
Travail de création scénique radio TV dramatique
Conception et exécution de contenus originaux pour la production multimédia.
Édition 2026 – Réforme LMD – Enseignement supérieur et universitaire en RDC.
- Code Officiel : TCS2231
- Domaine : Domaine de Lettres, Langues et Arts
- Filière : Arts Dramatiques
- Mention : Mise en Scène
- Année d’étude : Master 2
- Semestre : Semestre 3
Consulter les Modalités, Compétences et Débouchés
Cette Unité d’Enseignement, d’une valeur de 4 crédits ECTS, est conçue comme un bloc d’apprentissage monolithique et intensif. Sa structure, dépourvue d’Éléments Constitutifs distincts, favorise une immersion totale dans la discipline, permettant aux étudiants de se concentrer sur l’acquisition d’une expertise unifiée sans dispersion thématique. L’approche pédagogique vise ainsi à construire un socle de compétences intégré et directement opérationnel dans le domaine de la production audiovisuelle dramatique.
L’objectif principal est de former des professionnels capables de diriger la réalisation complète d’œuvres dramatiques, que ce soit pour la radio ou la télévision. Cela implique une maîtrise totale du processus créatif, depuis la conception jusqu’à la diffusion. Les apprenants apprendront à orchestrer avec précision l’univers sonore, à élaborer un découpage technique pertinent et à superviser la captation en studio. En aval, ils développeront des compétences managériales pour piloter les comédiens et les équipes techniques durant les phases cruciales de post-production, garantissant ainsi la cohérence et la qualité du produit final.
Cette formation ouvre la voie à des métiers à forte valeur ajoutée, tels que Réalisateur de dramatiques radio-TV, Acteur-comédien audiovisuel ou encore Spécialiste de la création multimédia. Sur le marché de l’emploi en RDC, ces profils sont essentiels pour accompagner la structuration et l’expansion du secteur audiovisuel et culturel. Ils sont les artisans de la narration congolaise moderne, capables de produire des contenus originaux et compétitifs qui répondent à une demande locale croissante tout en visant une diffusion internationale.
- PRÉLIMINAIRES
- PARTIE 1 : DE L’IDÉE AU SCRIPT FINALISÉ : FONDATIONS NARRATIVES ET DRAMATURGIQUES
- Chapitre I. Dramaturgie Appliquée : Structurer le Récit pour l’Onde et l’Écran
- Chapitre II. L’Écriture Radiophonique : Construire des Mondes par le Son
- Chapitre III. Le Découpage Technique Télévisuel : De la Page à l’Image
- PARTIE 2 : De la Scénarisation à la Post-Production
- Chapitre IV. Écriture et Adaptation Dramaturgique pour l’Audiovisuel
- Chapitre V. Direction d’Acteurs et Captation en Studio
- Chapitre VI. Post-Production Sonore et Montage Final
- ANNEXES
PRÉLIMINAIRES
I. Philosophie de l’Unité d’Enseignement
Cette unité d’enseignement est un atelier de production intensive. Elle rejette la dichotomie stérile entre théorie et pratique pour imposer une praxis de la création où chaque concept est immédiatement testé, chaque outil immédiatement appliqué à un projet concret. L’objectif est la constitution par chaque étudiant d’un portfolio professionnel, contenant une œuvre radiophonique et une maquette télévisuelle complètes, prêtes à être présentées à des producteurs. L’étudiant forgera une autonomie créative et une rigueur technique de standard international, directement monnayables sur le marché congolais.
II. Compétences et Débouchés en RDC
Le marché médiatique congolais, en pleine expansion depuis la libéralisation des ondes, exprime une demande critique pour des créateurs de contenu qualifiés. Cette UE vise à combler ce déficit en formant des profils polyvalents. Les compétences acquises, de la direction d’acteurs à la maîtrise du découpage technique et du sound design, ouvrent des carrières de réalisateur pour la RTNC ou les chaînes privées, de créateur de fictions pour les ONG, ou de producteur indépendant de podcasts narratifs. L’étudiant deviendra un acteur clé de la structuration d’une industrie audiovisuelle locale.
