
Projet de l'étudiant
Conception, pilotage et gestion autonome d'un projet d'ingénierie linguistique.
Édition 2026 – Réforme LMD – Enseignement supérieur et universitaire en RDC.
- Code Officiel : PLT2243
- Domaine : Domaine de Lettres, Langues et Arts
- Filière : Lettres et Sciences Humaines
- Mention : Lexicographie, Terminologie et Traitement Automatique de Corpus
- Année d’étude : Master 2
- Semestre : Semestre 4
Consulter les Modalités, Compétences et Débouchés
Cette unité d’enseignement, valorisée à hauteur de 3 crédits ECTS, est entièrement articulée autour d’un unique Élément Constitutif central : le Projet tutoré. Cette architecture pédagogique immersive concentre l’intégralité des efforts sur une mise en situation professionnelle concrète, où l’étudiant est amené à gérer une mission d’envergure de A à Z. L’objectif est de dépasser la théorie pour plonger l’apprenant au cœur des défis réels de l’ingénierie linguistique, en le dotant d’une expérience significative et directement valorisable.
Au-delà de la simple gestion de projet, cette UE forge des compétences stratégiques de haut niveau. Vous apprendrez à piloter en totale autonomie des missions complexes, qu’il s’agisse d’un audit ou d’un projet d’aménagement linguistique, en maîtrisant l’élaboration rigoureuse du cahier des charges et en assurant la conformité des livrables. Cette double compétence technique et managériale vous rendra capable non seulement de construire, mais aussi de valider la qualité d’une solution. Finalement, vous développerez l’aptitude cruciale à présenter et défendre des solutions d’ingénierie linguistique innovantes, transformant votre expertise technique en une force de persuasion convaincante face à des décideurs en contexte éducatif ou corporatif.
Les débouchés professionnels visés par cette formation répondent à des besoins critiques sur le marché de l’emploi en République Démocratique du Congo. En tant que Chef de projet en aménagement linguistique, vous orchestrerez les politiques linguistiques au sein d’institutions publiques ou de grandes entreprises dans un contexte multilingue complexe. Le Consultant en ingénierie de programmes d’études jouera un rôle pivot dans la réforme et la modernisation des cursus éducatifs pour mieux intégrer les langues nationales. Enfin, le Coordinateur d’ateliers de lexicographie appliquée sera un acteur clé dans la standardisation et la valorisation des langues congolaises, contribuant directement à la préservation du patrimoine culturel et au développement de ressources didactiques essentielles pour la nation.
- PRÉLIMINAIRES
- PARTIE 1 : FONDATIONS ET INGÉNIERIE DU PROJET LINGUISTIQUE
- Chapitre I. De l’Idée au Cahier des Charges
- Chapitre II. Méthodologie de la Recherche-Action en Linguistique Appliquée
- Chapitre III. Pilotage, Gestion des Risques et Communication de Projet
- PARTIE 2 : MÉTHODOLOGIE ET PILOTAGE DU PROJET D’INGÉNIERIE LINGUISTIQUE
- Chapitre III. Cadrage et Spécification du Projet
- Chapitre IV. Constitution et Traitement des Corpus Linguistiques
- Chapitre V. Analyse, Valorisation et Soutenance du Projet
- ANNEXES
- A. Grille-type du Cahier des Charges pour Projet d’Ingénierie Linguistique
- B. Protocole de Gestion des Droits et de l’Éthique des Données Corpus (Contexte RDC)
- C. Matrice d’Évaluation pour la Soutenance du Projet Tutoré
- D. Modèle de Proposition de Service pour Mission de Conseil en Aménagement Linguistique
PRÉLIMINAIRES
I. Note à l’étudiant-chercheur
Cette Unité d’Enseignement constitue le point d’orgue de votre formation en Master. Elle vous positionne comme un ingénieur-linguiste autonome, capable de transformer une problématique socio-linguistique en un projet structuré, financé et à impact mesurable. L’évaluation ne portera pas sur l’accumulation de savoirs, mais sur votre capacité à produire des livrables concrets, à défendre vos choix méthodologiques et à prouver la pertinence économique ou sociale de votre démarche. L’exigence est maximale, car le terrain professionnel l’est tout autant.
