
Planification et implémentation de la cartographie touristique
Spatialisation des données pour une meilleure gestion stratégique des territoires.
Édition 2026 – Réforme LMD – Enseignement supérieur et universitaire en RDC.
- Code Officiel : PIC2241
- Domaine : Domaine de Lettres, Langues et Arts
- Filière : Non spécifié
- Mention : Non spécifié
- Année d’étude : Master 2
- Semestre : Semestre 4
Consulter les Modalités, Compétences et Débouchés
Cette Unité d’Enseignement, d’une valeur de 4 crédits ECTS, est conçue comme un bloc de formation intensif et spécialisé. Son architecture pédagogique est volontairement concentrée autour d’un unique Élément Constitutif (EC) : les Outils et systèmes d’information cartographique. Cette approche monobloc garantit une immersion complète et une maîtrise approfondie des fondamentaux de la géomatique appliquée, permettant une acquisition ciblée et efficace des savoirs sans dispersion thématique.
Au-delà de la simple représentation, l’objectif est de vous doter d’une compétence opérationnelle de haut niveau. Vous apprendrez à concevoir des cartes touristiques thématiques qui transcendent l’illustration pour devenir de véritables outils d’analyse intégrant des données géoéconomiques. Cette maîtrise passe par la capacité à implémenter des Systèmes d’Information Géographique (SIG) robustes, transformant les données brutes en intelligence territoriale. Ces compétences convergent vers un objectif stratégique : savoir planifier l’aménagement durable des infrastructures et attraits, faisant de vous un acteur clé de la valorisation des territoires.
Cette formation prépare à des métiers d’avenir, particulièrement stratégiques pour le développement de la République Démocratique du Congo. En tant qu’Aménagiste du territoire touristique, vous orchestrerez la mise en valeur des sites exceptionnels du pays, en assurant une croissance respectueuse de l’environnement. Le profil d’Ingénieur en développement local vous positionnera au cœur des projets de désenclavement et de création de valeur pour les communautés. Enfin, le poste de Cartographe d’office du tourisme est ici réinventé, évoluant vers un rôle de gestionnaire d’informations géospatiales, essentiel pour promouvoir une image moderne et attractive des destinations congolaises sur la scène internationale.
- PRÉLIMINAIRES
- PARTIE 1 : FONDEMENTS THÉORIQUES ET MÉTHODOLOGIQUES DE LA CARTOGRAPHIE TOURISTIQUE
- Chapitre I. Épistémologie et Histoire de la Cartographie Appliquée au Tourisme
- Chapitre II. Systèmes d’Information Géographique (SIG) : De la Donnée Brute à la Visualisation Stratégique
- Chapitre III. Sémiologie Graphique et Modélisation des Attraits Touristiques Congolais
- PARTIE 2 : DE LA DONNÉE AU PROJET : IMPLÉMENTATION STRATÉGIQUE ET VALORISATION
- Chapitre VII. Ingénierie du Projet Cartographique Touristique
- Chapitre VIII. Systèmes d’Information Géographique (SIG) Avancés pour le Tourisme
- Chapitre IX. Valorisation et Marketing Territorial par la Carte
- ANNEXES
PRÉLIMINAIRES
I. Justification et Utilité Socio-Économique
La diversification de l’économie congolaise, au-delà du secteur extractif, constitue un impératif stratégique national. Cette Unité d’Enseignement répond directement à cet enjeu en outillant les futurs aménagistes pour valoriser le potentiel touristique inexploité du pays. En transformant des données géographiques brutes en outils d’aide à la décision, le cours vise la création de valeur économique locale. L’étudiant apprendra à identifier et à spatialiser des opportunités d’investissement touristique, contribuant ainsi à une croissance plus inclusive et durable, ancrée dans les territoires.
II. Compétences Visées et Débouchés Professionnels
Ce module forge des compétences opérationnelles à l’intersection de la géomatique, de l’économie du tourisme et de l’aménagement du territoire. L’objectif est de former des professionnels capables de concevoir et d’implémenter des stratégies de développement touristique basées sur des analyses spatiales rigoureuses. À l’issue de la formation, le diplômé maîtrisera la chaîne complète, de la collecte de données à la production de cartes décisionnelles. Les débouchés directs incluent les postes d’aménagiste territorial, d’ingénieur en développement local, de cartographe pour les offices de tourisme ou de consultant pour les investisseurs.
