
Techniques et structures
Mise en œuvre des techniques spéciales avancées.
Édition 2026 – Réforme LMD – Enseignement supérieur et universitaire en RDC.
- Code Officiel : TST2232
- Domaine : Sciences et Technologie
- Filière : Architecture
- Mention : Architecture et Climat (MACL)
- Année d’étude : Master 2
- Semestre : Semestre 3
Consulter les Modalités, Compétences et Débouchés
Cette unité d’enseignement, valorisée à hauteur de 3 crédits ECTS, est entièrement structurée autour d’un unique Élément Constitutif (EC) : Techniques spéciales 2. Cette architecture pédagogique monobloc a été conçue pour concentrer l’apprentissage sur un ensemble de savoirs avancés et interdépendants, garantissant une immersion profonde et une maîtrise complète des thématiques abordées sans dispersion des efforts de l’étudiant.
Au-delà de la théorie, cette UE vise à forger des compétences pratiques de haute technicité. Vous apprendrez à dimensionner et contrôler les systèmes domotiques gérant le confort climatique intérieur, une expertise indispensable pour la conception de bâtiments intelligents et éco-énergétiques. Le cours vous armera également pour intégrer les technologies de récupération et d’épuration des eaux pluviales, répondant aux impératifs de gestion durable des ressources. Enfin, vous maîtriserez l’art de garantir la synergie entre la structure porteuse et les organes de régulation thermique, assurant que le bâtiment fonctionne comme un système unifié et performant.
Cette formation spécialisée ouvre les portes de métiers stratégiques, particulièrement recherchés sur le marché de l’emploi en République Démocratique du Congo, en plein essor de construction. Les diplômés deviendront des acteurs clés en tant qu’Ingénieur CVC, pilotant des projets de climatisation et ventilation complexes pour les nouvelles infrastructures. Ils pourront également exceller comme Architecte spécialiste en domotique, intégrant l’intelligence au cœur des bâtiments modernes. Enfin, le poste d’Expert en fluides sera crucial pour optimiser les réseaux d’eau et d’énergie, jouant un rôle fondamental dans la modernisation et le développement durable des villes et industries congolaises.
- PRÉLIMINAIRES
- PARTIE 1 : FONDEMENTS DES SYSTÈMES TECHNIQUES AVANCÉS
- Chapitre I. Ingénierie Domotique et Contrôle Climatique Actif
- Chapitre II. Hydrologie Appliquée et Systèmes de Récupération des Eaux
- II.1 Dimensionnement Pluviométrique et Volumétrie de Stockage
- II.2 D’une efficacité prouvée en milieu tropical, les technologies de filtration
- II.3 Au-delà de la simple collecte, la gestion de la distribution et de la pression
- II.4 Face à un cadre réglementaire en développement, la conformité sanitaire
- Chapitre III. Synergie Structure-Fluides et Enveloppes Bioclimatiques
- III.1 L’inertie thermique des matériaux locaux comme stratégie passive
- III.2 Une conception intelligente des flux d’air pour la ventilation naturelle
- III.3 L’intégration des réseaux de fluides comme défi structurel
- III.4 Véritable interface entre l’intérieur et l’extérieur, l’ingénierie de la façade
- PARTIE 2 : SYSTÈMES INTÉGRÉS ET GESTION INTELLIGENTE DES FLUIDES
- Chapitre IV. Domotique Avancée et Contrôle Actif du Climat
- Chapitre V. Ingénierie de l’Eau en Milieu Bâti Tropical
- Chapitre VI. Intégration Structure-Fluides et Enveloppes Actives
- ANNEXES
- A. Abaques de dimensionnement des systèmes de collecte d’eau pluviale pour le climat équatorial
- B. Tableau comparatif des protocoles domotiques en environnement à réseau électrique instable
- C. Compendium des normes et réglementations techniques (RDC)
- D. Base de données des propriétés thermiques des matériaux de construction locaux
PRÉLIMINAIRES
I. Philosophie Pédagogique et Ancrage LMD
Ce manuel est conçu comme un outil de production de compétences, aligné sur les exigences du système LMD en RDC. Il rejette l’accumulation de savoirs théoriques déconnectés pour se concentrer sur la maîtrise de processus techniques directement applicables. Chaque chapitre est une réponse à une problématique concrète du secteur de la construction en RDC, formant des professionnels capables de livrer des solutions efficientes et contextualisées. L’objectif est de transformer l’étudiant en un praticien expert, immédiatement opérationnel sur le marché du travail local et international.