II. Philosophie de l’Unité d’Enseignement
Le paradigme de cette UE est celui de la recherche-action. Vous n’êtes plus un étudiant observant un phénomène, vous êtes un acteur qui le transforme. Chaque étape, de la conceptualisation à la restitution, est pensée pour être directement applicable dans le contexte congolais, qu’il s’agisse d’aménager le multilinguisme dans une entreprise de Kinshasa, de créer un lexique pour le secteur minier au Katanga ou de digitaliser un corpus de traditions orales du Kasaï. L’objectif est de forger des consultants, non des théoriciens.
III. Grille d’évaluation et livrables attendus
La notation est indexée sur la qualité et la ponctualité de livrables professionnels : cahier des charges, matrice des risques, rapport d’étape, prototype fonctionnel et soutenance finale. Chaque document sera évalué selon des critères de rigueur, de clarté et de pertinence opérationnelle. Le plagiat et l’approximation conceptuelle sont éliminatoires. L’étudiant doit démontrer sa maîtrise de la chaîne de valeur complète d’un projet d’ingénierie linguistique, de la négociation du mandat à la présentation des résultats au commanditaire.
PARTIE 1 : FONDATIONS ET INGÉNIERIE DU PROJET LINGUISTIQUE
Chapitre I. De l’Idée au Cahier des Charges
La genèse d’un projet d’ingénierie linguistique est un processus rigoureux qui transforme une intuition ou un besoin diffus en un mandat d’exécution formel. Ce chapitre établit les fondations méthodologiques pour identifier une problématique pertinente, en délimiter le périmètre avec une précision chirurgicale, cartographier les acteurs impliqués et enfin, la contractualiser dans un cahier des charges. La maîtrise de cette phase initiale conditionne la viabilité et le succès de l’ensemble de l’entreprise, prévenant les dérives et garantissant l’alignement avec les attentes du commanditaire.
I.1 Identification et formulation de la problématique
Face à la prolifération des besoins linguistiques non satisfaits, la première compétence est de savoir isoler un problème solvable. Ce sous-chapitre analyse les techniques de diagnostic rapide, de l’enquête de terrain à l’analyse des documents institutionnels, pour identifier des points de friction exploitables. En s’appuyant sur le cas de la communication multilingue au sein de l’administration portuaire de Matadi, l’étudiant apprendra à formuler une problématique de recherche-action précise. Il forgera la capacité de transformer une observation empirique en question de recherche opérationnelle.
I.2 Délimitation du périmètre et formulation des objectifs (SMART)
La délimitation rigoureuse du périmètre prévient l’échec des projets trop ambitieux. Cette section critique l’approche généraliste et impose la méthode SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste, Temporellement défini) comme seul standard acceptable. À travers l’étude d’un projet de création d’une base de données terminologique pour le secteur du cobalt, l’étudiant apprendra à quantifier ses livrables et à définir des indicateurs de succès non ambigus. Il sera capable de rédiger des objectifs qui constituent un véritable contrat de performance.
I.3 Analyse des parties prenantes (Stakeholder Mapping)
Inspirée de l’analyse des champs de pouvoir, la cartographie des parties prenantes est un outil stratégique. Elle permet d’identifier les alliés, les opposants et les bénéficiaires d’un projet pour anticiper les résistances et mobiliser les soutiens. Le cours applique cette méthode à un projet de programme d’alphabétisation en langue nationale dans le Sud-Kivu. L’étudiant y développera une compétence essentielle en gestion de projet : construire une matrice d’influence et d’intérêt pour piloter sa communication et sécuriser l’adoption de sa solution.
I.4 Rédaction technique du cahier des charges
Document contractuel par excellence, le cahier des charges formalise l’accord entre le chef de projet et le commanditaire. Cette section se concentre sur sa structure technique : contexte et justification, objectifs, livrables, contraintes techniques, budget prévisionnel, et planning. En se basant sur les standards utilisés par les agences de développement, l’étudiant dissèque et rédige un cahier des charges complet pour un projet de dictionnaire numérique. Il acquiert ainsi la compétence de produire un document qui sécurise juridiquement et financièrement son intervention.