III. Méthodologie d’Évaluation par Projet
L’évaluation sanctionne la capacité de production, non la mémorisation. Elle se structure autour de deux livrables majeurs : la réalisation complète d’une fiction radiophonique de 15 minutes (script, enregistrement, mixage) et la production du dossier de réalisation d’un pilote de série télévisée (script, découpage technique, storyboard, note d’intention). Ces projets sont défendus devant un jury de professionnels. Cette approche garantit que l’étudiant maîtrise l’intégralité de la chaîne de création, de l’écriture à la pré-production, validant son opérationnalité immédiate.
PARTIE 1 : DE L’IDÉE AU SCRIPT FINALISÉ : FONDATIONS NARRATIVES ET DRAMATURGIQUES
Chapitre I. Dramaturgie Appliquée : Structurer le Récit pour l’Onde et l’Écran
La structure en trois actes, dogme hollywoodien forgé par Syd Field, trouve ses limites face à la richesse des traditions orales congolaises et aux formats sériels modernes. Ce chapitre confronte les modèles narratifs occidentaux aux exigences de la narration locale, notamment pour le feuilleton radiophonique et la web-série. Il s’agit de déconstruire les mécaniques de la tension et de l’engagement émotionnel pour les adapter à des contextes culturels spécifiques. L’étudiant y forgera la compétence de bâtir des squelettes narratifs robustes et culturellement pertinents.
I.1 Le Noyau Dramatique : Du Concept à la Prémisse
Une idée n’est pas un concept. Ce module enseigne la transformation d’une intuition brute en une prémisse dramatique testable, une proposition conflictuelle qui soutient l’ensemble du récit. En s’appuyant sur des faits de société kinois ou des légendes du Kivu, l’étudiant apprendra à identifier un conflit central, un protagoniste avec un désir clair et des obstacles significatifs. La compétence visée est la rédaction d’un logline percutant, outil indispensable pour vendre un projet à un producteur.
I.2 Cartographie des Personnages : Archétypes et Profondeur Psychologique
Sous l’angle de la psychologie narrative, un personnage réussi est un système de contradictions cohérentes. Ce sous-chapitre dépasse les archétypes pour enseigner la construction de personnages complexes, dont les failles et les désirs moteurs génèrent l’action. En analysant des figures de la scène théâtrale et audiovisuelle congolaise, l’étudiant apprendra à définir l’arc transformationnel de ses personnages. Il sera capable de produire des fiches de personnage détaillées, garantissant leur crédibilité et leur épaisseur psychologique tout au long du récit.
I.3 La Séquence et l’Acte : Rythmer la Tension Narrative
Face au défi de la rétention d’audience sur des plateformes concurrentielles, la maîtrise du rythme est non-négociable. Cette section dissèque la structure de la séquence comme unité de base du récit, en analysant sa fonction de mini-drame avec un début, un milieu et une fin. L’étudiant apprendra à agencer ces séquences pour construire des actes dramatiques qui font monter la tension de manière exponentielle. Il saura élaborer un “beat sheet” précis, véritable cartographie du voyage émotionnel du spectateur.
I.4 Écriture Dialogique : La Voix comme Action
Une connaissance approfondie des registres linguistiques est cruciale pour un dialoguiste. Le dialogue n’est pas une conversation, mais une forme d’action où chaque réplique doit faire avancer l’intrigue, révéler le personnage ou installer le thème. Ce module se concentre sur l’art du sous-texte et la musicalité des échanges, en intégrant la richesse du plurilinguisme congolais (Français, Lingala, Swahili). L’étudiant saura écrire des dialogues denses, crédibles et percutants qui servent la dramaturgie.
Chapitre II. L’Écriture Radiophonique : Construire des Mondes par le Son
L’avènement du podcast narratif en 2004, avec des productions comme “This American Life”, a dynamité les conventions du feuilleton radiophonique classique. Ce chapitre s’approprie ces innovations pour les appliquer au contexte de la RDC, où la radio demeure le média de masse par excellence. L’objectif est de former des créateurs capables de concevoir des univers immersifs par la seule puissance du son, en maîtrisant l’écriture, le sound design et le mixage binaural. L’étudiant apprendra à réaliser une fiction sonore de A à Z.
