Chercheur documentant les savoirs d'un aîné sur une plante médicinale en RDC.

Ethnoscience et savoirs endogènes

Intégration des savoirs traditionnels ethnozoologiques et ethnobotaniques

Édition 2026 – Réforme LMD – Enseignement supérieur et universitaire en RDC.

  • Code Officiel : ESE2231
  • Domaine : Sciences et Technologie
  • Filière : Télédétection
  • Mention : Conservation et Gestion des Ressources Naturelles Renouvelables (CGR)
  • Année d’étude : Master 2
  • Semestre : Semestre 3
Consulter les Modalités, Compétences et Débouchés

Cette Unité d’Enseignement fondamentale, d’une valeur de 3 crédits ECTS, est conçue comme une exploration immersive des interactions entre l’homme et le vivant. Son architecture pédagogique repose sur un équilibre parfait entre deux Éléments Constitutifs (EC) indissociables, chacun doté de 1.5 crédits : l’Ethnozoologie, qui se consacre à l’étude des relations complexes entre les sociétés humaines et le règne animal, et l’Ethnobotanique, son pendant végétal, axé sur la connaissance et l’utilisation des plantes. Cette structure duale garantit une compréhension holistique des savoirs traditionnels liés à la biodiversité.

L’objectif principal de cette UE est de vous conférer une compétence de pointe : la capacité à réaliser une documentation taxonomique rigoureuse des savoirs ancestraux. Il ne s’agit pas d’une simple collecte d’informations, mais d’une véritable investigation scientifique permettant de cataloguer, d’identifier et de valider les usages pharmacologiques et rituels des espèces animales et végétales mobilisées par les peuples autochtones. Cette expertise est cruciale car elle permet de jeter un pont entre la tradition et la science moderne, ouvrant la voie à la découverte de nouveaux principes actifs tout en assurant la préservation d’un patrimoine culturel immatériel inestimable.

Cette formation prépare à des métiers d’avenir, particulièrement stratégiques pour le marché de l’emploi en République Démocratique du Congo, un hotspot de biodiversité. Le diplômé pourra s’épanouir en tant qu’Ethnobiologiste, agissant sur le terrain pour documenter et valoriser ces connaissances. Il pourra également devenir un Spécialiste en bio-piraterie, un expert juridique et éthique indispensable pour protéger les communautés locales contre l’exploitation illégitime de leurs savoirs et ressources. Enfin, la carrière de Chercheur en savoirs endogènes permettra de structurer et d’intégrer ces connaissances au sein des institutions académiques et politiques, contribuant ainsi à la souveraineté scientifique et au développement durable du pays.

SOMMAIRE NAVIGABLE

PRÉLIMINAIRES

I. Épistémologie et Enjeux Scientifiques du Domaine

L’ethnoscience, en tant que discipline, opère une décolonisation du regard scientifique en validant les systèmes de savoirs non-occidentaux comme des corpus de connaissances légitimes et opératoires. Elle rejette la hiérarchie positiviste qui relègue les savoirs endogènes au rang de folklore pour les instituer en objets d’étude structurés, dotés de leur propre taxonomie, pharmacopée et cosmogonie. L’enjeu majeur est de développer une méthodologie d’interface qui permette un dialogue rigoureux entre ces systèmes et la science conventionnelle, sans tomber dans l’écueil de l’appropriation ou de la dénaturation.

II. Cartographie des Compétences et Transversalité

La compétence centrale visée, la documentation taxonomique des usages, transcende la simple collecte de données. Elle exige une triple expertise : biologique pour l’identification, anthropologique pour la compréhension des contextes rituels et sociaux, et juridique pour la protection de la propriété intellectuelle des communautés. Cette UE forge une compétence hybride, à l’intersection de la botanique, de la zoologie, du droit de l’environnement et des humanités numériques. L’intégration de la télédétection, filière d’origine, permet de spatialiser ces savoirs et de corréler la répartition des ressources à leur usage culturel.

