Topographe utilisant un théodolite dans un parc national en RDC.

Topographie

Relevé géodésique, arpentage et cartographie technique des espaces de conservation.

Édition 2026 – Réforme LMD – Enseignement supérieur et universitaire en RDC.

  • Code Officiel : TOP2231
  • Domaine : Domaine de Lettres, Langues et Arts
  • Filière : Tourisme et Hôtellerie
  • Mention : Gestion des Entreprises de Conservation de la Nature
  • Année d’étude : Master 2
  • Semestre : Semestre 3
Consulter les Modalités, Compétences et Débouchés

Cette Unité d’Enseignement (UE), valorisée à hauteur de 3 crédits ECTS, est entièrement dédiée à la maîtrise des techniques de mesure et de représentation du territoire. Son architecture pédagogique est concentrée autour d’un unique Élément Constitutif (EC) intitulé Topographie, qui porte l’intégralité des 3 crédits. Cette structure monodisciplinaire garantit une immersion complète et approfondie dans les savoir-faire fondamentaux de la description géométrique des espaces, constituant un socle de compétences essentiel pour les futurs professionnels de la gestion environnementale.

L’objectif principal est de vous rendre apte à réaliser des levés topographiques d’une précision méticuleuse, une compétence indispensable pour quantifier et suivre l’évolution des zones géographiques de conservation. Vous apprendrez à cartographier le relief et à modéliser numériquement les aménagements spatiaux, ce qui vous permettra de planifier de manière optimale les infrastructures au sein des parcs nationaux tout en minimisant l’impact écologique. Enfin, vous développerez une expertise dans l’interprétation rigoureuse des plans topographiques, une aptitude cruciale pour la délimitation juridique et la sécurisation foncière des aires protégées face aux pressions externes.

Cette formation spécialisée ouvre la voie à des carrières techniques de premier plan telles que Topographe d’espaces naturels, Technicien en aménagement d’aires protégées ou encore Cartographe de réserve naturelle. En République Démocratique du Congo, riche d’un patrimoine naturel exceptionnel mais fragile, ces experts jouent un rôle crucial. Ils sont les garants de la connaissance précise du terrain, permettant une gestion durable, la résolution de conflits fonciers et la valorisation écotouristique des parcs et réserves, contribuant ainsi directement à la stratégie nationale de conservation de la biodiversité.

SOMMAIRE NAVIGABLE

PRÉLIMINAIRES

I. Contexte et Justification de l’Unité d’Enseignement

La gestion durable des aires protégées en République Démocratique du Congo, un enjeu écologique et économique majeur, repose sur une délimitation juridique et une planification spatiale irréprochables. Cette Unité d’Enseignement fournit les outils techniques de la topographie, discipline au cœur de la matérialisation des frontières des parcs nationaux, de la cartographie des corridors de faune et de la conception des infrastructures de surveillance. Elle répond au besoin critique de former des gestionnaires capables de produire et d’interpréter des données géospatiales fiables, essentielles à la lutte contre l’empiètement et à l’aménagement rationnel des territoires de conservation.

II. Objectifs Pédagogiques et Compétences Visées

Au terme de ce cours, l’étudiant maîtrisera les compétences techniques fondamentales pour une gestion spatiale efficace des espaces de conservation. Il sera capable de planifier et d’exécuter des levés topographiques de haute précision dans des environnements complexes, en utilisant l’instrumentation adéquate. La formation lui permettra de cartographier le relief, de modéliser les aménagements spatiaux des parcs nationaux et de générer des documents techniques exploitables. L’objectif final est de former un expert apte à interpréter et à produire des plans topographiques pour la sécurisation juridique et l’aménagement stratégique des aires protégées congolaises.

III. Méthodologie d’Enseignement et d’Évaluation

L’approche pédagogique articule rigoureusement la théorie fondamentale et la pratique intensive sur le terrain. Les séances théoriques se concentrent sur les principes géodésiques, les systèmes de coordonnées et les méthodes de traitement des données. Elles sont systématiquement complétées par des ateliers pratiques sur des logiciels de modélisation (CAO/DAO) et des campagnes de levés sur des sites pilotes. L’évaluation combine un contrôle continu des travaux pratiques, un examen sur table validant les acquis théoriques et la soutenance d’un projet final de cartographie technique d’une zone d’étude spécifique, simulant une mission professionnelle réelle.