II.1 Le Scénario “Aveugle” : Spécificités du Script Radio
D’une rigueur absolue, la mise en forme du script radio est la partition du réalisateur sonore. Ce module enseigne les conventions techniques spécifiques : la distinction claire entre dialogue, indications de jeu pour les comédiens, bruitages (SFX) et musiques (IN/OUT/FADE). En travaillant sur des cas pratiques comme l’adaptation d’une nouvelle pour la radio, l’étudiant apprendra à écrire pour l’oreille et à anticiper chaque élément sonore. Il maîtrisera la production d’un script technique prêt pour l’enregistrement en studio.
II.2 Le Sound Design comme Narration : Bruitage et Ambiance
Au-delà de l’illustration, le son devient un personnage à part entière dans la fiction radiophonique. Cette section explore le sound design comme un outil de narration puissant, capable de définir un lieu, une époque et une atmosphère psychologique. L’étudiant apprendra à constituer une sonothèque pertinente et à diriger une séance de bruitage pour créer des textures sonores uniques, comme le son du marché de Gambela ou l’ambiance d’une mine artisanale. Il saura sculpter des environnements sonores qui stimulent l’imagination de l’auditeur.
II.3 La Musique Dramatique : Du Leitmotiv à la Ponctuation Émotionnelle
Une utilisation stratégique de la rumba congolaise ou de compositions originales peut décupler l’impact d’une scène. Ce sous-chapitre analyse la fonction de la musique en tant que ponctuation émotionnelle, créatrice de rythme et porteuse de thèmes (leitmotiv). L’étudiant apprendra à collaborer avec un compositeur ou à sélectionner des musiques préexistantes en fonction de leur potentiel dramatique et de leurs droits d’utilisation. Il sera capable d’élaborer une charte musicale cohérente qui renforce l’identité de son œuvre.
II.4 Le Mixage Stéréophonique et Binaural : Sculpter l’Espace Sonore
Face aux limitations de la diffusion FM souvent monophonique, la production pour les plateformes numériques (podcasts, streaming) ouvre de nouvelles possibilités créatives. Ce module initie aux techniques de mixage stéréo et binaural pour créer une sensation d’espace et de profondeur, plaçant l’auditeur au cœur de l’action. En manipulant le panning, la réverbération et l’égalisation, l’étudiant apprendra à diriger un mixeur pour hiérarchiser les plans sonores. Il saura finaliser une œuvre sonore immersive et professionnelle.
Chapitre III. Le Découpage Technique Télévisuel : De la Page à l’Image
Le plan-séquence, théorisé par André Bazin, n’est pas un simple artifice stylistique mais un choix dramaturgique qui engage la perception du réel par le spectateur. Ce chapitre enseigne la traduction d’un scénario littéraire en une grammaire visuelle précise et intentionnelle. Il s’agit de transformer les mots en une série de décisions concrètes sur les plans, les angles et les mouvements de caméra. L’étudiant y forgera la compétence fondamentale de tout réalisateur : la création d’un découpage technique et d’un storyboard.
III.1 La Grammaire de l’Image : Plans, Angles et Mouvements de Caméra
Une maîtrise chirurgicale du langage visuel est la condition de la mise en scène. Ce module est un inventaire systématique et pragmatique des outils du réalisateur : la valeur des plans (du très gros plan au plan général), la signification des angles (plongée, contre-plongée) et la dynamique des mouvements (travelling, panoramique). À travers l’analyse de scènes de films et de séries tournées en RDC, l’étudiant apprendra à choisir chaque paramètre pour servir une intention narrative précise.
III.2 Le Scénario de Tournage : Annotations Techniques et Intentions de Jeu
Véritable partition du réalisateur, le scénario de tournage est le document qui synchronise tous les départements. Cette section enseigne comment enrichir le script de colonnes techniques précisant pour chaque scène : le numéro de séquence/plan, les valeurs de plan, les mouvements de caméra, les accessoires clés et les intentions de jeu. L’étudiant apprendra à produire ce document essentiel qui permet de chiffrer un budget, d’établir un plan de travail et de communiquer sa vision à l’équipe.