III. Méthodologie d’Évaluation
L’évaluation sanctionne la capacité de l’étudiant à traduire la théorie en production concrète. Elle repose sur la réalisation d’un projet tutoré de cartographie touristique appliquée à un territoire congolais spécifique (ex: le littoral de Moanda, le district culturel de la Gombe). Ce projet inclut la constitution d’une base de données SIG, la production d’une série de cartes thématiques et la rédaction d’un rapport d’analyse stratégique. Une soutenance orale devant un jury de professionnels validera la maîtrise technique et la pertinence économique des propositions d’aménagement.
IV. Prérequis Académiques et Techniques
L’admission à ce cours requiert une solide culture générale en géographie humaine et économique, ainsi que des bases en statistique descriptive. Une familiarité avec les concepts fondamentaux de l’aménagement du territoire est indispensable. Sur le plan technique, une aisance avec l’environnement informatique est exigée, sans pour autant nécessiter une expertise préalable en Systèmes d’Information Géographique (SIG). La capacité à mener une recherche documentaire autonome et à synthétiser des informations de sources variées constitue un atout déterminant pour la réussite dans cette unité.
PARTIE 1 : FONDEMENTS THÉORIQUES ET MÉTHODOLOGIQUES DE LA CARTOGRAPHIE TOURISTIQUE
Chapitre I. Épistémologie et Histoire de la Cartographie Appliquée au Tourisme
Le concept du “regard touristique” de John Urry, qui postule que le tourisme construit socialement ce qui est digne d’être vu, est le pivot de ce chapitre. La carte n’est pas un reflet neutre du réel mais un instrument qui oriente ce regard et fabrique l’attractivité. Nous analyserons comment, de la carte coloniale à la carte interactive, la représentation des espaces congolais a façonné leur perception et leur exploitation touristique. L’étudiant forgera une compétence critique : déconstruire les narratifs cartographiques pour proposer des représentations plus équilibrées et authentiques.
I.1 De la carte d’état-major à la carte d’expérience
Une connaissance approfondie des dynamiques de la cartographie révèle une mutation fondamentale. Initialement conçue pour des usages militaires et administratifs, la carte s’est progressivement adaptée aux besoins du voyageur, passant d’un outil de navigation pure à un support de narration et de prescription d’expériences. Cette section analyse cette transition en étudiant l’évolution des symboles et des informations représentées. L’étudiant apprendra à distinguer et à concevoir des documents cartographiques selon la finalité : orienter, informer ou inspirer le touriste.
I.2 Sous l’angle de la géopolitique du tourisme
La cartographie touristique est un acte éminemment politique qui délimite le “visitable” du “non-visitable”. En RDC, la représentation des zones de sécurité, des infrastructures et des parcs nationaux influence directement les flux touristiques et les investissements, créant des centres et des périphéries. Ce sous-chapitre examine comment les choix cartographiques peuvent renforcer des dynamiques de pouvoir ou, au contraire, devenir des outils de rééquilibrage territorial. L’étudiant saura analyser l’impact géopolitique d’une carte et concevoir des alternatives inclusives.
I.3 Face aux biais de la représentation cartographique
Toute carte est une simplification qui implique des choix, donc des biais. La projection de Mercator, les généralisations de tracés ou la sélection des points d’intérêt sont des décisions qui altèrent la perception de la réalité, souvent au détriment des zones moins développées. Cette section arme l’étudiant pour identifier ces distorsions cognitives et techniques. En maîtrisant les principes de la cartographie critique, il sera capable de produire des cartes plus honnêtes, justifiant chaque choix de représentation pour servir un objectif de communication transparent.
I.4 D’origine coloniale, la cartographie des ressources congolaises
La première cartographie systématique du Congo fut motivée par l’inventaire et l’extraction des ressources naturelles, un héritage qui pèse encore sur la vision du territoire. Ce segment analyse comment cette approche utilitariste a façonné la représentation des parcs (Virunga, Garamba) et des voies de communication, souvent au détriment du patrimoine culturel immatériel. L’étudiant apprendra à identifier ces schémas historiques pour s’en affranchir. Il développera la compétence de créer une cartographie touristique qui intègre et valorise la complexité culturelle locale.