PARTIE 1 : FONDEMENTS DE LA TOPOGRAPHIE APPLIQUÉE AUX AIRES PROTÉGÉES

Chapitre I. Principes Géodésiques et Systèmes de Coordonnées

La géodésie, science de la mesure des dimensions et de la forme de la Terre, constitue le socle de toute opération topographique. Ce chapitre expose les concepts fondamentaux qui permettent de localiser un point avec une précision absolue. En analysant les différents systèmes de référence géodésiques (WGS 84, datums locaux), l’étudiant comprendra les enjeux de la transformation de coordonnées, un problème récurrent en RDC lors de la confrontation de cartes anciennes et de levés GPS récents. Il forgera la compétence de garantir la cohérence spatiale des données pour la délimitation des concessions.

I.1 La Géodésie : Science de la Forme et des Dimensions de la Terre

Science de la mesure de la Terre, la géodésie établit les fondations mathématiques indispensables à toute cartographie précise. Ce module dissèque les concepts de géoïde, d’ellipsoïde de référence et de surface topographique, en clarifiant leurs interrelations. L’étudiant apprendra à distinguer ces surfaces pour comprendre comment les altitudes et les positions sont calculées, une base essentielle pour interpréter correctement les données altimétriques dans les zones montagneuses du parc des Virunga.

I.2 Les Systèmes de Référence et les Datums

Face à la complexité de modéliser la Terre, les systèmes de référence géodésiques fournissent un cadre mathématique stable pour la localisation. Ce sous-chapitre analyse la structure des datums globaux comme le WGS 84 et leur nécessaire adaptation en datums locaux pour des projets de haute précision. Une maîtrise de ces systèmes est cruciale en RDC pour assurer la compatibilité entre les données GPS modernes et les archives cartographiques nationales, souvent basées sur des références plus anciennes.

I.3 Les Projections Cartographiques : Principes et Déformations

Sous l’angle de la représentation plane, toute projection cartographique introduit des déformations inévitables des distances, des angles ou des surfaces. Cette section examine les familles de projections (coniques, cylindriques, azimutales) et leurs propriétés, en se focalisant sur la projection UTM (Universal Transverse Mercator) massivement utilisée en RDC. L’étudiant apprendra à choisir la projection la plus adaptée à un projet de conservation pour minimiser les erreurs lors du calcul des superficies d’un parc national.

I.4 Application Pratique : Transformation de Coordonnées en RDC

Une connaissance approfondie des dynamiques de transformation de coordonnées est une compétence opérationnelle de premier ordre. Ce module technique se concentre sur les méthodes de passage d’un système de coordonnées à un autre, en utilisant des logiciels dédiés. L’exercice pratique consistera à convertir des points de bornage d’une ancienne concession, exprimés dans un datum local, vers le système WGS 84 utilisé par les récepteurs GNSS actuels, simulant une mission de vérification des limites du parc de la Salonga.

Chapitre II. Instrumentation et Techniques de Levé Topographique de Terrain

La controverse entre la rapidité du GNSS et la fiabilité de la station totale en milieu forestier dense est au cœur des défis du topographe en RDC. Ce chapitre tranche ce débat en présentant une analyse comparative et situationnelle des instruments de mesure. Il ne s’agit pas de choisir un outil, mais de savoir orchestrer leur complémentarité. Comment garantir une précision centimétrique sous la canopée du bassin du Congo ? En répondant à cette question, l’étudiant structurera une méthodologie de levé hybride, optimisant le choix instrumental en fonction du terrain et des objectifs de la mission.

II.1 La Station Totale : Mesures Angulaires et Distancemétrie

D’origine instrumentale, la station totale demeure l’outil de référence pour les levés de très haute précision sur des distances courtes. Ce segment détaille son fonctionnement, de la mesure électronique des angles et des distances à la gestion des données de terrain. L’étudiant se familiarisera avec les procédures de mise en station, de visée et de codification des points, compétences indispensables pour réaliser le levé détaillé des infrastructures d’un camp de gardes ou d’un site d’écotourisme.