III.3 Le Rapport Image/Son : Synchronie et Asynchronie
Sous l’angle du montage dialectique d’Eisenstein, le sens naît du choc entre l’image et le son. Ce module explore les relations créatives entre la bande-image et la bande-son, en allant au-delà de la simple synchronie (le son “in”). L’étudiant analysera la puissance du son asynchrone (le son “off”, la voix intérieure, la musique extra-diégétique) pour créer de l’ironie, de l’anticipation ou pour révéler la subjectivité d’un personnage. Il saura concevoir des stratégies audiovisuelles complexes.
III.4 Prévisualisation et Maquette : Du Storyboard à l’Animatique
Face aux contraintes budgétaires des productions kinoises, la prévisualisation est un outil de rationalisation indispensable. Ce sous-chapitre forme à la création de storyboards clairs, même avec des compétences en dessin limitées, pour valider la composition et le flux narratif des scènes complexes. L’étudiant sera initié à la fabrication d’animatiques (storyboard monté et sonorisé), maquettes dynamiques permettant de tester le rythme et l’efficacité d’une séquence avant d’engager les coûts d’un tournage.
PARTIE 2 : De la Scénarisation à la Post-Production
Chapitre IV. Écriture et Adaptation Dramaturgique pour l’Audiovisuel
Le concept de “l’incident déclencheur” de Robert McKee fournit une armature rigoureuse pour structurer le récit. Ici, nous l’appliquons à la richesse des contes et légendes du bassin du Congo, transformant le patrimoine oral en matière scénaristique viable. Ce chapitre déconstruit la mécanique de la narration pour la radio et la télévision, en se focalisant sur le rythme et la tension dramatique. L’étudiant forgera une compétence cruciale : architecturer un scénario de A à Z, capable de captiver une audience locale et internationale.
IV.1 Structuration du Récit : Du Concept au Séquencier
Une connaissance approfondie des dynamiques narratives est le prérequis à toute production de qualité. Ce module enseigne la transformation d’une idée brute en un séquencier détaillé, document technique indispensable pour les producteurs et réalisateurs. En s’appuyant sur des cas pratiques issus de productions de la RTNC, l’étudiant apprendra à découper son histoire en actes, séquences et scènes. Il sera ainsi capable de livrer un projet scénaristique clair, finançable et prêt pour la production.
IV.2 Dialogues et Voix : Spécificités Radio-Télévisuelles
Sous l’angle de l’économie verbale, l’écriture pour la radio diffère fondamentalement de celle pour la télévision. La première exige que chaque mot construise l’image, tandis que la seconde doit intégrer le silence et le non-dit en synergie avec le visuel. Ce sous-chapitre analyse la musicalité des langues parlées en RDC (Lingala, Swahili, Français) pour optimiser la performance vocale. L’apprenant saura rédiger des dialogues percutants et authentiques, adaptés à chaque médium et à son contexte culturel.
IV.3 L’Art de l’Adaptation : Du Roman à l’Onde
Face au défi de transposer une œuvre littéraire, la fidélité absolue est une impasse. L’enjeu est de capturer l’essence d’un texte, comme ceux de Sony Labou Tansi, pour la réincarner dans le langage audiovisuel. Nous étudions ici les techniques de condensation, d’ellipse et de réinvention narrative nécessaires à une adaptation réussie pour la radio ou la télévision congolaise. L’étudiant développera la capacité d’analyser une œuvre source et de proposer une transposition dramaturgique pertinente et respectueuse.
IV.4 Cadre Légal et Droits d’Auteur en RDC
D’un point de vue juridique, la protection de la création est un acte stratégique. Ce segment aborde de manière pragmatique le droit d’auteur appliqué aux œuvres scénaristiques en République Démocratique du Congo, en se référant aux statuts et au fonctionnement de la SOCODA. Il s’agit de donner au créateur les outils pour protéger son travail, négocier un contrat de cession de droits et comprendre les mécanismes de rémunération. L’étudiant maîtrisera les démarches pour sécuriser juridiquement et financièrement sa propriété intellectuelle.
Chapitre V. Direction d’Acteurs et Captation en Studio
La sur-expressivité théâtrale, héritage de la scène, constitue un obstacle majeur à la crédibilité en captation audiovisuelle. Ce chapitre tranche ce débat en introduisant les techniques de direction micro-spécifiques, inspirées des méthodes de Stanislavski mais adaptées à la radio. Comment obtenir une performance intime et puissante sans le support du geste visible ? En maîtrisant cette direction de l’invisible, le réalisateur apprendra à sculpter l’émotion par la seule voix, garantissant une immersion totale de l’auditeur ou du spectateur.
