d’entrée de tout dossier de financement. Rédigé en dernier mais placé en premier, il doit condenser en une page la vision du projet, son modèle économique, son besoin de financement et son impact potentiel. Ce module se concentre sur la technique de rédaction percutante, capable de capter l’attention d’un décideur surchargé et de l’inciter à examiner le dossier en profondeur, une compétence cruciale dans un environnement compétitif.

III.2 L’étude de marché et la stratégie de positionnement

Une analyse fine du marché culturel congolais est la preuve du réalisme d’un projet. Cette section apprend à quantifier l’audience potentielle, à analyser la concurrence (autres événements, autres formes de loisirs) et à définir une proposition de valeur unique. L’étudiant devra démontrer sa compréhension des publics de Kinshasa, Goma ou Matadi, et articuler une stratégie de communication et de distribution qui assure que l’œuvre rencontrera son public, justifiant ainsi l’investissement financier demandé.

III.3 La structuration du budget prévisionnel détaillé

La crédibilité d’un dossier repose sur la rigueur de son budget. Ce sous-chapitre guide l’étudiant dans la construction d’un budget détaillé, ligne par ligne, en distinguant les coûts de production, les frais de structure et les dépenses de promotion. L’objectif est de produire un document transparent, cohérent et défendable, incluant des devis et justifiant chaque dépense. La maîtrise de cet outil permet de négocier en position de force avec les financeurs et de piloter le projet efficacement.

III.4 La mesure d’impact et le retour sur investissement (ROI)

Au cœur de la proposition de valeur, la démonstration de l’impact est un argument décisif. Ce module enseigne à quantifier le retour sur investissement, non seulement financier mais aussi social et culturel. L’étudiant apprendra à définir des indicateurs de performance clairs (nombre d’emplois créés, nombre de spectateurs touchés, retombées médiatiques) pour prouver qu’investir dans son projet est une décision stratégique pour le bailleur, qu’il s’agisse d’une fondation, d’un sponsor ou d’une institution publique.

PARTIE 2 : Mécanismes de Financement et Ingénierie de Projets Culturels

Chapitre IV. Modélisation du Cash-Flow pour les Projets Artistiques

Le modèle de prévision de trésorerie d’entreprise classique, fondé sur des revenus récurrents, s’effondre face à la temporalité d’un projet artistique. L’économie d’un festival ou d’une pièce de théâtre est intrinsèquement discontinue. Ce chapitre déconstruit cette inadéquation. Nous bâtissons une méthodologie de cash-flow adaptée aux cycles de production culturelle congolais, intégrant la saisonnalité et les subventions. L’étudiant forgera une compétence critique : la capacité de modéliser financièrement l’incertitude et de défendre la viabilité d’un projet créatif.

IV.1 Structuration des Coûts Variables et Fixes d’une Production

Une dissection rigoureuse des postes de coûts constitue le fondement de toute projection financière fiable. Ce module distingue les charges fixes incompressibles (location de salle, salaires administratifs) des coûts variables directement liés à la création (cachets d’artistes, matériaux de scénographie, frais de transport). L’analyse intègre les spécificités du contexte congolais, comme les taxes sur l’importation de matériel technique, pour aboutir à un budget d’une précision chirurgicale.

IV.2 Techniques de Prévision des Recettes Artistiques

Face à l’aléa de la billetterie, une approche multi-sources des revenus est impérative. Cette section explore les méthodes de projection pour chaque flux de revenus potentiel : ventes de billets basées sur des données historiques, recettes de merchandising, et surtout, l’intégration des subventions publiques (Fonds de Promotion Culturelle) et privées dans le prévisionnel. L’étudiant apprendra à construire des scénarios de revenus (pessimiste, réaliste, optimiste) pour évaluer la robustesse financière du projet.

IV.3 Outils Numériques de Suivi de Trésorerie en Temps Réel

Au-delà des tableurs traditionnels, une gestion dynamique du cash-flow exige des outils adaptés. Ce sous-chapitre présente et met en pratique des logiciels spécialisés et des applications mobiles permettant un suivi en direct des encaissements et des décaissements. L’accent est mis sur des solutions accessibles et pertinentes pour le contexte de la RDC, facilitant la collaboration entre le directeur artistique et le gestionnaire financier. La maîtrise de ces outils garantit une réactivité immédiate face aux imprévus budgétaires.

IV.4 Analyse de Scénarios et Tests de Résistance Financière

L’optimisme n’est pas une stratégie financière. Ce segment arme l’étudiant de techniques de “stress test” pour éprouver la solidité de son modèle de trésorerie. En simulant des chocs externes (annulation d’une subvention, faible fréquentation, augmentation imprévue des coûts), il apprend à identifier les points de rupture de son projet. L’objectif est de quantifier les risques et de préparer des plans de contingence concrets, transformant un plan financier en un véritable outil de pilotage stratégique.