II. Méthodologie d’Apprentissage par Problèmes (APP)
L’approche pédagogique est active et inductive. Plutôt que de présenter des théories abstraites, chaque section part d’une étude de cas issue du contexte congolais : la gestion thermique d’un bâtiment à Kinshasa, la récupération des eaux pluviales à Goma, ou l’intégration de systèmes dans une structure à Lubumbashi. L’étudiant est mis en situation de devoir résoudre un problème complexe. Cette méthode garantit l’acquisition d’une méthodologie de travail rigoureuse, d’une capacité d’analyse systémique et d’une aptitude à l’innovation face aux contraintes réelles du terrain.
III. Modalités d’Évaluation des Compétences
L’évaluation sanctionne la capacité à faire, non à réciter. Elle repose sur trois piliers : un projet semestriel d’intégration technique sur un plan d’architecture réel, des audits techniques ciblés sur des systèmes existants, et une soutenance orale argumentée des choix de conception. Ces épreuves simulent des conditions professionnelles strictes. Elles mesurent la maîtrise du dimensionnement, la pertinence des choix technologiques et la capacité à justifier économiquement et écologiquement une solution technique complète, conformément aux attentes des bureaux d’études et des maîtres d’ouvrage.
PARTIE 1 : FONDEMENTS DES SYSTÈMES TECHNIQUES AVANCÉS
Chapitre I. Ingénierie Domotique et Contrôle Climatique Actif
Sous l’instabilité chronique du réseau électrique de Kinshasa, le modèle de la ‘maison intelligente’ occidentale, énergivore et dépendant, s’effondre. La simple automatisation des tâches cède la place à une exigence de résilience et d’autonomie énergétique absolue. Ce chapitre déconstruit les solutions domotiques standards pour les refonder sur des principes de basse consommation et de gestion prédictive des pannes. L’ingénieur-architecte forgera ici une compétence critique : concevoir des systèmes de contrôle climatique qui garantissent le confort même en mode dégradé, optimisant chaque watt disponible.
I.1 Protocoles de Communication et Interopérabilité
Une maîtrise des protocoles de communication est le prérequis à tout système intelligent fiable. Ce module analyse en profondeur les standards ouverts comme KNX et BACnet, en évaluant leur robustesse face aux perturbations électromagnétiques courantes en milieu urbain congolais. L’étudiant apprendra à architecturer un réseau domotique unifié, capable de faire dialoguer des équipements de marques différentes pour garantir la pérennité et l’évolutivité de l’installation.
I.2 Capteurs, Actionneurs et Mesure de la Performance
Face à la nécessité de données fiables pour piloter le confort, la sélection des capteurs est une étape critique. L’analyse se concentre sur les sondes de température, d’hygrométrie et de CO2 adaptées aux climats équatoriaux, ainsi que sur les actionneurs (vannes, moteurs) à faible consommation. L’objectif est de permettre à l’étudiant de spécifier et de calibrer une chaîne de mesure complète, assurant un pilotage précis et réactif des ambiances intérieures.
I.3 Programmation de Scénarios de Vie et Efficacité Énergétique
La programmation de scénarios transforme un ensemble d’équipements en un système intelligent et adaptatif. Ce sous-chapitre enseigne la logique de programmation pour créer des automatismes pertinents : gestion des protections solaires en fonction de la course du soleil, ventilation nocturne automatisée, ou délestage sélectif en cas de coupure de courant. L’étudiant sera capable de coder des scénarios qui réduisent drastiquement la consommation énergétique tout en maximisant le confort des occupants.