V.1 Le Casting : Identifier les Voix et les Présences
La recherche du timbre vocal juste et de la présence scénique adaptée est la première étape de la direction. Ce module se concentre sur les méthodologies de casting pour les productions audiovisuelles à Kinshasa et Lubumbashi, en insistant sur la détection de talents capables de moduler leur jeu pour le micro et la caméra. L’étudiant apprendra à définir des profils de rôles précis et à mener des auditions efficaces. Il forgera la compétence de constituer une distribution cohérente et performante.
V.2 Techniques de Direction pour le Micro
Au cœur de la performance radiophonique se trouve la maîtrise de l’intimité vocale. Ce segment enseigne les techniques de direction visant à obtenir des comédiens un jeu naturaliste, en exploitant la proximité du micro, le souffle et les nuances infimes de l’intonation. L’analyse d’extraits de fictions de Radio Okapi servira de base pratique. Le futur réalisateur saura guider un acteur pour qu’il “dise” le texte au lieu de le “jouer”, créant une connexion directe avec l’auditeur.
V.3 Le Découpage Technique : Anticiper le Montage
Une planification rigoureuse de la captation est le garant de l’efficacité en post-production. Le découpage technique est la partition du réalisateur, traduisant le scénario en une série d’instructions précises pour les prises de son ou de vue. Ce module forme à la création de ce document essentiel, en intégrant les contraintes logistiques des studios locaux. L’étudiant sera capable de visualiser son film ou sa fiction radio avant même le premier jour d’enregistrement, optimisant le temps et les ressources.
V.4 Gestion du Plateau et Dynamique de Groupe
Au-delà de la technique, la cohésion de l’équipe détermine le succès d’une production. Le réalisateur est un manager qui doit orchestrer les talents et les égos, du comédien vedette à l’ingénieur du son. Ce sous-chapitre, basé sur des études de cas de productions congolaises, fournit des outils de communication et de leadership pour maintenir une ambiance de travail créative et productive. L’apprenant développera les compétences humaines pour mener un projet à son terme dans le respect des délais et des personnes.
Chapitre VI. Post-Production Sonore et Montage Final
Un mixage plat, dépourvu de texture, anéantit l’impact d’une fiction, même bien interprétée. La théorie du “paysage sonore” de R. Murray Schafer offre une solution en conceptualisant le son comme un environnement immersif. Ce chapitre est une plongée dans l’art de la post-production sonore, du bruitage à la spatialisation. L’objectif est de transformer une simple bande-dialogue en un univers sensoriel. L’étudiant maîtrisera la chaîne de mixage pour livrer un produit final aux standards de la RTNC ou de Canal+.
VI.1 Sound Design et Bruitage : Construire l’Univers Sonore
L’élaboration d’une identité sonore crédible est fondamentale pour l’immersion. Ce module pratique enseigne la création et l’intégration de bruitages (foley) et d’ambiances sonores, en puisant dans la richesse des environnements sonores congolais, du marché de la Liberté à la forêt du Mayombe. L’étudiant apprendra à utiliser le son pour définir un lieu, suggérer une action hors-champ et renforcer la tension dramatique. Il sera capable de sculpter un monde audible et authentique pour sa fiction.
VI.2 La Partition Musicale : Collaboration et Intégration
Essentielle à la dramaturgie, la musique ne doit pas être un simple habillage mais un acteur du récit. Ce segment explore la collaboration entre le réalisateur et le compositeur, depuis la définition des intentions jusqu’à l’intégration de la partition dans le mixage final. En s’inspirant des collaborations fructueuses dans le cinéma et en valorisant les sonorités de la rumba congolaise ou des musiques traditionnelles, l’étudiant apprendra à diriger la création musicale pour qu’elle serve et amplifie l’émotion de l’œuvre.
VI.3 Le Montage et le Mixage : Rythme et Clarté
Opération chirurgicale par excellence, le montage sonore définit le rythme final de l’œuvre. Il s’agit d’assembler dialogues, bruitages et musiques en un tout cohérent, où chaque élément trouve sa juste place. Le mixage, quant à lui, assure la clarté et l’équilibre dynamique de l’ensemble. L’étudiant se formera sur des logiciels professionnels pour acquérir la maîtrise technique du nettoyage des pistes, de l’égalisation et de la compression. Sa compétence sera de finaliser une bande-son intelligible et esthétiquement aboutie.