Chapitre V. Stratégies de Levée de Fonds et Cartographie des Bailleurs

La promulgation de politiques culturelles nationales, à l’instar de celles soutenant le Fonds de Promotion Culturelle (FPC), a reconfiguré l’accès au capital pour les créateurs. Ce chapitre dresse la cartographie exhaustive de cet écosystème de financement, du mécénat d’entreprise local aux grands appels à projets internationaux (OIF, UE). L’analyse est pragmatique, centrée sur les critères de sélection réels des comités. L’étudiant développera une compétence stratégique : identifier les guichets pertinents et aligner son projet pour maximiser ses chances de succès.

V.1 Le Mécénat d’Entreprise en RDC : Acteurs et Attentes

Dépassant la simple philanthropie, le soutien des entreprises aux arts est un investissement stratégique en image et en responsabilité sociétale. Cette section analyse les motivations et les processus de décision des grands mécènes privés en RDC (banques, sociétés de télécommunication, groupes miniers). L’étudiant apprendra à décoder leurs chartes de mécénat, à identifier le bon interlocuteur et à formuler une proposition de valeur qui aligne les objectifs artistiques du projet avec les objectifs marketing du sponsor.

V.2 Ingénierie du Dossier de Subvention : de l’Idée au Document Bancable

Sous l’angle de l’exigence administrative, un dossier de subvention est un exercice de persuasion technique. Ce module décompose la structure d’une demande de financement gagnante : résumé exécutif percutant, narration du projet, présentation de l’équipe, budget détaillé et indicateurs d’impact mesurables. Chaque section est travaillée pour répondre aux grilles d’évaluation des bailleurs nationaux et internationaux. L’apprenant saura transformer une vision artistique en un argumentaire financier irréfutable.

V.3 L’Art du Pitch : Convaincre un Comité de Financement en 10 Minutes

Une performance en soi, le pitch oral est l’épreuve décisive pour de nombreux financements. Ce sous-chapitre se concentre sur la structuration et la livraison d’une présentation orale à fort impact devant un jury ou un investisseur potentiel. De la phrase d’accroche à l’appel à l’action final, en passant par la gestion du temps et des questions-réponses, l’étudiant s’entraînera à incarner son projet avec conviction. Il forgera la capacité de transmettre la passion artistique et la rigueur financière en un temps record.

V.4 Le Crowdfunding Culturel : Mobiliser la Communauté Locale et la Diaspora

D’origine anglo-saxonne, le financement participatif s’adapte pour devenir un levier puissant en RDC. Il permet de tester une idée, de construire une communauté avant même la première représentation et de mobiliser des fonds auprès du public et de la diaspora. Cette section détaille la méthodologie : choix de la plateforme, définition des contreparties, stratégie de communication digitale et utilisation des paiements mobiles. L’étudiant apprendra à orchestrer une campagne de crowdfunding de A à Z.

Chapitre VI. Gestion Contractuelle et Reporting aux Bailleurs de Fonds

La théorie des parties prenantes de Freeman, appliquée au secteur culturel, redéfinit la relation artiste-bailleur. Le financeur devient un partenaire stratégique dont il faut gérer les attentes. Ce chapitre transforme ce concept en un protocole de gestion rigoureux, du décryptage du contrat de subvention au reporting d’impact. L’analyse se concentre sur les exigences des bailleurs opérant en RDC. L’apprenant maîtrisera une compétence relationnelle cruciale : transformer une transaction financière en une alliance durable pour des projets futurs.

VI.1 Analyse Juridique des Conventions de Financement

Une lecture approfondie des clauses contractuelles est la première étape d’une gestion saine. Ce module forme à l’analyse critique des conventions de subvention et de mécénat : calendrier de décaissement, obligations de visibilité, droits de propriété intellectuelle sur l’œuvre créée et conditions de restitution des fonds. L’étudiant acquerra une littératie juridique essentielle pour protéger ses intérêts et ceux de son projet. Il saura négocier les termes du contrat avant de le signer.

VI.2 Mise en Place d’un Système de Suivi des Dépenses Éligibles

Face aux audits potentiels, une traçabilité parfaite des dépenses est non négociable. Cette section enseigne la mise en place d’une comptabilité de projet rigoureuse, distincte de la comptabilité personnelle ou de celle de la structure. L’étudiant apprendra à classer les pièces justificatives, à ventiler les coûts par poste budgétaire approuvé et à utiliser des outils simples pour garantir que chaque franc dépensé est éligible et documenté. Cette discipline est le garant de la confiance du bailleur.

VI.3 Techniques de Reporting Narratif et Financier

Au-delà des chiffres bruts, un bon rapport raconte une histoire d’impact. Ce sous-chapitre enseigne l’art de rédiger des rapports intermédiaires et finaux qui satisfont aux exigences du bailleur tout en valorisant les réussites du projet. L’accent est mis sur la combinaison de données quantitatives (nombre de spectateurs, retombées presse) et qualitatives (témoignages, photos, vidéos). L’étudiant saura démontrer non seulement la bonne utilisation des fonds, mais aussi la pertinence sociale et artistique de son travail.