II.2 Le Système de Positionnement Global (GNSS/GPS) : Principes et Modes Opératoires

Face aux défis d’accessibilité, le GNSS offre une capacité de positionnement rapide sur de vastes étendues. Ce sous-chapitre explique les principes de la trilatération satellitaire et détaille les différents modes opératoires (statique, RTK, PPK) pour augmenter la précision. L’accent sera mis sur les stratégies pour pallier la dégradation du signal en milieu forestier, une problématique constante dans les parcs comme celui de la Lomami, afin d’obtenir des coordonnées fiables pour le suivi de la faune.

II.3 Le Nivellement : Mesure des Altitudes et des Dénivelés

Sous l’angle de la précision altimétrique, le nivellement direct reste la méthode la plus rigoureuse pour déterminer les dénivelés. Cette partie du cours expose la technique du nivellement par cheminement et par rayonnement, en utilisant un niveau optique. La compétence visée est la capacité à établir des profils en long et en travers, essentiels pour les projets d’aménagement d’infrastructures légères comme les sentiers de patrouille ou les systèmes de drainage autour des postes de surveillance.

II.4 Protocoles de Levé sur le Terrain : Du Carnet de Notes à l’Enregistreur Électronique

La rigueur des protocoles de collecte de données sur le terrain conditionne la qualité de l’ensemble du projet topographique. Ce module formalise les bonnes pratiques, de la préparation de la mission (reconnaissance, choix des points de station) à la saisie structurée des données. L’étudiant apprendra à créer un croquis de levé clair et à utiliser un système de codification efficace pour garantir une exploitation sans ambiguïté des données brutes lors de la phase de traitement au bureau.

Chapitre III. Traitement des Données Brutes et Modélisation Numérique de Terrain (MNT)

Depuis le décret de 2015 sur la sécurisation foncière des aires protégées, la production de MNT est une exigence légale pour tout réaménagement de parc. Ce chapitre aborde la transformation des points de levé bruts en modèles 3D exploitables, passant de la donnée brute à la preuve juridique. L’étudiant forgera une compétence cruciale : générer des modèles de terrain pour l’analyse des bassins versants, la planification d’infrastructures de surveillance et la validation des limites parcellaires, comme exigé pour le parc national de la Garamba.

III.1 Calculs Topométriques : Apurement et Compensation des Données

Face à l’inévitable présence d’erreurs dans les mesures de terrain, la phase de calculs topométriques est fondamentale pour garantir la fiabilité des résultats. Ce module présente les méthodes de vérification des carnets de levés, le calcul des coordonnées à partir des mesures brutes (angles et distances) et les techniques de compensation par les moindres carrés pour répartir les erreurs de fermeture. L’étudiant apprendra à produire un fichier de points apuré, prêt pour la modélisation.

III.2 L’Interpolation Spatiale : Des Points au Modèle Continu

L’interpolation, processus mathématique de création de surfaces continues à partir de points discrets, est le moteur de la modélisation de terrain. Cette section compare les principales méthodes d’interpolation (plus proche voisin, pondération inverse à la distance, krigeage) en analysant leurs avantages et inconvénients. L’étudiant saura choisir et paramétrer l’algorithme le plus pertinent en fonction de la densité et de la distribution des points de son levé pour générer un MNT réaliste.

III.3 Modèles Numériques : MNT, MNS et MNE

Sous l’angle de la sémantique géospatiale, il est crucial de distinguer le Modèle Numérique de Terrain (MNT), qui représente le sol nu, du Modèle Numérique de Surface (MNS), qui inclut le sursol (bâtiments, végétation). Ce sous-chapitre clarifie ces concepts et introduit le Modèle Numérique d’Élévation (MNE). L’étudiant apprendra à dériver un MNT à partir d’un MNS, une technique essentielle pour analyser la topographie réelle sous la canopée forestière en RDC.

III.4 Production Cartographique : Courbes de Niveau et Analyse de Pente

Une validation rigoureuse des modèles numériques permet de passer à la production de documents cartographiques exploitables. Ce module se concentre sur la génération automatique des courbes de niveau, la création de cartes de pentes et de cartes d’exposition à partir d’un MNT. L’étudiant sera capable de produire des livrables techniques directement utilisables pour la planification d’itinéraires de patrouille à moindre effort ou l’identification des zones à haut risque d’érosion dans un parc national.