Chapitre II. Systèmes d’Information Géographique (SIG) : De la Donnée Brute à la Visualisation Stratégique
La théorie classique des SIG, axée sur des données quantifiables, montre ses limites face à la richesse du patrimoine immatériel congolais (traditions orales, sites sacrés). Ce chapitre critique cette approche en intégrant des méthodologies de collecte et de modélisation de données qualitatives au sein des SIG. Nous explorons comment spatialiser l’intangible pour enrichir l’offre touristique. L’ingénieur en développement local forgera ici une compétence rare : concevoir et gérer des bases de données géo-culturelles hybrides pour une planification touristique holistique.
II.1 La structuration des bases de données géospatiales
Une maîtrise des modèles de données (vecteur, raster) est le fondement de toute analyse spatiale pertinente. Ce sous-chapitre détaille la logique de construction d’une base de données SIG pour le tourisme, en distinguant les objets ponctuels (hôtels), linéaires (sentiers de randonnée) et surfaciques (parcs nationaux). L’application portera sur la modélisation du réseau d’hébergements de la ville de Lubumbashi. L’étudiant saura structurer une base de données optimisée, garantissant la cohérence et la performance des requêtes analytiques futures.
II.2 Sous l’angle de l’acquisition et de la qualification de la donnée
La qualité d’une carte dépend entièrement de la fiabilité des données sources. Cette section explore les diverses méthodes d’acquisition : relevés GPS de terrain, digitalisation d’images satellites, exploitation de données ouvertes (OpenStreetMap) et enquêtes socio-économiques. Un focus particulier sera mis sur les techniques de validation et de nettoyage des données pour le contexte congolais, souvent caractérisé par leur rareté. L’étudiant deviendra apte à auditer la qualité d’un jeu de données et à mettre en œuvre des protocoles de collecte rigoureux.
II.3 L’interopérabilité des systèmes et formats (QGIS, ArcGIS)
Une compréhension fine des enjeux d’interopérabilité est cruciale dans un écosystème où coexistent logiciels propriétaires (ArcGIS) et open-source (QGIS). Ce segment aborde les défis techniques liés à la conversion des formats de fichiers (Shapefile, GeoJSON, KML) et à la connexion aux services de données en ligne (WMS, WFS). L’objectif est de garantir la fluidité des échanges d’informations entre différents acteurs du tourisme. L’étudiant sera capable de concevoir une chaîne de traitement de données géographiques flexible et pérenne.
II.4 Face aux défis de l’analyse spatiale multicritère
L’analyse spatiale permet de répondre à des questions complexes, comme “Où implanter un écolodge pour maximiser la vue tout en minimisant l’impact environnemental ?”. Cette section initie aux techniques d’analyse multicritère, qui consistent à pondérer et à superposer différentes couches d’information (pentes, proximité des routes, zones protégées). L’étudiant apprendra à utiliser les outils de géotraitement pour produire des cartes d’aide à la décision. Il saura identifier objectivement les zones à fort potentiel ou à risque pour un projet d’aménagement.
Chapitre III. Sémiologie Graphique et Modélisation des Attraits Touristiques Congolais
Publiée en 1967, la Sémiologie Graphique de Jacques Bertin fournit une grammaire universelle pour la conception de cartes. Ce chapitre transpose ses variables visuelles (forme, taille, couleur, orientation) à la cartographie des spécificités congolaises. Comment représenter visuellement la différence entre un site de musique rumba à Matonge et un sanctuaire de bonobos ? En maîtrisant cette grammaire, l’étudiant ne dessinera plus, il écrira des cartes. Il forgera la compétence de concevoir des légendes et des symbologies claires, efficaces et esthétiques.
III.1 D’origine française, la théorie de la sémiologie graphique
La sémiologie graphique de Bertin offre un système logique pour coder l’information visuellement et sans ambiguïté. Ce sous-chapitre dissèque les sept variables rétiniennes et leurs propriétés (sélective, associative, ordonnée, quantitative) pour construire un message cartographique cohérent. L’étudiant apprendra à choisir la bonne variable pour la bonne donnée : la taille pour une quantité, la couleur pour une typologie. Cette maîtrise est la clé pour passer d’une carte confuse à une carte qui communique son message instantanément.
III.2 La modélisation des flux et des réseaux touristiques
Une modélisation rigoureuse des flux est essentielle pour comprendre les dynamiques d’un territoire. Cette section se concentre sur les techniques de représentation des mouvements : flux migratoires de la faune dans le parc de la Salonga, itinéraires des touristes entre les sites du Bas-Congo, ou diffusion d’un style musical le long du fleuve. L’étudiant apprendra à utiliser l’épaisseur, la couleur et l’orientation des flèches pour visualiser des dynamiques complexes. Il sera capable de produire des cartes de flux qui révèlent les schémas de mobilité.