Chapitre II. Méthodologie de la Recherche-Action en Linguistique Appliquée
La recherche-action est la colonne vertébrale scientifique du projet tutoré. Ce chapitre expose sa double nature : un processus de recherche rigoureux visant à produire des connaissances nouvelles et une démarche de transformation visant à résoudre un problème pratique. L’accent est mis sur les protocoles de collecte et de traitement des données spécifiques à l’ingénierie linguistique, en insistant sur les impératifs de validité scientifique, de reproductibilité des résultats et de conformité éthique, particulièrement dans le contexte socioculturel congolais.
II.1 Le paradigme de la recherche-action : de Kurt Lewin à l’ingénierie linguistique
Théorisée par Kurt Lewin comme une spirale de cycles (planifier, agir, observer, réfléchir), la recherche-action est ici adaptée au projet linguistique. Le cours montre comment ce paradigme permet d’ajuster continuellement la trajectoire du projet en fonction des retours du terrain. En analysant l’implémentation d’une nouvelle didactique du français à Lubumbashi, l’étudiant apprend à justifier ce choix méthodologique. Il saura articuler un plan de recherche qui intègre l’expérimentation et l’itération comme des composantes clés du succès.
II.2 Protocoles de collecte de données : enquêtes, entretiens, constitution de corpus
Sous l’angle de la fiabilité des données, ce segment détaille la conception d’outils de collecte sur mesure. Il aborde la construction de questionnaires sociolinguistiques, la conduite d’entretiens semi-directifs pour l’analyse des besoins terminologiques, et les techniques d’enregistrement pour la constitution de corpus oraux. L’exemple fil rouge est la collecte de données pour un atlas linguistique du lingala et de ses variantes à Kinshasa. L’étudiant forgera la compétence de concevoir et déployer un protocole de collecte garantissant la qualité des données primaires.
II.3 Constitution, annotation et traitement du corpus
Une connaissance approfondie des schémas d’annotation est une compétence technique fondamentale. Ce sous-chapitre présente les standards (TEI, XML) et les outils (ELAN, Praat, AntConc) pour structurer et enrichir un corpus brut, qu’il soit textuel ou oral. L’application pratique se fera sur un corpus de swahili de Goma, où l’étudiant devra l’étiqueter morpho-syntaxiquement et l’aligner avec sa traduction. Il deviendra ainsi capable de préparer un corpus pour une analyse computationnelle ou une exploitation lexicographique automatisée.
II.4 Éthique de la recherche et validation des données
La question éthique, loin d’être un simple ajout, est au cœur de la crédibilité du chercheur. Cette section traite des procédures de consentement éclairé, de l’anonymisation des données et de la restitution des résultats aux communautés sources, en accord avec la législation congolaise. La triangulation des données (croisement des sources) est présentée comme la méthode de validation par excellence. L’étudiant apprendra à rédiger un formulaire de consentement et à mettre en place un protocole de validation, assurant l’intégrité scientifique de son projet.
Chapitre III. Pilotage, Gestion des Risques et Communication de Projet
Un projet techniquement parfait peut échouer par manque de pilotage. Ce chapitre dote l’étudiant des instruments de gestion essentiels pour maîtriser le temps, les ressources et les imprévus. Il s’agit de traduire le cahier des charges en un plan d’action opérationnel, d’anticiper les menaces potentielles pour les neutraliser et de mettre en place une communication stratégique pour maintenir l’engagement des parties prenantes. La finalité est de transformer l’étudiant en un manager de projet capable de garantir la livraison des résultats dans les délais et budgets impartis.
III.1 Planification opérationnelle et outils de suivi (Gantt, PERT)
D’origine managériale, la planification par diagramme de Gantt est ici appliquée à la chronologie d’un projet lexicographique. Ce module enseigne à décomposer le projet en tâches, à estimer leurs durées, à identifier les dépendances et à visualiser le chemin critique. L’étudiant utilisera un logiciel de gestion de projet pour planifier la création d’un glossaire bilingue (français-ciluba). Il acquiert la compétence de construire un tableau de bord qui lui permet de piloter l’avancement de son projet en temps réel.
III.2 Identification, évaluation et mitigation des risques
Une gestion de projet mature anticipe les défaillances. Cette section introduit la méthodologie de la matrice des risques, qui consiste à évaluer la probabilité et l’impact de chaque menace potentielle (technique, humaine, logistique). En se projetant sur un projet de digitalisation d’archives sonores à Mbandaka (risques de coupures électriques, pannes matérielles), l’étudiant apprend à élaborer des plans de contingence. Il sera capable de produire une analyse de risques qui rassure les commanditaires sur sa capacité à maîtriser l’incertitude.
