Ethologie et psychologie animale
Étude scientifique du comportement et du bien-être de la faune sauvage et en captivité.
Édition 2026 – Réforme LMD – Enseignement supérieur et universitaire en RDC.
- Code Officiel : EPA2231
- Domaine : Domaine de Lettres, Langues et Arts
- Filière : Tourisme et Hôtellerie
- Mention : Gestion des Entreprises de Conservation de la Nature
- Année d’étude : Master 2
- Semestre : Semestre 3
Consulter les Modalités, Compétences et Débouchés
Cette Unité d’Enseignement, valorisée à 3 crédits ECTS, est conçue comme une immersion profonde et spécialisée. Son architecture pédagogique s’articule de manière exclusive autour d’un unique Élément Constitutif (EC) : l’Éthologie et psychologie animale. Cette structure monodisciplinaire garantit une concentration totale des efforts d’apprentissage sur les fondements du comportement animal, offrant une expertise ciblée et une maîtrise approfondie des concepts fondamentaux qui régissent la vie des espèces sauvages.
Au-delà de la théorie, cette formation vise à forger des compétences directement opérationnelles. Vous apprendrez à décrypter et analyser scientifiquement le comportement et les dynamiques complexes des structures sociales animales. Cette expertise vous permettra ensuite d’évaluer de manière formelle le bien-être psychologique de la faune, notamment en captivité, en utilisant des protocoles rigoureux. L’aboutissement de ce savoir-faire est la capacité à concevoir des dispositifs d’enrichissement environnemental sur mesure, transformant ainsi votre diagnostic en actions concrètes pour améliorer la qualité de vie des animaux.
Les débouchés professionnels de cette UE sont au cœur des enjeux de conservation, particulièrement en République Démocratique du Congo. Des métiers comme Éthologue de terrain, Responsable scientifique de réserve faunique ou Conservateur de parc zoologique y sont d’une importance capitale. Face à la biodiversité exceptionnelle mais menacée de la RDC, ces experts jouent un rôle crucial dans la protection d’espèces emblématiques, la gestion durable des parcs nationaux (comme les Virunga ou la Salonga) et le développement de stratégies de conservation innovantes, devenant ainsi des acteurs clés de la préservation du patrimoine naturel mondial.
- PRÉLIMINAIRES
- PARTIE 1 : FONDEMENTS DE L’ÉTHOLOGIE ET DE LA PSYCHOLOGIE COMPARÉE
- Chapitre I. Histoire et Épistémologie de l’Éthologie
- Chapitre II. Méthodologies d’Observation et d’Analyse Comportementale
- Chapitre III. Structures Sociales et Systèmes de Communication Animale
- III.1 Diversité des organisations sociales : de la solitude à l’eusocialité
- III.2 Les canaux de communication : chimique, auditif, visuel et tactile
- III.3 Comportements agonistiques : compétition, territorialité et hiérarchies de dominance
- III.4 Comportements coopératifs : altruisme, sélection de parentèle et mutualisme
- PARTIE 2 : ÉTHOLOGIE APPLIQUÉE ET GESTION DU BIEN-ÊTRE ANIMAL
- Chapitre IV. Socio-Éthologie des Populations Sauvages
- Chapitre V. Diagnostic du Bien-Être en Milieu Contrôlé
- Chapitre VI. Ingénierie de l’Enrichissement Comportemental
- ANNEXES
PRÉLIMINAIRES
I. Contexte, Justification et Pertinence pour la RDC
La biodiversité exceptionnelle de la République Démocratique du Congo, sanctuaire d’espèces endémiques comme le bonobo, l’okapi et le gorille des plaines, constitue un capital stratégique pour le développement de l’écotourisme et de la recherche scientifique. Cette Unité d’Enseignement répond à un impératif national : former une élite de gestionnaires capables de valoriser ce patrimoine par une compréhension fine du comportement animal. Elle ancre la conservation dans une science rigoureuse, transformant la faune en un levier de croissance durable et de rayonnement international.
II. Cadre Méthodologique et Approche Pédagogique
Ce cours adopte une approche résolument pragmatique, articulant les fondements théoriques de l’éthologie à des études de cas issues directement des parcs nationaux congolais (Virunga, Salonga, Garamba). La pédagogie active privilégie la simulation de missions de terrain, l’analyse de séquences vidéo de faune locale et la conception de protocoles de recherche applicables immédiatement. L’objectif est de dépasser la simple mémorisation pour forger une véritable expertise méthodologique, de la formulation d’une hypothèse à la publication de résultats quantifiés et interprétés.