III. Alignement Stratégique avec les Réalités Opérationnelles

Face à l’érosion de la biodiversité et à la recrudescence de la biopiraterie, le marché du travail recherche des profils capables de valoriser et de protéger le patrimoine bioculturel. Les métiers d’ethnobiologiste ou de spécialiste en savoirs endogènes répondent à une demande croissante des ONG de conservation, des institutions de recherche et des cabinets juridiques spécialisés dans les accords de partage des avantages (APA). Cette formation arme les futurs experts pour auditer la légalité des bioprospections et pour construire des modèles économiques durables basés sur les savoirs locaux.

Chapitre I. Cadre Éthique, Juridique et Méthodologique de l’Enquête Ethnoscientifique

I.1 Fondements Épistémologiques des Savoirs Situés

Au cœur de l’ethnoscience se loge une rupture épistémologique fondamentale avec le positivisme occidental. Les savoirs endogènes, loin d’être un corpus de superstitions, constituent des systèmes de connaissance situés, holistiques et dynamiques, validés par une pragmatique intergénérationnelle. Ce module déconstruit la fausse dichotomie entre ‘savoir’ et ‘croyance’ en mobilisant les concepts de l’anthropologie des sciences. L’objectif est de doter le chercheur d’un cadre conceptuel rigoureux pour appréhender ces logiques sans les dénaturer ni les essentialiser, reconnaissant leur validité contextuelle.

I.2 Protocoles d’Enquête et Consentement Communautaire

Formalisé par le Protocole de Nagoya, le Consentement Préalable, Informé et Libre (CPIL) constitue la pierre angulaire de toute investigation éthique. Ce sous-chapitre détaille la mise en œuvre de ce principe, de la négociation initiale avec les autorités coutumières à la restitution des résultats. Sont analysées les techniques d’entretien semi-directif, l’observation participante et la triangulation des sources pour garantir la fiabilité des données collectées. L’étudiant apprendra à rédiger un protocole de recherche qui sécurise juridiquement le chercheur et garantit les droits de la communauté.

I.3 Critique de l’Extractivisme Épistémique et Asymétries de Pouvoir

L’histoire de l’ethnobiologie est marquée par des pratiques extractivistes où les connaissances locales ont été pillées sans réciprocité. Cette section analyse de manière critique les mécanismes de cet “extractivisme épistémique” et les dynamiques de pouvoir qui le sous-tendent. Nous y étudions les controverses liées à des brevets sur des plantes comme le neem ou l’ayahuasca. L’objectif est de sensibiliser l’étudiant aux risques éthiques inhérents à sa pratique et de lui fournir les outils critiques pour éviter de reproduire ces schémas de domination.

I.4 Mise en Situation : Négocier un Accès Terrain en Contexte Congolais

Face à la méfiance légitime des communautés pygmées du parc de la Salonga, l’approche standardisée est vouée à l’échec. Ce cas pratique simule la préparation d’une mission de recherche sur les usages du marantaceae dans la pharmacopée locale. L’étudiant devra élaborer une stratégie d’approche respectueuse, identifier les interlocuteurs légitimes (chefs de clans, tradipraticiens), et formuler une proposition de partage des avantages qui soit concrète et adaptée. L’exercice vise à transformer la théorie éthique en compétence diplomatique et opérationnelle sur le terrain.

Chapitre II. Ethnobotanique Appliquée : De la Taxonomie Vernaculaire à la Pharmacopée

II.1 La Logique des Ethnotaxons Végétaux

La classification linnéenne, basée sur la morphologie reproductive, ne représente qu’une des logiques de classement du vivant. Les systèmes de taxonomie vernaculaire, souvent fondés sur l’usage, le goût, la toxicité ou des propriétés symboliques, révèlent une rationalité écologique profonde. Ce segment analyse la structure de ces classifications locales, en montrant comment un même nom vernaculaire peut regrouper des espèces botaniquement distinctes mais fonctionnellement équivalentes. L’étudiant apprendra à cartographier ces systèmes conceptuels pour mieux comprendre les logiques de sélection des plantes médicinales.