PARTIE 2 : APPLICATIONS SPÉCIALISÉES ET MODÉLISATION AVANCÉE

Chapitre VII. Photogrammétrie par Drone et Télédétection Appliquée

L’arpentage au théodolite, sous le couvert forestier dense du Parc National de la Salonga, atteint rapidement ses limites opérationnelles et financières. La photogrammétrie par drone s’impose comme une rupture technologique, permettant l’acquisition de données à très haute résolution sur de vastes étendues inaccessibles. Ce chapitre se concentre sur le déploiement de cette technologie pour le suivi de la déforestation ou la cartographie des corridors fauniques. L’étudiant forgera la compétence de planifier une mission drone, de traiter les données et de générer une orthophotographie exploitable pour la gestion du parc.

VII.1 Planification de Mission Drone (UAV)

Une connaissance approfondie de la réglementation aérienne congolaise constitue le prérequis à toute opération de survol. Ce module détaille la configuration des paramètres de vol (altitude, recouvrement, vitesse) via des logiciels comme Pix4Dcapture pour garantir une acquisition de données optimale et légale. L’objectif est de produire un plan de vol automatisé qui maximise la couverture tout en respectant les contraintes de sécurité et d’autonomie de l’appareil, une compétence cruciale pour les relevés en milieu isolé.

VII.2 Traitement des Données Photogrammétriques

Fondé sur le principe de la corrélation d’images, le processus de traitement transforme des centaines de clichés en un produit cartographique cohérent. Via des solutions logicielles comme Agisoft Metashape, l’étudiant apprendra à générer des nuages de points denses, puis des modèles 3D texturés du terrain et de la végétation. La maîtrise de ce flux de travail est essentielle pour passer de l’image brute à une représentation tridimensionnelle mesurable de l’aire protégée.

VII.3 Production d’Orthomosaïques et de Modèles de Surface

Sous l’angle de la précision géométrique, ce sous-chapitre enseigne la rectification des images pour éliminer les distorsions et produire une orthomosaïque géoréférencée. Ce document cartographique, à l’échelle et sans perspective, permet des mesures fiables de distances, de surfaces et de volumes, indispensables pour quantifier l’érosion ou l’étendue d’une coupe forestière illégale. L’apprenant saura ainsi créer la base image de référence pour tout Système d’Information Géographique (SIG) du parc.

VII.4 Analyse par Télédétection Multispectrale

Face à la nécessité de qualifier la santé de l’écosystème, l’usage de capteurs multispectraux ouvre un champ d’analyse avancé. Ce segment explore le calcul d’indices de végétation (NDVI) pour évaluer le stress hydrique ou la vigueur de la biomasse dans des zones critiques comme les savanes du Parc de l’Upemba. L’étudiant sera capable de transformer des données invisibles à l’œil nu en indicateurs diagnostiques pour une gestion proactive de la conservation.

Chapitre VIII. Systèmes d’Information Géographique (SIG) et Modélisation Numérique de Terrain (MNT)

La cartographie descriptive a longtemps dominé, se contentant de représenter l’existant. Le SIG, en revanche, impose une rupture en devenant un outil d’analyse spatiale prédictive, ce qui constitue aujourd’hui un débat tranché sur son utilité réelle. Ce chapitre applique cette puissance analytique aux problématiques des parcs congolais, comme la modélisation des risques d’érosion sur les flancs du volcan Nyiragongo. L’étudiant maîtrisera les logiciels QGIS ou ArcGIS pour transformer les données topographiques brutes en un véritable outil d’aide à la décision pour les gestionnaires.

VIII.1 Structuration d’une Base de Données Géospatiales

Essentielle à toute analyse rigoureuse, la conception d’une base de données SIG est la première étape vers l’intelligence territoriale. Ce module se concentre sur la distinction entre données vecteur et raster, la définition des systèmes de projection (UTM Zone 33S pour le Katanga) et la création de tables attributaires propres. L’étudiant apprendra à organiser l’information géographique d’un parc de manière structurée, garantissant l’interopérabilité et la pérennité des données.

VIII.2 Création et Interpolation de Modèles Numériques de Terrain (MNT)

À partir de points d’altitude issus de levés GPS ou de la photogrammétrie, ce segment enseigne les techniques d’interpolation spatiale (IDW, Kriging) pour générer une surface continue. Le MNT ainsi créé devient la matrice pour dériver des informations cruciales comme les cartes de pentes, d’exposition ou le réseau hydrographique. L’apprenant sera capable de modéliser le relief exact d’une zone pour planifier des infrastructures ou analyser la dynamique des écoulements.