I.4 Sous l’angle de l’autonomie énergétique et de la résilience
L’intégration de la domotique avec les sources d’énergie locales est non négociable en RDC. Ce segment se focalise sur le pilotage intelligent des systèmes hybrides, combinant le réseau SNEL, des installations solaires photovoltaïques et des groupes électrogènes. L’apprenant développera la compétence de concevoir des algorithmes de gestion de l’énergie qui priorisent les sources renouvelables et assurent une continuité de service pour les fonctions critiques du bâtiment.
Chapitre II. Hydrologie Appliquée et Systèmes de Récupération des Eaux
L’urbanisation accélérée de Lubumbashi, couplée à une pluviométrie intense mais saisonnière, crée un paradoxe hydrique : abondance et pénurie coexistent. Ce chapitre aborde la gestion de l’eau non comme un problème de plomberie, mais comme une discipline d’ingénierie territoriale à l’échelle du bâtiment. En analysant les cycles de l’eau locaux et les technologies d’épuration adaptées, la démarche est résolument pragmatique. L’étudiant apprendra à dimensionner un système complet, de la toiture au robinet, transformant une contrainte climatique en une ressource stratégique et autonome.
II.1 Dimensionnement Pluviométrique et Volumétrie de Stockage
Le dimensionnement précis d’une installation de récupération d’eau de pluie est la clé de sa viabilité économique et fonctionnelle. En s’appuyant sur les données pluviométriques spécifiques aux différentes régions de la RDC, ce module fournit les formules et les abaques pour calculer les surfaces de captage optimales et le volume de stockage nécessaire. L’étudiant saura modéliser les apports et les besoins pour garantir une autonomie hydrique ciblée, évitant le surdimensionnement coûteux ou le sous-dimensionnement inefficace.
II.2 D’une efficacité prouvée en milieu tropical, les technologies de filtration
La potabilisation ou le traitement de l’eau de pluie pour des usages sanitaires exige une connaissance pointue des technologies de filtration. Ce cours compare et évalue les différentes solutions (filtration à sable, filtration sur charbon actif, stérilisation UV) en fonction de leur efficacité contre les pathogènes locaux et de leur facilité de maintenance. L’apprenant forgera la compétence de concevoir une chaîne de traitement de l’eau sur mesure, adaptée à la qualité de l’eau collectée et au niveau de potabilité requis.
II.3 Au-delà de la simple collecte, la gestion de la distribution et de la pression
Stocker l’eau est une chose, la distribuer efficacement en est une autre. Cette section traite de l’ingénierie de la distribution : calcul des pompes, gestion de la pression via des surpresseurs ou des châteaux d’eau, et conception de réseaux doubles pour séparer l’eau potable de l’eau de service. L’étudiant sera en mesure de dessiner un schéma de plomberie complet qui assure une pression constante à tous les points d’usage, tout en minimisant la consommation électrique des équipements de pompage.
II.4 Face à un cadre réglementaire en développement, la conformité sanitaire
L’intégration de systèmes de récupération d’eau dans un bâtiment engage la responsabilité de l’architecte et de l’ingénieur. Ce module analyse les normes sanitaires congolaises et internationales applicables à l’utilisation des eaux de pluie. Il s’agit de former l’étudiant à produire une documentation technique irréprochable et à mettre en œuvre les dispositifs de sécurité (disconnexion du réseau public, signalétique) pour garantir une exploitation sans risque sanitaire et en parfaite conformité légale.