II.2 Mécanismes de Collecte et de Documentation Botanique en Milieu Tropical

Sous l’humidité équatoriale, la conservation d’un spécimen d’herbier devient un défi technique majeur. Ce sous-chapitre présente les méthodes de collecte, de pressage et de séchage adaptées aux contraintes logistiques et climatiques africaines, incluant l’usage de séchoirs frugaux. Il détaille également les techniques d’enregistrement des savoirs associés : documentation photographique in situ, enregistrement audio des recettes et dosages, et transcription phonétique des noms vernaculaires. L’objectif est de constituer une preuve matérielle et immatérielle complète, exploitable scientifiquement et juridiquement.

II.3 Limites de la Pharmacopée Traditionnelle : Variabilité et Toxicité

L’efficacité d’une plante médicinale n’est pas une constante. Elle dépend de la saison de récolte, du type de sol, et de la variabilité génétique intra-spécifique, ce qui peut entraîner des concentrations de principes actifs très hétérogènes. Cette section aborde la question cruciale de la toxicité et des risques d’interactions médicamenteuses, souvent mal maîtrisés dans les savoirs traditionnels. L’analyse critique de ces limites est essentielle pour envisager une intégration sécurisée de la pharmacopée traditionnelle dans les systèmes de santé primaires.

II.4 Application : Inventaire Pharmacologique des Lianes du Mayombe

Le massif du Mayombe, à cheval entre le Congo-Brazzaville et la RDC, est un haut-lieu de la pharmacopée bantoue, particulièrement riche en lianes aux propriétés neurotropes et anti-infectieuses. Cette étude de cas guide l’étudiant dans la construction d’un projet de A à Z : définition de la zone d’étude via imagerie satellite, protocole d’enquête auprès des guérisseurs Yombe, collecte et identification des espèces de Strychnos et Landolphia. Le but est de produire une monographie ethnobotanique prête à être publiée et valorisée.

Chapitre III. Ethnozoologie : Matière Médicale Animale et Systèmes Symboliques

III.1 Le Statut de l’Animal : Entre Ressource Matérielle et Opérateur Symbolique

Dans de nombreuses cosmogonies africaines, l’animal n’est pas qu’une simple ressource alimentaire ou médicinale ; il est un médiateur avec le monde des esprits, un totem ou un vecteur de forces. Ce segment explore la polysémie du statut de l’animal, en distinguant son usage matériel (zoothérapie) de son rôle dans les rituels d’initiation, de divination ou de sorcellerie. Comprendre cette dualité est indispensable pour interpréter correctement les savoirs liés à la faune et éviter les contresens culturalistes qui nuisent à l’analyse scientifique.

III.2 Outils d’Enquête sur les Usages de la Faune : Approches Directes et Indirectes

L’étude des usages de la faune, souvent sensible car touchant à des espèces protégées ou à des pratiques secrètes, requiert des méthodes d’enquête spécifiques. Ce sous-chapitre détaille les techniques d’investigation indirecte, comme l’analyse des restes sur les marchés ou dans les déchets, et les approches directes, comme les entretiens sur les techniques de chasse non létales. Une attention particulière est portée à la documentation des parties utilisées (écailles, venin, os), de leur mode de préparation et de leur administration en zoothérapie.

III.3 Le Dilemme de la Conservation : Quand l’Usage Traditionnel Menace la Biodiversité

La pression démographique et la monétisation des traditions exacerbent l’impact de certains prélèvements sur les populations animales. L’usage des écailles de pangolin en pharmacopée traditionnelle, par exemple, est devenu un moteur majeur du trafic international. Cette section analyse sans concession ce conflit entre la légitimité culturelle d’un savoir et l’impératif de conservation d’espèces menacées. L’étudiant est confronté à la complexité éthique de sa position, entre respect des cultures et responsabilité écologique, pour l’amener à penser des solutions de substitution.

III.4 Cas Pratique : Cartographie du Commerce de Primates pour Usages Rituels à Kinshasa

Le marché de Kinshasa est une plaque tournante pour le commerce de viande de brousse, mais aussi pour des parties d’animaux destinées à des usages rituels et thérapeutiques. Cette mise en situation consiste à élaborer un protocole de suivi de ce marché. L’étudiant devra concevoir une méthode pour identifier les espèces de primates vendues (via analyse morphologique ou génétique simple), quantifier les volumes, et interroger les acteurs sur l’origine et la destination des produits. L’objectif est de produire des données fiables pour les autorités de gestion de la faune.