III. Matrice des Compétences et Débouchés Professionnels
À l’issue de ce module, l’étudiant maîtrisera trois compétences clés, directement monnayables sur le marché de la conservation. Il saura produire une analyse éthologique formelle d’une espèce cible, évaluer scientifiquement le bien-être d’animaux en captivité ou en sanctuaire, et concevoir des programmes d’enrichissement environnemental validés. Ces savoir-faire techniques ouvrent la voie à des carrières de haut niveau comme responsable scientifique de réserve, conservateur de parc zoologique ou consultant expert pour les ONG internationales opérant en RDC.
PARTIE 1 : FONDEMENTS DE L’ÉTHOLOGIE ET DE LA PSYCHOLOGIE COMPARÉE
Chapitre I. Histoire et Épistémologie de l’Éthologie
La formulation par Niko Tinbergen de ses quatre questions fondatrices en 1963 a définitivement arraché l’étude du comportement animal à l’anecdote pour l’inscrire dans le champ des sciences exactes. Ce chapitre retrace cette genèse intellectuelle, des précurseurs naturalistes à la révolution conceptuelle du tandem Lorenz-Tinbergen. Il applique cette grille d’analyse rigoureuse à la faune congolaise, démontrant comment elle permet de structurer toute investigation de terrain. L’étudiant forgera ici sa capacité à déconstruire un comportement complexe en questions testables.
I.1 Les racines préscientifiques et le piège de l’anthropomorphisme
L’anthropomorphisme, tendance naturelle à prêter des intentions humaines aux animaux, a longtemps constitué un obstacle épistémologique majeur. Ce sous-chapitre analyse des récits historiques et des traditions orales de la région des Grands Lacs pour illustrer la persistance de cette vision. Il fournit ensuite les outils critiques, issus de la philosophie des sciences, pour identifier et neutraliser ce biais cognitif dans toute démarche d’observation, garantissant l’objectivité indispensable à la collecte de données fiables sur le terrain.
I.2 La révolution des pères fondateurs : Lorenz, Tinbergen et von Frisch
Une rupture épistémologique s’opère au milieu du XXe siècle avec les travaux du trio nobélisé qui systématise l’étude du comportement inné. Le cours dissèque les concepts clés d’instinct, de stimulus-signal et de mécanisme inné de déclenchement (MID) à travers des exemples concrets, comme les parades nuptiales des cichlidés du lac Tanganyika. L’apprenant apprendra à identifier les patrons-moteurs fixes (FAP) et à les distinguer des comportements acquis, une compétence fondamentale pour l’élaboration d’un éthogramme.
I.3 Les quatre questions de Tinbergen : le cadre analytique moderne
Face à la complexité d’un comportement, la grille de lecture de Tinbergen offre une structure d’analyse inégalée. Ce segment détaille méthodiquement les quatre axes : la causalité (mécanismes proximaux), l’ontogenèse (développement), la fonction (valeur de survie) et la phylogenèse (histoire évolutive). Appliqué au cas du comportement maternel chez le gorille de montagne, ce cadre permet à l’étudiant de formuler des hypothèses précises et de concevoir des protocoles de recherche complets, couvrant toutes les dimensions biologiques du phénomène observé.
I.4 La synthèse moderne : neuro-éthologie, écologie comportementale et éthologie cognitive
Sous l’angle des neurosciences, le comportement animal est aujourd’hui exploré jusqu’à ses substrats neuronaux et hormonaux. Cette section présente les avancées de la neuro-éthologie et de l’écologie comportementale, qui quantifient les coûts et bénéfices des stratégies comportementales. En étudiant les décisions de recherche de nourriture des bonobos du parc de la Salonga, l’étudiant apprendra à modéliser des choix complexes, intégrant des variables écologiques, sociales et cognitives dans une approche holistique et quantitative.
Chapitre II. Méthodologies d’Observation et d’Analyse Comportementale
La collecte de données en milieu ouvert des savanes kenyanes n’a rien de commun avec le pistage dans le sous-bois dense du Parc National de la Salonga. La pluviométrie, la canopée et la nature cryptique de la faune congolaise imposent des adaptations méthodologiques drastiques. Ce chapitre est un manuel technique de l’observation en conditions difficiles. Il outille l’étudiant pour surmonter ces contraintes et produire des données quantitatives robustes, garantissant la validité scientifique de ses missions de terrain en RDC.