Chapitre III. Synergie Structure-Fluides et Enveloppes Bioclimatiques
La dichotomie entre structure porteuse et systèmes CVC (Chauffage, Ventilation, Climatisation) est une impasse technique, particulièrement sous le climat équatorial. Ce chapitre tranche ce débat en postulant leur fusion obligatoire dès l’esquisse. Comment la masse d’un mur en bauge peut-elle devenir un régulateur thermique passif ? En répondant à cette question, nous explorons les principes de l’ingénierie concourante appliquée au bâtiment. L’architecte forgera la capacité de concevoir des enveloppes où la structure ne fait pas que supporter : elle respire, isole et régule.
III.1 L’inertie thermique des matériaux locaux comme stratégie passive
Une connaissance approfondie de la capacité thermique des matériaux est un levier de performance majeur. Ce cours quantifie l’inertie de matériaux locaux comme la brique de terre compressée (BTC), la pierre ou le béton de chanvre, et modélise leur capacité à amortir les pics de température diurnes. L’étudiant apprendra à positionner et dimensionner stratégiquement les masses thermiques dans le bâtiment pour réduire radicalement les besoins en climatisation active, en se basant sur des calculs de déphasage thermique.
III.2 Une conception intelligente des flux d’air pour la ventilation naturelle
La ventilation naturelle est la première réponse bioclimatique au besoin de rafraîchissement. Ce segment décortique les principes de la mécanique des fluides appliquée à l’architecture : effet Venturi, tirage thermique, et ventilation traversante. À travers des simulations et des études de cas, l’étudiant maîtrisera la conception d’ouvertures, de coursives et de patios qui transforment la structure même du bâtiment en un moteur de ventilation passif, efficace et contrôlable.
III.3 L’intégration des réseaux de fluides comme défi structurel
L’intégration des gaines de ventilation et des canalisations dans la structure sans l’affaiblir est un art d’ingénieur. Ce module technique aborde les méthodes de réservation, le passage dans les poutres alvéolaires et la conception de planchers techniques. L’objectif est de permettre à l’étudiant d’anticiper, dès la phase de conception structurelle, le cheminement de tous les réseaux pour optimiser l’espace, faciliter la maintenance et garantir une collaboration parfaite entre l’ingénieur en stabilité et l’ingénieur en fluides.
III.4 Véritable interface entre l’intérieur et l’extérieur, l’ingénierie de la façade
La façade moderne est un organe technique complexe qui doit concilier des exigences structurelles, thermiques et esthétiques. Ce sous-chapitre analyse la conception des façades double-peau, des brise-soleil structurels et des murs-rideaux ventilés, en se concentrant sur leur adaptation au contexte solaire et climatique de la RDC. L’architecte développera la compétence de dessiner et de calculer des enveloppes performantes qui participent activement à la régulation du bâtiment tout en définissant son identité architecturale.
PARTIE 2 : SYSTÈMES INTÉGRÉS ET GESTION INTELLIGENTE DES FLUIDES
Chapitre IV. Domotique Avancée et Contrôle Actif du Climat
Sous la contrainte des délestages fréquents à Kinshasa, les systèmes domotiques classiques, gourmands et dépendants, révèlent leur inadéquation. Leur postulat d’une alimentation électrique continue est une faille conceptuelle majeure en contexte congolais. Ce chapitre réfute cette dépendance en se concentrant sur les protocoles basse consommation et les architectures de contrôle décentralisées. Nous analysons les solutions de micro-stockage d’énergie pour garantir la continuité des fonctions vitales du bâtiment. L’architecte forgera la compétence de concevoir et de spécifier un système de gestion technique du bâtiment (GTB) résilient et autonome.
IV.1 Capteurs, actionneurs et maillage de l’information
Fondement de toute intelligence ambiante, le déploiement d’un réseau dense de capteurs et d’actionneurs est ici étudié sous l’angle de la robustesse. La précision des sondes de température, d’hygrométrie et de CO2 est cruciale pour alimenter des modèles prédictifs fiables, particulièrement dans le climat humide de la RDC. Ce module se focalise sur la sélection de matériel durci et la calibration in-situ pour éviter la dérive des mesures. L’étudiant apprendra à cartographier les points de mesure stratégiques pour obtenir une représentation fidèle et dynamique de l’état du bâtiment.
