
Croquis
Pratique du dessin à main levée
Édition 2026 – Réforme LMD – Enseignement supérieur et universitaire en RDC.
- Code Officiel : CRO0111
- Domaine : Sciences et Technologie
- Filière : ARCHITECTURE ET URBANISME
- Mention : PREPARATOIRE (PRE-LICENCE)
- Année d’étude : Preparatoire
- Semestre : Semestre 2
Consulter les Modalités, Compétences et Débouchés
Cette Unité d’Enseignement, valorisée à hauteur de 2 crédits, est entièrement structurée autour d’un unique et fondamental Élément Constitutif : le Croquis. Cette architecture pédagogique concentrée garantit une immersion totale et un apprentissage intensif, permettant aux étudiants de se consacrer pleinement à l’acquisition des techniques de dessin à main levée, un socle indispensable pour toute carrière dans la conception visuelle et spatiale.
L’objectif est de transformer votre main en un outil d’analyse et de communication instantané. Vous développerez la capacité à réaliser des esquisses proportionnées et expressives, non pas comme de simples copies du réel, mais comme des interprétations intelligentes. La maîtrise des volumes, de la perspective et des ambiances vous permettra de capter rapidement l’essence d’un site ou d’un projet, transformant des idées conceptuelles abstraites en dessins immédiatement communicables et convaincants pour les collaborateurs et les clients.
Cette expertise débouche sur des métiers de niche à forte valeur ajoutée. L’Illustrateur architectural et le Croquiste perspectiviste sont des acteurs clés qui matérialisent la vision des architectes et urbanistes. En République Démocratique du Congo, en plein essor de construction et de réhabilitation, leur rôle est crucial pour visualiser, promouvoir et valider les projets d’envergure. Le poste d’Assistant concepteur visuel constitue également une porte d’entrée privilégiée dans les bureaux d’études, où la rapidité et la clarté de la communication graphique sont des leviers de performance et d’innovation sur le marché.
- PRÉLIMINAIRES
- PARTIE 1 : FONDAMENTAUX DU TRAIT ET DE LA PERCEPTION
- Chapitre I. L’ŒIL, LA MAIN, LE CERVEAU : DÉCONSTRUCTION DU GESTE GRAPHIQUE
- Chapitre II. GRAMMAIRE DES FORMES SIMPLES ET COMPOSITION
- Chapitre III. LA REPRÉSENTATION DU VOLUME : LUMIÈRE, OMBRE ET PERSPECTIVE INTUITIVE
- PARTIE 2 : MAÎTRISE DE L’ESPACE ET DE LA COMPOSITION
- Chapitre IV. La Perspective en Action : Du Point de Fuite à l’Immersion Spatiale
- Chapitre V. Capturer l’Ambiance : Texture, Lumière et Vie
- Chapitre VI. Composition et Narration Visuelle
- ANNEXES
- A. Lexique Visuel des Textures et Matériaux Congolais
- B. Carnet de Sites Remarquables pour le Croquis Urbain (Kinshasa, Lubumbashi, Goma)
- C. Guide de Constitution du Kit de Croquis : Sélection et Entretien en Milieu Tropical
- D. Protocoles de Numérisation et d’Archivage pour la Valorisation Professionnelle
PRÉLIMINAIRES
I. Philosophie de l’Unité d’Enseignement
Cette Unité d’Enseignement positionne le croquis comme un acte cognitif fondamental, un outil d’investigation et de communication immédiate pour l’architecte. Le dessin à main levée est abordé non comme une fin esthétique mais comme une discipline de la pensée visuelle, capable de capturer l’essence d’un lieu ou d’un concept en quelques traits. L’objectif est de forger une connexion directe entre l’observation (l’œil), l’analyse (le cerveau) et la restitution (la main). L’étudiant développera une capacité à penser par le dessin, transformant son carnet en un véritable laboratoire d’idées.