II.1 Conception et validation d’un éthogramme
D’une rigueur absolue, la construction de l’éthogramme constitue la première étape de toute étude comportementale. Ce module enseigne comment créer ce dictionnaire de comportements, en définissant chaque unité de manière objective, mutuellement exclusive et exhaustive. À travers l’exemple de la construction d’un éthogramme pour l’okapi, l’étudiant apprendra à passer de l’observation qualitative à une liste d’actions et d’états quantifiables, base de toute analyse statistique ultérieure et garantie contre l’interprétation subjective.
II.2 Techniques d’échantillonnage et de collecte de données sur le terrain
Face aux contraintes de temps et de visibilité, le choix de la bonne méthode d’échantillonnage est crucial. Ce cours présente et compare les techniques de “focal animal”, “scan sampling”, “ad libitum” et “behaviour sampling”, en spécifiant leurs avantages et inconvénients dans le contexte forestier congolais. L’étudiant s’exercera, via des simulations, à choisir la méthode la plus pertinente en fonction de sa question de recherche, de l’espèce étudiée et des conditions logistiques, optimisant ainsi la qualité des données collectées.
II.3 Analyse quantitative des données comportementales : des fréquences aux séquences
Une connaissance fine des outils statistiques transforme des observations brutes en résultats significatifs. Ce sous-chapitre initie à l’utilisation de logiciels spécialisés (ex: BORIS, JWatcher) pour calculer des fréquences, durées, latences et séquences de comportements. En analysant des jeux de données réels sur les interactions sociales des chimpanzés, l’étudiant apprendra à tester des hypothèses, à construire des diagrammes de transition et à visualiser des réseaux sociaux, passant du statut d’observateur à celui d’analyste de données comportementales.
II.4 Protocoles éthiques et méthodes non invasives
Au-delà de la collecte de données, la responsabilité du chercheur est de minimiser son impact sur les sujets d’étude. Cette section détaille les standards internationaux de l’éthique en recherche animale et se concentre sur les méthodes non invasives adaptées à la RDC. L’étude des hormones de stress via l’analyse fécale ou l’utilisation de pièges photographiques pour étudier les espèces nocturnes sont présentées comme des alternatives puissantes. L’étudiant saura ainsi concevoir un projet de recherche scientifiquement valide et éthiquement irréprochable.
Chapitre III. Structures Sociales et Systèmes de Communication Animale
La transmission de techniques de cassage de noix chez les chimpanzés a longtemps alimenté le débat sur l’existence de cultures animales. Ce chapitre tranche la question en fournissant un cadre analytique rigoureux pour étudier la complexité sociale, de la simple agrégation au groupe structuré par des traditions. En se focalisant sur les primates et les grands mammifères de RDC, il explore la grammaire de leurs interactions. L’étudiant y forgera une compétence rare : décrypter les codes sociaux et les réseaux de communication qui régissent la faune.
III.1 Diversité des organisations sociales : de la solitude à l’eusocialité
Sous l’angle de la sociobiologie, la structure sociale d’une espèce est une réponse adaptative aux pressions écologiques et évolutives. Ce cours classifie les différents types d’organisation, du léopard solitaire aux sociétés matriarcales complexes des éléphants de forêt. En analysant les coûts et bénéfices de la vie en groupe (prédation, compétition pour les ressources), l’étudiant apprendra à prédire le type de structure sociale d’une espèce en fonction de son environnement, une compétence essentielle pour la gestion des populations.
III.2 Les canaux de communication : chimique, auditif, visuel et tactile
Une analyse systémique des modalités de communication révèle la richesse des informations échangées dans le monde animal. Ce segment dissèque les différents canaux en utilisant des exemples locaux : le marquage olfactif des céphalophes, les chants complexes des baleines au large de Moanda, les signaux visuels des cercopithèques dans la canopée. L’étudiant apprendra à interpréter ces signaux non comme des actions isolées mais comme les éléments d’un système de communication structuré, essentiel à la cohésion du groupe.