IV.2 Protocoles de communication et interopérabilité (KNX, BACnet)
Face à la multiplicité des équipements, la maîtrise des protocoles de communication ouverts est une nécessité économique et technique. Ce sous-chapitre analyse en profondeur les standards KNX et BACnet, en évaluant leur topologie, leur bande passante et leur résilience aux interférences. L’enjeu pour le marché congolais est d’éviter l’enfermement propriétaire et de garantir la pérennité des installations. L’apprenant sera capable de rédiger un cahier des charges techniques imposant une interopérabilité totale, assurant ainsi la flexibilité et l’évolutivité du système de gestion du bâtiment.
IV.3 Algorithmes d’optimisation énergétique et scénarios d’usage
Une gestion énergétique proactive va au-delà de la simple régulation ; elle anticipe. Cette section explore la programmation de scénarios complexes : délestage intelligent des charges non prioritaires, pré-refroidissement des structures en prévision des pics solaires, et gestion dynamique de la ventilation naturelle. En s’appuyant sur les données des capteurs, ces algorithmes permettent de réduire drastiquement la consommation électrique. L’ingénieur saura développer et implémenter des logiques de contrôle qui maximisent le confort tout en minimisant la dépendance au réseau électrique national, une compétence vitale en RDC.
IV.4 Interfaces Homme-Machine (IHM) et expérience utilisateur (UX)
Au-delà de l’automate, l’efficacité d’un système domotique repose sur son adoption par les usagers. Ce segment est consacré à la conception d’interfaces de contrôle intuitives, accessibles et informatives. Comment visualiser les consommations, ajuster les consignes ou forcer un mode de fonctionnement sans nécessiter une formation technique ? En se basant sur des études de cas locaux, nous définirons les principes d’une UX réussie. L’architecte apprendra à concevoir des tableaux de bord qui transforment l’habitant en un acteur éclairé de la performance énergétique de son propre bâtiment.
Chapitre V. Ingénierie de l’Eau en Milieu Bâti Tropical
La saturation critique des réseaux de drainage de Kinshasa en 2019 a imposé un changement de paradigme. L’évacuation systématique des eaux pluviales est devenue une stratégie obsolète et dangereuse. Ce chapitre analyse cette rupture, en transformant la contrainte hydrique en une ressource valorisable au sein de la parcelle. En disséquant les techniques de récupération, de stockage et de phytoépuration adaptées au contexte local, l’approche est résolument pragmatique. L’étudiant y forgera une compétence clé : concevoir un cycle de l’eau en boucle fermée pour un bâtiment.
V.1 Techniques de collecte et de stockage des eaux pluviales
Inspirée par la gestion des pluviométries extrêmes du bassin du Congo, cette section détaille la conception des systèmes de captage. L’analyse porte sur la nature des toitures, la pureté initiale de l’eau collectée et le dimensionnement des descentes et chéneaux pour des débits de pointe. Le cœur de l’étude réside dans le calcul précis des volumes de citernes, en arbitrant entre autonomie souhaitée et emprise foncière disponible. L’étudiant maîtrisera le dimensionnement d’un système de collecte capable d’absorber 100% des précipitations d’un événement pluvieux décennal.
V.2 Filtration, traitement et potabilisation à l’échelle du bâtiment
Sous l’angle de la santé publique, la transformation de l’eau de pluie en eau potable est un enjeu majeur. Ce module examine les chaînes de traitement physique et biologique adaptées à une gestion décentralisée : préfiltration, filtration lente sur sable, stérilisation par UV ou charbon actif. Une attention particulière est portée aux solutions low-tech, robustes et faciles à maintenir, cruciales pour garantir la fiabilité dans des contextes sans support technique constant. L’expert en fluides saura spécifier une filière de traitement garantissant une qualité d’eau conforme aux normes sanitaires.