III.3 Stratégie de communication et reporting de projet
Fondée sur une segmentation précise des audiences, une communication de projet efficace adapte le message à sa cible. Ce sous-chapitre distingue le reporting technique destiné au comité de pilotage, du bulletin d’information pour les bénéficiaires, et de la communication institutionnelle pour les bailleurs. L’étudiant devra concevoir le plan de communication pour un projet d’aménagement linguistique commandité par le MINESU. Il forgera la compétence de rédiger des rapports d’avancement clairs, concis et persuasifs, maintenant la confiance et la mobilisation.
III.4 Préparation de la soutenance intermédiaire
La soutenance intermédiaire est un exercice rhétorique et stratégique qui valide la première moitié du projet. Cette section se focalise sur la structuration de l’argumentaire : rappel du problème, démonstration de la validité de la méthodologie, présentation des résultats préliminaires et justification du plan d’action restant. En simulant une défense devant un panel d’experts, l’étudiant apprend à synthétiser son travail et à anticiper les questions critiques. Il acquiert la capacité de défendre la viabilité de son projet et de sécuriser la poursuite de son financement.
PARTIE 2 : MÉTHODOLOGIE ET PILOTAGE DU PROJET D’INGÉNIERIE LINGUISTIQUE
Chapitre III. Cadrage et Spécification du Projet
L’échec de nombreux projets d’aménagement linguistique provient d’une phase initiale mal maîtrisée, où l’intuition prévaut sur la formalisation. Appliqué au contexte plurilingue de la RDC, où coexistent langues nationales et français, ce constat est amplifié. Ce chapitre impose une rigueur méthodologique pour transformer une idée en un cahier des charges technique et contractuel. L’étudiant forgera la capacité de diagnostiquer un besoin sociolinguistique précis et de le traduire en spécifications fonctionnelles auditables, une compétence clé pour tout chef de projet.
III.1 Diagnostic du Besoin et Problématisation
Une analyse rigoureuse des contextes institutionnels ou corporatifs constitue le socle de tout projet viable. Il s’agit d’identifier une carence, une inefficacité ou une opportunité liée à la gestion des langues, comme l’absence de terminologie standardisée dans le secteur minier congolais. Cette phase enseigne à objectiver un problème par des données factuelles (entretiens, observations, analyse documentaire). L’étudiant apprendra à formuler une problématique de recherche-action claire, délimitant précisément le périmètre de son intervention future.
III.2 Élaboration du Cahier des Charges (CdC)
Formalisant les attentes du commanditaire et les engagements du chef de projet, le cahier des charges est un document contractuel. Ce sous-chapitre se concentre sur sa rédaction technique pour un projet linguistique, détaillant les objectifs, les livrables attendus (glossaire, base de données, guide stylistique), les contraintes et les critères de validation. En s’exerçant sur des cas concrets, comme la création d’un lexique pour l’administration publique de Kinshasa, l’étudiant maîtrisera la production d’un CdC irréprochable.
III.3 Planification Opérationnelle et Outils de Pilotage
La maîtrise des outils de gestion de projet distingue le professionnel de l’amateur. Ce module est une immersion pratique dans les diagrammes de Gantt, les méthodes PERT et les tableaux Kanban, appliqués à la temporalité d’un projet linguistique. Comment séquencer la collecte de corpus, l’analyse terminologique et la phase de validation ? L’étudiant apprendra à construire un rétroplanning réaliste, à allouer les ressources et à définir des jalons de contrôle pour garantir la livraison du projet dans les délais impartis.
III.4 Analyse des Risques et Stratégies de Mitigation
Face à l’incertitude inhérente à tout projet, l’anticipation des risques est une compétence stratégique. Ce segment forme à l’identification des menaces potentielles : difficulté d’accès aux locuteurs-experts en RDC, instabilité des outils logiciels, questions de propriété intellectuelle sur les corpus. Pour chaque risque identifié, des stratégies de mitigation préventives et correctives sont élaborées. L’apprenant développera une vision proactive, capable de sécuriser le déroulement et le succès de son projet d’ingénierie linguistique.