II. Objectifs de Compétences et Débouchés en RDC
L’ambition est de produire des praticiens immédiatement opérationnels. Au terme de ce cours, l’étudiant maîtrisera la capture rapide des ambiances urbaines de Kinshasa, la restitution des volumes de l’architecture vernaculaire du Kasaï ou l’esquisse de projets d’aménagement pour les rives du fleuve Congo. Ces compétences sont directement monnayables auprès des cabinets d’architecture, des bureaux d’études en urbanisme et des promoteurs immobiliers en RDC. Les débouchés incluent les postes de croquiste perspectiviste, d’illustrateur architectural et d’assistant concepteur visuel, essentiels en phase d’avant-projet.
III. Modalités d’Évaluation et Portfolio Professionnel
L’évaluation est continue et pragmatique, centrée sur la constitution d’un portfolio professionnel. Ce dernier, compilant les travaux réalisés tout au long du semestre, constitue 70% de la note finale et sert de carte de visite pour le futur architecte. Il inclura des croquis in-situ, des planches d’observation, des esquisses conceptuelles et des études de perspective. Un examen final sur table de 3 heures (30%) validera la capacité de l’étudiant à répondre à une consigne de dessin complexe sous contrainte de temps, simulant une demande client urgente.
PARTIE 1 : FONDAMENTAUX DU TRAIT ET DE LA PERCEPTION
Chapitre I. L’ŒIL, LA MAIN, LE CERVEAU : DÉCONSTRUCTION DU GESTE GRAPHIQUE
La triade œil-cerveau-main, concept central de la pédagogie du dessin, est le pilier de ce chapitre. Il s’agit de déconstruire le mythe du “don” pour le remplacer par une discipline neuro-motrice rigoureuse. L’approche dissèque la mécanique du geste, de la posture du corps à la pression du crayon, en l’appliquant à l’urgence de la capture sur le terrain, typique des relevés rapides dans les quartiers denses de Lubumbashi. L’étudiant forgera une proprioception graphique : une conscience aiguë et un contrôle total de son trait pour le rendre juste, rapide et expressif.
I.1 Posture, respiration et ancrage corporel
Une assise stable et une posture correcte constituent le socle invisible de tout dessin réussi. Ce segment enseigne comment le corps entier participe à l’acte de dessiner, en synchronisant le geste du bras avec une respiration contrôlée pour produire des traits fluides et assurés. L’étudiant apprendra à s’installer efficacement sur site, que ce soit dans un marché animé ou face à un bâtiment, pour garantir endurance et précision.
I.2 Maîtrise de l’outil et économie du geste
Une connaissance intime des outils – crayons, feutres, fusains – est indispensable pour en exploiter tout le potentiel expressif. L’analyse se concentre sur les différentes prises en main et la manière dont elles influencent radicalement la qualité et la nature du trait, du détail fin à l’aplat large. L’objectif est de développer une économie du geste, où chaque ligne est intentionnelle, efficace et porteuse de sens.
I.3 Qualité du trait : pression, vitesse et continuité
Sous l’angle de l’expressivité, la ligne est l’ADN du dessinateur. Ce sous-chapitre explore la modulation du trait par la variation de la pression, de la vitesse d’exécution et de la continuité, permettant de suggérer la matière, le poids ou la distance. L’étudiant s’exercera à produire une gamme complète de lignes, des plus légères et suggestives aux plus affirmées et structurelles, pour enrichir son vocabulaire graphique.
I.4 Éduquer l’œil : de la vision à l’observation active
Face à la complexité du réel, l’œil doit apprendre à trier, hiérarchiser et simplifier l’information visuelle. Cette section transforme la vision passive en une observation active et analytique, en entraînant l’étudiant à identifier les lignes de force, les masses principales et les rythmes d’une scène. C’est la compétence clé pour ne pas se noyer dans les détails et capturer l’essentiel d’un paysage urbain congolais.
Chapitre II. GRAMMAIRE DES FORMES SIMPLES ET COMPOSITION
L’héritage du Bauhaus, qui postule que toute forme complexe peut être décomposée en primitives géométriques (cercle, carré, triangle), est ici notre point de départ analytique. Ce chapitre applique cette grammaire visuelle à la réalité construite et naturelle de la RDC. Comment représenter un manguier ou une façade moderniste de Gombe en utilisant uniquement des formes simples ? En maîtrisant cette déconstruction, l’étudiant acquiert une méthode infaillible pour analyser n’importe quel sujet, en extraire la structure fondamentale et la recomposer de manière équilibrée et dynamique sur la feuille.