VI.4 La Relation Post-Financement : Fidélisation et Veille Stratégique

La fin d’un projet est le début du suivant. Ce module se concentre sur les actions à mener après le rapport final pour transformer un bailleur ponctuel en partenaire récurrent. Cela inclut le partage des succès futurs, l’invitation à de nouveaux événements et une communication régulière pour maintenir le lien. L’étudiant apprendra à construire un capital relationnel sur le long terme, assurant une veille stratégique sur les futures opportunités de financement et positionnant sa structure comme un acteur fiable et incontournable.

ANNEXES

A. Canevas de Dossier de Financement pour Projet Scénique

Face à l’inadéquation des business plans classiques, la valorisation d’un projet artistique exige une rhétorique financière spécifique. Cet outil fournit un canevas structuré, aligné sur les attentes des bailleurs culturels opérant en RDC, du Fonds de Promotion Culturelle aux ambassades. L’étudiant y acquiert la maîtrise de la formalisation d’une vision créative en un document bancable, traduisant l’intention dramaturgique en indicateurs de performance socio-économiques clairs.

B. Répertoire des Bailleurs de Fonds Culturels (RDC & International)

Une connaissance approfondie des dynamiques de financement post-pandémie révèle une reconfiguration des priorités des mécènes internationaux envers l’Afrique centrale. Ce répertoire qualifié et actualisé cartographie précisément ces opportunités, des fondations européennes aux programmes de la Banque Mondiale, en passant par les appels à projets spécifiques au bassin du Congo. L’artiste-manager développera une compétence stratégique de veille et de ciblage, lui permettant d’optimiser ses chances de succès en adressant la bonne demande au bon guichet.

C. Exemple de Plan de Trésorerie Prévisionnel (Modèle Excel commenté)

Sous-estimer la volatilité des flux de trésorerie constitue l’erreur fatale de 90% des projets culturels, même avec un budget globalement équilibré. Ce modèle Excel, pré-paramétré pour les cycles de production théâtrale en RDC (cachets, locations, communication), offre une simulation dynamique des encaissements et décaissements. L’apprenant forgera une capacité d’anticipation financière chirurgicale, lui permettant de piloter la liquidité de son projet et de négocier les échéanciers avec ses partenaires en position de force.

D. Glossaire Juridique et Contractuel du Mécénat et Sponsoring

D’origine anglo-saxonne, la distinction juridique entre mécénat (sans contrepartie directe) et sponsoring (prestation publicitaire) demeure une zone grise aux implications fiscales majeures en droit congolais. Ce glossaire définit et illustre chaque terme par des clauses-types issues de contrats réels négociés à Kinshasa, Goma ou Lubumbashi, clarifiant les obligations des parties. Le porteur de projet se dote d’un blindage contractuel, capable de décrypter les subtilités d’une convention de financement et de sécuriser ses droits de propriété intellectuelle.

Ingénierie Financière Avancée : Paradigmes du Cash-Flow et Stratégies de Financement
Comment le théorème Modigliani-Miller sur l’irrelevance de la structure du capital influence-t-il paradoxalement les décisions de financement modernes pour optimiser le cash-flow ?
Le théorème Modigliani-Miller, malgré ses hypothèses de marchés parfaits, fournit une ligne de base critique pour la stratégie financière. Son paradoxe réside dans son utilité pratique : en soulignant l’inutilité de la structure du capital sans impôts ni coûts de faillite, il contraint les stratèges à se concentrer précisément sur ces imperfections. Les trésoriers d’entreprise exploitent ainsi la déductibilité fiscale des intérêts pour améliorer le flux de trésorerie après impôt, une application directe dérivée d’une théorie de l’irrelevance. Ce principe est fondamental.

📚 Source :Travaux de Modigliani & Miller sur l’Irrelevance de la Structure du Capital via Google Scholar

De quelle manière la théorie du financement hiérarchisé (pecking order) de Myers et Majluf explique-t-elle la préférence observée pour le financement interne ?
La théorie du financement hiérarchisé, articulée par Stewart Myers et Nicolas Majluf, postule que les entreprises priorisent les sources de financement pour atténuer l’asymétrie d’information. Les fonds internes sont préférés, suivis par la dette, et enfin les capitaux propres en dernier recours. Cette hiérarchie découle du problème de sélection adverse où les dirigeants, possédant une information supérieure, trouvent le financement externe coûteux. Historiquement, sa critique porte sur son applicabilité limitée aux startups à forte croissance qui défient cet ordre.

📚 Source :Travaux de Myers & Majluf sur la Pecking Order Theory via JSTOR

Dans quelle mesure le concept d’options réelles de Dixit et Pindyck transforme-t-il la valorisation des projets à forte incertitude face aux méthodes DCF ?
L’analyse par options réelles, formalisée par Avinash Dixit et Robert Pindyck, recadre l’investissement comme une série d’options managériales plutôt que des engagements statiques. Elle quantifie la valeur de la flexibilité — différer, étendre ou abandonner un projet — que les modèles traditionnels de flux de trésorerie actualisés (DCF) ignorent. Le paradoxe scientifique est sa précision théorique face à sa complexité de mise en œuvre, exigeant des estimations de volatilité. Ce cadre est indispensable dans les secteurs pharmaceutique et énergétique.

📚 Source :Travaux de Dixit & Pindyck sur les Options Réelles via Cairn.info


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