VI.4 Mastering et Normes de Diffusion (PAD)
Pour une diffusion professionnelle, le respect des normes techniques est impératif. Cette dernière étape aborde le mastering audio, qui consiste à préparer le mixage final pour sa diffusion sur différentes plateformes (radio FM, télévision, streaming). L’étudiant apprendra à calibrer les niveaux de son (Loudness, LUFS) conformément aux standards internationaux (EBU R128) et à préparer un Prêt-à-Diffuser (PAD) qui garantit une qualité d’écoute optimale sur tous les systèmes, évitant toute non-conformité technique avec les diffuseurs.
ANNEXES
A. Gabarit de Scénario Technique (Norme RTNC/International)
Face à l’hétérogénéité des formats de production en RDC, l’adoption d’un standard unifié est une nécessité économique. Cet annexe fournit un gabarit de scénario technique bicolonne (audio/vidéo), fusionnant les exigences de la RTNC et les normes internationales de diffusion. Sa maîtrise garantit une communication sans faille entre la réalisation, l’image et le son, éliminant les coûteuses ambiguïtés en préproduction et sur le plateau. L’étudiant forge ici l’outil premier du réalisateur : un document de travail irréprochable et immédiatement exploitable.
B. Guide Pratique de la Dramaturgie Sonore Urbaine (Cas de Kinshasa)
Au-delà de la simple captation, une connaissance approfondie des dynamiques acoustiques spécifiques à l’environnement kinois devient un avantage compétitif. Ce guide méthodologique propose une cartographie des textures sonores de la capitale, des marchés de Gambela aux rives du fleuve Congo. Il outille le réalisateur pour construire une “bible sonore” authentique, capable de transformer un simple dialogue en une expérience sensorielle totale pour l’auditeur congolais, assurant une résonance culturelle maximale et une immersion sans précédent.
C. Modèle de Contrat de Prestation Artistique (Acteur/Technicien) Conforme au Droit OHADA
La professionnalisation du secteur audiovisuel congolais passe impérativement par la sécurisation juridique des collaborations. Cet annexe présente un modèle de contrat de prestation artistique, rigoureusement aligné sur le droit des affaires OHADA, régissant les obligations et la rémunération des comédiens et techniciens. Il constitue une arme juridique pour le producteur-réalisateur. L’étudiant apprend à cadrer les cessions de droits, les plannings et les clauses de confidentialité, prévenant les litiges qui paralysent de nombreuses productions locales.
D. Fiche d’Analyse Déconstructive d’une Œuvre Radio-Dramatique
Inspirée des méthodologies d’analyse critique, la déconstruction systématique d’œuvres existantes est le plus court chemin vers l’innovation. Cette fiche propose une grille d’analyse technique et dramaturgique applicable aux feuilletons radiophoniques populaires en RDC. Elle force l’examen du rythme, de la structure narrative, de l’économie des dialogues et de l’efficacité du design sonore. En l’utilisant, le futur réalisateur développe un regard chirurgical, capable d’identifier les forces et faiblesses d’une production pour affûter ses propres créations.
Comment la privation visuelle en dramaturgie radiophonique contraint-elle la construction du personnage et de l’espace, au-delà de la simple suggestion sonore ?
📚 Source :Travaux de Rudolf Arnheim sur L’art radiophonique via Cairn.info
En quoi la structure de la ‘writer’s room’ américaine influence-t-elle la complexité narrative des séries télévisées modernes, comparativement au modèle de l’auteur-réalisateur ?
📚 Source :Travaux de Robert McKee sur Story via Google Scholar
De quelle manière la notion de ‘quatrième mur’, réinterprétée par Brecht, conditionne-t-elle encore l’interaction public-scène dans les dispositifs immersifs contemporains ?
📚 Source :Travaux de Bertolt Brecht sur Effet de distanciation via JSTOR
Discussion (0)
Aucune intervention pour le moment. Soyez le premier à contribuer.
Votre intervention Annuler la réponse