III.3 Sous l’angle de la cartographie thématique des patrimoines
La cartographie thématique vise à représenter la distribution spatiale d’un phénomène spécifique. Ce segment se focalise sur la représentation des différents types de patrimoines congolais : naturel (chutes de Zongo), matériel (architecture de Kinshasa) et immatériel (lieux de mémoire). L’étudiant apprendra à adapter sa symbologie et ses méthodes de classification des données pour chaque thème. La compétence visée est la capacité à créer un atlas touristique complet, où chaque carte raconte une histoire spécifique et documentée du territoire.
III.4 La conception de la charte graphique et de la légende
Une charte graphique cohérente est la signature d’une production cartographique professionnelle. Elle garantit l’unité visuelle et la reconnaissance immédiate d’une série de cartes (par exemple, pour un office de tourisme régional). Ce sous-chapitre aborde les aspects pratiques : choix de la palette de couleurs, de la typographie, et conception d’une légende hiérarchisée et intuitive. L’étudiant sera mis en situation de créer la charte graphique complète pour un projet de valorisation touristique, un savoir-faire directement monnayable.
PARTIE 2 : DE LA DONNÉE AU PROJET : IMPLÉMENTATION STRATÉGIQUE ET VALORISATION
Chapitre VII. Ingénierie du Projet Cartographique Touristique
La critique des limites techniques des projets cartographiques improvisés démontre leur faible impact. Un projet sans cahier des charges précis et sans budget réaliste conduit inévitablement à l’échec, particulièrement dans le contexte congolais où les ressources sont limitées. Ce chapitre structure la démarche projet de A à Z, du besoin initial à la validation juridique. En maîtrisant la chaîne de planification, l’étudiant devient un chef de projet capable de piloter la création d’outils cartographiques complexes, garantissant leur pertinence et leur viabilité financière.
VII.1 Définition du cahier des charges fonctionnel et technique
Face à l’ambiguïté des demandes initiales, la formalisation d’un cahier des charges est l’acte fondateur de tout projet cartographique sérieux. Ce document traduit les besoins touristiques en spécifications techniques précises : échelles, projections, types de données à collecter, fonctionnalités attendues de l’outil final. L’étudiant apprendra à rédiger ce contrat technique, en s’assurant qu’il soit un guide infaillible pour les développeurs et un garant des objectifs pour le commanditaire, comme l’Office National du Tourisme (ONT).
VII.2 Modélisation économique et budgétisation du projet
Une connaissance approfondie des dynamiques de coûts est indispensable pour assurer la pérennité d’un projet SIG. Ce sous-chapitre aborde la budgétisation depuis l’acquisition des licences logicielles et des données satellitaires jusqu’aux coûts de maintenance et de formation des équipes locales. En se basant sur des cas d’étude réels en RDC, l’apprenant construira des modèles économiques robustes, capables de justifier un investissement auprès de bailleurs de fonds ou d’agences gouvernementales.
VII.3 Identification et mobilisation des parties prenantes
Sous l’angle de la sociologie des organisations, un projet cartographique réussi est celui qui fédère un écosystème d’acteurs divers. Il s’agit ici de cartographier les parties prenantes : communautés locales, opérateurs touristiques privés, gestionnaires de parcs nationaux (ICCN), autorités coutumières et administrations publiques. L’étudiant développera des stratégies de mobilisation pour transformer ces acteurs en partenaires actifs, assurant ainsi l’acceptation sociale et l’enrichissement collaboratif des données cartographiques.
VII.4 Analyse du cadre juridique et réglementaire en RDC
Toute initiative de cartographie se heurte à un cadre légal spécifique qu’il est impératif de maîtriser. Ce module dissèque la législation congolaise relative à la propriété des données géospatiales, à la protection du patrimoine culturel et naturel, ainsi qu’aux autorisations de survol par drone pour la collecte d’images. L’aménagiste du territoire forgera ici une compétence cruciale : sécuriser juridiquement son projet pour éviter tout litige et garantir sa conformité avec les lois nationales.