II.1 Déconstruction du visible en primitives géométriques
Analyser le monde à travers le filtre des formes géométriques fondamentales est une technique puissante de simplification. Ce module enseigne à “voir” le cylindre dans un tronc d’arbre, le cube dans un bâtiment, ou la sphère dans une canopée, afin de poser rapidement et correctement les grandes masses d’un dessin. Cette compétence est cruciale pour établir une base proportionnée avant d’aborder les détails.
II.2 Principes de composition : règle des tiers, masses et équilibre
Au-delà de l’intuition, des règles de composition éprouvées permettent de guider le regard du spectateur et de créer une image harmonieuse. L’étude de la règle des tiers, de l’équilibre des masses et des lignes de force offre une boîte à outils pour structurer ses croquis de manière dynamique et intentionnelle. L’étudiant apprendra à cadrer ses sujets pour maximiser leur impact visuel, une compétence essentielle en illustration architecturale.
II.3 Espace positif et négatif : sculpter le vide
Conceptualiser le vide comme un élément actif de la composition est une étape décisive dans la maturité d’un dessinateur. Cette section se focalise sur la forme des espaces autour du sujet (l’espace négatif), qui aide à définir plus précisément les contours et les proportions du sujet lui-même (l’espace positif). Cette approche affine la perception et produit des dessins plus solides et mieux ancrés sur la page.
II.4 Introduction à la texture : simuler la matérialité par le trait
Simuler la matérialité d’une surface par le seul usage du trait est un défi technique. Ce segment explore comment des motifs de lignes, des points et des griffonnages peuvent évoquer la rugosité d’un mur en latérite, la brillance d’une surface vitrée ou la douceur d’un tissu. L’étudiant développera un répertoire de textures graphiques pour donner vie et crédibilité à ses représentations architecturales.
Chapitre III. LA REPRÉSENTATION DU VOLUME : LUMIÈRE, OMBRE ET PERSPECTIVE INTUITIVE
Le modèle de la projection orthogonale, pilier du dessin technique, échoue à communiquer la perception tridimensionnelle d’un projet. Ce chapitre critique cette limite en armant l’étudiant des outils du croquis pour créer une illusion de profondeur convaincante. Nous nous concentrons sur la logique de la lumière et de l’ombre pour sculpter les volumes, une compétence vitale pour esquisser rapidement des propositions de logements à Kinshasa. L’ingénieur-architecte saura modéliser en 3D sur papier, communiquant efficacement le volume et l’impact spatial d’une idée architecturale.
III.1 La logique de la lumière : source, ombre propre et ombre portée
Identifier la source lumineuse unique est le postulat de base pour construire un volume crédible. Ce module décortique la physique de la lumière pour définir rigoureusement les zones de lumière, de pénombre, l’ombre propre (sur l’objet) et l’ombre portée (projetée par l’objet). Cette discipline permet de sculpter les formes avec cohérence et de donner une sensation de poids et de solidité aux objets dessinés.
III.2 Systèmes de hachures pour le modelé
D’origine technique, les systèmes de hachures sont un langage codifié pour représenter le volume et la valeur tonale sans utiliser de dégradés. L’étude se porte sur les hachures parallèles, croisées et de contour, en analysant comment leur densité, leur orientation et leur épaisseur peuvent suivre la forme d’un objet pour en accentuer la courbure et le volume. L’étudiant maîtrisera l’art de modeler avec des lignes pures.
III.3 Perspective à un point de fuite : construire l’espace
La perspective à un point de fuite est l’outil le plus simple et le plus efficace pour créer une illusion de profondeur sur une surface plane. Ce segment enseigne la construction fondamentale d’une scène en perspective (ligne d’horizon, point de fuite, lignes de fuite) pour représenter des espaces intérieurs ou des paysages urbains simples. C’est la première étape pour dessiner des environnements qui semblent réels et habitables.