V.3 Recyclage des eaux grises pour usages non sanitaires
Face à la pression sur la ressource en eau potable, la dissociation des réseaux est une stratégie d’efficience. Cette partie se concentre sur la récupération des eaux de douches et de lavabos, leur traitement simplifié par des filtres plantés ou des systèmes compacts, et leur réutilisation pour les chasses d’eau et l’irrigation. L’analyse économique démontre un retour sur investissement rapide, notamment dans les bâtiments tertiaires et résidentiels collectifs de la RDC. L’apprenant sera apte à concevoir et à calculer la rentabilité d’un double réseau hydrique.
V.4 Dimensionnement intégré et gestion dynamique des stocks
Une connaissance approfondie des dynamiques de consommation et d’apport est la clé de l’optimisation. Ce sous-chapitre fusionne les concepts précédents en un modèle de simulation intégré. Comment arbitrer en temps réel entre le stockage de l’eau de pluie et l’utilisation de l’eau recyclée en fonction des prévisions météo et des besoins du bâtiment ? Nous utiliserons des outils de modélisation pour dimensionner l’ensemble du système hydrique. L’ingénieur forgera la capacité de livrer une étude de faisabilité complète pour un bâtiment à autonomie hydrique quasi-totale.
Chapitre VI. Intégration Structure-Fluides et Enveloppes Actives
L’opposition entre l’inertie thermique massive et les enveloppes légères et réactives constitue une controverse centrale en architecture bioclimatique tropicale. Faut-il privilégier la masse pour lisser les pics de température, ou la réactivité pour ventiler rapidement ? Ce chapitre tranche ce débat en l’appliquant aux spécificités du climat congolais. En modélisant les performances de façades ventilées face à des murs en terre crue, il offre une grille d’analyse objective. L’apprenant maîtrisera la simulation thermique dynamique pour arbitrer scientifiquement ce choix structurel fondamental.
VI.1 Masse thermique, déphasage et amortissement des pics
Exploiter l’inertie des matériaux lourds est une stratégie passive fondamentale. Cette section quantifie précisément les notions de déphasage et d’amortissement thermique. À travers l’étude de la diffusivité et de l’effusivité des matériaux locaux comme la brique de terre compressée (BTC) ou le béton, l’analyse devient mathématique. L’objectif est de dimensionner l’épaisseur et la densité des parois pour que l’onde de chaleur diurne atteigne l’intérieur avec un retard suffisant, durant la nuit. L’architecte saura calculer le temps de déphasage d’une paroi pour optimiser le confort nocturne.
VI.2 Façades ventilées et double-peaux : le contrôle du rayonnement
D’origine industrielle, le principe de la façade ventilée est ici adapté aux contraintes tropicales pour créer un “effet cheminée”. Ce module décortique la physique des flux d’air convectifs dans la lame d’air, démontrant leur capacité à évacuer une part significative de la charge solaire avant qu’elle n’atteigne la structure interne. L’étude se porte sur le dimensionnement des entrées et sorties d’air et le choix des parements. L’étudiant sera capable de concevoir une double-peau qui réduit de plusieurs degrés la température de surface du mur intérieur.
VI.3 Matériaux à changement de phase (MCP) : le stockage latent
Représentant une rupture technologique, les matériaux à changement de phase stockent l’énergie non pas en élevant leur température, mais en changeant d’état physique. Ce sous-chapitre démystifie leur fonctionnement en se concentrant sur les MCP calibrés pour les températures de confort tropical (autour de 25-26°C). Intégrés dans les plaques de plâtre ou les enduits, ils agissent comme une “éponge thermique” hyper-efficace. L’ingénieur apprendra à calculer la quantité de MCP nécessaire pour écrêter les pics de température dans un bureau sans recourir à la climatisation active.