Chapitre VIII. Systèmes d’Information Géographique (SIG) Avancés pour le Tourisme
La controverse scientifique opposant les SIG bureautiques classiques aux plateformes web dynamiques est aujourd’hui tranchée en faveur des secondes pour toute application touristique. Un SIG statique est une archive morte ; un SIG web est un outil vivant d’aide à la décision et de promotion. Ce chapitre se concentre sur le déploiement de solutions SIG avancées, interactives et accessibles. L’objectif est de former des ingénieurs capables de construire des écosystèmes d’information géographique qui répondent en temps réel aux besoins des touristes et des planificateurs.
VIII.1 Interopérabilité des bases de données géospatiales
Face aux défis de l’hétérogénéité des sources, l’interopérabilité est la clé de voûte d’un SIG performant. Ce segment technique se concentre sur les standards de l’Open Geospatial Consortium (OGC) pour fusionner des données variées : couches cadastrales, données climatiques de Mettelsat, inventaires fauniques de l’ICCN et points d’intérêt issus du crowdsourcing. L’étudiant apprendra à architecturer des bases de données capables de dialoguer entre elles, créant une vision unifiée et cohérente du territoire touristique congolais.
VIII.2 Développement d’applications Web-Mapping (WebSIG)
Rendre l’information touristique dynamique et accessible au plus grand nombre impose le passage au WebSIG. Ce module enseigne la transformation d’une base de données SIG en une application web interactive, en utilisant des librairies comme Leaflet ou OpenLayers. L’étudiant développera une plateforme pilote pour la promotion des sites du Kongo Central (chutes, grottes), en y intégrant des fonctionnalités de recherche, de filtrage et de calcul d’itinéraires accessibles depuis un simple navigateur mobile.
VIII.3 Analyse spatiale multicritère pour l’aide à la décision
D’une complexité redoutable, la décision d’implanter une nouvelle infrastructure touristique exige une analyse rigoureuse. Ce sous-chapitre arme l’étudiant avec les outils d’analyse spatiale multicritère pour identifier les sites optimaux, en pondérant des facteurs comme la pente du terrain, la proximité des voies d’accès, l’éloignement des zones protégées et la visibilité paysagère. Il sera capable de produire des cartes de potentialité pour guider l’aménagement durable d’un écolodge dans la région du Kivu.
VIII.4 Intégration de la 3D et de la réalité virtuelle
Au-delà de la carte 2D, la visualisation immersive ouvre des perspectives promotionnelles inédites. Ce module explore la création de modèles numériques de terrain (MNT) et la texturation photoréaliste pour recréer virtuellement des sites emblématiques comme les chutes de la Zongo ou le volcan Nyiragongo. L’apprenant maîtrisera les techniques permettant de générer des visites virtuelles interactives, offrant une expérience immersive et un outil de marketing puissant avant même le déplacement du touriste.
Chapitre IX. Valorisation et Marketing Territorial par la Carte
Le concept de marketing territorial, théorisé par des auteurs comme Philip Kotler, fournit le cadre pour transformer la carte d’un simple outil technique en une arme de séduction économique. La carte n’est plus une représentation passive du réel, mais un récit actif qui construit l’attractivité d’un lieu. Ce chapitre est entièrement dédié à cette mutation stratégique. L’étudiant y apprendra à concevoir et déployer des stratégies où la cartographie devient le pivot de la promotion et de la commercialisation d’une destination touristique.
IX.1 Stratégies de storytelling cartographique
Une narration puissante est au cœur de toute stratégie de marketing efficace. Ce sous-chapitre enseigne comment utiliser la carte pour raconter une histoire : celle de la route du café du Kivu, du périple des explorateurs, ou de la biodiversité unique du parc de la Salonga. L’étudiant apprendra à scénariser un parcours, à hiérarchiser l’information et à utiliser la symbologie pour créer une carte-récit qui captive l’imagination et suscite le désir de découverte.
IX.2 Conception et diffusion de produits cartographiques multi-supports
À l’ère du numérique, la diversification des supports est une nécessité absolue pour toucher toutes les cibles. Ce module se focalise sur l’adaptation du contenu cartographique pour différents formats : cartes papier de haute qualité pour les randonneurs, applications mobiles interactives pour le tourisme urbain à Lubumbashi, et cartes intégrées dans des bornes interactives. L’étudiant maîtrisera la chaîne graphique et le design d’interface pour garantir une expérience utilisateur optimale sur chaque support.