III.4 Perspective atmosphérique : suggérer la profondeur par le contraste
Face aux paysages étendus du Congo, la perspective atmosphérique devient un outil essentiel. Ce principe observe que les objets lointains apparaissent plus clairs, moins contrastés et plus bleutés en raison des particules dans l’air. L’étudiant apprendra à manipuler le contraste et l’épaisseur du trait pour créer une hiérarchie de plans successifs, donnant une impression de distance et d’immensité à ses dessins de paysages.
PARTIE 2 : MAÎTRISE DE L’ESPACE ET DE LA COMPOSITION
Chapitre IV. La Perspective en Action : Du Point de Fuite à l’Immersion Spatiale
Sous la densité organique des marchés de Kinshasa, la perspective monofocale d’Alberti révèle ses limites structurelles. Elle échoue à capturer la simultanéité des plans et la profondeur vécue de l’espace. Ce chapitre corrige cette vision en introduisant la perspective atmosphérique et les techniques de ‘sketching’ multi-points, des outils bien plus adaptés aux environnements complexes. L’étudiant forgera une compétence essentielle : représenter non pas un espace idéalisé, mais la complexité spatiale réelle d’un site congolais, un atout majeur pour les relevés architecturaux rapides et les études d’impact visuel.
IV.1 Les Fondamentaux de la Perspective Linéaire
Une maîtrise rigoureuse des lignes de fuite et des points de fuite constitue le socle de toute représentation spatiale crédible. Appliquée aux grands axes de Lubumbashi ou aux bâtiments modernistes de la Gombe, cette technique permet de structurer le dessin et de garantir la justesse des proportions architecturales. L’apprenant apprendra à construire des grilles perspectives précises, assurant la cohérence volumétrique de ses esquisses, même les plus rapides, une compétence non négociable pour tout futur architecte opérant en RDC.
IV.2 Perspective Atmosphérique et Valeurs Tonales
Face à la luxuriance végétale du Kivu ou à la brume matinale sur le fleuve Congo, la simple ligne ne suffit plus à traduire la profondeur. La perspective atmosphérique, par la dégradation des contrastes et des détails avec la distance, devient un outil essentiel pour suggérer l’éloignement et l’humidité ambiante. Ici, l’étudiant développera sa sensibilité au jeu des valeurs de gris, lui permettant de sculpter l’espace et de donner une dimension poétique et réaliste à ses paysages bâtis.
IV.3 La Perspective Courbe et les Vues Panoramiques
Sous l’angle de l’immersion, la perspective à 3, 4 ou 5 points de fuite offre une vision dynamique et enveloppante de l’environnement. Cette approche est idéale pour capturer l’énergie d’une place publique animée à Matadi ou l’ampleur d’un projet d’aménagement le long du fleuve. L’étudiant se formera à la construction de ces vues complexes, produisant des croquis spectaculaires qui communiquent l’expérience totale d’un lieu plutôt qu’une simple vue frontale, un atout pour les présentations de projet.
IV.4 Raccourcis et Anamorphoses : L’Expressivité Spatiale
Une connaissance approfondie des déformations intentionnelles du dessin ouvre la voie à une expressivité accrue et à une communication plus directe de l’intention. Le raccourci (foreshortening) et l’anamorphose permettent de dramatiser une scène, d’accentuer un volume ou de créer un point focal puissant, des techniques prisées en illustration conceptuelle. L’apprenant manipulera ces outils pour créer des images percutantes, capables de transmettre une intention architecturale forte en un seul regard, un avantage décisif en phase de concours.
Chapitre V. Capturer l’Ambiance : Texture, Lumière et Vie
La notion d’Atmosphäre, théorisée par l’architecte Peter Zumthor, définit l’architecture comme une enveloppe sensorielle avant d’être une structure. Ce chapitre transpose ce concept philosophique en une méthodologie de dessin pragmatique. Comment le croquis peut-il capturer la fraîcheur d’une cour intérieure à Goma ou la lumière filtrée d’une canopée à Mbandaka ? L’étudiant forgera la capacité de traduire des qualités immatérielles – lumière, texture, son implicite – en traits et valeurs, donnant une âme et une pertinence contextuelle à ses représentations.