Chapitre IV. Constitution et Traitement des Corpus Linguistiques
La linguistique de corpus, initiée par des pionniers comme John Sinclair, postule que le sens émerge de l’usage attesté. Ce principe est vital pour documenter les variétés du français en RDC ou la vitalité des langues bantoues. Ce chapitre guide l’étudiant dans la construction méthodique de corpus oraux et écrits, en respectant les standards éthiques et techniques. Il maîtrisera les chaînes de traitement (annotation, lemmatisation) pour produire des données fiables, exploitables pour la lexicographie ou la sociolinguistique.
IV.1 Méthodologies de Collecte de Données (Orales et Écrites)
D’une importance capitale pour la validité des résultats, la collecte de données doit suivre un protocole scientifique strict. Ce sous-chapitre aborde les techniques d’enquête sociolinguistique, d’enregistrement de discours spontanés et de compilation de textes pertinents pour un objectif donné, par exemple la terminologie du droit coutumier dans le Kasaï. L’étudiant apprendra à définir un échantillon représentatif, à utiliser le matériel d’enregistrement adéquat et à transcrire les données orales selon des conventions standardisées (ex: CHAT).
IV.2 Principes d’Annotation et de Structuration des Corpus
Sous l’angle de l’exploitabilité machine, un corpus brut est de faible valeur. L’annotation lui confère sa puissance analytique. Ce module enseigne les techniques d’enrichissement des données : annotation morpho-syntaxique (Part-of-Speech tagging), lemmatisation, et balisage sémantique ou thématique. En travaillant sur des corpus de lingala ou de swahili, l’étudiant deviendra compétent dans l’utilisation de schémas d’annotation (TEI) pour structurer l’information linguistique et la rendre interrogeable par des outils informatiques spécialisés.
IV.3 Outils de Traitement Automatique des Langues (TAL) pour l’Analyse
Une connaissance approfondie des logiciels d’analyse textuelle est indispensable pour exploiter de grands volumes de données. Ce segment est un atelier pratique sur les concordanciers (AntConc), les extracteurs de terminologie et les outils de textométrie. L’objectif est de dépasser l’analyse qualitative pour produire des résultats quantitatifs robustes : fréquences, collocations, spécificités lexicales. L’étudiant saura choisir et paramétrer l’outil adéquat pour extraire des patrons linguistiques significatifs de ses corpus congolais.
IV.4 Enjeux Éthiques et Juridiques de la Manipulation de Données Linguistiques
La gestion des données linguistiques personnelles engage la responsabilité du chercheur. Ce module critique aborde les questions de consentement éclairé des informateurs, d’anonymisation des corpus et de respect de la propriété intellectuelle. En se basant sur le cadre légal de la RDC et les standards internationaux, l’étudiant apprendra à rédiger des formulaires de consentement et à mettre en œuvre des procédures techniques pour garantir la confidentialité des données. Il forgera une éthique professionnelle irréprochable.
Chapitre V. Analyse, Valorisation et Soutenance du Projet
La soutenance de Master marque une transition. Elle valide la capacité d’un chercheur à non seulement produire un savoir, mais à le défendre et le valoriser. Dans le contexte congolais, cela signifie proposer des solutions linguistiques concrètes et économiquement viables pour des institutions ou entreprises. Ce dernier chapitre outille l’étudiant pour l’analyse finale des données, la rédaction du mémoire et la préparation de la défense orale. Il forgera une compétence de communication scientifique de haut niveau.
V.1 Techniques d’Analyse Interprétative et Statistique
Au-delà de la simple collecte, l’analyse est le cœur de la production de savoir. Ce sous-chapitre enseigne à faire parler les données. Il combine l’analyse qualitative (interprétation des contextes, analyse du discours) et l’analyse statistique (tests de significativité, analyse factorielle des correspondances) pour valider des hypothèses. Appliqué à l’étude des néologismes dans la presse de Lubumbashi, l’étudiant apprendra à trianguler les approches pour construire une argumentation scientifique solide et nuancée, fondée sur des preuves empiriques.
V.2 Rédaction du Rapport/Mémoire selon les Normes Académiques
La structuration rigoureuse du mémoire est la garantie de sa lisibilité et de sa crédibilité scientifique. Ce module est un guide méthodologique pour la rédaction académique, de l’introduction à la conclusion. Il couvre la formulation de l’état de l’art, la présentation de la méthodologie, l’exposition des résultats et leur discussion, en respectant les normes de citation (APA, MLA). L’étudiant acquerra la discipline intellectuelle et stylistique nécessaire pour produire un document de qualité professionnelle.