IX.3 Intégration des cartes dans les campagnes de marketing digital
Une carte isolée a un impact limité ; intégrée dans une campagne digitale, son potentiel est démultiplié. Ce segment pratique aborde l’utilisation des cartes interactives sur les réseaux sociaux, leur intégration dans les blogs de voyage et leur usage pour le ciblage publicitaire géolocalisé. L’apprenant concevra une mini-campagne pour une destination pilote, en utilisant la carte comme contenu central pour générer de l’engagement, du trafic web et, in fine, des réservations.
IX.4 Mesure de l’impact et analyse du retour sur investissement (ROI)
Justifier l’investissement dans des outils cartographiques sophistiqués requiert une mesure rigoureuse de leur performance. Ce dernier sous-chapitre fournit les méthodologies pour évaluer l’impact d’une stratégie de marketing cartographique : analyse des données de fréquentation web (heat maps), suivi des téléchargements d’applications, et corrélation avec l’évolution des flux touristiques sur le terrain. L’étudiant sera capable de produire des rapports de performance quantifiés, prouvant le retour sur investissement de ses actions.
ANNEXES
A. Cadre Juridique et Réglementaire du Tourisme en RDC
La promulgation en 2019 de la Loi-cadre sur l’aménagement du territoire a initié une refonte systémique de la gestion foncière et environnementale en RDC. Cette annexe fournit une compilation exhaustive et commentée des textes légaux cruciaux, des décrets d’application aux arrêtés provinciaux, qui régissent la création de zones d’intérêt touristique. L’aménagiste y acquiert une maîtrise juridique pointue, lui permettant de sécuriser le montage de projets touristiques, d’anticiper les contraintes réglementaires et de garantir leur conformité légale sur le terrain.
B. Étude de Cas : Cartographie de la Résilience Écotouristique (Parc National des Virunga)
Dans un écosystème aussi volatile que celui du Parc National des Virunga, les modèles cartographiques statiques démontrent leur inefficacité opérationnelle face aux dynamiques sécuritaires et écologiques. Ce document dissèque une étude de cas concrète, détaillant l’implémentation d’un SIG dynamique qui intègre en temps réel les données de patrouille des éco-gardes, les mouvements de la faune et les alertes communautaires. L’étudiant apprend à modéliser des corridors de sécurité, forgeant la capacité de produire des outils d’aide à la décision pour un tourisme durable en milieu complexe.
C. Référentiel des Sources de Données Géospatiales pour la RDC
Face à la rareté ou l’obsolescence des données topographiques officielles en RDC, la dépendance exclusive aux sources institutionnelles constitue une impasse méthodologique pour le cartographe moderne. Cette annexe tranche ce débat en fournissant un répertoire critique et validé de sources alternatives : données satellitaires open-source (Sentinel, Landsat), bases de données collaboratives (OpenStreetMap) et portails de données humanitaires (HDX). Le chercheur y développe une compétence stratégique de data sourcing, lui permettant de croiser des informations hétérogènes pour construire des bases cartographiques fiables.
D. Glossaire Technique Bilingue des Standards de la Cartographie Géotouristique
Les standards de l’Open Geospatial Consortium (OGC), socle de l’interopérabilité des systèmes d’information géographique, constituent le langage universel de la cartographie numérique professionnelle. Ce glossaire technique bilingue (Français-Anglais) contextualise chaque terme (WMS, GeoJSON, métadonnée ISO 19115) avec des exemples d’application pour le secteur touristique congolais. L’ingénieur en développement local s’approprie ainsi la terminologie exacte requise pour dialoguer avec des partenaires techniques internationaux et rédiger des cahiers des charges sans ambiguïté.
Comment la sémiotique transcende-t-elle la simple iconographie dans la conception des cartes touristiques pour influencer la perception et le comportement du voyageur ?
📚 Source :Travaux de Roland Barthes sur Mythologies via Cairn.info
Quel est l’impact de la cartographie critique sur la déconstruction des narratifs de pouvoir dans les cartes de destinations à héritage post-colonial ?
📚 Source :Travaux de J.B. Harley sur Deconstructing the Map via JSTOR
De quelle manière les technologies de géolocalisation et la réalité augmentée modifient-elles la formation de la carte cognitive de l’espace urbain ?
📚 Source :Travaux de Kevin Lynch sur The Image of the City via Google Scholar
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