VI.4 Intégration structurelle des réseaux CVC (Chauffage, Ventilation, Climatisation)
La synergie ultime réside dans la fusion de la structure porteuse et des réseaux de fluides. Cette section analyse les techniques de planchers et de murs actifs, où les conduits de ventilation ou les serpentins de refroidissement sont directement intégrés dans la masse du béton. Cette approche permet d’utiliser la structure elle-même comme un échangeur thermique géant, à très basse vitesse et haute efficacité. L’architecte forgera la compétence de dessiner des détails constructifs complexes qui assurent cette symbiose, optimisant l’espace et la performance énergétique du bâtiment.
ANNEXES
A. Abaques de dimensionnement des systèmes de collecte d’eau pluviale pour le climat équatorial
Face aux précipitations diluviennes du bassin du Congo, les abaques de dimensionnement standards sont inopérants. Cette annexe fournit des tables de calcul corrigées, spécifiquement étalonnées sur les données pluviométriques décennales de la RDC. Elles permettent de dimensionner avec une précision chirurgicale les gouttières, descentes et cuves de stockage pour des toitures en milieu urbain dense comme à Kinshasa. L’ingénieur-architecte acquiert une compétence critique : concevoir un système de collecte d’eaux pluviales qui prévient la saturation, garantissant la pérennité du bâti et la valorisation de la ressource.
B. Tableau comparatif des protocoles domotiques en environnement à réseau électrique instable
Une analyse comparative des protocoles domotiques (KNX, Zigbee, Z-Wave) est ici menée sous l’angle de la résilience opérationnelle en contexte congolais. Le document évalue chaque technologie selon des critères stricts : robustesse face aux microcoupures de courant, interopérabilité avec les onduleurs locaux et disponibilité des composants sur le marché de Kinshasa. Ce tableau synoptique est un outil d’aide à la décision stratégique. L’architecte forgera la capacité de prescrire le système de gestion technique du bâtiment le plus fiable et le moins coûteux en maintenance.
C. Compendium des normes et réglementations techniques (RDC)
La maîtrise du cadre réglementaire de la construction en RDC constitue un avantage concurrentiel décisif. Cette annexe compile et commente les extraits pertinents du Code de la Construction, des arrêtés sur la gestion des eaux usées et des plans d’urbanisme de Kinshasa et Lubumbashi. L’objectif est de fournir un vade-mecum juridique immédiatement exploitable pour le montage de dossiers de permis de construire. L’étudiant développera une expertise rare : garantir la conformité d’un projet architectural complexe, de la conception à la réception des travaux.
D. Base de données des propriétés thermiques des matériaux de construction locaux
Sous l’angle de la performance thermique, l’utilisation de données exogènes pour les matériaux locaux est une aberration technique. Ce glossaire technique fournit les caractéristiques thermo-physiques (conductivité, inertie, déphasage) mesurées de matériaux endémiques : brique de terre compressée de l’Équateur, bois de limba, et béton de gravillons du Kasaï. Il s’agit d’une base de données essentielle pour toute simulation thermique dynamique sérieuse. L’architecte sera capable de modéliser avec précision le comportement hygrothermique d’un bâtiment, optimisant le confort passif.
Comment la précontrainte du béton, au-delà de sa fonction primaire, redéfinit-elle l’esthétique et la portée des ouvrages d’art modernes ?
📚 Source :Travaux de Eugène Freyssinet sur la précontrainte du béton via Cairn.info
En quoi les structures à tenségrité de Fuller dépassent-elles la simple opposition traction/compression pour incarner un principe d’équilibre systémique global ?
📚 Source :Travaux de Buckminster Fuller sur la tenségrité via Google Scholar
De quelle manière l’optimisation topologique, via des algorithmes, remet-elle en cause les intuitions traditionnelles de l’ingénieur sur la distribution de matière ?
📚 Source :Travaux de Claus Mattheck sur l’optimisation topologique via Google Books
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