V.3 Stratégies de Valorisation : Article Scientifique et Produit Appliqué
Pour garantir l’impact socio-économique du projet, la valorisation des résultats est une étape cruciale. Ce segment explore les deux voies principales : la publication académique et le développement d’un produit concret. L’étudiant apprendra à reformater son mémoire en un article publiable dans une revue à comité de lecture et à concevoir un livrable directement utilisable par un partenaire, comme un prototype de dictionnaire en ligne pour une langue congolaise ou un module de formation terminologique.
V.4 Préparation et Simulation de la Soutenance Orale
L’art de la communication orale est la compétence finale qui détermine le succès de la soutenance. Ce module prépare activement à cet exercice. Il enseigne à synthétiser des mois de travail en une présentation de 20 minutes, à concevoir un support visuel percutant et à anticiper les questions du jury. À travers des simulations filmées et des débriefings critiques, l’étudiant apprendra à gérer son stress, à structurer son propos et à défendre son travail avec assurance et précision.
ANNEXES
A. Grille-type du Cahier des Charges pour Projet d’Ingénierie Linguistique
L’échec de nombreux projets d’aménagement linguistique provient d’un cahier des charges flou et non-opérationnel. Cette annexe fournit une structure normative pour y remédier, inspirée des standards de gestion de projet PMP mais adaptée aux spécificités congolaises. Elle détaille chaque section, du périmètre aux livrables, en passant par les indicateurs de performance clés (KPI). L’étudiant acquiert ainsi la capacité de formaliser une proposition technique et financière irréprochable, prête à être soumise à un bailleur de fonds ou une institution publique.
B. Protocole de Gestion des Droits et de l’Éthique des Données Corpus (Contexte RDC)
La loi-cadre n° 13/009 de 2013 sur les télécommunications en RDC a posé les jalons d’une régulation numérique, mais la gestion des données linguistiques reste un angle mort. Ce protocole comble cette lacune en offrant un guide pratique pour la collecte éthique et la gestion des droits des corpus, notamment pour les langues minoritaires ou les traditions orales. L’étudiant y forgera une compétence cruciale : sécuriser juridiquement ses projets, garantir le consentement éclairé des informateurs et valoriser le patrimoine immatériel congolais.
C. Matrice d’Évaluation pour la Soutenance du Projet Tutoré
Face à la subjectivité inhérente à l’évaluation des projets, cette matrice oppose une objectivité critériée et quantifiable. Elle décompose la performance en axes mesurables : rigueur méthodologique, pilotage effectif du projet, pertinence socio-économique de la solution et qualité de l’argumentaire oral. En s’appropriant cet outil, l’étudiant ne se prépare pas seulement pour sa soutenance ; il intègre les standards d’évaluation de performance utilisés par les agences de développement et les cabinets de conseil opérant en RDC.
D. Modèle de Proposition de Service pour Mission de Conseil en Aménagement Linguistique
Le concept de ‘value proposition’, central en stratégie d’entreprise, est ici appliqué à l’ingénierie linguistique pour transformer une compétence académique en offre de service. Ce modèle-cadre structure une proposition commerciale complète, incluant le diagnostic, la méthodologie d’intervention, le chronogramme et la ventilation budgétaire. L’étudiant apprend à chiffrer son expertise et à la présenter de manière convaincante, lui permettant de répondre concrètement aux appels d’offres des ONG, des ministères ou des entreprises privées en RDC.
Comment l’intégration du marché unique dépasse-t-elle la libéralisation économique pour influencer les structures réglementaires nationales ?
📚 Source :Travaux de Jacques Delors sur l’Acte Unique Européen via Google Scholar
En quoi le concept de “déficit démocratique” de l’UE révèle-t-il une tension fondamentale entre supranationalisme et légitimité populaire ?
📚 Source :Travaux de Joseph H. H. Weiler sur le déficit démocratique via Cairn.info
Comment la politique étrangère de l’UE, qualifiée de “puissance normative”, se heurte-t-elle aux réalités géopolitiques du hard power ?
📚 Source :Travaux de Ian Manners sur la Puissance Normative Europe via JSTOR
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