VIII.3 Analyse Spatiale Vectorielle et Raster

Dépassant la simple visualisation, l’analyse spatiale révèle les relations cachées entre les objets géographiques. L’étudiant manipulera les outils de géotraitement (zones tampons, intersections, requêtes spatiales) pour identifier, par exemple, les habitats du gorille de Grauer situés à moins de 500m d’une piste minière. Cette compétence permet de quantifier les pressions anthropiques et de prioriser les zones d’intervention pour les patrouilles d’éco-gardes.

VIII.4 Cartographie Thématique et Mise en Page Professionnelle

Véritable outil de communication, la carte thématique synthétise une analyse complexe en un message visuel percutant. Ce sous-chapitre aborde les règles de sémiologie graphique, le choix des méthodes de classification (seuils naturels de Jenks) et l’intégration des éléments d’habillage cartographique (légende, échelle, source). L’étudiant saura produire des cartes de qualité professionnelle, destinées aux rapports techniques, aux bailleurs de fonds ou aux publications scientifiques.

Chapitre IX. Topographie Légale et Gestion Foncière des Aires Protégées

2014 a marqué un tournant. La loi n° 14/003 a redéfini les principes de conservation de la nature en RDC, rendant la matérialisation physique des limites des aires protégées non négociable face aux pressions minières et agricoles. Ce chapitre plonge au cœur de cette problématique juridique et technique. En disséquant les procédures de bornage et les conflits fonciers autour du Parc des Virunga, l’approche se veut strictement opérationnelle. L’étudiant y forgera la compétence d’auditer un périmètre, de produire les documents légaux et de défendre l’intégrité territoriale d’une réserve.

IX.1 Le Cadastre et le Droit Foncier Congolais Appliqués aux Aires Protégées

Issu de la loi foncière de 1973, le principe de la propriété étatique du sol est la clé de voûte de la protection des parcs. Ce module décrypte le statut juridique des terres classées, leur inaliénabilité et les procédures de désaffectation, en contraste avec les droits d’usage des communautés locales. Une compréhension fine de ce cadre est impérative pour l’étudiant afin de pouvoir argumenter la légitimité des limites du parc face aux revendications extérieures.

IX.2 Techniques de Bornage et de Matérialisation des Limites

Concrétisation sur le terrain du périmètre légal, le bornage est un acte topographique et juridique fondamental. L’étudiant apprendra les méthodes de recherche d’anciennes bornes, l’implantation de nouveaux repères normalisés et le levé de leurs coordonnées avec une précision centimétrique par GPS différentiel. Il saura ensuite rédiger le procès-verbal de bornage, document officiel qui rend les limites de l’aire protégée opposables aux tiers.

IX.3 Gestion des Conflits Fonciers et Topographie Participative

Face aux empiétements et aux revendications communautaires, la topographie répressive montre ses limites. Ce segment introduit la cartographie participative comme outil de médiation, en impliquant les chefs coutumiers et les populations riveraines dans la vérification et la validation des limites du parc. L’étudiant apprendra à animer ces ateliers pour transformer une ligne de conflit en une frontière reconnue et respectée, garantissant une meilleure cohabitation.

IX.4 Audit Topographique des Concessions Périphériques

D’une importance stratégique pour la conservation, la surveillance des activités en périphérie des parcs est une mission clé. Ce module enseigne comment superposer le cadastre minier ou forestier aux limites de l’aire protégée dans un SIG pour détecter tout chevauchement ou empiètement illégal. L’étudiant sera capable de mener un audit topographique rigoureux, produisant des preuves irréfutables pour engager des poursuites contre les opérateurs en infraction.

ANNEXES

A. Glossaire Technique et Juridique de l’Arpentage en Milieu Protégé

La polysémie des termes fonciers constitue une faille juridique majeure en RDC. Une ‘borne’ selon le cadastre minier n’a pas la même portée qu’une ‘limite coutumière’ reconnue par les communautés locales du Kivu. Ce glossaire tranche cette ambigüité en fixant le sens opérationnel de chaque concept clé, de la ‘zone tampon’ à ‘l’amodiation’, en fusionnant le vocabulaire technique de l’arpentage avec les subtilités du droit environnemental congolais. L’expert maîtrisera un lexique précis, inattaquable lors des négociations de délimitation.