III.3 Comportements agonistiques : compétition, territorialité et hiérarchies de dominance
La gestion des conflits, loin d’être chaotique, est régie par des règles précises qui minimisent les blessures et stabilisent le groupe. Ce sous-chapitre examine les comportements agonistiques, des combats ritualisés aux signaux de soumission. L’étude des hiérarchies de dominance chez les buffles de savane du parc de la Garamba permet de comprendre comment le statut social influence l’accès aux ressources et au succès reproducteur, fournissant un outil d’analyse puissant pour évaluer la santé d’une population.
III.4 Comportements coopératifs : altruisme, sélection de parentèle et mutualisme
Face aux paradoxes de l’altruisme, la théorie de la sélection de parentèle de Hamilton offre une explication mathématique. Cette section explore les mécanismes de la coopération, de l’élevage coopératif chez certaines espèces d’oiseaux à la chasse en groupe des chimpanzés de l’est de la RDC. L’étudiant apprendra à quantifier les liens de parenté et à modéliser les conditions d’émergence de l’entraide, lui permettant de comprendre les fondements de la cohésion sociale et de l’intelligence collective.
PARTIE 2 : ÉTHOLOGIE APPLIQUÉE ET GESTION DU BIEN-ÊTRE ANIMAL
Chapitre IV. Socio-Éthologie des Populations Sauvages
La sociobiologie, formalisée par E.O. Wilson en 1975, offre une grille de lecture puissante pour décrypter les sociétés animales comme des systèmes adaptatifs. Ce chapitre applique ce paradigme aux populations de grands mammifères du bassin du Congo, en analysant les structures de pouvoir, les alliances et les stratégies de coopération. L’objectif est de dépasser la simple observation pour modéliser les dynamiques de groupe. L’étudiant forgera une compétence analytique cruciale : cartographier les réseaux sociaux d’une population de bonobos ou d’éléphants pour prédire sa résilience face aux pressions anthropiques.
IV.1 Structures Sociales et Hiérarchies de Dominance
La structure sociale comme unité de survie constitue le fondement de l’organisation chez de nombreuses espèces. Ce sous-chapitre examine les différents types de hiérarchies, des systèmes linéaires stricts aux réseaux de dominance plus fluides, en s’appuyant sur des études de cas de primates des parcs de la RDC. Une analyse comparative des sociétés matrilinéaires des éléphants et patrilinéaires des chimpanzés est menée. L’apprenant apprendra à quantifier les relations de dominance et à en déduire les implications pour la gestion des groupes sociaux.
IV.2 Communication et Signaux Sociaux
Face à la complexité des interactions, les animaux déploient un répertoire sophistiqué de signaux. Cette section dissèque les modalités de communication – vocale, chimique, visuelle et tactile – en se concentrant sur leur fonction dans la cohésion du groupe et la régulation des conflits. L’étude des vocalisations des gorilles de Grauer pour la coordination des déplacements illustre la richesse de ces systèmes. L’étudiant développera la capacité de décoder ces signaux pour évaluer l’état de cohésion d’un groupe sauvage.
IV.3 Stratégies de Coopération et d’Altruisme
Sous l’angle de la théorie des jeux, l’altruisme apparent dans le monde animal pose un défi évolutif. Ce segment analyse les mécanismes de la sélection de parentèle et de l’altruisme réciproque qui sous-tendent les comportements coopératifs, comme la chasse en groupe ou la défense collective du territoire. Les stratégies de chasse des chimpanzés de la forêt d’Ituri sont utilisées comme modèle d’étude. L’étudiant maîtrisera les outils conceptuels pour identifier et modéliser les dynamiques de coopération au sein d’une population.
IV.4 Compétition et Résolution des Conflits
Une connaissance approfondie des dynamiques de compétition est vitale pour comprendre la stabilité des groupes. Ce sous-chapitre explore les stratégies de compétition pour les ressources et les partenaires, ainsi que les mécanismes de réconciliation qui préviennent l’escalade des conflits et la fission du groupe. L’analyse des rituels d’apaisement chez les bonobos du parc de la Salonga fournit un cas d’étude concret. L’apprenant sera capable d’analyser les taux de conflits comme un indicateur de stress social et environnemental.
Chapitre V. Diagnostic du Bien-Être en Milieu Contrôlé
Le débat sur la mesure du bien-être animal oppose souvent les indicateurs comportementaux, comme les stéréotypies, aux marqueurs physiologiques du stress. Ce chapitre tranche la controverse en proposant une approche intégrée, indispensable pour les gestionnaires de parcs zoologiques et de sanctuaires en RDC. Comment objectiver la souffrance ou le contentement d’un okapi en captivité ? En répondant à cette question, l’étudiant structurera une méthodologie d’audit du bien-être, capable de générer des recommandations managériales précises et scientifiquement fondées.