V.1 Le Langage des Textures : Du Lisse au Rugueux
D’une importance capitale pour l’architecte, la représentation des matériaux conditionne la perception d’un projet. Ce module enseigne les techniques de hachures, de pointillisme et de frottage pour simuler le bois, la brique de terre cuite de Kisangani, le béton brut ou la tôle ondulée. L’apprenant construira un répertoire graphique personnel lui permettant de rendre ses dessins tactiles et de communiquer avec précision les choix de matérialité d’une façade ou d’un sol, une information cruciale pour les artisans locaux.
V.2 Sculpter par la Lumière : Ombres Propres et Portées
Face à la lumière équatoriale intense de la RDC, la gestion des ombres devient l’outil principal de définition des volumes. La distinction technique entre l’ombre propre (sur l’objet) et l’ombre portée (sur son environnement) est ici fondamentale pour asseoir un bâtiment au sol et en révéler la forme. L’étudiant apprendra à construire géométriquement les ombres pour n’importe quelle heure du jour, conférant un réalisme et une tridimensionnalité saisissants à ses esquisses architecturales, un savoir indispensable pour les études d’ensoleillement.
V.3 L’Échelle Humaine et la Végétation : Ancrer le Projet
Un projet architectural sans contexte humain ou végétal est une abstraction stérile. Ce segment se concentre sur l’art de dessiner rapidement des silhouettes humaines, des véhicules et des types de végétation locale (palmiers, manguiers) pour donner l’échelle et la vie à une scène. L’étudiant maîtrisera des techniques de stylisation efficaces pour peupler ses croquis, les rendant instantanément plus compréhensibles, vivants et pertinents pour un client ou un jury, démontrant l’appropriation sociale du projet.
V.4 Le Ciel et l’Arrière-plan : Créer la Profondeur Atmosphérique
Au-delà de l’objet dessiné, le traitement de l’arrière-plan est ce qui définit l’ambiance générale d’un croquis. Qu’il s’agisse d’un ciel orageux sur le Pool Malebo ou d’un fond urbain flouté, l’arrière-plan sert à mettre en valeur le sujet principal et à situer la scène dans un contexte plus large. L’apprenant saura utiliser les lavis, les dégradés et les hachures légères pour construire des arrière-plans expressifs qui renforcent la narration visuelle de son dessin et sa connexion au site.
Chapitre VI. Composition et Narration Visuelle
Le mouvement Archigram des années 1960 a marqué une rupture. Il a transformé le dessin d’architecture d’une simple représentation technique en un outil de narration spéculative et de communication de concepts radicaux. Ce chapitre s’inspire de cette audace pour structurer le croquis comme un récit visuel. Il s’agit d’organiser les éléments sur la page pour guider l’œil, créer une tension et raconter l’histoire d’un projet. L’étudiant forgera une compétence de metteur en scène visuel, capable de composer des planches dynamiques qui captivent et convainquent.
VI.1 Les Règles de Composition : Tiers, Lignes de Force et Points Focaux
Fondement de l’art visuel depuis des siècles, la règle des tiers offre un cadre simple pour équilibrer une image. Ce module va au-delà, en analysant les lignes de force diagonales, les courbes et la création délibérée d’un point focal pour diriger l’attention du spectateur vers l’élément clé du projet. L’apprenant saura consciemment structurer sa feuille, plaçant stratégiquement les masses et les vides pour obtenir un croquis harmonieux et impactant, évitant les compositions statiques ou confuses.
VI.2 Le Story-board Architectural : Séquençage des Vues
Inspirée du cinéma, la technique du story-board est un outil puissant pour présenter l’expérience spatiale d’un projet. Elle consiste à enchaîner plusieurs petits croquis séquentiels : approche du site, entrée dans le bâtiment, parcours intérieur, vue depuis une fenêtre, illustrant l’usage d’un espace public à Bandalungwa. L’étudiant apprendra à concevoir ces séquences narratives, démontrant non pas un objet architectural isolé, mais un parcours et une expérience utilisateur complète et dynamique.