B. Recueil des Textes Légaux sur la Délimitation des Aires Protégées en RDC

Promulguée en 2014, la loi relative à la conservation de la nature a refondé le statut des aires protégées en RDC, mais sa mise en œuvre se heurte aux dispositions du Code Minier de 2018. Ce recueil synthétise et commente les articles cruciaux régissant la création, la délimitation et le déclassement des parcs, en mettant en lumière les zones de friction juridique et les procédures de préséance entre les différents codes. Le praticien y forgera une compétence d’exégèse légale pour blinder juridiquement un périmètre de conservation.

C. Checklist Opérationnel pour une Mission de Levé Topographique en Zone Isolée

Face à l’imprévisibilité logistique et sécuritaire du bassin du Congo, un simple inventaire matériel est une recette pour l’échec. Cette checklist opérationnelle est un véritable protocole de mission, structuré en quatre phases : préparation administrative, validation technique, déploiement terrain et sécurisation des données, intégrant des points de contrôle pour la tropicalisation des équipements et la négociation d’accès avec les autorités coutumières. Le topographe acquiert une méthode infaillible pour garantir le succès et la sécurité de ses campagnes de relevés.

D. Guide de Résolution de Cas Pratique : Conflit de Délimitation (Parc-Concession Minière)

La superposition d’un permis d’exploration minière sur une aire de conservation constitue le nœud gordien de la gestion foncière en RDC. Ce guide de résolution propose une méthodologie rigoureuse pour dénouer ce type de conflit, détaillant la procédure via une étude de cas simulée : contre-expertise topographique, analyse chronologique des titres fonciers et miniers, et montage d’un dossier technique pour l’arbitrage administratif. L’apprenant saura transformer une dispute territoriale en une argumentation factuelle et juridiquement étayée.

Synthèses Critiques en Sciences Géomatiques Avancées
Au-delà des décalages de coordonnées, comment le choix du datum géodésique affecte-t-il la viabilité des grands projets d’infrastructure ?
La sélection d’un datum géodésique dicte la surface de référence fondamentale. Suivant la conceptualisation du géoïde par Carl Friedrich Gauss, cette surface n’est pas un ellipsoïde simple mais un champ gravitationnel équipotentiel. Le passage historique des datums locaux (NTF) aux systèmes mondiaux (WGS84) expose cette complexité. Pour un tunnel comme celui du Gothard, ignorer les ondulations du géoïde introduirait des erreurs verticales de plusieurs mètres, compromettant l’ingénierie. Le datum est donc une contrainte primaire de la viabilité structurelle.

📚 Source :Travaux de Carl Friedrich Gauss sur le Géoïde via Google Scholar

Quelle est la principale limite de la photogrammétrie SfM pour générer des modèles 3D métriques fiables pour l’ingénierie ?
La limite fondamentale de la méthode SfM (Structure from Motion) est son ambiguïté d’échelle inhérente, un principe établi par des théoriciens comme Edward M. Mikhail. L’algorithme reconstruit une géométrie à partir de positions relatives, créant un modèle aux proportions correctes mais de taille arbitraire. Ce paradoxe rend un modèle sans points de contrôle au sol (GCPs) topologiquement juste mais métriquement invalide. Pour le suivi de déformations d’ouvrages d’art ou l’exploitation minière, l’intégration de données GNSS devient donc non-négociable.

📚 Source :Travaux de Edward Mikhail sur l’Ambiguïté d’Échelle en Photogrammétrie via JSTOR

Pourquoi la classification sémantique automatisée des nuages de points LiDAR demeure-t-elle un défi calculatoire et interprétatif majeur ?
Le défi provient du fossé sémantique entre la donnée géométrique brute et les classes définies, un problème qui fait écho aux niveaux de traitement de David Marr. Un algorithme doit inférer un contexte (végétation, bâtiment) depuis la densité de points et l’intensité du retour. La difficulté historique à distinguer la végétation basse du sol illustre ce fait. En modélisation d’inondation, cette erreur crée de fausses élévations dans le modèle numérique de terrain, invalidant les simulations d’écoulement et les plans d’urgence.

📚 Source :Travaux de David Marr sur la Segmentation Sémantique via Cairn.info


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