V.1 Évaluation des Comportements Anormaux et Stéréotypies
D’origine clinique, l’analyse des comportements répétitifs anormaux est un premier indicateur du mal-être. Cette section fournit une classification rigoureuse des stéréotypies (locomotrices, orales) et des méthodes pour quantifier leur fréquence et leur durée. L’étude se concentre sur les causes profondes, notamment le manque de stimulation et l’impossibilité d’exprimer des comportements naturels. L’étudiant apprendra à utiliser l’observation de ces comportements comme un outil de diagnostic précoce pour identifier les problèmes dans l’environnement de l’animal.
V.2 Indicateurs Physiologiques du Stress Chronique
Sous l’angle de la neuro-endocrinologie, la mesure des hormones de stress offre une fenêtre objective sur l’état interne de l’animal. Ce sous-chapitre détaille les techniques non-invasives de dosage du cortisol et de ses métabolites à partir d’échantillons fécaux ou pileux, particulièrement adaptées au contexte des sanctuaires comme Lwiro. Ces méthodes permettent de suivre le stress chronique sans perturber les animaux. L’ingénieur en conservation saura mettre en place un protocole de suivi hormonal pour évaluer l’impact des conditions de captivité.
V.3 Tests de Préférence et de Motivation
Face à la difficulté d’interpréter les choix d’un animal, les tests de motivation quantifient la valeur qu’il accorde à différentes ressources ou activités. Cette section présente les protocoles expérimentaux permettant de mesurer l’effort qu’un animal est prêt à fournir pour accéder à un enrichissement, un contact social ou un type de nourriture. Ces données permettent de hiérarchiser les priorités pour l’amélioration de l’environnement. L’étudiant maîtrisera la conception de tests pour sonder les préférences et besoins spécifiques des espèces gérées.
V.4 Construction d’un Indice de Bien-Être Multicritères
Une approche intégrée du bilan de santé psychologique est nécessaire pour une évaluation complète. Ce segment enseigne comment combiner les données comportementales, physiologiques et sanitaires en un score de bien-être composite. En s’inspirant des modèles comme le “Welfare Quality®”, l’étudiant apprend à pondérer les différents indicateurs pour créer un tableau de bord synthétique et opérationnel. Il sera capable de produire un audit formel du bien-être pour un individu ou un groupe, et de suivre l’efficacité des interventions.
Chapitre VI. Ingénierie de l’Enrichissement Comportemental
L’enrichissement environnemental, souvent réduit à la simple distribution de jouets, vacille face à la complexité cognitive des espèces. La critique de cette approche simpliste est le point de départ de ce chapitre. Nous corrigeons cette faille en développant une ingénierie de l’enrichissement basée sur les objectifs comportementaux (Goal-Oriented Enrichment). L’application aux grands singes des sanctuaires congolais servira de fil rouge. L’étudiant forgera la compétence de concevoir, fabriquer et valider des dispositifs qui stimulent des comportements naturels complexes.
VI.1 Taxonomie et Principes de l’Enrichissement
La philosophie de l’enrichissement repose sur la promotion des comportements espèce-spécifiques. Ce sous-chapitre classifie les différents types d’enrichissements (alimentaire, sensoriel, cognitif, social, structurel) et établit les principes fondamentaux de leur mise en œuvre. L’accent est mis sur la nécessité de définir des objectifs clairs avant toute intervention, en se basant sur l’éthogramme de l’espèce cible. L’apprenant saura choisir le type d’enrichissement le plus pertinent en fonction du déficit comportemental identifié chez l’animal.
VI.2 Conception de Dispositifs d’Enrichissement Cognitif
Sous l’angle de l’ingénierie cognitive, la conception de “puzzles” et de défis mentaux est cruciale. Cette section détaille les méthodes pour créer des dispositifs qui encouragent la résolution de problèmes, imitant les défis de recherche alimentaire dans la nature. Des exemples concrets de fabrication de “puzzle feeders” pour les primates ou de dispositifs pour les carnivores sont analysés, en tenant compte de la sécurité et de la durabilité. L’étudiant sera capable de prototyper des enrichissements cognitifs adaptés aux capacités de l’espèce.