Chapitre IV. Valorisation, Protection Juridique et Lutte contre la Biopiraterie

IV.1 Biopiraterie versus Bioprospection : Anatomie d’un Concept Juridique

La distinction entre bioprospection légitime et biopiraterie est au cœur des enjeux de la valorisation des savoirs endogènes. Ce segment dissèque les définitions juridiques issues de la Convention sur la Diversité Biologique et du Protocole de Nagoya. Il analyse les mécanismes par lesquels une recherche scientifique peut basculer dans l’appropriation illégitime, notamment via le dépôt de brevets sans accord de partage des avantages (APA). L’étudiant apprendra à identifier les “red flags” dans un projet de recherche international impliquant des ressources génétiques locales.

IV.2 Ingénierie de la Protection : Bases de Données Sécurisées et Contrats Communautaires

Pour protéger un savoir, il faut d’abord le documenter de manière défensive. Ce sous-chapitre expose les outils techniques et juridiques pour ce faire : création de bases de données communautaires chiffrées avec horodatage, rédaction de contrats de savoir-faire pour encadrer la confidentialité, et utilisation de la cartographie participative (SIG) pour lier un savoir à un territoire. L’objectif est de constituer un corpus de preuves d’antériorité qui rend le savoir “non brevetable” par un tiers et renforce la position de la communauté.

IV.3 Les Limites des Cadres Juridiques Internationaux en Contexte Africain

Le Protocole de Nagoya, bien que puissant en théorie, se heurte à de nombreux obstacles pratiques en Afrique : faiblesse des institutions de contrôle, corruption, manque d’expertise juridique au niveau local et asymétrie d’information lors des négociations avec les multinationales. Cette analyse critique met en lumière les failles et les défis de la mise en œuvre de ces instruments. Elle explore les stratégies alternatives de protection, comme les indications géographiques ou les marques collectives, qui peuvent s’avérer plus agiles et efficaces.

IV.4 Simulation : Montage d’un Dossier de Partage des Avantages pour le Prunus africana

Exploité intensivement pour ses propriétés dans le traitement de l’hypertrophie de la prostate, le Prunus africana est un cas d’école de bioprospection mal régulée en RDC. Cette simulation finale charge l’étudiant de construire un dossier complet pour une communauté locale du Kivu. Il devra : documenter les savoirs locaux sur l’écorce, évaluer la ressource via des données de télédétection, rédiger un projet d’Accord de Partage des Avantages (APA) et proposer un plan de gestion durable de la ressource.

ANNEXES

A. Fiche de Collecte Ethnobiologique Standardisée

Cet outil est le document de terrain fondamental pour l’ethnobiologiste. Il ne s’agit pas d’une simple liste, mais d’un formulaire structuré qui garantit la collecte systématique des données essentielles pour chaque spécimen ou savoir documenté. Il inclut des sections pour les coordonnées GPS, l’identification taxonomique (vernaculaire et scientifique), la description de l’usage (pharmacologique, rituel), le mode de préparation, la posologie, l’identité de l’informateur (avec référence au consentement), et une chaîne de possession pour les échantillons. Son usage rigoureux est la première ligne de défense contre la biopiraterie.

B. Modèle de Protocole de Consentement Préalable, Informé et Libre (CPIL)

Ce document juridique commenté est un guide pratique pour le chercheur en savoirs endogènes. Il fournit un modèle de protocole adaptable aux contextes locaux, allant au-delà d’une simple signature. Il détaille les étapes de la négociation, la manière de présenter le projet dans un langage accessible, les droits de la communauté (y compris le droit de retrait), et les modalités de partage des avantages, qu’ils soient monétaires ou non. Pour le spécialiste en bio-piraterie, maîtriser la rédaction et la mise en œuvre de ce protocole est la compétence clé pour auditer la légalité d’une recherche.