VI.3 Hiérarchie de l’Information : Trait, Couleur et Annotation
Dans un croquis de travail, tous les éléments n’ont pas la même importance. Ce segment enseigne à hiérarchiser l’information visuelle en variant l’épaisseur du trait, en utilisant une touche de couleur pour surligner un concept et en intégrant des annotations manuscrites claires et concises. L’apprenant développera un langage graphique efficace, produisant des documents de communication où l’idée principale est immédiatement lisible, un savoir-faire essentiel pour le travail en agence et sur chantier.
VI.4 La Planche Concept : Synthèse Graphique d’une Idée
Aboutissement de la démarche de conception, la planche concept est une composition synthétique qui fusionne plusieurs types de dessins. Elle peut combiner une perspective principale, des détails techniques, un plan schématique et des croquis d’ambiance sur une seule page pour communiquer l’essence d’un projet. L’étudiant se formera à l’art de la mise en page de ces planches, synthétisant toutes les compétences acquises pour produire un document final convaincant, prêt à être présenté à un client ou un jury.
ANNEXES
A. Lexique Visuel des Textures et Matériaux Congolais
Une connaissance approfondie des matériaux locaux est le fondement d’une représentation architecturale authentique. Ce lexique visuel dépasse le simple catalogue en décomposant les techniques de hachures, de points et de lavis nécessaires pour simuler la brique de latérite, le bois de wengé ou la texture d’un pagne. En maîtrisant ces conventions graphiques, l’étudiant forge une capacité essentielle : ancrer ses projets dans une matérialité spécifiquement congolaise, rendant ses propositions architecturales non seulement visibles mais aussi crédibles et contextuellement pertinentes pour le marché local.
B. Carnet de Sites Remarquables pour le Croquis Urbain (Kinshasa, Lubumbashi, Goma)
Face à la complexité des strates urbaines congolaises, du bâti colonial de Lubumbashi aux extensions spontanées de Kinshasa, le croquis devient un outil d’investigation sociologique. Cet itinéraire commenté n’est pas un guide touristique mais une série de missions de capture visuelle, ciblant des points de friction architecturale et des ambiances uniques. En documentant ces lieux, de la Gare Centrale de Kinshasa au marché M’zee de Goma, l’étudiant développe une compétence analytique cruciale : lire et interpréter l’espace urbain par le dessin pour en extraire l’ADN structurel.
C. Guide de Constitution du Kit de Croquis : Sélection et Entretien en Milieu Tropical
Sous le climat équatorial de la RDC, les outils de dessin standards révèlent rapidement leurs limites, avec des papiers qui gondolent et des encres qui fusent. Ce guide pragmatique propose des solutions techniques pour constituer un kit de croquis résilient et économiquement accessible, en privilégiant des alternatives locales et des méthodes d’entretien spécifiques. L’objectif est de doter l’étudiant d’une autonomie matérielle totale, lui permettant de produire des croquis de qualité professionnelle en toutes circonstances, que ce soit en milieu urbain dense ou en mission sur un site rural isolé.
D. Protocoles de Numérisation et d’Archivage pour la Valorisation Professionnelle
La valeur d’un croquis architectural se mesure aujourd’hui à sa capacité à intégrer les flux de travail numériques, de la présentation client au portfolio en ligne. Cette annexe détaille les protocoles techniques pour la numérisation haute-fidélité, le post-traitement et l’archivage métadocumenté des esquisses à main levée. En appliquant cette méthodologie rigoureuse, l’étudiant transforme ses productions graphiques en actifs numériques monnayables, prêts à être intégrés dans des dossiers de concours ou des plateformes professionnelles, assurant une transition directe entre la compétence académique et l’exigence du marché.
Comment le croquis transcende-t-il la simple représentation pour devenir un outil de dialogue cognitif avec le problème de conception ?
📚 Source :Travaux de Donald Schön sur la conversation réflexive via Google Scholar
Quelle est la relation neurophysiologique entre le geste du dessinateur et la perception de l’espace, au-delà de la simple coordination œil-main ?
📚 Source :Travaux de Alain Berthoz sur la sympraxie via Cairn.info
En quoi la matérialité et la ‘basse fidélité’ du croquis constituent-elles un avantage stratégique dans les processus d’innovation collaborative modernes ?
📚 Source :Travaux de Bill Buxton sur sketching user experiences via JSTOR
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