VI.3 Planification et Gestion de la Nouveauté
Face au risque d’habituation qui annule les bénéfices de l’enrichissement, une gestion dynamique est impérative. Ce segment expose les techniques de planification et de rotation des dispositifs pour maintenir l’intérêt et la motivation des animaux. L’élaboration d’un calendrier d’enrichissement, intégrant la prévisibilité et l’imprévisibilité, est une compétence clé qui y est développée. L’étudiant apprendra à construire un programme d’enrichissement sur le long terme, évitant la lassitude et maximisant l’impact sur le bien-être.
VI.4 Validation Quantitative de l’Efficacité
Une validation quantitative de l’efficacité transforme l’enrichissement d’un art en une science. Ce sous-chapitre enseigne comment mesurer l’impact d’un programme d’enrichissement en utilisant les indicateurs définis au chapitre précédent. Il s’agit de démontrer une augmentation des comportements positifs (exploration, jeu) et une diminution des comportements négatifs (stéréotypies, agression). L’étudiant maîtrisera les protocoles expérimentaux pour prouver l’efficacité de ses interventions et justifier les investissements auprès des gestionnaires de parcs.
ANNEXES
A. Ethogramme Standardisé du Bonobo (Pan paniscus)
L’absence de protocole standardisé a longtemps vicié les études comparatives sur le comportement des grands singes, menant à des conclusions contradictoires. Cette annexe tranche le problème en proposant un éthogramme exhaustif pour Pan paniscus, calibré sur les travaux de Kano et Furuichi. En maîtrisant ce lexique comportemental (gestes, vocalisations, interactions sociales), l’étudiant acquiert la capacité de produire des données de terrain quantifiables et interopérables, une compétence fondamentale pour tout projet de recherche au parc national de la Salonga.
B. Grille d’Évaluation du Bien-Être en Milieu Contrôlé (Sanctuaires RDC)
Le concept de bien-être animal, souvent subjectif, bute sur le besoin de métriques objectives pour la gestion des sanctuaires. Cette grille d’évaluation adapte les cinq libertés de Brambell aux contraintes spécifiques des centres de réhabilitation congolais comme Lwiro ou JACK. Elle transforme l’évaluation qualitative en un audit quantitatif rigoureux, basé sur des indicateurs comportementaux, physiologiques et environnementaux précis. Le futur gestionnaire forgera ici l’outil décisionnel pour justifier des investissements, réorganiser les enclos ou valider un protocole de soins.
C. Guide Pratique de l’Enrichissement Environnemental pour l’Okapi
La théorie de l’enrichissement cognitif, développée par Shepherdson, postule que la stimulation mentale est aussi vitale que la nutrition. Ce guide technique transpose ce principe en un plan d’action concret pour l’Okapi, espèce emblématique et sensible de la réserve de faune d’Epulu. Il détaille la conception et la fabrication de dispositifs d’alimentation complexes à partir de matériaux locaux (bambou, lianes), forçant l’animal à résoudre des problèmes. L’apprenant maîtrisera la méthodologie complète pour concevoir un programme d’enrichissement durable et à faible coût.
D. Vade-mecum des Réglementations CITES pour la Faune Congolaise
La ratification de la CITES par la RDC en 1976 a instauré un cadre légal contraignant pour le commerce et le transport de sa faune. Ce vade-mecum synthétise les procédures administratives et les obligations légales pour les espèces des Annexes I, II et III présentes sur le territoire national. Il fournit les formulaires types et les contacts clés au sein de l’ICCN et du Ministère de l’Environnement. L’étudiant sera ainsi capable de monter un dossier de permis d’exportation scientifique ou de translocation en totale conformité.
En quoi le concept d’Umwelt de von Uexküll remet-il en cause l’étude objective du comportement animal et notre anthropocentrisme cognitif ?
📚 Source :Travaux de Jakob von Uexküll sur l’Umwelt via Google Scholar
Quelles sont les limites épistémologiques du Canon de Morgan lorsqu’il est appliqué à l’étude de la cognition complexe chez les primates ?
📚 Source :Travaux de C. Lloyd Morgan sur le Canon de Morgan via JSTOR
Comment l’hypothèse de l’intelligence sociale explique-t-elle l’encéphalisation chez les cétacés, et quelle est sa principale critique méthodologique ?
📚 Source :Travaux de Nicholas Humphrey sur l’Hypothèse de l’Intelligence Sociale via Cairn.info
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