C. Guide de Création d’une Base de Données Spatialisées (QGIS) pour Savoirs Endogènes

Cet outil connecte l’ethnoscience à la filière de la télédétection. Ce guide technique explique comment utiliser le logiciel libre QGIS pour créer une base de données où chaque savoir collecté est géo-référencé. L’étudiant apprend à superposer les points de collecte de plantes avec des cartes d’occupation du sol, des territoires coutumiers ou des zones de conservation. Pour le chercheur, c’est un puissant outil d’analyse spatiale ; pour le spécialiste anti-biopiraterie, c’est un moyen de prouver l’origine géographique précise d’un savoir et de défendre les droits territoriaux d’une communauté.

Épistémologies en Conflit : Négocier Savoirs Endogènes et Praxis sur le Terrain Congolais
Comment valoriser la pharmacopée traditionnelle congolaise sans, paradoxalement, faciliter sa biopiraterie par des acteurs externes ?
Ce paradoxe se résout en dépassant la logique extractive pour appliquer la critique des « monocultures de l’esprit » de Vandana Shiva. Plutôt que d’isoler des principes actifs pour des brevets, l’approche experte consiste à co-construire des cadres juridiques protégeant la propriété intellectuelle collective et communautaire. Il s’agit de reconnaître la valeur du système de savoirs dans son intégralité, incluant sa dimension spirituelle et sociale, et non uniquement ses composants biologiquement actifs. L’objectif n’est plus l’extraction d’un produit, mais le renforcement d’un système de santé vivant, en garantissant que les bénéfices matériels et immatériels reviennent prioritairement aux communautés gardiennes de ce savoir ancestral.

📚 Source :Travaux de Vandana Shiva sur Monocultures de l’esprit via Cairn.info

Comment l’utilisation d’outils GPS pour cartographier les forêts sacrées peut-elle éviter de les transformer en cibles ?
Le défi technique de la cartographie GPS se surmonte en appliquant le concept de « taskscape » (paysage de tâches) de Tim Ingold. Un point GPS est une abstraction, alors qu’un lieu sacré est un nœud de relations et d’activités. La solution n’est donc pas une simple cartographie géométrique, mais une contre-cartographie participative. Les communautés locales doivent elles-mêmes délimiter leurs espaces en fonction des sentiers rituels, des zones de collecte et des récits ancestraux, intégrant ainsi la technologie dans leur propre ontologie. La donnée produite, qui doit rester sous leur contrôle souverain, devient alors un bouclier juridique et culturel, et non un menu pour l’exploitation illégale.

📚 Source :Travaux de Tim Ingold sur Taskscape via Google Scholar

Face à une épidémie de choléra en RDC, comment intégrer les guérisseurs locaux sans retarder l’intervention biomédicale ?
L’urgence impose d’éviter la fausse opposition entre savoirs et d’appliquer la « solidarité pragmatique » de Paul Farmer. L’action doit être double et immédiate : déployer massivement les solutions biomédicales d’efficacité prouvée (sels de réhydratation, antibiotiques) tout en positionnant les guérisseurs comme des alliés stratégiques et non des obstacles. Leur maîtrise des réseaux sociaux locaux et leur autorité morale sont des atouts cruciaux pour diffuser les bonnes pratiques, contrer la désinformation et assurer l’adhésion au traitement. Cette approche collaborative transforme une potentielle source de conflit en un partenariat puissant, répondant à la crise biologique tout en renforçant la résilience et la cohésion sociale locale.

📚 Source :Travaux de Paul Farmer sur Solidarité pragmatique via JSTOR

Au-delà de la collecte, quelle est la responsabilité éthique ultime de l’expert documentant un savoir endogène menacé ?
La responsabilité éthique fondamentale de l’expert transcende la simple documentation pour s’engager dans ce qu’Arturo Escobar nomme le « design ontologique ». L’objectif n’est pas de créer un musée de savoirs morts, mais de contribuer activement aux conditions de leur pérennité et de leur vitalité. Cela implique de passer d’une posture d’observateur-extracteur à celle de facilitateur engagé. Notre rôle est de co-créer avec les communautés des outils et processus qui leur permettent de mobiliser leurs propres savoirs pour concevoir des futurs qu’elles désirent. L’enjeu est de défendre un « plurivers » de mondes possibles contre l’hégémonie d’un seul, assurant que le savoir reste une force vivante.

📚 Source :Travaux de Arturo Escobar sur Plurivers via Wikipedia (FR)


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